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It's scary while a smile can hide
MessageSujet: It's scary while a smile can hide   Mer 12 Juil - 10:41

Je me rassois pour lacer mes chaussures, sauf que je me retrouve à regarder mes mains sans les voir. Ecorchées, bandées, tremblantes. Je sers les poings et inspire profondément en fermant les yeux. Avant de les rouvrir presque aussi rapidement. Dire que je dors mal serait un euphémisme étant donné que je n’ai pas dû fermer l’œil plus d’une demi-heure consécutive. Enfin, ça va encore, ça ne fait que deux jours, je devrais survivre. Je ne mange pas beaucoup non plus, mais j’essaie. Hum. Le challenge du jour va être de sortir et d’affronter les autres. Je n’ai pas envie. Mais alors pas du tout. Ça m’est déjà arrivée d’avoir la flemme, mais jamais à un point aussi important. Et ce n’est pas vraiment de la flemme en l’occurrence. Là, je resterais bien roulée en boule dans mon lit, cachée du monde entier sous mes couvertures. Sauf que je les inquiète. Jenna est restée avec moi presque depuis mon retour, tout comme John, même si on dirait qu’il craint de réellement m’approcher. C’est Anna qui a dû leur dire d’aller se reposer parce qu’ils ne serviraient à rien en étant épuisés. Et ils y sont allés, bien à contrecœur, me laissant enfin seule. Je n’irai pas leur dire que j’en suis soulagée, même si c’est le cas. Ils essaient de m’aider, de me soutenir, de me remettre debout. Mais je n’ai pas besoin de leur aide, ça m’exaspère plus qu’autre chose qu’ils se sentent obligés d’être aussi patients, aussi gentils comme si j’étais… Non, je ne suis ni cassée, ni abimée. Je vais bien. J’ai eu le temps de réfléchir et de faire le point. Et j’ai décidé que tout allait bien. Mes blessures se remettent, et à part le sommeil, tout va bien. Mais dès que je ferme les yeux, je les vois, je les entends, je les sens à nouveau. Ce n’est rien pourtant. Ce n’est pas grave, pas vrai ? Il n’y a pas de quoi en faire toute une histoire. Je suis toujours vivante. Et mes mains qui tremblent ne sont dues qu’au manque de sommeil, de nourriture, et au contrecoup de tant de stress.

Et au final, pour le moment, ça c’est plutôt bien terminé. Nous avons récupérés Chloé, qui va bien, elle n’a rien subi fort heureusement, même si elle semble toujours renfermée, mais comment pourrait-il en être autrement alors qu’elle s’est faite enlever au sein du clan et que son père a failli mourir. Il ne va d’ailleurs pas vraiment bien pour autant. Il a perdu beaucoup de sang, et malgré les soins d’Anna, son état demeure préoccupant. Raison de plus pour ne pas m’appesantir sur le reste, pour ne pas m’apitoyer. Je vais bien. J’essaie d’oublier le fait qu’ils reviendront, car ils reviendront. Et nous n’aurons certainement pas de quoi leur donner ce qu’ils veulent. Mais ils ne méritent pas qu’on s’attarde sur eux, on a déjà suffisamment de problèmes et de difficultés sans ça. Je n’ai pas à me prendre la tête, pas avec eux, pas vrai ? Ce serait leur accorder trop d’importance, et ça je refuse.
Je sais que John hésite à partir, à retourner en forêt, à quatre, loin de tout. Mais on ne pourrait pas réellement si ? Je ne sais pas… Mais d’un autre côté, rien ne nous rattache réellement ici. Mon cœur se serre en pensant à Javik, mais je rejette tout en bloc. J’ai refusé de le voir, faisant semblant de dormir, et de toute façon, il s’est méchamment fait jeter dehors. J’espère que ça n’a pas dégénéré. C’est lui qui est parti, il n’a pas à revenir parce qu’il a mauvaise conscience. Même s’il me manque terriblement malgré tout.

