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[Terminé] La Traque
MessageSujet: [Terminé] La Traque    Jeu 13 Oct - 19:57

La neige crissait sous ses pas.
Elle était tombée cette nuit, mais à présent, le temps était clair bien que très froid. Il portait les vêtements d'hiver que lui avaient trouvé le groupe, celui qui l'avait accompagné sur la route menant à Trois-Rivières : plusieurs couches de vêtements, un manteau épais, des chaussures de marches, des gants. Par contre, il n'avait rien pour couvrir sa tête, et l'air lui piquait les oreilles et le visage.
Les conditions étaient bonnes pour pister ; les animaux laissaient des traces bien visibles dans la neige. Il en suivait une particulièrement intéressante sur déjà un kilomètre.
Il fallait bien faire attention à se repérer pour ne pas se perdre dans ces bois. 
Joseph aimait marcher dans la forêt, et aujourd'hui elle était particulièrement silencieuse, à cause du temps. Les oiseaux se faisaient rares. Il se sentait le plus bruyant et le plus étranger de cette forêt.
Auparavant, il comprenait pourquoi la chasse était un attrait grâce à cette sensation de proximité avec la nature, et le fait de s'obliger à être discret pendant des heures : c'était une façon de devenir humble face au monde. Mais il avait toujours eu des difficultés à comprendre comment tuer des animaux pouvait se résumer à un simple loisir. Maintenant, c'était très différent. Le fait de chasser lui semblait pleinement justifié.
Il lui restait peu de balles, et bien sûr, il s'était posé la question de savoir si celles-ci lui seraient plus utiles en cas de défense face à un infecté, ou bien pour se nourrir, à condition de ne pas louper sa proie... C'était un pari risqué, mais il avait décidé que les deux possibilités étaient une question de survie, et actuellement, la nourriture était un problème plus urgent.
Il réfléchissait aussi à l'éventualité d'installer des pièges prochainement, ce qui ne lui coûterait rien, même si aujourd'hui, il préférait plutôt suivre cet animal. D'après les traces qu'il suivait, cela semblait valoir la peine.
Quand il commença à l'entendre, puis à l'apercevoir, il s'accroupit, le cœur battant. C'était un grand orignal.  Jamais il n'en avait vu d'aussi près.
C'était une bête impressionnante, bien qu'affaiblie pendant l'hiver. Elle fouillait les arbres en quête d'écorce pour se nourrir. Joseph resta un moment à l'observer, suspendu au moindre de ses mouvements, n'osant plus bouger. Un animal si grand et beau, pourtant si discret, et qui pouvait filer entre les arbres à une vitesse impressionnante dans le cas où il était apeuré.
Il finit par laisser glisser son fusil qui était maintenu dans son dos par une sangle, et s'installa de sorte à être bien stable. Il pensait qu'une balle pouvait suffire à l'abattre, si il visait correctement. Si il le blessait suffisamment, il y avait aussi des chances pour qu'il le rattrape et termine son travail avec le couteau de chasse. Comme c'était un animal imposant, il se pouvait aussi que celui-ci parcourt plusieurs kilomètres tout en étant blessé. Dans tous les cas, Joseph devait au moins essayer de le toucher. Cette bête pouvait fournir une grosse quantité de viande qu'il pourrait conserver et rationner pendant une assez longue période....
L'homme commença à retenir sa respiration et viser.
Ne pas aller trop vite. L'animal n'avait pas peur, il continuait à manger. Pendant un moment, sa tête ne bougea plus et se trouvait parfaitement dans la ligne de mire du fusil.

- Tu vas le louper, fils.

Son père était accroupi à côté de lui et secouait la tête d'un air désemparé, les yeux tournés vers la proie. Il portait son habituelle casquette de chasse à carreaux, dont dépassaient des cheveux gris.

- Tu n'es pas assez concentré ! ajouta-t-il, de ce ton à la fois amusé et agacé.

Cette situation se transposait avec celles de ses souvenirs. Il était adolescent, il visait, et son père prononçait ces phrases.
Jamais assez concentré, toujours tendance à aller trop vite, à être trop turbulent. A force de brimades, l'enfant était devenu très rigide et réservé, très maîtrisé. Parfois, le père lui conseillait aussi de prendre garde à son « œil fou », référence au léger strabisme que Joseph avait de temps à autre. Pourtant, ce défaut ne l'empêchait nullement de voir et viser correctement.
Avait-il été traumatisé à ce point, pour qu'il imagine les reproches qu'auraient pu lui faire son père chaque fois qu'il visait avec son arme ?

Joseph détacha son regard de ce vieux souvenir.
Aujourd'hui, son père était bel et bien mort. Il l'avait vu figé dans son lit d'hôpital, le visage affaissé et les lèvres entrouvertes, il y a de cela plusieurs années. Le vieillard ne pouvait en aucun cas se trouver à côté de lui.
Il préféra ignorer cette apparition inopportune, et reporter son attention sur l'animal.  
Son propre souffle formait de la buée autour de son visage. L'air lui picotait la peau. Un parfait silence qu'aucun fantôme ne pouvait briser.
Il retint à nouveau sa respiration et visa.
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MessageSujet: Re: [Terminé] La Traque    Dim 16 Oct - 22:04


Une journée de plus, dans cet enfer qu’était devenue notre vie. J’ouvrais les yeux dans notre camp encore endormi. J’entendais les respirations de chacun, inspirations et expirations presque synchronisées, à quelques exceptions près comme celui dont la respiration était entrecoupée de longs silences angoissants. Apnée du sommeil, renforcée sans doute par le stress qui ne nous quittait plus. La peur de mourir, et celle de voir mourir ceux à qui l’on tenait.

La plupart d’entre nous avions déjà vécu trop de drames. Il y a quelques années nous vivions tous une vie normale, sans nous douter une seule seconde que tout pourrait basculer, du jour au lendemain. Nous avions nos soucis, bien sûr. Certains étaient peut-être pauvres, d’autres se sentaient seuls, et d’autres encore avaient l’impression de ne servir à rien. Moi j’en étais plutôt satisfait, de ma vie d’avant. J’avais mes potes, un boulot pas trop barbant pour lequel j’avais été pistonné, et qui payait plutôt bien, des nanas dans mon pieu assez régulièrement. Bref, j’avais pas à me plaindre. Et depuis ce jour où j’avais vu un zombie, un vrai, s’approcher de nous et s’en prendre à mes potes. Depuis ce jour où j’avais fui comme le gros lâche sans une once de courage que j’avais toujours été, plus rien n’avait été pareil.

