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Il parait qu'on devient philosophe lorsque l'on a fini la bouteille... [Livre II - Terminé]
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MessageSujet: Il parait qu'on devient philosophe lorsque l'on a fini la bouteille... [Livre II - Terminé]   Mer 11 Mai - 21:19

Depuis combien de temps sommes-nous installés dans ce camping ? Une semaine ? Plus ? J'avoue avoir un peu de mal à garder une réelle notion du temps et je pense que je serais totalement incapable de dire avec précision quelle jour nous sommes si on me posait la question. Fort heureusement, voilà le genre de pensée qui ne vient à aucun de mes compagnons d'infortune et, à la réflexion, je me demande à quel point eux aussi sont déphasés et ont totalement décroché avec ce monde d'avant.

Parfois, quand j'arrive à chasser les fantômes assez longtemps et que le sommeil ne vient toujours pas, j'en viens à me demander où aurais-je pu être en cet instant si les zombies n'avaient pas envahis la planète. Si quelque part, un laborantin quelconque, un médecin, un singe ou que sais-je encore, n'avait pas déclenché cette peste qui, à la différence des autres, allait peut-être réussir à nous exterminer pour de bon. En tout cas, elle est bien partie pour et l'humanité risque cette fois de s'éteindre pour de bon. Je serais probablement en train de soigner ma cirrhose sans un centre hors de prix en Suisse. Ou sous un pont. Ou que sais-je encore.

Mais le destin, le hasard, le manque de chance, en ont décidé autrement. Je suis là, dans un camping tout près de l'endroit où je suis née. Douce ironie de la situation, moi qui m'étais juré de ne jamais y remettre les pieds, voilà que j'y trouve ma survie. Et, pire encore, voilà que je n'étais pas seule, contrairement à mon existence au cours des dernières années. Il avait fallu que s'éteigne la plupart des humains pour que j'arrive à m'attacher de nouveau à certains d'entre eux.

Et ce matin, alors que je viens à peine de m'emmitoufler sous un nombre incalculables de couches de vêtements et que j'essaie d'oublier le nœud que la faim a fini par créer au creux de mon estomac, voilà que j'avise l'un des membres de ce groupe hétéroclite grâce auquel je dois ma survie, contre toutes attentes, surtout les miennes en tout cas.

"Bonjour Pelleas."

Je prends une petite inspiration et je viens m'assoir à coté de lui, les deux mains posées sagement sur mes genoux, mon regard se perdant dans le vide l'espace d'un instant alors que je laisse le silence s'installer entre nous sans chercher à le briser.

Je finis par toussoter et par poser ma main sur son épaule avant de souffler, de ce ton doux que je prenais avec mes patients, sans même m'en rendre compte.

"Je ne te ferais pas l'affront de te demander comment ça va. Mais en ce qui me concerne, j'ai besoin de me rendre utile, de me dégourdir les jambes et je me dis que j'avais besoin d'un homme fort pour casser quelques portes. Avec un peu de chance, on pourrait trouver de quoi manger. Et au moins, ça nous évitera de rester assis sur ce banc à ruminer sur tout et n'importe quoi. Que penses-tu de cette idée ?"

Je n'ai pas envie de sombrer dans une fausse commisération avec lui. J'ai appris à l'apprécier et il a réussi à me faire rire alors que je ne pensais plus la chose possible depuis longtemps. Et, comme pour le reste du groupe, je me rends compte que je commence à m'attacher à eux. Alors je ne veux pas qu'ils sombrent, lui ou les autres. Sinon je sombrerais avec eux. Et je ne pense pas que je serais capable de faire autre chose que me noyer pour de bon.

Alors j'ajoute, d'un ton presque malicieux.

"Il va sans dire que je ne te laisse pas le choix bien entendu et que tout ceci n'étais qu'un argumentaire pour te convaincre du bienfondé de mon idée. Tu ne me laisserais de toute façon pas m'aventurer dans les alentours seule non ?"

Il faudra bien tenir bon, quoi qu'il nous en coûte.

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MessageSujet: Re: Il parait qu'on devient philosophe lorsque l'on a fini la bouteille... [Livre II - Terminé]   Sam 21 Mai - 21:48

Je suis la joie de vivre incarnée depuis qu’on a traversé le fleuve. Depuis qu’Eileen a disparu sous la glace, sans que je ne puisse rien faire pour la sauver. Est-ce que je l’aimais ? Je n’en sais rien, vraiment. Elle était jeune, et souvent un peu gamine dans son comportement. Je pense que si on avait pas été dans cette merde j’aurai jamais vraiment été proche d’elle. Mais il se trouve que c’était la merde. Le monde s’effondrait tout autour. Et Eileen, ben c’était la première personne sur qui j’étais tombé après avoir fui comme un lâche devant le premier zombie qui m’étais tombé dessus, et erré sans nourriture plusieurs jours. Elle m’avait utilisé pour faire chier son père, je le savais bien. Mais malgré tout je l’appréciais quand même. Et ça me rassurait de l’avoir toujours avec moi. Des gens se faisaient mordre, d’autres disparaissaient, et d’autres encore se faisait tirer dessus par d’autres humains. C’était le chaos. Et dans ce chaos, il y avait elle. Et maintenant elle n’était plus là. Elle était partie, comme tous ceux que je connaissais. Je voyais même plus l’intérêt de continuer à survivre. On allait tous y passer. Tous. Un par un. Personne ne survivrait.

Bref je sers plus à rien. J’ai pas la force de faire quoi que ce soit. La nana que j’ai sauvé d’un viol en réunion, juste après la traversée, s’est tirée avec une caisse pleine de bouffe en me jetant dehors. Et je crois que c’est la dernière chose que j’ai faite. Depuis je suis le groupe, dans un état pas franchement éloigné de celui des zombies. Je vais peut-être me faire tirer dessus par quelqu’un me confondant avec eux. Au moins j’aurai plus à ruminer et je ferai plus chier personne à trainer des pieds. Je commençais à me dire que si je me tirais et me laissais crever, ils seraient même soulagés. Après tout ça ferait plus de bouffe pour eux. Pas que je pense qu’ils aient la moindre chance de survivre, mais bon, eux y croyaient encore.

Assis par terre, je n’ai pas bougé depuis qu’il fait jour. J’ai faim, j’ai froid, mais je m’en fous complètement. Je fixe le mur. Lorsqu’une voix prononce mon nom, je lève vaguement la tête dans cette direction, sans répondre. Anna. Mon regard se perd de nouveau dans le vide alors qu’elle s’assoit à côté de moi. Le silence s’installe. Finalement, elle toussote et pose sa main sur mon épaule. Je ne réponds ni ne bouge toujours pas, alors qu’elle me propose de sortir avec elle. Elle est sérieuse ? Elle veut vraiment d’un boulet dépressif comme moi ? Devant mon absence de réaction, elle ajoute que je n’ai en réalité pas vraiment le choix. Je la fixe quelques secondes et soupire, en lui répondant.

« Si tu y tiens. »

Je me levais, incapable de lui sourire en retour.
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MessageSujet: Re: Il parait qu'on devient philosophe lorsque l'on a fini la bouteille... [Livre II - Terminé]   Lun 30 Mai - 18:00

Si l'on m'avait dit il y a quelques temps que ce serait moi qui ferais mon possible pour remonter le moral de quelqu'un, j'avoue que la possibilité que j'éclate de rire n'aurait pas été négligeable. Ou, plus probablement, j'aurais arqué un sourcil, passablement perplexe, me demandant ce qui aurait pu changer pour que j'agisse de la sorte. Pour que je me soucie à nouveau de quelqu'un d'autre à ce point et ce, sans avoir rien à y gagner.

Il est vrai qu'essayer de changer l'humeur de Pelleas ne m'apportera pas grand-chose. Si ce n'est qu'il fait partie de ce groupe et que c'est, je le réalise, la seule chose que j'ai pour m'éviter de sombrer totalement. Cet ensemble de personnes hétéroclites, que rien ne relie vraiment, si ce n'est Philippe et sa fille, et peut-être sa compagne, mais qui, dans le fond, permet de tenir bon un jour de plus. Pour quelqu'un qui a passé les derniers mois à se parler à elle-même pour éviter de devenir complètement folle, à moins que ce ne soit en fait trop tard, c'est précieux. Même si, chaque matin, j'ai peur d'avoir rêvé tout ça ou qu'ils m'aient abandonnée. Ou pire, qu'ils soient… méchants. Voilà qui est bien manichéen et un peu stupide au vu de tout ce que j'ai pu voir ces derniers mois et pourtant, impossible de m'ôter cette idée de l'esprit.

Je soupire à cette pensée peu agréable et j'essaie de me focaliser un peu plus sur le jeune homme. Dire qu'il est un peu amorphe est un doux euphémisme. Il faudrait probablement un tremblement de terre pour le sortir de son marasme mais j'espère que nous ne serons pas obligés d'en arriver là. J'aimerais tout de même survivre un jour de plus. Pourquoi ? Je ne saurais le dire. Mais, au moins, je veux avoir le choix de décider quand je vais mourir. Et, au vu de tout ce qui nous est arrivé, il me semble que c'est une envie légitime non ? Probablement très difficile à mettre en œuvre, je veux bien le reconnaitre, mais peu importe.