Je me retrouve à pousser la porte, soupirant en silence en voyant qu’il n’y a personne. Il va bien falloir que je les affronte, mais quelques minutes supplémentaires ne seront pas de refus. Et sans m’en rendre compte, je me dirige vers le bungalow de Philippe, faisant taire la petite voix qui ne veut pas y aller et se retrouver seule avec lui. C’est Philippe, il est blessé, je dois prendre de ses nouvelles. Alors j’entre et fais quelques pas, finissant par m’arrêter face à lui. J’inspire et esquisse un sourire.

« Contente de te voir, même si t’as une sale gueule… » Je souris un peu plus. « Anna dit que tu t’en remets pas si mal pour un mec qui s’est pris plusieurs balles dans le corps. »

Elle l’a dit dans un monologue alors qu’elle changeait mes bandages. J’ai répondu, plus par réflexe que par intérêt, avant de me morigéner en voyant son regard. Je vais bien, je n’ai pas besoin de leur inquiétude ou de leur pitié. Alors on reprend les bonnes habitudes et on sourit, comme là.

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MessageSujet: Re: It's scary while a smile can hide   Sam 15 Juil - 16:45

Je me réveille avec le goût du sang dans la bouche. C’est désagréable et pire que ça, je ne sais pas du tout ce que c’est sensé signifier. C’est presque trop pour moi en fait. J’ai mal partout. J’ai l’impression de m’être pris un train en pleine face et croyez-moi, pour avoir été flic pendant des années et pour m’être rendu sur les lieux de quantité d’accidents, ce n’était pas une perspective très agréable, loin de là. J’avais l’impression de m’être cassé des quantités d’os qui me semblaient douloureux, très rigides. Ma peau elle-même me donnait l’impression d’être figé, je ne sentais plus mon corps de la même façon qu’avant. Je savais que me prendre encore des balles comme ça, ne pouvait que laisser des marques physiques ou non sur mon corps. Ca se traduirait par des cicatrices bien visibles mais pas seulement, il y aurait les traces à l’intérieur, peut-être d’infimes fragments, peut-être même une forme de contamination biologique à cause de substances qui auraient pu couvrir les balles ou ma tenue au moment de l’impact. Sans parler bien sûr des équilibres chimiques du corps qui pouvaient être bouleversés et envoyer dans le cerveau tout un tas d’informations désagréables. Je ferme les yeux. Je me surprends à vouloir abandonner, à vraiment vouloir vraiment abandonner.


Je garde les yeux fermés. J’entends des gens qui rentrent, qui chuchotent. Je serais bien avisé de les ouvrir, de leur dire que je suis là, que je me sens mal mais que mon corps finalement, reste fonctionnel. Je ne veux en aucun cas manifester quoi que ce soit. Tout ça pour le coup, c’est ma faute. Si j’avais mieux surveillé ma fille, si je lui avais moins lâché la grappe… Je les ai poursuivis sans plan, sans rien. Tout e qui est arrivé est vraiment ma faute. Je ne peux pas l’assumer, pas cette fois-là. Si je navais pas pris cette décision, si je n’avais pas décidé de les poursuivre, nous serions tous entiers. Je repousse le drain sur le côté, quand j’entends quelqu’un rentré. Merde, entretemps je me suis redressé et j’essayais de voir ce qu’on m’injectait. Peut être une simple poche comme nous en avions dans nos réserves. Mais voilà, le temps de retrouver mon lit et de m’y coller, une silhouette déboule. Elle inspire et sourit. Elle parle. Elle me dit qu’elle est contente de me voir. Que j’ai de la chance d’être en vie. Mes yeux déjà rouges m’achèvent et je pleurs, je sanglote même, comme ça ne m’était pas arrivé depuis… Et bien, pas depuis que j’avais quitté ma fille un peu plus tôt.