J’avais erré seul, puis j’avais fait la rencontre d’Eileen. La première âme vivante que j’avais croisée. Une adolescente presque majeure, qui m’avait fait accepter dans le groupe de survivants qui s’était constitué autour de son père. Entre nous ça avait été un peu compliqué. Elle se servait de moi pour attirer l’attention de son père, ce qui n’était pas vraiment pour me déplaire, mais me mettait sur la sellette vis-à-vis du groupe. Déjà que je n’étais pas vraiment utile, être le love-interest de la fille du chef n’était pas vraiment vu d’un bon œil par le papa-poule. Et puis elle était morte. Eileen était morte sous mes yeux. Pas dévorée par des morts-vivants, comme Milla. Avalée par le courant glacé du Saint-Laurent alors que nous tentions de le traverser. Je n’avais rien pu faire. J’étais à quelques mètres à peine et je n’avais pu que la regarder se faire avaler par le fleuve, en moins d’une seconde.

On avait tous eu notre lot de trucs horribles désormais, nous, pauvres petits privilégiés américains pour qui le pire truc qui pouvait nous arriver dans notre journée était un accrochage en voiture. Certains souhaitaient en parler, et d’autres se muraient dans le silence. Je choisissais généralement le silence, et chérissais la solitude, moi qui étais pourtant par le passé un joyeux drille toujours prêt à me faire de nouveaux amis. Maintenant je craignais le moindre contact trop intime. Je refusais de laisser les gens entrer dans ma vie. Peur de les perdre, ou de disparaître en les laissant avec le même vide dans la poitrine. Ce même vide qui me ronge petit à petit.

Je me levais, aussi discrètement que possible, pour ne pas réveiller les dormeurs. Je n’avais envie de rien, comme d’habitude, mais depuis quelques jours je trouvais la force de me lever, d’essayer de me rendre utile. Me morfondre ne servait à rien. Je m’étais rendu compte que je n’avais pas envie de mourir. Presque forcé, devant le fait accompli. Je m’étais retrouvé face à un zombie qui n’avait pas l’air motivé à mourir une seconde fois. Je m’étais blessé à l’épaule, et sans Javik j’y serai sans doute resté. Et ça m’avait ouvert les yeux. Malgré tout ce que la vie m’avait infligé, je n’étais pas prêt à la laisser derrière moi. Je retrouvais devant le camp une survivante aussi matinale que moi. Après quelques mots échangés, nous décidions de nous rendre en forêt pour essayer de trouver de la nourriture. Je rentrais chercher un sac à dos et mon couteau, et nous étions en route.

Je n’avais pas vraiment retrouvé ma verve, et celle qui m’accompagnait respectait mon silence, ce qui m’arrangeait. Je n’avais pas vraiment la tête aux bavardages. Après avoir marché déjà quelques heures, ma compagne de route demanda un peu d’intimité. J’avançais donc un peu plus loin tandis qu’elle disparaissait derrière les buissons, lui assurant que je n’irai pas loin. Et c’est là que j’aperçus l’animal, à travers les branches. Il n’était qu’à quelques mètres. Je m’immobilisais, incertain. Je n’étais pas sûr qu’il m’ait vu. Même si il ne m’avait pas vu, je n’étais armé que d’un couteau. Efficace en corps-à-corps avec un zombie, mais probablement pas la meilleure arme pour affronter un tel animal. Il se carapaterait sans doute à la seconde où je ferai un pas de plus vers lui. Il valait peut-être mieux attendrer que ma compagne me rejoigne. En attendant il fallait que je me planque un peu, pour éviter qu'il ne me repère.

   
Type d'action Me dissimuler dans les buissons silencieusement (enfin autant que faire ce peu quoi) sans faire fuir l'orignal.


Je me déplace le plus doucement possible, sans quitter l'animal des yeux. Ce dernier ne m'a pour l'instant pas repéré, occupé à essayer de récupérer quelque morceau d'écorce sur un arbre. Mais alors que je m'accroupis derrière le buisson voisin, mon pied s'enfonce dans la neige et termine sa course sur une branche morte que je n'avais pas vue, provoquant un petit craquement, pas très fort. Qui aurait presque pu passer inaperçu si le silence n'était pas complet autour de moi. La tête du caribou se tourne vivement dans ma direction. La bête est tendue, sur ses gardes, prête à fuir.

   
Points de vie restants : 20/20
       Munitions restantes : Pas d'arme à feu
       Gains des fouilles : Rien pour l'instant
       Endroit où je me trouve :  Derrière un buisson, de l'autre côté de l'orignal par rapport à Joseph que je n'ai pas encore remarqué
       Endroit où se trouvent mes ennemis : Aucun


Dernière édition par Pelleas Wilkins le Lun 17 Oct - 20:59, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: [Terminé] La Traque    Dim 16 Oct - 22:04

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Tu arrives à te camoufler mais pas sans bruit. L'original croit entendre quelque chose.
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MessageSujet: Re: [Terminé] La Traque    Jeu 20 Oct - 12:07

Joseph visait l'orignal, et s'apprêtait à appuyer sur la gâchette quand un bruit lointain sembla alerter l'animal.
La bête avait délaissé l'arbre qu'elle était occupée à fouiller, et regardait à présent attentivement à l'opposé de là où lui-même se trouvait. Il avait crû entendre également un petit craquement, un son très léger. Les battements de son cœur accélérèrent un peu plus. Une crainte habituelle, malgré le fait que les infectés ne pouvaient pas se trouver à l'extérieur en ce moment, par ce temps.
Les rumeurs s'étaient avérées justes ; le froid les empêchaient d'être actifs. C'était un soulagement temporaire. On ne pouvait pas s'empêcher d'imaginer le pire, mais surtout, il restait les humains en bonne santé. Il aurait imaginé cette catastrophe comme entraînant un élan de solidarité, réveillant la meilleure part de l'être humain, une entraide entre ceux qui restaient et se démenaient pour rester en vie. Ça aurait peut-être été la meilleure chance de survie pour tous. L'organisation.
Bien sûr, c'était le cas parfois ; il avait été sauvé une fois par un groupe, et ce groupe formait une bonne cohésion pour mieux avancer... Avant qu'il n'aie été dispersé. Mais il en avait croisé d'autres qui avaient plutôt décidé d'agir pour leurs biens au détriment des autres. Et le cynisme, le calcul pouvaient conduire à la cruauté.