Pelleas met un temps fou à réagir et à me répondre. Pour un peu, j'aurais presque l'impression que je suis invisible. Ou que je l'imagine, qu'il n'est pas vraiment là. Je sens une vague de panique m'envahir quelques instants, alors que je me demande si tout ne va pas recommencer. Heureusement, il finit par prononcer quelques mots. Ce n'est pas grand-chose mais ça me permet d'éviter de me mettre à hurler. Au lieu de ça, je lui accorde mon plus beau sourire, quand bien même il n'est pas partagé et je souffle d'un ton bien plus assuré que je ne le suis vraiment.

"J'y tiens oui. Vraiment."

Il se lève et me suit. J'avoue, je ne sais pas vraiment par où aller. Il y a quelques maisonnettes non loin mais il faut marcher un peu. Et, au vu de sa mine, je me dis que ça ne lui fera pas de mal. Alors je commence à me diriger vers elle, d'un bon pas, lui jetant quelques brefs coups d'œil avant de me décider à briser le silence, l'air de rien.

"Je ne suis pas sûre que tu aies envie d'en parler. A ta place, je préfèrerais qu'on me laisse en paix jusqu'à la fin des temps. Mais j'ai parlé à mon propre reflet pendant des mois pour ne pas perdre totalement la tête. Et pour ne pas oublier à quoi pouvait ressemble son d'une voix tant j'ai passé du temps seule avant de vous trouver. Un jour, j'ai fini par briser le miroir, tant je pensais que rien ne changerait jamais. J'ai d'ailleurs une jolie marque."

Je défais mon gant pour lui montrer une fine cicatrice sur main et, sans vraiment me soucier de s'il regarde ou pas, je continue, toujours sur le même ton.

"Et après, j'étais encore plus seule. Donc parler, dans le fond, ne doit pas être une si mauvaise chose tu ne crois pas ?"

Sauf que parfois, je me demande si je ne l'ai pas vraiment perdue, la tête. Enfin, peu importe. Les maisons se dessinent petit à petit dans notre champ de vision et je les lui désigne d'un mouvement du menton, reprenant comme si je n'avais pas dit que j'avait manqué de perdre la raison.

"Par là, ça te va ? Les maisons n'ont pas l'air d'avoir été visitées. Ou alors, ils ont été soigneux et ont bien tout refermé derrière eux. Ce qui n'est peut-être pas des plus rassurants."

J'ai une grimace, me demandant soudain ce qui peut se cacher à l'intérieur. Enfin, nous serons vite fixés. En espérant que Pelleas finisse tôt ou tard par sortir de sa torpeur. Pour sa propre survie.

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MessageSujet: Re: Il parait qu'on devient philosophe lorsque l'on a fini la bouteille... [Livre II - Terminé]   Mer 8 Juin - 21:49

Une fois sur mes pieds, je prends mon sac, et en vide le contenu sur le sol, à côté de mon couchage rudimentaire. Je laisse tout derrière moi, au camp, ne laissant rien dans le sac. Avant, j’aurai peut-être réfléchi, fait un compromis, emporté une trousse de secours, au cas où l’un de nous se blesse, ou même mes affaires perso, dans le cas où quelque chose dégénère et qu’on ne puisse pas revenir au camp. Mais là, j’en ai juste pas la force. Je me contente de tout vider sur le sol, pour faire de la place pour nos éventuelles trouvailles, et de glisser la lanière sur mon épaule. Anna m’assure qu’elle tient à m’emmener en expédition. Je n’insiste donc pas, c’est son problème si elle veut trainer un boulet dépressif derrière elle. Sans un mot de plus je la suis dehors. Elle se dirige rapidement vers quelques maisonnettes un peu plus loin dans la rue, et je la suis d’un pas léthargique. Si on croise d’autres survivants j’vais peut-être me faire tirer dessus, à marcher comme un zombie. Ce serait drôle comme mort.

Le silence s’installe sans que je ne fasse la moindre tentative pour le briser, mais c’est finalement elle qui prend la parole, commençant à me parler, se mettant à ma place. Comme si elle pouvait se mettre à ma place. Comme si elle pouvait comprendre ce que je ressens, après avoir perdu un à un tous ceux avec qui j’avais créé des liens. Je ressentais même plus vraiment la faim, ni le froid. Je ressentais juste plus rien. J’étais vide. Une coquille vide capable de marcher et de comprendre ce qu’on lui racontais. Et elle, en face, qui me parle, qui essaye de me sortir de cette coquille avant qu’elle ne se referme complètement sur moi, en me parlant d’elle. Je l’écoute, sans rien dire, laissant le silence de ce monde apocalyptique remplacer le son de sa voix, sans chercher à le couvrir de la mienne. Je marmonne vaguement alors qu’elle me pose une question. Je ne sais pas, si parler n’est pas une mauvaise chose. Ca leur a apporté quoi aux autres, de me parler ? A Eileen, à Mila, à Fanny ? Elles sont toutes mortes. Mortes parce que je n’ai pas su les protéger, que je n’ai pas pu faire ce qu’il fallait. Alors à quoi bon parler, si c’est pour souffrir ensuite ?

J’acquiesce lorsqu’elle me montre la direction, et me met en route, la laissant derrière moi pour m’approcher de la première maison. La porte n’est pas verrouillée, simplement fermée. Je n’ai pas le courage de me demander si c’est mauvais signe. Je rentre. Au pire si il y avait quelque chose derrière c’est moi qui prendrait. Une odeur de renfermé vient me prendre le nez, m’arrachant une grimace de dégoût. Je fais quelques pas à l’intérieur. Aucun bruit suspect à l’horizon. Je repère rapidement des barres de céréales dans un bol sur la table basse du salon. Je m’en saisis et les fourre dans mon sac, me tournant ensuite vers Anna. Je n’avais toujours pas prononcé un mot depuis qu’on avait quitté le camp.


Type d'action Déplacement pour entrer dans la première maison


   
Type d'action Si le déplacement est réussi, fouille du salon.



   
Points de vie restants : 14/14
       Munitions restantes : ....
       Gains des fouilles : Nourriture x1
       Endroit où je me trouve :  A l'entrée de la première maison
       Endroit où se trouvent mes ennemis : Aucun pour le moment

HRP:
 


Dernière édition par Pelleas Wilkins le Mar 9 Aoû - 23:10, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Il parait qu'on devient philosophe lorsque l'on a fini la bouteille... [Livre II - Terminé]   Mer 8 Juin - 21:49

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MessageSujet: Re: Il parait qu'on devient philosophe lorsque l'on a fini la bouteille... [Livre II - Terminé]   Mar 21 Juin - 17:37

Je devrais m'estimer heureuse, le jeune Pelleas me suit sans rechigner. Bon, à dire vrai, pour être tout à fait honnête, il me suit sans dire un mot. De pesante l'atmosphère se fait particulièrement étrange et peu à peu, je commence à me perdre dans mes divagations antérieures, à repenser à cette époque où je n'avais personne à qui parler et à me demander si finalement tout cela n'était qu'un rêve. Oh, je tente bien évidemment de donner le change. Je parle à haute voix, racontant des anecdotes peu intéressantes, essayant de capter à nouveau le son de sa voix mais sans succès. Et je me retiens difficilement de lui toucher à nouveau le bras, comme pour m'assurer qu'il est bien réel.

Mais peut-être qu'il ne l'est pas et que ce sera comme avec Zakariah, que mon cerveau se persuadera qu'il est là, bien tangible, alors qu'en fait pas du tout. Et que j'ai définitivement sombré dans cette folie qui me guette depuis mon arrivée dans cette maudite ville. Je ne vois de toute façon pas d'autre explication. Personne ne peut être aussi silencieux. Je ne l'étais même pas quand j'étais seule. Enfin, je le suis toujours, j'avais juste oublié et mon imagination avait particulièrement pris le relai ces derniers jours. Peut-être qu'en réalité, je suis allongée dans une maison sordide, en train de finir de mourir de faim pendant que je déraille totalement. Si je meurs de la sorte, ce ne serait pas si mal non ? Tant que je ne me réveille pas juste avant la fin.

Je laisse échapper un soupir alors qu'il ne répond toujours pas, même quand je lui montre une des maisons vides, comme si cela ne faisait que confirmer ce que je viens de penser.

Il me suit pourtant, enfin plutôt, il me précède. Bien, s'il y a un zombie à l'intérieur, il se jettera sur le fantôme à qui je parle depuis plusieurs minutes maintenant. Voilà qui sera tout simplement parfait. Je lâche alors, avec un semblant de rire nerveux.

"Grands dieux, je pense que ça y est, c'est la fin des haricots."

Et puis non, tout se passe bien. Il entre sans encombres et trouve même de quoi manger sur la table du salon. Je le fixe un instant, restant dans l'embrasure de la porte, indécise avant de froncer les sourcils.

"Je perds la raison mais peu importe, autant continuer à te parler comme si tu étais vraiment là et non pas le fruit de mon imagination, qu'en penses-tu ? Ah oui, tu ne diras rien, c'est vrai. Au moins, mon ancienne hallucination était un peu plus bavarde. C'était plus agréable."

Je secoue la tête, me demandant pourquoi je dis ça tout haut. Parce que si, au final, il n'a juste pas envie de parler, s'il est bien réel, il va croire que je suis totalement… et bien oui, folle. Il n'aurait certes pas tort, mais j'ai comme un doute sur le fait que cette information passe bien auprès des autres.

"Mais pour un peu, j'oserais, je dirais que tu t'es précipité dans cette maison en espérant te faire dévorer tout cru. Tu me ferais ça ?"

Et pourquoi pas ? S'il est réel, il n'a peut-être plus de raison de vivre. S'il ne l'est pas, mon cerveau doit trouvera ça abominablement amusant. Je secoue alors la tête, me détachant de l'entrée pour me diriger vers ce qui semble être la cuisine. En tout cas, dans ma tête, c'est là qu'elle devrait être. Et c'est le cas. Parfait, logique. Ou que sais-je encore.