| Putain Miria je suis tellement désolé… | m’étranglais-je

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MessageSujet: Re: It's scary while a smile can hide   Lun 24 Juil - 11:37

Je sais que je dois m’occuper. Reprendre la chasse comme avant, ce serait bien. La neige a disparu, ou peu s’en faut, les animaux vont reprendre leur vie habituelle, et y a moyen de trouver des cerfs ou des sangliers ou même des écureuils… Je n’en sais rien en fait, mais doit bien y avoir des trucs comme ça dans le coin. Faire un truc normal, utile, vital. Un objectif. Ça, c’est une bonne idée. Se fixer quelque chose de réalisable, de constructif. On fera ça. J’irai avec John et… Et ça se passera bien. Avec un peu de chance, on ramènera non seulement de quoi manger, mais je n’aurais pas à lui parler étant donné qu’il faudra être silencieux. Et de toute façon, je mettrai les choses au clair avec lui. Avec eux. Pas d’apitoiement, pas de regards désolés, rien de tout ça. J’inspire profondément. Parce que je vais bien. Exactement. Et que d’autres ont eu moins de chance que moi. Même s’ils ont visiblement décidé de ne pas parler des choses importantes avec moi, ou en ma présence, comme on le ferait avec un enfant que l’on veut préserver du mal et de la méchanceté de ce monde, je ne suis pas stupide. Et j’écoute même quand ils pensent le contraire donc. Et j’ai vu la tête d’Anna. Qui ne tient visiblement que parce qu’elle a des patients qui ont besoin d’elle. Je ne pensais pas qu’elle était si proche de Pelleas, mais en même temps, je sais si peu de choses sur eux tous... Et quand bien même j’en saurais assez, comme pour Javik, ce n’est manifestement pas suffisant pour que je sois en mesure de prendre des décisions seule. Alors si même dans ce cas-là on les prend pour moi en émettant des hypothèses sur ce que je veux, ce dont j’ai besoin ou envie, à quoi bon ? Et pourtant, je ne peux pas trop m’en empêcher. De vouloir comprendre et savoir, parce que j’ai besoin de me sentir utile et d’aider. Parce que dans un groupe, on est censés tenir ensemble non ? Alors si on ne se soutient pas, si on vit chacun de son côté, je ne vois pas vraiment l’intérêt.
Ou plutôt, je ne voyais pas trop. Maintenant… J’avoue que je me contenterais fort bien de vivre en autarcie et de tous les envoyer bouler. Oui, tous. Enfin, non, je veux juste… Je ne sais pas trop ce que je veux. Je n’ai pas vraiment envie de savoir. Et peu importe. Je suis debout, je marche, je respire. Et j’ai une moins sale gueule que Philippe. Enfin, j’espère, mais je vais éviter de trop me regarder dans un miroir de peur de ce que j’y verrais.
Je lui souris et parle pour ne rien dire, juste pour savoir, pour voir comment il va, juste pour me changer les idées, juste parce que je ne sais pas vraiment quoi faire. Et je me fige, mon sourire se fanant lentement, ma gorge se nouant soudainement. Il ne peut pas pleurer. Il n’a pas le droit. Je sais que c’était juste une image que je me faisais, mais c’est censé être un roc ou un truc sur lequel se reposer, c’est vrai après tout, il est supposé être plus fort que ça, il a fait l’armée ou un truc du genre, il me l’a dit, j’ai juste du mal à m’en souvenir là, et il a pris les rênes du groupe, il doit pouvoir gérer tout ça et… Enfin, tu vois quoi. Et c’est n’importe quoi. Tout comme cette angoisse et cette terreur qui se forment en boule au creux de mon ventre en l’entendant, et qui remonte le long de ma gorge en me paralysant. J’entrouvre la bouche pour parler, mais aucun son ne sort, je sens juste cette bile qui me brûle et fait trembler mes mains. Je ne sais pas trop si c’est une envie de vomir ou de hurler, et je n’ai pas envie le savoir. Je sers les poings, au point de me faire mal et je fais un pas vers lui. Avant de stopper. Je ne pourrais pas. Je voulais le prendre dans mes bras, reprendre mon rôle de pseudo-maman, mais ça, je ne pourrais pas.