Il se força à garder son calme, malgré tout. Rien ne servait de faire des suppositions autour d'un simple craquement. Dans la forêt, ce genre de bruit pouvait provenir d'une multitude de choses ; par exemple le vent, ou les animaux.
Le mieux était de rester concentré sur sa proie. Maintenant, elle était sur le qui-vive, prête à déguerpir. C'était peut-être une question de secondes avant qu'elle ne décide de filer d'ici.
Joseph modifia légèrement sa trajectoire, puisque l'orignal avait bougé sa tête. Puis il retint son souffle à nouveau.

Type d'action Tir vers l'orignal

Le coup de feu retentit dans toute la forêt.
Pendant une seconde, il crût qu'il l'avait eu. Mais l'animal se contenta de s'enfuir à toute vitesse à travers les arbres, paniqué. Volatilisé pour de bon. Pas de sang, rien. Orignal intact.
Joseph abaissa son arme. Il n'arrivait pas à croire qu'il avait raté sa cible, après quasiment une heure passée à la traquer dans le froid, d'autant plus que les conditions étaient parfaites pour la viser et l'atteindre. Il y avait vraiment de quoi s'énerver, d'autant qu'il venait de donner raison à son père et toutes ses leçons subies pendant des années, et de perdre une grande quantité de nourriture utile pour sa survie. Tous ces efforts anéantis par... lui-même.
Il aurait pu lâcher un juron, plusieurs jurons, hurler, jeter son arme rageusement sur le sol, et même donner des coups de poings dans la neige, les arbres et toute la nature en général. Aller se venger contre la brindille qui avait craqué tout à l'heure, et l'avait peut-être déconcentré.

Au lieu de cela, Joseph se releva, l'arme toujours en main, affichant une expression grave et impassible sur son visage – celle qu'il gardait la plupart du temps.


[Donc, le type joue les pros en visant depuis 2 posts, et il loupe largement un animal immobile... Bravo le veau]


Dernière édition par Joseph LaForche le Jeu 20 Oct - 18:36, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: [Terminé] La Traque    Jeu 20 Oct - 12:07

Le membre 'Joseph LaForche' a effectué l'action suivante : Lancer de dés


'Dé Action' : 1


Le tir est largement raté!
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MessageSujet: Re: [Terminé] La Traque    Dim 30 Oct - 16:52


Les yeux rivés sur l’animal, je m’étais déplacé pour me mettre à couvert, priant pour que ma compagne d’infortune ne revienne pas de sa pause pipi trop vite et ne l’effraie pas. L’animal était beau, bien droit sur ses pattes, de grands bois dressés sur sa tête. Mais tout ce à quoi il me faisait penser, c’était le goût de la viande. On avait pas mangé de viande fraiche depuis un bon moment. Le froid avait certes calmé les zombies, mais les animaux s’étaient aussi planqués, et la chasse était devenue difficile, même pour ceux qui étaient équipés. Je ne l’étais d’ailleurs pas, équipé, et c’était d’autant plus frustrant de tomber sur cet animal alors que je n’avais rien d’autre qu’un couteau. Je ne pourrai jamais en venir à bout seul, c’était certain. Et Eva n’avait pas d’arme à feu non plus. Mais peut-être que si on arrivait à se placer correctement, elle pourrait faire fuir la bête dans ma direction ? Si il passait suffisamment proche j’arriverai peut-être à le blesser suffisamment pour qu’il tombe quelques dizaines de mètres plus loin ? On pouvait toujours rêver.

J’avais donc cherché à me dissimuler pour ne pas faire fuir notre potentiel futur repas. Je n’avais pas été aussi discret que je l’aurai voulu, et le caribou avait arrêté son grignotage de tronc, fixant le buisson derrière lequel je m’étais planqué. Je m’immobilisais, ne respirant qu’à demi. Espérons qu’elle comprenne lorsqu’elle reviendrait. Et c’est à ce moment que j’entendis le coup de feu. Je fis un bond sur place, surpris. Je pensais être seul. Ce n’était visiblement pas le cas. Pendant une demie seconde j’espérais que l’animal avait été touché. Ce n’était pas le cas. Je regardais, dépité, mon potentiel futur repas se carapater. Il avait disparu avant que je n’ai le temps de faire le moindre mouvement. Après quelques secondes accroupi comme un con derrière mon buisson, je réalisais que me cachais ne servait plus vraiment à grand-chose. Enfin si. Il y avait un type armé pas loin, et il n’était peut-être pas amical. Je me relevais donc doucement, observant dans la direction d’où le tir était venu. J’entendis les pas de ma partenaire du jour derrière moi, et lui fit signe de ne pas faire de bruit. Elle me rejoignit sans un mot et je chuchotais à son intention, montrant du doigt les arbres situés de l’autre côté de la petite clairière.

« Il y a quelqu’un armé par là. Il a tiré sur un orignal mais l’a raté. Je ne sais pas si il nous a repérés. Qu’est-ce qu’on fait ? »

Elle me regarda quelques instants, réfléchissant, puis me répondit.

« Je pense qu’il vaut mieux éviter qu’il nous tire dessus en pensant qu’on est du gibier, non ? »

Je la regardai sortir son arme, un couteau également. Le type avait raté un animal immobile. A deux, chacun armé, même si il était hostile ils pourraient peut-être le maitriser. Elle avait sans doute raison. Il valait mieux éviter l’accident de chasse. La pensée que le mec était peut-être suffisamment affamé pour considérer délibérément de passer au régime cannibale me traversa l’esprit, mais je la chassais d’un revers de main imaginaire. J’avais foi en l’humanité malgré tout. Je jetais un dernier regard à Eva et m’avançais, les mains en l’air en signe de paix, mon couteau quand même dans ma main au cas où l’individu serait agressif. Elle me suivit sans attendre et commença à parler.