Type d'action Je me déplace vers la cuisine.

Et je commence à ouvrir quelques placards avant de m'arrêter net alors que j'ai l'impression d'entendre un grincement, suivi d'un claquement sec. Mais ce n'est qu'un volet et je porte ma main sur mon cœur en soupirant de soulagement.

"Tu as entendu Pelleas ? Les revenants s'amusent avec moi on dirait."

Type d'action Je fouille la cuisine.

Et je finis par trouver, dans un placard entrouvert, une boite de conserve. Enfin une bonne chose et mon estomac, qui gargouille d'une façon si audible que le quartier entier doit m'avoir entendu, ne peut qu'approuver.

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Dernière édition par Anna de Beauregard le Sam 23 Juil - 13:14, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Il parait qu'on devient philosophe lorsque l'on a fini la bouteille... [Livre II - Terminé]   Mar 21 Juin - 17:37

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MessageSujet: Re: Il parait qu'on devient philosophe lorsque l'on a fini la bouteille... [Livre II - Terminé]   Jeu 7 Juil - 21:32



Mon sac replacé sur mon épaule, je rends son regard à Anna, restée sur le pas de porte, qui me fixe avec un air étrange. Elle rompt le silence, et je réalise qu’elle ne va pas bien. Pour la première fois depuis qu’on a quitté le camp, les mots qu’elle prononce parviennent jusqu’à moi et font sens. Ou plutôt non. Ils n’ont aucun sens. Son ancienne hallucination ? Je la fixe, essayant de comprendre, alors qu’elle secoue la tête comme pour chasser de vieux fantômes. Je ne suis vraiment qu’un égoïste. Non seulement je laisse les gens que j’aime mourir autour de moi, mais en plus je me fiche de ceux qui sont encore là. Une vague de culpabilité me prend alors que je réalise ce que mon mutisme a provoqué chez Anna. Lorsqu’elle me pose directement la question de pourquoi je me suis précipité ainsi à l’intérieur, je bredouille, incertain.

« Je… Je ne sais pas… »

Est-ce que je m’en foutais de mourir ? Est-ce que c’est pour ça que j’avais ouvert la porte sans vérifier ce qui se trouvait derrière ? Sans même m’en inquiéter ? Je ne sais pas. Je n’en sais rien. Anna se dirige vers la cuisine, comme si elle n’avait pas entendu ma réponse. Etait-elle devenue folle à cause de moi ? A cause de ma dépression ? Je m’en veux de lui faire subir ça, et lui en veux de m’empêcher de faire mon deuil. C’est ridicule. J’ai envie de taper dans un meuble. De faire quelque chose. N’importe quoi. Un volet grinçe derrière nous, faisant sursauter Anna. Alors qu’elle commente, s’adressant à moi avec ce ton absent qui montre que quelque chose ne va pas, je me décide à lui parler. Après tout elle n’est pas morte, elle. Je peux peut-être l’aider un peu. Même si je n’ai envie que de m’asseoir et de ne plus bouger. De me laisser mourir de froid, de faim, ou même dévoré par un zombie. Je m’approche donc du comptoir séparant la cuisine du salon, et la regarde sortir une boîte de conserve de l’un des placards. Son ventre émet un gargouillement qui ne trompe pas. Elle crève de faim. Prenant une inspiration, j’ouvre la bouche.

« Je suis désolé, Anna. Pour être d’aussi mauvaise compagnie… Tu dois regretter de m’avoir emmené avec toi, mais je vais faire des efforts promis. »

Je m’arrête quelques secondes avant de reprendre, en la regardant pour m’assurer qu’elle m’écoute, qu’elle ne me refait pas le coup de penser que je ne suis pas vraiment là, comme tout à l’heure.

« Je vais essayer de pas te mettre en danger. J’aurai pas dû entrer comme ça, sans faire attention. C’était égoïste. Je le referai plus. »

Je ressors de mon sac les barres de céréales trouvées sur la table et les pose sur le comptoir.

« Prends en une. Ca sert à rien de se laisser crever de faim. Et puis tu as eu le courage de sortir pour le groupe. Tu mérites bien une part du butin. »

Je m’éloigne un peu, et tourne la poignée de la chambre dont la porte est juste à côté pour aller voir si il y a quelque chose. Malheureusement la porte reste close. Je pourrai sans doute la forcer, mais ça risquerait de faire du bruit, et ce ne serait pas prudent. Surtout que je viens de promettre de faire attention, et de ne pas la mettre en danger pour mes envies morbides.


Type d'action Déplacement vers la chambre



   
Type d'action Si le déplacement est réussi, fouille de la chambre (utilisation de mon niveau 1 en fouille)



   
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Dernière édition par Pelleas Wilkins le Jeu 7 Juil - 21:53, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Il parait qu'on devient philosophe lorsque l'on a fini la bouteille... [Livre II - Terminé]   Jeu 7 Juil - 21:32

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MessageSujet: Re: Il parait qu'on devient philosophe lorsque l'on a fini la bouteille... [Livre II - Terminé]   Sam 23 Juil - 13:09

Les choses pourraient durer longtemps de la sorte. Enfin, jusqu'à ce que je perde la raison pour de bon, ce qui n'est pas bien loin d'être le cas. Je serais entièrement honnête avec moi-même, je dirais plutôt que c'est fait depuis longtemps et que ce petit tête à tête ne fait que me rappeler d'une façon peu agréable ce que j'essaie d'occulter depuis que je suis en compagnie d'humains en vie. Enfin, en tout cas, depuis que mon cerveau a réussi à me persuader que j'ai trouvé des gens avec qui tenir le coup, avec qui survivre. Mais, maintenant que je me demande si Pelleas est réel ou non, je finis par me demander si c'est le cas des autres également. Si ça se trouve, je suis écroulée dans une maison abandonnée, en train d'agoniser pendant que je m'imagine être là, autant en forme que possible au vu des circonstances et que je vais bientôt mourir pour de bon. Je me demande si ce sera comme ça après, si ma vie va se dérouler comme dans un rêve éveillé.

A noter tout de même que le rêve est plutôt proche du cauchemar. Soit je n'ai vraiment aucun goût pour décider de la façon dont mon éternité va se dérouler, soit quelque chose ne colle pas. C'est peut-être la seule chose qui m'évite totalement de perdre pied. Les choses se passent bien trop mal pour être la mort de rêve que je souhaiterais. Je préfèrerais passer mon temps à boire du bon vin et à manger plutôt que de errer à demi-morte de faim en guettant des vieilles barres de céréales rassies et du mauvais scotch pour m'en sortir.

Le jeune home ne m'aide guère à me sortir de mes pensées pour le moins étranges de par son mutisme. Je n'insiste pas, me persuadant peu à peu qu'il n'est pas vraiment là et, quand il se décide à parler, je sursaute au point de manquer de me cogner contre un mur. Oui, je peux faire preuve d'une incomparable maladresse quand je m'y mets, surtout dans de telles circonstances. Alors je le fixe, fronçant les sourcils avant de souffler, d'un ton hésitant.

"Tu ne sais pas quoi ?"

Si je l'interroge de la sorte c'est que je n'arrive pas vraiment à saisir de quoi il parle. Du fait qu'il se soit aventuré de la sorte ? Qu'il soit un fantôme ? Quelle drôle d'idée. Je cille et je secoue la tête, essayant de me focaliser sur lui et de me persuader qu'il est bien là, que je ne rêve pas. Je dois avoir une drôle de mine mais je n'en ai cure. Jusqu'à ce qu'il reprenne la parole. Et je le regarde à nouveau, penchant la tête sur le coté.

"Désolé ? Mais pourquoi ? Tu as perdu quelqu'un qui t'es cher et je pense que nous sommes tous bien placés pour comprendre ce que tu peux ressentir. Je ne regrette pas de t'avoir emmené avec moi. Je t'apprécie beaucoup Pelleas, même si j'ai du mal à savoir si je te parle vraiment ou pas en ce moment."

Je cille à nouveau et je fixe le vide, me demandant ce qu'il va bien pouvoir comprendre de ce que je raconte. Il faut dire que je suis toujours à deux doigts de perdre les pédales mais, en cet instant précis, je n'ai jamais été aussi proche de le faire. Je laisse échapper un rire nerveux en secouant la tête avant de reprendre, toujours sans le regarder.

"Tu n'es pas égoïste. Enfin, nous le sommes tous. Tout le monde est dans sa bulle, dans tout ce qu'il a perdu, tout ce qui ne sera plus. Et parfois je me dis que je n'ai pas envie que quelqu'un s'immisce dans la mienne et sache ce qu'il y a dedans. Mais ce que je dis n'a aucun sens n'est ce pas ?"

Je hoche doucement la tête et je souffle, arrivant enfin à la fixer et à esquisser une ombre de sourire.

"C'est toi que tu mets en danger. Et c'est ce qui me dérange le plus. Parce qu'on dirait que tu ne te soucies plus de ta propre existence. Ou alors c'est une impression fort trompeuse et je suis totalement dans l'erreur. A toi de me le dire…"

J'approche une main et je la dépose brièvement sur son épaule, comme pour m'assurer qu'il est vraiment là avant de regarder la barre de céréales qu'il me tend avec un mélange d'incrédulité et de curiosité.

"Merci. Mais uniquement si tu partages."