« Tu n’y es pour rien. » Je parviens à parler de nouveau, c’est déjà ça. Je croise les bras, autant pour me donner contenance que pour me protéger, et je reprends lentement. « Tu… Je sais que tu dois être fatigué et que… Tu n’as pas le droit de te lever. Rallonge-toi. »

Et sans réfléchir, j’avance pour le repousser en arrière, parce qu’il n’est pas en état de se lever. Et quand je m’en rends compte, je retire rapidement ma main, la serrant à nouveau en la ramenant contre moi.

« Et arrête de pleurer s’il te plait. C’est… Tu... » Je le dévisage avant de regarder la perf. « C’est du liquide glucosé. Je crois, vu que c’est à moitié effacé... A défaut de sang, on fait avec ce qu’on a… Mais t’as eu de la chance. Anna a dû te donner de la morphine aussi… Je… Tu n’as pas à être désolé. D’accord ?... »

Je grimace un sourire, refoulant le reste bien plus loin, avant de lui jeter un coup d’œil. Ça va, je peux le regarder. Le fait qu’il ait une sale gueule et semble incapable de vraiment bouger doit aider oui.

« Va falloir qu’on bouge et qu’on se trouve un autre abri, hein ? On ne peut pas rester là, pas alors que… alors qu’ils… »

Je déglutis, avant d’inspirer profondément, serrant mes bras autour de moi pour en cacher les tremblements.

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MessageSujet: Re: It's scary while a smile can hide   Mar 1 Aoû - 19:59

Depuis le tout début, je me trompais. Je m’en rendais compte, maintenant. Je commençais à me dire que jamais je n’aurais dû laisser ces gens compter sur moi, qu’ils se sentent moins compétents, qu’ils préfèrent déléguer la responsabilité de leur propre survie, tandis que moi, je laissais faire. Je me disais qu’au pire, ces gens aideraient à notre propre survie, à la sécurité de ma fille. Mais je me leurrais. Putain de merde, je me trompais en me fourrant le doigt dans l’œil jusqu’au coude. Je n’étais qu’une merde, un faible. J’étais capable de survivre seul, mais je n’étais pas en capacité de pouvoir assurer la plus petite once de sécurité à ma fille. Je me rendais bien compte que je savais faire en sorte de survivre aux zombies, mais j’étais totalement démuni contre les vivants, je ne savais tout simplement pas faire. Et des gens souffraient de mes décisions. Des gens étaient morts, et d’autres continuaient de souffrir. Je leur avais manqué à tous, mais je me rendais bien compte que je ne pouvais pas ressentir la même détresse qu’à propos de ma fille, pour laquelle j’avais tout sacrifié, et tout perdu, y compris elle-même ; et je savais bien que je ne la retrouverais plus jamais comme avant. Ma petite fille était morte au moment même où ces fils de putes avaient commencé à la toucher.


Elle sourit, au début. Mais son sourire se fâne. Plus rien ne compte vraiment, maintenant. Je reste là comme un connard inutile et désespéré, incapable de remonter la pente, incapable de pouvoir faire ce qu’il faut pour que je puisse reprendre la place qui est la mienne. Elle croise les bras, elle a l’air de ne pas savoir tenir en place, mais finalement je m’en tape. Plus rien ne compte. Plus rien, parce que je pense sans arrêt à ma petite, à ma Chloé, qui se retrouve dans la position la plus terrible et bouleversante qui soit. Je ne servais à rien. Et je ne méritais pas non plus la compassion de Miria, constater qu’elle me prend en pitié alors que j’avais contribué à causer ce qui lui était arrivé. Je me déteste, je déglutis et j’avale ma salive, en espérant à moitié qu’elle soit capable de m’étouffer en une seule fois. Ca règlerait tellement de problèmes.