« Qui que vous soyez, ne tirez pas. On ne vous veut pas de mal. »

Il n’y avait plus qu’à attendre la réaction du tireur. Espérer qu’un coup de feu ne nous répondrait pas. J’étais pas vraiment chaud pour rejouer la scène de la mort de la mère de Bambi.


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MessageSujet: Re: [Terminé] La Traque    Dim 30 Oct - 23:06

Rater un animal immobile...
Il en était amer.
Il pouvait imaginer son père, secouant la tête, satisfait. « Et voilà... Tu l'as laissé filer. »
Toujours cette façon de décrire une situation évidente, comme si lui-même n'avait pas pu le remarquer. Un bon nombre de fois, il s'était imaginé se retourner contre lui, et le frapper avec la crosse de sa saloperie de fusil. Mais Joseph ne disait jamais rien.
Quand il avait hérité de l'arme, plusieurs années plus tard, il avait crû à une mauvaise blague... A moins qu'il ne s'agissait d'une ultime façon de l'emmerder. Pourtant, le vieux n'avait pas pu prévoir à quel point ce fusil de chasse lui serait vital un jour, l'accompagnant où qu'il aille. Du moins, ceci était valable quand il parvenait à atteindre sa cible.

Et maintenant, quoi ? Il fabriquait un piège ? Il rentrait ? Il ne savait pas comment faire passer sa déception. Particulièrement après avoir perdu autant de temps. Auparavant, il aurait abandonné, et serait rentré. Mais la survie impose de se forçer à continuer malgré les échecs, et ce immédiatement. Une erreur doit vite être rattrapée par une autre trouvaille, parce qu'il est tout simplement impossible de faire autrement, et de se lamenter trop longtemps.
L'orignal allait parcourir beaucoup de kilomètres avant de s'arrêter de nouveau, la panique le poussant à s'éloigner au maximum du danger. Il s'agissait d'un animal assez endurant. Le pister rallongerait donc énormément sa traque, et le conduirait à se perdre encore un peu trop dans ces bois. Non, il fallait plutôt chercher une autre piste...

Joseph rechargea le fusil et reprit sa marche, ses pas s'enfonçant doucement dans la neige. Il avait à peine exécuté quelques pas, lorsqu' un individu émergea d'entre les arbres, le faisant sursauter. Se stoppant net, il releva son arme et en braqua le canon vers l'individu.
L'inconnu se trouvait à une dizaine de mètres, suivi de près par une femme. Tous deux tenaient chacun un couteau, les mains levées en signe de paix.
De ce qu'il apercevait, ils n'avaient pas plus de 25 ou 30 ans. Le jeune homme, mince, avait des cheveux bruns en bataille. L'autre, plus petite, s'adressa à lui d'une voix forte :

- Qui que vous soyez, ne tirez pas. On ne vous veut pas de mal.


Mais de simple paroles ne pouvaient pas le convaincre.

- Arrêtez. N'avancez pas.

Il maintint son arme dirigée vers eux, malgré leur apparente innocence, jusqu'à ce qu'ils se stoppent. Il n'allait pas reproduire plusieurs fois la même erreur. Peu de personnes croisées depuis la Grande Panique s'étaient avérées réellement dignes de confiance. Et il avait appris une très bonne leçon : la plupart du temps, un ennemi ne commençait pas par vous attaquer. Un ennemi réellement dangereux, comme il en avait croisé, se présentait initialement les mains levées, et cherchait à vous convaincre de son innocence. L'erreur fatale : vous baissez votre arme. Peu à peu le masque tombe, mais c'est trop tard. Vous êtes sous son emprise, ou sous leur emprise. 
Alors il les braquait, le regard déterminé.

- Comment savoir si vous ne cachez pas d'autres armes ? Et si vous êtes vraiment seuls ?

Prononçant ses paroles, il fit un mouvement de tête désignant leurs alentours. Peut-être s'agissait-il d'une embuscade. Joseph n'avait aucune envie de prendre le risque. Si c'était le cas, les 4 pauvres balles qui lui restaient ne s'avéreraient d'aucune utilité, mais au moins, il n'aurait pas bêtement abdiqué devant n'importe qui.

- Pourquoi vous vous cachiez ?


Il était pratiquement sûr à présent, que le bruit entendu quelques minutes auparavant, alors qu'il visait sa proie, avait été provoqué par ces deux individus.


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MessageSujet: Re: [Terminé] La Traque    Dim 6 Nov - 20:58


Les rencontres avec des zombies se passaient toujours mal. Celles avec les humains se passaient généralement mal. Et c’est cette différence qui m’avait poussé à faire un pas vers celui qui avait tiré. Si il nous confondait avec un animal, il nous tirerait dessus sans hésiter, comme il l’avait fait avec cet orignal. Il l’avait raté, certes, mais ça ne voulait pas forcément dire qu’il nous raterait, nous. Eva avait raison, il valait mieux tenter notre chance en y allant frontalement. Si on tentait de s’éloigner on risquait une balle perdue. Nous étions donc au milieu de cette clairière, les bras en l’air en signe de paix, face à un homme armé que nous espérions être seul. C’est elle qui prit l’initiative de parler. Les femmes étaient souvent vues comme non agressives, plus que les hommes. Ca ne pouvait que jouer en leur faveur.

La réponse de l’homme qui leur faisait face ne se fit pas attendre, et nous nous stoppâmes aussitôt. Inutile de le provoquer, ce n’était pas notre but. Son arme était fixée droit sur nous, et j’avais du mal à en détacher le regard. Un doigt pressant cette détente, volontairement ou non, et je finirai ma courte vie là. Nous restions donc immobiles, tâchant de ne pas avoir l’air menaçant, alors que l’inconnu nous scrutait derrière le canon de son arme. Il posa de légitimes questions, auxquelles nous n’avions aucune raison de ne pas répondre. J’échangeais un bref regard avec ma compagne, rapide pour qu’il ne pense pas que nous nous concertions sur quoi dire, et me mis à parler.

« Vous pouvez nous fouiller si ça peut vous rassurer. Quant au fait que l’on soit seuls, je ne sais pas comment vous en persuader. Rien de ce que je dirai ne suffira. »

Je me taisais, attendant sa réaction. Je n’essayais pas de faire le moindre pas, ni le moindre geste. L’homme était visiblement tendu, il valait mieux ne pas le provoquer. Nous venions à peine de quitter le camp, et n’avions donc rien trouvé d’intéressant. Nous étions équipés que du minimum. Une minuscule portion de bouffe, de l’eau, et quelques bricoles de soin en cas d’urgence. Ce serait emmerdant si il nous les prenait, mais pas pire que si nous revenions avec des sacs pleins de bouffe.