Et je le vois s'éloigner avant d'avoir eu le temps de la scinder en deux. Je reste figée sur place, sans bien savoir quoi faire et me demandant si tout cela a vraiment eu lieu. Mais il semblerait qu'il essaie juste d'ouvrir la porte. Sans succès visiblement. Je grimace avant de me diriger vers la chambre d'à coté.

Type d'action J'entre dans la pièce et je fouille.

J'ouvre la porte sans difficulté et je penche la tête à l'intérieur, pas franchement rassurée. Avant de me rendre compte que ce n'est pas la barre de céréales qui me protègera. J'ai un rire nerveux à cette pensée et je me retourne vers Pelleas avec une grimace avant de me faufiler à l'intérieur.

La pièce est vide. C'est une espèce de bureau qui a visiblement déjà été pillé. Mais, par terre, je trouve des cartouches. Je les ramasse avant de les tendre vers le jeune homme avec une moue.

"Cela risque d'être moins nourrissant que les barres de céréales n'est-ce pas ?"

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MessageSujet: Re: Il parait qu'on devient philosophe lorsque l'on a fini la bouteille... [Livre II - Terminé]   Sam 23 Juil - 13:09

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#1 'Mouvement' :


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#2 'Fouille' :



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MessageSujet: Re: Il parait qu'on devient philosophe lorsque l'on a fini la bouteille... [Livre II - Terminé]   Lun 25 Juil - 22:02



Après ces longues minutes à écouter le monologue d’Anna, enfermé dans mes idées noires et mon mutisme, je finis par me rendre compte que quelque chose ne va pas. Perdu dans mes propres souffrances, je n’ai pas remarqué à quel point elle était perturbée, et combien ce silence que je lui imposais la faisait souffrir. Je m’excusais, donc, essayant de répondre à ses questions tant bien que mal. Ca me semblait étrange de lui parler. Je n’avais pas envie de le faire, mais je sentais que si je gardais le silence plus longtemps elle deviendrait folle. A plusieurs reprises, elle me parle de la possibilité que je ne sois pas vraiment là. Je la regarde, définitivement perdu lorsqu’elle me demande si ce qu’elle dit a un sens. Pas vraiment, en effet.

« Euh… Je sais pas ? Ca a sans doute un sens pour toi, non ? »

J’élude sa question indirecte sur le fait que je ne me soucie plus de ma vie. Je n’ai pas vraiment envie d’y répondre, parce que je ne suis pas vraiment sûr de la réponse. Au lieu de répondre, et pour ne pas rester silencieux, puisque le silence a l’air de lui peser plus que de raison, je lui tends une barre des barres de céréales que j’ai trouvé et la lui propose. Elle pose une main sur mon épaule, timidement, avant de la retirer et de prendre ce que je lui offre. Alors qu’elle insiste pour partager, je franchis les quelques pas qui nous séparent de l’une des chambres, dans le but de vérifier si il reste quelque chose qui pourrait nous être utile. Malheureusement la porte est verrouillée. J’hésite quelques instants à la forcer mais ça me semble être une mauvaise idée. Le bruit risquerait d’attirer les zombies du coin. Juste à côté retentit un petit rire d’Anna. Elle a vraiment l’air de devenir folle. Il faut que je fasse quelque chose. Avant que je n’ai le temps de la rejoindre, elle est entrée dans la pièce d’à côté. Je la suis dans un espèce de bureau. Elle me montre deux balles trouvées par terre, et je lui souris. Un sourire un peu triste, bien loin de mon charme et de mon humour habituels, mais un sourire tout de même.

« On sait jamais, à force de rien avoir à bouffer on va peut-être évoluer et finir par être capable de digérer le plomb. »

Ouais on évolue pas en quelques mois. Mais je trouvais l’idée amusante. Et c’était la première fois depuis ce qui me semblait une éternité que je me faisais une réflexion qui m’amusait. Fallait fêter ça.

Type d'action Déplacement vers le bureau (je suis celui d'Anna qui s'est déplacée de deux cases et fouille la zone au milieu)


Je jetais un œil à la pièce et remarquais un globe assez imposant, posé à l’entrée de la pièce, à côté d’une bibliothèque. Il ressemblait beaucoup à celui que mon père utilisait pour ranger ses bouteilles. Je m’en approchais et essayais de faire pivoter la partie supérieure du globe.

   
Type d'action Fouille du bar (utilisation de mon niveau 1 en fouille)

Je laissais échapper un petit sifflement impressionné en voyant ce qui se trouvait dans le meuble. Une assez complète collection de bons whisky ce qui était plutôt cool, mais surtout un poignard avec un manche blanc nacré. Je le prenais dans mes mains. Plutôt léger sans l'être trop. Il avait l'air d'excellente qualité bien que je n'y connaisse rien. Je sortais la lame de son étui pour trouver un métal sur lequel des reflets formaient des vagues. Je ne savais pas ce que c'était, mais il devait valoir cher, à l'époque où l'argent était important. Et là, maintenant, il avait surtout l'air très pratique pour se défendre.

« Je viens de trouver mon futur meilleur pote je crois. Mate un peu le truc. »

Je faisais signe à Anna de s'approcher, tout en remettant le couteau dans son étui pour le lui tendre sans risquer de la blesser.


   
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Dernière édition par Pelleas Wilkins le Mar 26 Juil - 16:10, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Il parait qu'on devient philosophe lorsque l'on a fini la bouteille... [Livre II - Terminé]   Lun 25 Juil - 22:02

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'Fouille' :
 


Tu trouves un poignard assez élégant
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MessageSujet: Re: Il parait qu'on devient philosophe lorsque l'on a fini la bouteille... [Livre II - Terminé]   Lun 1 Aoû - 17:20

Je laisse filer un rire un peu nerveux et qui m'aurait probablement fait me dresser les cheveux sur la tête en d'autres temps. Mais, bizarrement, il ne me fait rien et j'espère vaguement qu'il en sera de même pour Pelleas. A moins qu'il ne me fuit pour de bon cette fois. Et je serais sure de parler toute seule à défaut d'autre chose.

"Je ne sais plus vraiment ce qui a du sens depuis longtemps tu sais Pelleas. Même avant tout ça. Il y a eu… trop de choses."

J'ai un profond soupir, me demandant si ce que je raconte est compréhensible ou pas. D'autant qu'il ne répond même pas quand je le questionne sur le fait qu'il joue ou non avec sa vie. Cela veut tout dire non ? Et que puis-je donc y faire s'il a décrété que sa propre existence ne valait plus la peine d'être vécue ? Je ne peux guère lui vanter les mérites de la vie que nous menons et l'avenir me semble si obscur, voire inexistant, que je peux pas trop non plus m'avancer de ce coté-là. Difficile de faire quoi que ce soit d'efficace, surtout que j'ai du mal à ne pas perdre totalement pied. Bon, c'est plus que du mal, je veux bien l'admettre à défaut de trouver comment résoudre ce problème qui, à la longue finira peut-être par totalement me submerger.

Je ne lui jette qu'un bref regard quand il essaie en vain d'ouvrir une des portes qui nous entoure avant de tenter ma chance de mon coté. Je suis un peu plus chanceuse que lui, si l'on peut dire ça comme ça et, quand il esquisse un sourire je le fixe longuement avant de lui sourire à mon tour.

"Tout est possible. L'évolution de l'humanité, tout ça. Je préfère de loin quand tu fais cette tête Pelleas, même si je me doute que tu dois bien te forcer. Et si c'est pour moi, je t'en remercie."

Je pose ma main sur son épaule un instant, le temps d'un battement de cils avant de me diriger vers le bureau, dans lequel je rentre sans soucis. Il est immense et j'ai vaguement l'impression que le propriétaire des lieux a abattu des cloisons pour obtenir une telle surface. Le fait d'avoir des considérations architecturales me fait hausser un sourcil tant ces pensées sont peu appropriées et je secoue la tête avant d'entendre à nouveau la voix de Pelleas.

Il semble avoir retrouvé un regain d'énergie et j'en suis contente, même s'il s'agit d'une arme. C'est un début déjà non ? Je refuse de savoir ce qui lui vient à l'esprit quand il regarde cette lame et je m'efforce à paraitre enthousiaste. Dans la mesure où cela me conforte que je ne suis pas folle, enfin tout du moins que je ne parle pas dans le vide à un esprit ou quelque chose dans le genre, voilà qui me permet de ne pas feindre le plaisir de le voir un peu mieux.

"Et bien, tu vas faire des merveilles avec ça. Mais de là à en faire ton meilleur ami, tout de même. Enfin, ce n'est pas comme si tu étais du genre à faire preuve d'exagération n'est ce pas ?"

Je lui décoche un clin d'œil qui se fait malicieux avant que je m'éloigne un peu, me retrouvant dans le fond du bureau et ouvrant quelques tiroirs.

Type d'action Je fouille la dernière partie du bureau.

Et j'agite alors un paquet de gâteaux que je mangeais habituellement avec mon thé. Ils ne sont peut-être pas totalement rassis, la boite étant soigneusement fermée. Mais voilà une bonne surprise.

"Dis-moi mon cher, que penserais-tu d'un thé avec des biscuits ? Et une bonne rasade de bourbon ? Surtout du bourbon. Hum. Un gâteau ?"

Je secoue la tête et je lui adresse mon plus beau sourire. Tout va mieux non ? Je crois. Je suppose. Enfin, peut-être qu'en un claquement de doigts tout va tomber à nouveau. Rien n'est impossible, surtout avec tout ce qui se passe en ce moment. Tant que j'arrive à vaciller sans chuter, je devrais m'en sortir. J'espère en tout cas.