« Les mêmes raisons que vous, l’orignal. On était pas vraiment équipé, mais une occasion comme ça on pouvait pas la laisser filer sans rien tenter. Après votre coup de feu, on a préféré se montrer, au cas où on soit confondu avec une proie. »

J’ajoutai, un peu nerveusement.

« On veut vraiment pas vous emmerder. On repart chacun de son côté si vous préférez. »


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MessageSujet: Re: [Terminé] La Traque    Sam 12 Nov - 19:06

Que fallait-il faire dans ces moments-là ?
Démêler la situation en baissant son arme ? Repartir ? Prendre leurs vivres ? Les tuer ?
Il n'avait reçu aucun enseignement à propos de la survie. Les seules leçons qu'il avait apprises, il les avait tiré de ses expériences, durant ces sept derniers mois. Un type individualiste aurait certainement volé leurs biens. Un paranoïaque aurait fui cette situation. Celui qui ne savait pas comment agir, hésitant entre la plus grande des méfiance et l'envie de croire ces étrangers, se tenait debout dans la neige, et braquait son fusil sans bouger. Faire un pas en avant, ou un pas en arrière ?

- Vous pouvez nous fouiller si ça peut vous rassurer. Quant au fait que l’on soit seuls, je ne sais pas comment vous en persuader. Rien de ce que je dirai ne suffira.

C'était l'homme qui parlait, cette fois. Joseph réfléchissait. Fallait-il vraiment les fouiller ?
Il aurait aimé faire confiance, immédiatement, à ces deux individus. Leur aspect, leurs paroles l'incitait à se calmer, et à mettre de côté sa méfiance. Mais il avait été surpris par la capacité des autres à cacher leurs véritables intentions. Et aussi par leur capacité à élaborer des plans tordus.

- … Bon, d'accord. J'approche. Posez vos couteaux, devant vous... il hésita et ajouta : ... S'il vous plaît.

Autant arrondir les angles, même si il n'abaissa pas son arme pour autant en avançant vers eux.
Le jeune homme lui expliqua les raisons qui les avait poussé à se cacher puis à avancer, et elles semblaient plutôt valables. A bien y réfléchir, la probabilité pour que d'autres personnes se cachent dans les parages dans le but de le piéger lui semblait mince. La neige avait installé une atmosphère feutrée dans toute la forêt, et le moindre son troublant ce silence épais résonnait comme dans une église. Ou plutôt un cimetière.

- A coups de couteaux, ça me semble effectivement laborieux pour tuer un orignal.
commenta-t-il en pensant à la façon dont l'animal avait craint un simple craquement de brindille.

- C'est vrai que pour donner des conseils à ce niveau-là, vous semblez bien placé.
répliqua la jeune femme.

Elle évoquait le fait que son tir avait été largement raté. Il préféra ne rien répondre, même si l'idée de l'assommer à coup de crosse lui traversa l'esprit quelques secondes.

- On veut vraiment pas vous emmerder. On repart chacun de son côté si vous préférez.

L'autre semblait plutôt nerveux. Au moins, Joseph le rejoignait sur ce point : lui aussi préférait éviter les ennuis. Ce genre de réaction le rassurait un peu sur leurs intentions.
Comme il se trouvait maintenant près d'eux, il pouvait mieux distinguer leurs traits. En réalité, ils semblaient sans doute plus inoffensifs que lui ne le paraissait. Certains jugeaient son visage.. Inquiétant, en tous cas auparavant, dans une autre vie. Mais il se força à garder en tête que les apparences sont trompeuses.
Il avait déjà été fouillé par d'autres types, depuis la Grande Panique, mais lui-même n'avait jamais été dans cette position, du côté de ceux qui ont l'ascendant. Il chercha simplement sur leurs corps la présence d'armes éventuelles. Les deux inconnus n'avaient pas menti ; ils n'en possédaient pas d'autres.
Le survivant eut un temps de divagation, lorsque son regard se posa sur leurs sacs à dos, contenant sûrement des vivres, des choses intéressantes. Il pouvait le faire. C'était sûrement judicieux, une façon de s'épargner beaucoup d'efforts. D'autres l'auraient fait, sans scrupule.
Il détacha ses yeux de leurs biens, et se replaça face à eux, baissant enfin le canon de son fusil, mais le gardant prêt à l'emploi.

- Vous faites partie du groupe, c'est ça ? Vous connaissez Skylar ?

Le jeune homme avait bien évoqué le fait qu'il n'était pas seul pendant leur rencontre, même si Joseph ignorait où se trouvaient ces gens et combien ils étaient.
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MessageSujet: Re: [Terminé] La Traque    Sam 12 Nov - 23:52


La situation était tendue, et je faisais mon possible pour ne pas l’envenimer. Avec un homme armé, la moindre erreur pouvait nous coûter la vie. Ma proposition de nous fouiller sembla fonctionner, et rassurer un peu l’inconnu qui nous faisait face. Il nous demanda de déposer nos couteaux, et je m’exécutai sans hésiter, le déposant auprès de mon pied droit. J’espérais qu’il ne nous les prendrait pas. C’était ma seule arme personnelle. Avant ça je me trimballais une barre en métal, qui m’avait certes été très utile par moment, mais ce couteau me rassurait. Je jetais un œil à ma compagne pour m’assurer qu’elle faisait de même. C’était le cas. La voix du propriétaire du fusil avait été un peu hésitante. Il avait même ponctué d’un « s’il vous plaît ». Un peu comme si il ne savait pas vraiment sur quel pied danser. Nous donner des ordres, tout en disant « s’il vous plaît ». J’avais d’ailleurs surpris le léger sourire en coin d’Eva.

Moi-même me retenais du moindre rictus, de peur qu’il ne l’interprète mal. Il avait toujours son fusil pointé sur nous, et plus précisément sur moi. J’essayais de lui expliquer pourquoi nous nous étions cachés dans les buissons, et pourquoi nous avions finalement décidé de nous montrer. Il écouta mon explication sans m’interrompre. J’avais essayé de faire court, expliquant le plus brièvement possible notre situation, sans me perdre dans des détails interminables. Lorsque j’eus terminé il fit un commentaire sur nos chances de venir à bout d’un orignal avec des couteaux. L’hôpital, la charité, tout ça. D’ailleurs Eva ne se fit pas prier pour lui répondre, ce qui me fit sourire. Bon, faire remarquer à un type armé qu’il visait comme un pied était probablement une très mauvaise idée, mais je ne pouvais pas lui en vouloir. Si elle ne l’avait pas dit, je l’aurai probablement fait. J’ajoutai cependant que si il  le souhaitait on pouvait repartir chacun de notre côté. Je n’avais vraiment pas envie de finir avec une balle de fusil dans le corps.

L’homme finit par baisser légèrement son arme pour pouvoir nous fouiller, mais ne la posa pas pour autant. Il ne nous faisait pas vraiment confiance, et je pouvais tout à fait le comprendre là-dessus. L’épidémie avait fait ressortir le meilleur de certains, mais aussi le pire de beaucoup, et on ne pouvait jamais savoir. Je remarquais ses yeux s’arrêter un instant sur nos sacs à dos. Il hésitait sans doute à nous en délester. Je ne l’en empêcherai probablement pas, si il essayait. Eva par contre serait sans doute un peu plus vindicative. Espérons qu’elle ne se ferait pas tuer pour une pauvre trousse de secours et un biscuit. Heureusement il ne s’attarda pas plus longtemps sur nos effets personnels. Au lieu de ça il nous demanda si nous faisions partie du groupe. J’avais ouvert la bouche pour dire oui, mais m’interrompis en entendant la question qui suivait.

« Ou… »

Skylar ? Ca ne me disait rien. Il parlait d’un autre groupe ? J’essayais de deviner si ce Skylar était un ami de l’inconnu, ou un ennemi, et donc si il valait mieux faire semblant de le connaître. Avant que je n’ai le temps de me décider, Eva l’avait fait à ma place.

« On fait partie d’un groupe, oui. Mais on connaît pas de Skylar. »

Ok. Pas de mensonges donc. C’était sans doute plus sage. Si nous avions menti, il aurait pu très vite s’en rendre compte en posant quelques questions sur le mec en question. Et ça aurait réduit en miette nos efforts pour qu’il nous fasse confiance.

« Vous avez survécu seul ? »

J’hésitais à lui proposer de nous rejoindre, et j’échangeais un regard avec Eva pour lui demander silencieusement ce qu’elle en pensait. Après tout il était armé, et même si il n’avait pas l’air de viser super bien, il avait quand même l’air plutôt en bonne santé. Il ferait peut-être un bon atout pour le groupe. Mais il était difficile de le savoir en quelques minutes. Et peut-être qu’il se contenterait de nous dérober tout notre stock et de se barrer avec. C’était peut-être comme ça qu’il avait survécu jusqu’à maintenant.


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MessageSujet: Re: [Terminé] La Traque    Lun 14 Nov - 0:46

Il devait se forcer à rester sur ses gardes, même si la situation semblait se détendre légèrement.
Ce n'était pas parce qu'ils parlaient les uns en face des autres désormais, sans se menacer avec des armes, que tout était gagné.  Non, ils ne semblaient pas dangereux, mais dans le doute, il devait toujours s'imaginer qu'ils l'étaient possiblement.
Etait-il crédible dans cette posture ? Aucune idée. Mais il devait continuer, et garder une certaine distance. Ne pas commencer à sympathiser sans en savoir plus. Il s'informait, voilà tout.

- On fait partie d’un groupe, oui. Mais on connaît pas de Skylar. déclara la jeune femme, en réponse à sa question.

Bizarre. Ça pouvait être un mensonge. Mais Joseph ne comprenait pas l'intérêt de mentir à ce propos. Soit ceux-ci ignoraient qu'un Skylar comptait parmi leurs membres, soit il s'agissait d'un autre groupe de survivants qui se trouvait actuellement à Trois-Rivières. Ça commençait à faire du monde en ville... Même si pour l'instant, il se basait sur les paroles de trois personnes.

- Ah. Il n'y a pas de garçon sourd parmi vous, c'est sûr ? Un gars. Avec un chien.


Il avait conscience que ce genre de questions pouvait le faire passer pour un illuminé. En prononçant le mot « chien », il avait fait un geste de la main gauche représentant la taille de celui-ci. Ce qui était vaguement inutile.
Le jeune homme lui renvoya une question :

- Vous avez survécu seul ?

Peut-être que ce genre de question indiquait le moment où il était temps de cacher la vérité. Affirmer qu'il était en fait accompagné de tout un groupe de gars armés qui l'attendaient en bordure de la forêt. Que lui était chargé de chasser, qu'ils étaient probablement déjà à sa recherche. Mais à vrai dire, le survivant ne savait pas à quoi cela aurait avancé. C'était lui qui tenait le fusil, donc ce n'était pas à lui de trouver des moyens de pression ; il avait oublié. S'inspirer des films n'apportait décidément aucune bonne idée, dans leur situation.
Il choisit donc de dire la vérité.

- Hum. Non. Enfin, ça fait deux mois et demi que je suis seul, depuis que je suis arrivé ici.

Retraçant son parcours mentalement, il le relata :

- J'en ai croisé des groupes. Des types qui traquent les autres survivants, comme des proies. C'était pas difficile de deviner pourquoi... Y a aussi ces gens, qui se mettent à plusieurs uniquement pour profiter des autres, et les sacrifier à la moindre occasion. Et ceux qui soumettent les autres à leur autorité. J'ai aussi croisé un groupe de gens plutôt soudés. La plupart sont morts après avoir croisé une horde... Alors dites-moi, votre groupe, c'est plutôt lequel ?