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MessageSujet: Re: Il parait qu'on devient philosophe lorsque l'on a fini la bouteille... [Livre II - Terminé]   Lun 1 Aoû - 17:20

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MessageSujet: Re: Il parait qu'on devient philosophe lorsque l'on a fini la bouteille... [Livre II - Terminé]   Mar 9 Aoû - 22:30


J’étais gêné à présent de mon égoïsme. Je me rendais compte un peu tard du mal que mon silence avait causé à Anna, et je m’en voulais, un peu. J’essayais du coup de répondre à ses questions, de lui montrer que j’étais là. Je me forçais à sortir de ce brouillard qui me rendait asocial. Je parvins même à faire quelques blagues, qui sonnaient un peu fausses à mon oreille mais la firent sourire un peu. Elle ne se laissait cependant pas berner, et se rendait bien compte que je me forçais à faire bonne figure.

« Tu fais bien des efforts pour me supporter, je peux bien en faire pour être d’un peu meilleure compagnie. »

Elle posait de nouveau sa main sur mon épaule. Ca faisait plusieurs fois qu’elle me touchait, brièvement, comme pour se convaincre que j’étais bien là avec elle. En temps normal j’aurai pris ces contacts pour des avances, mais je n’étais plus vraiment moi-même depuis un moment. J’avais l’impression d’être une autre personne. Alors qu’elle fouillait le bureau, je faisais de même en ouvrant un globe faisant office de bar. J’y découvris une lame magnifique que je montrais avec un enthousiasme presque non feint à ma compagne de survie. Elle me répondit en souriant et retourna fouiller le reste du bureau, où elle trouva un paquet de gâteaux, qu’elle proposa d’entamer.

Je regardais le paquet dans sa main. L’idée de manger quelque chose fit gronder mon estomac plus que vide depuis des jours. C’était difficile de se retenir lorsqu’on était en expédition et qu’on trouvait de la nourriture. Ramener ce qu’on trouvait pour le groupe, alors qu’il était si facile de se l’approprier et de ne pas dire aux autres ce qu’on avait trouvé. J’hésitais quelques secondes, et mon ventre se manifesta de nouveau, terminant de me convaincre.

« J’avoue que je ne dirai pas non. Par contre je suis pas sûr qu’il y ait du thé. »

Je jette un œil dans le mini-bar et en sort une bouteille de whisky ainsi que deux verres à whisky.

« A défaut de glaçons on peut toujours aller chercher de la glace dehors. Enfin moi-même sans glaçons ça m’ira. »

Je me dirigeais avec la bouteille et les verres vers le salon que l’on venait de quitter, et allais m’asseoir sur le canapé, posant les deux verres en faisant attention à ne rien faire tomber. Je débouchais ensuite la bouteille et en servait deux verres, avant de pousser l’un des deux vers Anna.

« Je sais pas trop à quoi on peut trinquer. A notre rencontre ? Je trinquerai bien à notre survie, mais j’ai peur que ça nous porte la poisse. »

Je pris une inspiration et respirai la bonne odeur qui s’élevait de mon verre.

   
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MessageSujet: Re: Il parait qu'on devient philosophe lorsque l'on a fini la bouteille... [Livre II - Terminé]   Mer 17 Aoû - 19:36

Ma réaction pour le moins atypique, ayons donc un peu le sens de la formule, a au moins le mérite de tirer Pelleas de son silence. Je ne saurais dire si cela me rassure ou pas, s'il fait ça parce qu'il a peur, pitié ou tout simplement assez de sympathie pour moi et pour m'éviter de sombrer pour toujours. Au final, ça n'a que peu d'importance, tant qu'il parle et me donne le sentiment qu'il est là pour de vrai, que je n'ai pas perdu la tête pour de bon. Il essaie même de faire de l'humour, comme à son habitude avant notre passage sur la glace et j'arrive à lui sourire, sans être le moins du monde convaincue par son attitude.

"Je ne suis pas sure qu'on puisse qualifier ça d'effort tu sais. Outre le fait que la solitude n'est pas ma tasse de thé, tu peux te révéler d'excellente compagnie, quand tu es vraiment là."

Ce dont je m'assure à nouveau, avec hésitation, en lui effleurant l'épaule. Moi qui n'aime guère le moindre contact tactile en temps normal, j'ai besoin de convaincre mon subconscient qu'il n'est pas issu de mon imagination, que… et bien que tout ça n'a pas été qu'une vaste fumisterie, une hallucination des plus réelles et que nous continuons de tenir bon. Ensemble, malgré tout. C'est peut-être un peu utopique mais c'est une des rares choses, pour ne pas dire la seule, à laquelle me raccrocher en ce moment.

Je le sens hésiter, quand je trouve le paquet de gâteaux. Il a probablement des scrupules et, d'une certaine façon, moi aussi. Mais manger un ou deux gâteaux ne changera pas grand-chose au résultat final non ? Et puis, au pire, nous repartirons en expédition dans la maison pour trouver autre chose à ramener. J'attends tout de même qu'il se décide et je lui accorde un sourire avant d'ouvrir le paquet. Autant être honnête, il se dégage une vague odeur de rassis qui n'arrive même pas à me dégouter. Voilà donc à quoi nous en sommes réduits. C'est un comble tout de même, quand je pense à ce que je pouvais manger à une époque. Je secoue la tête, essayant de chasser ces images de mon esprit.

C'est probablement la pire chose à laquelle penser en ce moment, avec nos estomacs perpétuellement vides. Alors je sors ce qui ressemble vaguement à une sous marque d'une grande fabrique de cookies et, même si le goût est fort peu ragoûtant, mon estomac me remercie. Ou m'en veut, je ne saurais trop le dire.

"Il est vrai que trouver du thé ici risque d'être délicat. Et surtout, je ne vois pas trop comment faire chauffer de l'eau. Même si l'idée de planter un sachet dans un verre de glace est amusante, j'aimerais autant éviter."

Je lui donne un des biscuits alors que je jette un regard circonspect à celui que je tiens en main, avant de le regarder fouiner dans les placards. Et ce qu'il trouve est loin de me déplaire.

"Mon cher, je ne bois jamais mon whisky avec un glaçon. Mon ex-mari confinait ça à de l'hérésie et m'aurait probablement bannie de la maison si j'avais eu le malheur de m'y essayer."

Je le suis sagement, ma boite de gâteaux en main et, quand il s'installe dans le canapé, je fais de même, repliant mes jambes contre moi-même et lui adressant un sourire amusé. Je le laisse aussi faire le service, n'ayant nullement envie de montrer mes mains qui tremblent à l'idée même de pouvoir boire un verre d'alcool. Voilà qui ferait désordre alors que j'ai l'air de reprendre un peu pied. Non, pas que l'air, je me sens mieux non ? Je suppose. Je cille un instant avant d'attraper le verre et de laisser filer un silence à son toast.

"A notre rencontre, ça me parait plutôt bien. Cela sous-entend que nous avons survécu jusque là. Nous pourrions trinquer au moment présent, j'ai réussi à revenir les pieds sur terre et toi à me parler, ça se fête non ?"

Et je rapproche mon verre du sien pour trinquer. Bien, je ne tremble pas. Mais mon autre main est crispée sur le dossier du canapé. Je n'arrive décidément pas à faire aussi bonne figure que je le pensais.  

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MessageSujet: Re: Il parait qu'on devient philosophe lorsque l'on a fini la bouteille... [Livre II - Terminé]   Dim 21 Aoû - 15:40


Le comportement étrange d’Anna m’avait sorti de mon mutisme, et me forçait à me tourner vers elle plutôt que de m’apitoyer sur mon sort. Oui j’avais perdu une amie. Quelqu’un qui représentait un peu de stabilité dans ce monde qui n’avait plus rien de sûr. Mais je n’étais pas le seul. J’étais égoïste de ne penser qu’à moi et de laisser de côté les survivants pour pleurer quelqu’un qui ne reviendrait plus. Mais il était parfois difficile d’être rationnel, surtout face à la douleur du deuil, et lorsqu’on mourait de faim constamment. Je me réveillais donc, petit à petit, faisant face à Anna qui semblait penser que je n’étais pas vraiment là, avec elle. La maison que l’on fouillait se révèlait être un vrai trésor. J’y trouvais un superbe couteau, et on récupéra tous les deux à droite à gauche quelques trucs à manger. J’hésitais quelques instants lorsqu’elle proposa qu’on s’installe pour manger un peu. Je me sentais un peu coupable de profiter de quelque chose qui pourrait revenir au groupe. Surtout qu’en ce moment je me sentais un poids pour le groupe. Je m’étais toujours senti un peu inutile, mais ce sentiment s’était exacerbé depuis la mort d’Eileen. Je mangeais moins que ma ration, malgré la faim qui me rongeait, parce que j’avais l’impression que je n’était pas vraiment digne de mériter de vivre. Mais c’était elle qui proposait, et je n’avais pas le cœur de lui dire non. Surtout que mon ventre me hurlait d’accepter la proposition.

Je sortais une bouteille et deux verres du mini-bar et partis m’installer dans le canapé du salon, bavardant un peu. J’avais compris que je ne devais pas rester silencieux si je ne voulais pas stresser ma compagne, alors j’évitais de le faire et me forçais à parler, même si je ne racontais rien de très passionnant, et que mes piques n’avaient l’air que d’une pâle copie de mon humour habituel. Je la regardais un instant, me rendant compte que je ne connaissais finalement rien d’elle, de son passé.

« Tu as été mariée ? »

La question était sortie sans que je ne l’aie vraiment voulu, et je me rendis compte aussitôt que c’était probablement une très mauvaise question. Elle avait bien dit ex-mari. Donc soit ils avaient divorcé, ce qui n’était sans doute pas un très bon souvenir, soit il était mort, ce qui était encore pire.

« Je… Je ne voulais pas être indiscret, vraiment. Ne réponds pas si ça te met mal à l’aise. »

Je changeais de sujet en m’asseyant, levant mon verre pour trinquer. Je remarque sa main, crispée sur le canapé, mais je mets ça sur le compte du malaise que j’ai provoqué malgré moi avec mes questions indiscrètes. Je porte le verre à mes lèvres.

« Au moment présent alors. »

La première gorgée emplit ma bouche. Ca faisait longtemps que je n’avais pas bu un si bon whisky. Ca semblait irréel d’être assis là, tous les deux, dans une maison calme, vide de toute créature puante cherchant à faire de nous son quatre heures, à boire du whisky en mangeant des gâteaux secs. Avant de continuer à boire je prenais le biscuit que j’avais posé sur la table et en prenais quelques bouchées. Mon estomac fit un bruit de grognement bien audible qui me fit rire. Je dévorais le gâteau en quelques secondes, et entrepris de ramassais avec mon doigt les quelques miettes qui étaient tombées sur la table. Ca faisait tellement de bien de se remplir le ventre. Ma culpabilité était un peu retombée face à la satisfaction de me remplir le ventre. Je reprenais mon verre et bus quelques gorgées du breuvage doré pour faire passer la sécheresse provoquée par le gâteau. L’alcool ne tarderait pas à me monter à la tête, vu l’état de dénutrition dans lequel je me trouvais, mais je m’en fichais.


   
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MessageSujet: Re: Il parait qu'on devient philosophe lorsque l'on a fini la bouteille... [Livre II - Terminé]   Sam 10 Sep - 20:08

Je sais bien qu'il serait bien plus facile pour Pelleas de se laisser aller pour de bon. De lâcher prise et d'arrêter de se soucier de cette existence qui, dans le fond, n'a pas plus vraiment de sens. Mais je ne peux pas le laisser faire. Outre le fait que j'ai développé un certain attachement pour le jeune homme, perdre une personne supplémentaire au sein du groupe finira par le fragiliser un peu plus.  Jusqu'à ce qu'il éclate pour de bon. Evidemment, cette part de moi, toujours si fragile, a bien cru que je perdais encore la raison à la voir agir de la sorte mais, dans le fond, ma santé mentale ne vaut pas grand-chose si je me retrouve seule à nouveau. Elle finira par disparaitre pour de bon si ça arrive et je ne suis pas sure de tenir plus d'une journée.

Alors, quand je le vois prendre sur lui pour me parler, j'avoue que je lui suis vraiment reconnaissante. Il aurait pu continuer à se murer dans son mutisme. Après tout, il ne me doit rien du tout et il en a suffisamment vu et fait pour en avoir assez. Mais il joue le jeu, suffisamment pour que je puisse faire mine d'être convaincue et lui sourire. Et que cette petite voix insidieuse arrête de me souffler que je parle à un fantôme. J'en suis soulagée et, pour la peine, je me dis que l'on peut fêter ça en mangeant quelques gâteaux. Surtout avec la bouteille qu'il vient de trouver.

Notre petite virée tourne d'une façon plutôt agréable soit dit en passant. De quoi boire, quelque chose à grignoter, pour un peu, on serait au paradis. Et puis, même s'il est loin d'être aussi loquace qu'il a pu l'être, il y a un net progrès.

Je fronce cependant les sourcils à sa question, me demandant pourquoi il pense à me demander ça maintenant. Probablement pour être poli, pour discuter, faire mine de s'intéresser à ma vie ou pour continuer à boire sans retourner affronter le froid dans l'immédiat.

"Oh ne t'en fais pas, ce n'est pas le genre de sujet propre à me mettre mal à l'aise. J'ai été mariée oui. Mais j'ai eu quelques … déboires professionnels et visiblement, une épouse déchue  n'était pas du goût de mon cher mari. La haute société new-yorkaise ne permet pas le moindre pas de travers visiblement."

J'ai une grimace pensive, jetant un regard aux alentours alors que je continue, essayant d'esquisser un sourire.

"Je ne sais même pas ce qu'il est devenu. J'espère tout de même qu'il est en vie, je ne lui en veux pas à ce point-là."

Crispée alors que j'essaie de me maitriser à la vue de l'alcool, j'arrive pourtant à lever mon verre et à trinquer avec lui. Et surtout, à ne pas le vider d'une traite.

"Au moment présent oui. Je suis persuadée qu'on peut, si on cherche bien, arriver à trouver un truc positif à redire de cet instant non ?"

Je souffle un rire alors que j'entends son estomac gronder et je lui montre le paquet ouvert.

"N'hésite pas. Je crois que tu en as vraiment besoin."

Et puis, au final, je bois la moitié de mon verre d'un coup. Grands dieux, comme ça fait du bien. Je sens mon corps entier se détendre et le sourire que je décroche à Pelleas se fait brusquement plus apaisé. Je laisse échapper un profond soupir de soulagement et je fixe le jeune homme, essayant de guetter dans ses réactions, quelque chose qui pourrait m'inquiéter de nouveau.

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MessageSujet: Re: Il parait qu'on devient philosophe lorsque l'on a fini la bouteille... [Livre II - Terminé]   Mer 28 Sep - 23:21


J’ai comme l’impression de sortir d’un sommeil profond. A la différence que ça fait bien longtemps que je n’ai pas dormi profondément. Mais il y a aussi longtemps que je ne me suis pas senti vraiment réveillé. Sortir de mon mutisme me sort de ce brouillard, de cette coque épaisse qui s’était formée autour de moi. C’est elle qui m’en a sorti, et j’essaie tant bien que mal de ne pas m’y renfermer à nouveau, maintenant un semblant de conversation tandis que nous nous asseyons sur le canapé. C’est tellement étrange, d’être assis là, l’un à côté de l’autre, sur un canapé. Tout est calme autour de nous. Et on est là, un verre de whisky à la main, à discuter. Comme si tout ce bordel n’était pas entré dans nos vies. Comme si on avait pas vu tous ces gens mourir un à un. Comme si on avait jamais eu à tuer un être qui n’avait plus d’humain que la forme. Ca faisait en quelque sorte du bien, mais ça n’effaçait pas le passé, ni la souffrance. Et je n’étais pas encore vraiment moi-même. Je n’étais même pas sûr que je le redeviendrai un jour.

Je lui répondais, essayant de ne pas laisser durer le silence. Malgré mes idées noires qui m’avaient isolé des autres, j’avais compris que ce silence lui pesait, qu’il la ramenaient à des choses qu’elle ne voulait pas revivre. Alors je parlais, j’essayais du moins, pour combler ce silence. Et j’avais par réflexe posé une question sur son mari. Question que j’avais aussitôt regrettée. C’était elle qui l’avait mentionné, alors je n’avais pas réfléchi. Mais parler de nos anciennes vies était souvent un tabou, entre survivants. Ca ne servait qu’à remuer des couteaux dans des plaies parfois encore fraiches. Aussi je m’excusais aussitôt de ma maladresse, essayant de sortir mon cerveau de cette glue qui l’empêchait de penser clairement. Elle me rassura, heureusement, rapidement, et je me détendais, soulagé que ma gaffe ne l’ait pas affectée, en l’écoutant me parler de son mari.

« Il devait pas être très intelligent, pour lâcher une femme comme toi. »

Les vieux réflexes revenaient un peu, sous la surface. Je ne cherchais pas volontairement à la draguer. Mais je l’appréciais. J’avais envie de la réconforter un peu, peut-être maladroitement. Même si elle disait que ce sujet ne l’atteignait pas, je la sentais un peu tendue. Sa main était crispée sur son verre, je pouvais voir les veines parcourir le dos de sa main. Je ne répondais donc rien sur ce sujet, préférant trinquer. Au moment présent. Je lui souriais alors qu’elle insister sur ce qu’on pouvait trouver de positif à cette situation. Son optimisme lui rappelait le mien. J’avais été comme ça, moi aussi. Mais Eileen avait été la mort de trop. Le déclic qui m’avait ouvert les yeux sur notre situation. On mourrait tous, un par un. Et je n’étais plus sûr que les plus chanceux étaient ceux qui étaient encore en vie. On était même pas vraiment en vie mais plutôt en sursis. Cependant je me retenais de lui livrer mes états d’âme. Ce n’était pas vraiment le moment, ça aurait gâché l’ambiance. Au lieu de ça je tendais la main vers le paquet de biscuits et en prenais un.

« Qui n’en a pas besoin, ces derniers jours. »

Je croquais dans un biscuit, qui était un peu mou d’être resté trop longtemps dans un placard, et ma bouche s’emplit aussitôt de salive. Putain que ça faisait du bien de manger. J’observais Anna boire son verre et ne put m’empêcher d’être surpris. Pour une fille, elle avait une bonne descente. Mes potes de l’époque d’avant la catastrophe étaient plutôt du genre à boire des bières ou du vin et à grimacer dès qu’on leur servait un peu d’alcool fort. Où à le diluer dans un gros volume de boisson bien sucrée.

« T’avais soif ? » lui demandai-je en souriant un peu.