Autant dire qu'il en avait fait le tour, des aspects malsains de l'être humain. Joseph se sentait passablement épuisé par les événements qui s'étaient succédé depuis la Grande Panique. Sept ou huit mois effroyables. Et c'était ce qu'il ressentait à présent : une grande fatigue. Il continuait à agir,  presque par automatisme. Seul, mais au moins, il n'avait pas à se soucier d'éventuelles trahisons, d'éventuelles manigances et rapports de forces à gérer. Et voilà qu'il tombait néanmoins sur d'autres survivants, d'autres « groupes ». Poussé par sa lassitude, il préférait jouer cartes sur table. Peut-être saurait-il, ou non, de quoi il en retournait, mais les étrangers étaient prévenus : sa confiance envers les autres humains s'était considérablement tarie.
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MessageSujet: Re: [Terminé] La Traque    Lun 21 Nov - 10:01


Ma compagne prit les devants pour répondre à la question de l’inconnu au fusil, choisissant de ne pas mentir. On ne connaissait personne du nom de Skylar. Chose qui semblait étonner celui qui nous faisait face. Pensait-il qu’on lui mentait ? Il avait l’air sceptique en tous les cas, et il commença à nous décrire le garçon dont il parlait. Un mec sourd accompagné d’un chien. Il nous montra même la taille du chien de sa main. Un peu agacée, mais gardant tout de même ses émotions pour elle, Eva lui confirma qu’ils ne le connaissaient pas. Nous savions que nous n’étions pas seuls dans cette ville. Nous avions déjà croisé du monde. Pas des gens très agréables d’ailleurs. J’avais du mal à les imaginer accueillir un sourd parmi eux. Mais ce n’était peut-être pas les mêmes personnes. La ville était assez grande après tout.

Je lui posai une question, prenant le relais d’Eva, changeant de sujet pour essayer d’en apprendre plus sur celui qui nous faisait face. Il sembla hésiter, se tendre, puis parut se décider. Son visage se détendit légèrement, et il répondit à ma question, expliquant qu’il était seul pour le moment, mais qu’il ne l’avait pas toujours été. Est-ce que le garçon sourd qu’il nous avait décrit faisait partie d’un groupe auquel il avait appartenu ? Leurs chemins s’étaient peut-être séparés et il cherchait à le retrouver. Il nous décrivit un peu les différents groupes qu’il avait croisé ou côtoyé, et finit par nous poser une question. Une question assez simple finalement. Quel genre de groupe on était.

Encore une fois, il fallait peser les conséquences de chaque option, mentir ou dire la vérité. Notre groupe était plutôt pacifiste, dans le fond. On ne cherchait pas de noises aux autres. On voulait survivre, oui. Est-ce qu’on était prêts à avoir la mort d’autres personnes sur la conscience pour ça ? La plupart d’entre nous ne l’étions pas. Mais cet état de fait pouvait très bien passer pour une faiblesse. Et si le type se mettait en tête de profiter d’eux ? Au lieu de les dépouiller de leurs très maigres possessions sur place, si il essayait de les suivre pour augmenter la mise ? C’est moi qui prit la parole cette fois.

« On est pas du genre à s’attaquer aux autres survivants pour assurer notre survie. Mais on n’est pas non plus du genre à se laisser marcher dessus sans rien dire. »

La tension s’était nettement calmée. Il semblait peu probable qu’il nous tire dessus maintenant, après avoir discuté. Il pouvait bien sûr toujours décider de nous piquer le contenu de nos sacs. Mais j’avais l’impression que finalement, on était assez similaire. Il ne cherchait pas la merde. Il voulait juste survivre. Et si il pouvait éviter de marcher sur les autres pour le faire. Il le ferait. J’avais presque envie de l’aider, finalement.

« J’ai bien compris que t’avais pas vraiment envie de faire confiance à qui que ce soit. Et franchement on est déjà assez nombreux pour que ce soit compliqué. Mais j’ai quelques anti-douleur et un désinfectant dans mon sac. Si ça peut t’aider, je peux t’en filer. Survivre seul ne doit pas être évident. »

On n’était pas trop en manque, niveau pharmacie, au camp. Et même si ça pouvait très bien changer, et que je regretterai peut-être les quelques cachets de Doliprane ou le spray dans quelques semaines, on pouvait se le permettre. Vu le regard que me lança Eva, elle n’était pas vraiment du même avis, mais elle ne dit rien, pour ne pas trop montrer notre désaccord. Il fallait montrer une certaine cohésion si on ne voulait pas qu’il nous identifie comme victimes faciles. Ca allait me retomber dessus une fois qu’on serait seuls, j’en étais presque certain. Je fis un geste vers mon sac, mais n’allais pas jusqu’à l’ouvrir, attendant son feu vert. Qu’il ne pense pas que je cherchais à le piéger en sortant une grenade ou autre connerie du genre.

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MessageSujet: Re: [Terminé] La Traque    Mar 29 Nov - 23:39

Lorsqu'il était encore jeune, Joseph écoutait ces histoires d'esprits, de défunts encore présents parmi les vivants. Sa mère y avait crû fortement. Elle affirmait que sa propre mère se tenait à ses côtés pendant qu'elle-même mourait à petit feu, rongée par le cancer. Sa main se portait alors sur sa croix, une petite croix dorée qui brillait à son cou, et puis elle fermait les yeux. Un léger sourire étirait parfois ses lèvres fines et pâles, et elle ajoutait :

- C'est grâce à l'amour. Tu le sentiras, je serais à tes côtés moi aussi.


Pourtant, après sa mort, il n'avait jamais ressenti sa présence, ni celle de qui que ce soit. Voilà pourquoi il ne croyait pas aux fantômes. En fait, il doutait même de l'existence d'un au-delà. Ces histoires de paradis et d'enfer... C'était plutôt impressionnant, oui, et même plutôt convainquant lorsque tout le monde vous le répétait avec insistance chaque jour. Mais difficile à croire, sans en avoir fait l'expérience. Heureusement, il n'avait pas fait part de ses pensées à sa famille ou à l’Église ; ça aurait été une très mauvaise idée. Pendant des années, rien ne l'avait poussé à changer d'avis.
Alors pourquoi avait-il l'impression que son père se tenait juste à côté de lui, en ce moment même ?
Depuis quelques temps, il se sentait extrêmement dérouté. Souvent, il mettait ça sur le compte des rêves, ou de la fatigue.