Je reprenais un peu de whisky pour me rincer la gorge, et me renfonçais dans le canapé, fermant les yeux, conscient de cette nourriture qui descendait progressivement dans mon estomac. Je restais immobile pendant ce qui me semblait quelques secondes. Le calme de l’endroit et la présence d’Anna à mes côtés, plus cette nourriture qui manquait depuis si longtemps, me donnaient un sentiment de sécurité qui m’apaisait. L'alcool qui laissait une sensation de chaleur dans mon oesophage participait à me détendre.

   
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MessageSujet: Re: Il parait qu'on devient philosophe lorsque l'on a fini la bouteille... [Livre II - Terminé]   Dim 16 Oct - 20:45

A chaque jour suffit sa peine. Il aura fallu une fin du monde pour que je finisse par comprendre ce proverbe que j'avais toujours trouvé particulièrement stupide. Et par surtout lui trouver une réelle application. Je ne songe plus au lendemain depuis des mois et j'avoue être soulagée de pouvoir voir une nouvelle fois le soleil se lever. Pour autant, je ne saurais pas vraiment dire si je l'apprécie vraiment ou si c'est juste la force de l'habitude. Ou cette ténacité qui est visiblement la mienne depuis toujours. Ca ne m'a guère aidé à garder les idées en place, ça, je veux bien l'admettre. Et plus d'une fois il m'arrive encore de perdre un peu les pédales, comme aimait à le dire mon ex-mari. Mais cela se fait un moins fréquent, même si ça ne perd pas en intensité.

Si l'attitude de Pelleas n'a pas aidé, il s'est vite rattrapé et c'est un plaisir que de me retrouver dans ce canapé avec lui, quand bien même je n'aurais probablement jamais songé à lui adresser la parole si nous n'avions pas vécu tout ce que nous avons traversé. Deux mondes si différents réunis au même endroit. Voilà qui ferait plaisir à bien des sociologues, à n'en pas douter.

Je laisse filer un rire à sa réponse et je secoue la tête, lui dardant un regard franchement amusé.

"Pelleas, pour un peu je croirais que tu es en train de me draguer. Attention, tu vas finir par me faire rougir. Mais tu as raison sur un point, mon cher ex-mari ne brillait pas par son intelligence. Je ne l'avais de toute façon pas épousé pour ça, j'avoue. Mais ça reste entre nous évidemment."

Je lui décoche un clin d'œil malicieux alors que je me rends bien compte que ce calme et cette sensation de sécurité que je peux éprouver en cet instant n'est qu'éphémère. Dès que nous mettrons de nouveau les pieds dehors le froid et la peur se faufileront de nouveau dans chaque parcelle de ma peau. Et il doit tout aussi bien le savoir que moi. Mais, soit nous jouons le jeu, histoire de donner le change, en espérant qu'à force, nous nous en sortirons, soit nous lâchons prise pour de bon. Et, alors que je serre à toute force ce verre, je me demande à quel point je pourrais être crédible dans mon petit sermon. Cette pensée me fait sourire et je finis par souffler, alors que je lui jette un bref regard.

"Tu sais que l'espace d'un instant, j'ai cherché des arguments à te donner pour te convaincre que les choses pourraient être pires ? Et je me suis dit que ce serait faire insulte à ton intelligence. Ou à la mienne, je ne sais pas trop. Avant de tomber sur vous, j'ai erré des semaines seule, sans personne à qui parler, me demandant si je n'étais pas morte ou alors si je ne devais pas en finir. Cette pensée s'est atténuée avec votre arrivée mais elle est toujours là. A quoi bon attendre qu'on vienne nous mettre le coup de grâce ?"

Je cille un instant, mon regard se perdant dans le vide.

"Et je me suis rappelé que je n'étais qu'une tête de mule qui refuse de laisser qui que ce soit avoir le dernier mot à sa place et qui essaie de profiter du peu de bonnes choses qui nous restent. Un verre partagé en bonne compagnie, surtout maintenant que tu t'es souvenu que tu savais utiliser ta langue."

Je me fais malicieuse un instant avant de rire doucement.

"Grands dieux, je l'ai fait mon sermon finalement. Et je ne suis même pas sure que ce que j'ai pu à réellement du sens en fait. J'en suis navrée."

Je croque dans un des biscuits rassis, repliant mes jambes sur le canapé avant de lorgner sur le verre qu'il a désigné avec une grimace.

"Un peu oui. Disons que c'est un moyen comme un autre de se détendre. Même s'il se fait particulièrement rare."

En parlant de ça, il semble aller un peu mieux. Enfin, façon de parler. Je ne saurais dire si aucun de nous pourra vraiment se sentir mieux un jour. J'attrape alors la bouteille et je remplis à nouveau mon verre avant de faire de même avec le sien, lui tapotant affectueusement le bras avant de reprendre ma place.

"Il faut trouver un autre motif pour trinquer ou il faut mieux éviter que je dévie de nouveau sur tout et n'importe quoi ?"

Bien, j'ai tout de même réussi à ne pas boire directement à la bouteille. Je reste tout de même civilisée malgré tout, voilà de quoi être fière de moi.

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MessageSujet: Re: Il parait qu'on devient philosophe lorsque l'on a fini la bouteille... [Livre II - Terminé]   Dim 30 Oct - 17:57

Le calme et le naturel de cette situation était étrange. C’était comme une bouffée d’air frais dans ce cauchemar qui semblait ne jamais vouloir cesser. Nous étions tous les deux assis sur un canapé, à boire du whisky et manger des gâteaux. Si les gâteaux n’avaient pas été complètement rances, et si je ne souffrais pas d’une sévère dénutrition, cette scène aurait presque pu être tirée de l’autre époque de nos vies. Celle d’avant la catastrophe. A cet autre détail près qu’on ne se serait probablement jamais rencontrés, elle et moi. Nos routes ne s’étaient croisées que parce qu’un genre de virus tournaient les infectés en trucs qui ne ressentaient pas la douleur et avaient une furieuse envie de nous bouffer.

La discussion dériva un peu sur son ex-mari, et elle releva le fait que je la draguais. Je souriais un peu. C’était peut-être vrai, j’en savais rien. Je la draguais pas vraiment, pas consciemment. Plus par réflexe qu’autre chose. Une vieille habitude, qui me revenait maintenant que j’étais assis sur un canapé avec une fille, même plus âgée que moi, au chaud. J’avais eu un peu une période où j’essayais de me taper toutes les filles que je croisais. Après tout c’était bientôt la fin du monde, autant en profiter. Ce n’était plus vraiment le cas. J’avais perdu un peu l’envie, ça me semblait futile, tout ça, désormais. Et puis avec ce qu’on bouffait, ou plutôt ce qu’on ne bouffait pas, c’était pas vraiment la joie niveau libido. Je ne la contredisais cependant pas. Si ça la mettait de bonne humeur que je la drague je n’allais pas lui retirer ça. Et puis peut-être qu’elle était intéressée ? Je lui dirai probablement pas non si elle tentait quelque chose. Je restais un mec, et elle était loin d’être désagréable à regarder, en plus d’être de bonne compagnie.

Elle me raconta un peu son histoire. Son périple, seule, dans le froid, cernée par les zombies. Je pouvais la comprendre, un peu. J’avais aussi cru devenir fou avant de tomber sur Eileen. Et ses propos faisaient écho en moi. Je n’osais pas lui répondre, et la laissais plutôt poursuivre sa digression, contemplant pensif une tâche sur la table. Et puis je finis par parler, après coup, une fois qu’elle eut terminé. On avait changé de sujet, et resservi des verres, mais ses paroles résonnaient encore un peu en moi, et je laissais sortir quelques mots, parlant de mes états d’âme au lieu de proposer un autre toast, plus joyeux.

« J’y suis passé aussi… Par cette sensation que tout est vain. Qu’il vaudrait mieux mourir. »

La vérité, c’était que je le pensais encore, que mourir serait préférable.

« J’ai plus rien à quoi me raccrocher Anna. Je sers à rien. Je suis un poids pour le groupe, je le sais. J’ai toujours été un poids. Je suis pas fichu de buter un zombie. L’autre jour j’y serai resté si Javik n’avait pas été là. »

Une larme vint couler le long de ma joue et je tournais la tête pour qu’elle ne la voie pas. Je l’essuyais avant qu’elle n’atteigne le coin de mes lèvres, et me saisissais de mon verre de whisky que je porte à mes lèvres. Le liquide alcoolisé vint bruler ma langue et mon palais, et je sentais la chaleur se répandre dans tout mon corps. Je sentais la tension qui me pesait depuis si longtemps se libérer sous l’effet de l’alcool. Avant que je ne le réalise, d’autres larmes vinrent couler le long de mes joues, formant un sillon. Dans un souffle je m’excusais.

« Désolé de casser l’ambiance. »

J’arrivais même à gâcher un bon moment à Anna. J’étais bon qu’à causer du soucis aux autres, et à les mettre en danger.
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MessageSujet: Re: Il parait qu'on devient philosophe lorsque l'on a fini la bouteille... [Livre II - Terminé]   Sam 12 Nov - 21:34

Décidément, cette situation est des plus étonnantes. Le contexte m'est pourtant familier après tout. Une discussion autour d'un bon whisky, dans un salon qui pourrait être plus mal agencé en dégustant des… biscuits rassis. Voilà qui est une drôle de façon de nous rappeler dans quel monde nous sommes maintenant. Et pourtant, je me dis que j'apprécie bien plus ce moment que j'ai pu apprécier ces soirées interminables de mon autre vie. Ou alors, avoir passé des mois seule à ne parler qu'à mon reflet, j'ai peut-être appris à reconnaitre un bon moment, quelles que soient les circonstances.

Pelleas se fait plus bavard, même s'il est évident qu'il n'est que le reflet de ce que j'ai pu voir en faisant sa connaissance il y a quelques mois de cela. Je ne peux pourtant m'empêcher de lui parler de ma vie d'avant et de rire quand j'ai l'impression qu'il me drague. Il ne dément pas, ce qui est pour le moins flatteur, surtout quand je sais dans quel état physique je suis, même si j'ai quand même un sérieux doute quant à la véracité de cette situation.

Je ne sais pas pourquoi je finis par lui raconter ce que je peux éprouver. Peut-être pour qu'il se sente moins seul, qu'il comprenne que nous sommes tous passés par là et qu'on y survit. Plus ou moins.

"Parfois, je me demande pourquoi on continue à faire ça. A chercher de la nourriture, à trouver un abri, à se lever le matin. Mais il faut bien continuer non ? Tu ne te dis pas qu'il peut y avoir une issue à tout ça ?"

Et voilà qu'il reprend la parole. Les mots qu'il prononce me serrent le cœur et je ne dis rien l'espace d'un instant, me rapprochant un peu de lui et effleurant sa joue du revers de la main. Et je secoue doucement la tête, esquissant une ombre de sourire.

"Tu te trompes Pelleas. De façon bassement pragmatique, si tu étais un poids pour le groupe, tu crois que Philippe ne t'aurait pas dit de partir ? Tu sais ce qu'il m'a dit, quand je suis arrivée parmi vous ? Que je devais remplir ma part du marché, œuvrer pour le groupe, qu'il n'y avait pas de poids mort, ce genre de choses. Et je peux te garantir que tu n'es pas inutile, loin de là. Chacun de nous a son rôle à jouer pour notre survie à tous."

J'essuie alors les autres larmes qui coulent du bout du pouce en le fixant juste après avoir rempli à nouveau nos verres. Comme si cela pouvait arranger les choses. D'une certaine façon, il arrivera peut-être à vider complètement son sac, à dire tout ce qu'il a sur le cœur et, après, il pourra repartir sur de meilleures bases.

"Tu ne casses pas l'ambiance. Au moins, aujourd'hui, je ne me suis pas sentie totalement inutile tu vois. Mais je comprends que tu ne trouves plus de sens à rien. J'aimerais te dire que ça reviendra, que demain, tu auras envie de continuer mais je n'en suis même pas persuadée pour moi. Alors pour d'autres… et je me dis pourtant que si nous avons tenu jusque là, ce serait du gâchis d'arrêter les frais maintenant. Qu'à la longue, nous finirons pas nous en tirer. Ensemble."

Je sais, ce discours peut paraitre un rien utopique pour ne pas dire pathétique. Mais c'est tout ce qu'il nous reste. Tenir bon en espérant que demain, ou un autre jour, les choses finiront pas s'arranger.

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MessageSujet: Re: Il parait qu'on devient philosophe lorsque l'on a fini la bouteille... [Livre II - Terminé]   Lun 21 Nov - 9:14

Les larmes sortaient, une à une. Les yeux fixés sur le verre de whisky, je les laissais couler, après avoir essuyé la première du dos de la main. J’avais lâché prise. Je me fichais qu’elle me voit pleurer. Qu’elle me trouve faible, ridicule. Preuve encore que je n’étais plus vraiment le même. Avant pleurer, et encore plus devant une fille, aurait été impensable. Un coup porté à ma virilité. Maintenant ça n’avait même plus vraiment d’importance. J’étais brisé. Je ne savais plus en quoi croire. Mes seuls repères étaient ces gens, avec qui j’avais posés mes bagages. Et le temps qui s’écoulait. Lentement. Le temps qui nous rapprochait de la fin de ce calvaire, que ce soit par la mort ou par la victoire de l’Humanité sur ce fléau. Le temps qui ne semblait pas vouloir accélérer, se réjouissant sans doute de notre lente agonie.

Je ne la regarde pas, lorsqu’elle répond à mon court étalement de mes idées noires. Elle m’assure que je ne suis pas un poids pour le groupe. Que si c’était le cas on m’aurait déjà viré. Peut-être. Sans doute. Je n’en sais rien. Je porte mon verre à mes lèvres. L’alcool me brûle un peu moins la gorge. Peut-être que je m’y suis habitué, peut-être que ce qui est déjà passé a commencé à m’anesthésier. Je fixe de nouveau mon verre, qu’Anna remplit aussitôt. Je soupire. L’air sortant de mes poumons, entrecoupé de légers soubresauts provoqués par mes pleurs, a des relents de whisky qui masquent la mauvaise odeur habituelle causée par la malnutrition. Je sens le pouce de ma compagne se poser sur mes joues. Essuyant mes larmes. Je lève alors les yeux vers elle, la regardant enfin. Cette douceur qu’elle a envers moi, la façon qu’elle a d’essayer de m’aider, alors que je sais qu’au fond, elle est aussi brisée que moi, me troublent. Elle me rassure, encore une fois, alors que je me perds à la contempler. Je termine un autre verre tandis qu’elle parle, sans la quitter des yeux. Et une fois qu’elle a terminé de parler, une fois que ses lèvres se sont immobilisées, je m’approche d’elle, franchissant le mètre qui nous sépare.

Ma main se pose sur la sienne, et je sens sur sa peau le reste de mes larmes. Je prends sa main dans la mienne, et la porte à mes lèvres, pour y déposer un baiser. Je la regarde dans les yeux. Je crois que je ne pleure plus, mais je n’en suis plus vraiment sûr. Mes joues sont bien trop humides pour que je m’en rende compte. Je cherche un signe de sa part, quelque chose qui m’arrêtera, mais l’alcool qui commence à courir dans mes veines ne m’aide pas vraiment à avoir les idées claires. J’ai lâché mon verre sur la table, et la main qui ne tient pas la sienne vient se poser dans son cou, l’attirant à moi. Mes lèvres, gercées par le froid, se posent sur les siennes, qui sont plus ou moins dans le même état. Le contact est un peu rugueux, nos lèvres étant si sèches, mais ça m’est égal. Mes yeux se sont fermés. Je profite de ce moment, espérant qu’il ne prendra pas fin trop tôt.
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MessageSujet: Re: Il parait qu'on devient philosophe lorsque l'on a fini la bouteille... [Livre II - Terminé]   Ven 2 Déc - 20:07

Le voir pleurer a quelque chose de déchirant, vraiment. Pourtant, je pense que chacun d'entre nous a, à un moment ou un autre, versé des larmes en pensant que plus rien n'en valait la peine, que cette lutte acharnée pour notre survie n'a pas le moindre sens. Certains s'accrochent encore en se trouvant des raisons, fondées ou non. Philippe a sa femme et sa fille, Miria a sa famille et Javik. Et ainsi de suite. Mais Pelleas ? Et moi ? J'avoue que si je prends le temps de la réflexion, j'aurais envie de dire que nous n'avons rien. Rien d'autre qu'une volonté amère de tenir bon, quoi qu'il en coûte, avec ou sans raison. Et que je ne sais pas combien de temps elle durera. Avant que lui ou moi ne lâchions prise. Alors je me raccroche à l'idée de le faire remonter, comme si le sauver de lui-même pourrait m'aider également. Quand je pense qu'il y a quelques temps, j'aurais probablement fui le moindre tête à tête avec qui que ce soit et là, je n'ai pas envie de rompre cet instant pour ressortir affronter le froid, la faim et j'en passe.

Et je lui parle, sans bien savoir s'il m'écoute, ce qu'il entend ou s'il s'en moque totalement. Pourtant, j'ai comme l'impression de faire mouche, tout du moins j'en ai le sentiment l'espace d'un instant. Avant qu'il ne pose sa main sur la mienne. Et qu'il l'embrasse. Je fronce les sourcils, sans bien savoir ce qui lui prend et je pose mon verre, sur le point de parler. Avant qu'il ne m'interrompe en m'embrassant.

La chaleur humaine. Voilà bien quelque chose que je n'avais pas ressenti depuis longtemps et pourtant, le simple contact de sa main sur la mienne me fait réaliser à quel point cela pouvait me manquer. A quel point c'est nécessaire pour tenir bon, surtout avec tout ce qui nous arrive en ce moment. Et pourtant, même avant tout ça, je n'avais jamais été particulièrement friande de ce genre de contacts, préférant m'enfermer dans une existence factice où j'étais persuadée de maitriser la situation.

Rien ne m'avait préparée à ce moment précis, en compagnie de ce jeune garçon à qui je n'aurais probablement jamais parlé si le monde n'avait pas décidé de partir à vau l'eau. Et pourtant, je lui rends son baiser sans même y réfléchir, sans songer à l'incongruité de la situation, profitant de cette brève bouffée de chaleur que je sens en moi et qui n'a pas tout à voir avec l'alcool ingurgité. Ma main, celle qu'il ne serre pas entre ses doigts, va gagner sa joue et la caresse doucement, pour en chasser les larmes qui subsistent et comme pour me rassurer également de sa présence, que je ne suis pas encore en train d'halluciner une fois de plus.

Et pourtant, j'interromps notre étreinte, ayant un sursaut de conscience et me demandant si tout ceci n'est pas une très mauvais idée. Mais je me rends compte que j'ai bien plus besoin de sa présence, même aussi brièvement, même si tout soit s'arrêter dans quelques instants, que de nous faire une leçon de morale sur les méfaits de l'alcool, notre différence d'âge, notre situation ou que sais-je encore. Alors j'esquisse un sourire avant de l'embrasser à mon tour et fermant les yeux, préférant m'oublier même fugacement et oublier ce qui nous attend au dehors.

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