Le jeune homme qui lui faisait face choisit la bonne réponse, évidemment : il s'agissait d'un groupe qui cherchait à survivre sans marcher sur les autres, mais sans se laisser marcher dessus non plus. Pratique. De toute façon, Joseph allait sans doute découvrir ce qu'il en était réellement, dans peu de temps. Mais il fut surpris par la proposition que lui fit l'inconnu. Faisait-il vraiment de la peine, au point qu'on aie envie de lui proposer des anti-douleurs et du désinfectant quand on le voyait ? Mendier s'avérait inutile dans un monde où chacun luttait pour sa propre survie. Alors, si il obtenait ce genre de cadeau sans le demander, il y avait plusieurs explications : soit le fait d'être seul le rendait vraiment misérable. Soit ce type voulait éviter les ennuis et c'était comme un pacte, donnant-donnant : du désinfectant pour la paix. Soit c'était quelqu'un d'assez empathique.
En tous cas, ce n'était pas le moment de faire des manières ; en effet, le survivant ne possédait plus grand-chose.

- Non, c'est pas vraiment évident. Comment dire... Merci. 

« Pas vraiment évident » signifiait qu'il parvenait difficilement à ne pas mourir. Fouiller seul s'avérait trop dangereux. La découverte de ces groupes présents en ville lui posait question, mais il devait s'assurer de leurs intentions avant de décider de quoique ce soit. Comme l'étranger cherchait les médicaments dans son sac, Joseph se sentit obligé de se présenter :

- Je m'appelle Joseph. Joseph LaForche.

Il ne savait pas pourquoi persister à donner son nom de famille. Mais même si cette convention était devenue inutile, elle faisait toujours partie de son identité, de ce qu'il était avant l'apocalypse. L'apocalypse... Encore un terme qu'il avait retenu de la Bible.

- Ne baisses jamais ton arme...

En effet, au fur et à mesure de la conversation, son fusil avait fini par s'abaisser totalement. Ce conseil n'était peut-être pas mauvais. Mais il préférait ignorer cette nouvelle apparition qui le lui soufflait. De toute façon, continuer à braquer un type qui lui offrait des médicaments lui semblait incorrect, même si il s'agissait peut-être d'une faiblesse de sa part.

- Tu vas le regretter, ça, c'est sûr... Ecoute-moi, maintenant.

- Non ! souffla-t-il.

« Il n'est pas là » pensa Joseph avec force. Il était mort, mort et enterré, depuis des années. C'était la vérité. Ça, c'était réel. Malgré tout, une sorte de sueur froide envahissait tout son corps.
Il sentait toujours cette présence, à côté de lui. Alors il s'obligeait à fixer son regard et son esprit sur les deux inconnus, sans bouger, et sans flancher. Comme ça, l'autre allait disparaître.

Rien de grave; il avait juste divagué. Confondu avec ses souvenirs.
Mais bon sang, il espérait que ses interlocuteurs n'avaient pas remarqué son comportement étrange. Ils ne devaient pas le prendre pour un fou. Mais la fille l'observait bizarrement.
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MessageSujet: Re: [Terminé] La Traque    Mar 13 Déc - 13:40


Je commençais doucement à me faire une opinion sur le type qui nous faisait face. Malgré son air un peu bourru, il ne semblait pas méchant. Son empressement à nous décrire ce garçon qu’il pensait que nous connaissions me laissait penser qu’il avait été seul pendant longtemps, et avait grand besoin d’interactions sociales. Pourtant il restait méfiant, posant des questions sur notre groupe de survivants, essayant sans doute de décider si nous étions dignes de se confiance. Il était sans doute du genre à appliquer à la lettre le dicton « mieux vaut être seul que mal accompagné ». Personnellement, après les quelques mois de solitude avec lesquels j’avais commencé cette nouvelle vie, je faisais tout pour ne pas rester seul, essayant de garder ma place dans les différents groupes de survivants qui s’étaient formés successivement.

Je n’avais peut-être pas fait les mêmes rencontres, après tout. On n’avait pas le même vécu, et peut-être que si j’avais fait d’autres choix, rencontré d’autres personnes, je serai différent. Est-ce que je me serai fondu dans la masse si j’étais tombé, seul, sur les autres ? Sur ces types qui avaient tenté de violer une pauvre fille ? Est-ce que je serai devenue comme eux ? Je n’en avais aucune idée. La survie peut pousser à faire des choses qu’on n’aurait jamais pensé faire. J’avais bien tué, plusieurs fois. Seulement des zombies, certes, mais c’était déjà plus que ce que je n’aurai jamais pensé. Et j’avais abandonné des gens. J’avais leur mort sur la conscience, même si je ne les avais pas tués directement. Je me croyais courageux, avant. Maintenant je savais que je ne l’étais pas. Les seuls moments de bravoure, je les avais eus alors que je cherchais à mourir. Est-ce qu’on pouvait vraiment appeler ça de la bravoure ? Pour moi c’était encore une autre forme de lâcheté.

Je lui proposais de partager avec lui un peu du contenu de notre trousse de soins. Parce que je pensais sincèrement que ça pourrait lui être utile, et aussi pour le dissuader d’embarquer le reste du peu de choses qu’on avait sur nous. Quand on est un mec bien on ne vole pas quelqu’un qui nous a tendu la main. Et j’avais envie de croire que c’était un mec bien. Le coup d’œil que me lança Eva montrait qu’elle n’approuvait pas vraiment mon geste, mais tant pis. J’assumerai. Le mec sembla hésiter, mais pas trop longtemps, avant d’accepter mon offre. Je sortais donc les médicaments de mon sac, assez lentement quand même pour qu’il ne pense pas que j’allais sortir une arme pour le prendre en traitre. Il ne nous visait plus, mais il avait encore son fusil, donc il valait mieux être prudent. Pendant que je cherchais, il se présenta. Prénom et nom de famille. Je souris, rassuré pour de bon, et fis de même en lui tendant mon offrande.

« Pelleas Wilkins. »

Le mec tournait le regard vers le côté, de temps en temps. Comme si il y avait quelqu’un. Un petit geste presque imperceptible, que je ne remarquais pas, puisque j’étais occupé avec les médicaments. Mais Eva, elle, l’avait remarqué. Elle se présenta à son tour, et après un regard un peu appuyé sur Joseph, elle continua.

« Je crois que si on reste tous les trois, votre chasse ne va pas être très fructueuse. Et quant à nous, il faut qu’on rentre au camp, les autres vont s’inquiéter. »

Elle n’avait visiblement pas envie d’éterniser cette rencontre. Je me demandais un peu pourquoi, mais n’insistais pas. On en discuterait sur le chemin du retour.

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