| N’aie pas pitié de moi. S’il te plaît. Pas ça. La pitié ça se mérite. Moi, je n’ai causé que de quoi me faire mépriser, sur ce coup-là. Alors ne sois pas… Ne sois pas gentille Miria, merde. |


Ils étaient tous tellement gentils. Presque innocents. En dehors de Lawson, bien sûr. Et ça aussi, ça n’arrangeait rien. Elle me demande d’arrêter de pleurer, puis fait diversion en me disant qu’Anna m’a filé des produits, mais je ne comprends que la moitié de ce qu’elle dit, en partie parce que je suis trop bouleversé pour faire attention, mais aussi parce que je ne comprends pas tous ces mots en anglais. Je déglutis encore, ravalant mes larmes amères.


| Je sais pas. Javik décidera, ou quelqu’un d’autre. C’est fini pour moi, je ne déciderais plus. J’ai fait ce que j’ai pu et j’ai échoué. Chacun fera ce qu’il voudra, à partir de maintenant. Je suis responsable de ce qui est arrivé, je ne veux plus avoir qui que ce soit sous mon autorité. Mon autorité, putain. Comme s’il pouvait en subsister une après tout ce qu’il s’était passé dans le monde. |

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MessageSujet: Re: It's scary while a smile can hide   Lun 28 Aoû - 10:48

J’inspire et fronce les sourcils un instant. Je ne sais pas quoi faire, ou quoi dire. Je ne suis même pas sûre de vraiment comprendre. Et je ne cherche pas réellement à comprendre, parce que ça m’obligerait à réfléchir sur trop de choses, à m’interroger sur bien trop de sujets que je refuse d’aborder ou sur lesquelles je refuse de m’appesantir. Je sais, j’ai dû occulter beaucoup de trucs, je m’en rends compte, mais ce n’est pas pour autant que je vais changer d’avis. Je vais bien, un peu contusionnée, très fatiguée, mais en dehors de cela, je vais bien. Et je ne les laisserai pas me dire le contraire. Alors je prends sur moi, comme si rien de tout cela ne me gênait, comme si tout allait pour le mieux. Malgré les Autres, malgré le danger, malgré tout ce qui nous entoure. Bon, aussi bien que ça peut aller dans ce monde post-apocalyptique rempli de morts-vivants. Mais ils ne m’aident pas, c’est bien pour ça que j’ai préféré les éviter. Et c’est sans doute pour ça que j’aurais dû éviter de venir ici pour le voir. Mais je m’inquiétais, à raison, alors je pouvais pas ne pas venir. Il s’est quand même pris une rafale de mitraillettes ou je ne sais plus quoi. Je devrais savoir ce que c’était comme arme non ? Je veux dire, je sais les reconnaître et je l’ai quand même vu… Non, je suppose que ce n’est pas vraiment important.
Je le fixe et secoue la tête.

« Ce n’est pas de la pitié… Enfin, peut-être un peu, parce que tu as vraiment une sale gueule. » Je hausse les épaules, les sourcils toujours un peu froncés. « Tu veux que je me comporte comme une connasse parce que tu as voulu protéger ta fille et que tu as failli en mourir ?... J’aurais fait la même chose. J’ai fait la même chose. Je n’étais pas forcée de venir Philippe. »

Peut-être n’aurais-je pas dû. A quel point l’aurais-je regretté ? A quel point aurais-je supporté de ne rien avoir fait ? Et combien de temps ? Pas bien longtemps je le sais. Je me doute qu’il se sent coupable, je peux même le comprendre, mais merde, il m’a pas obligé à monter dans le véhicule avec lui, je suis quand même responsable de mes actions non ? Je n’ai pas à le détester ou à lui en vouloir de s’être comporté en bon père, pas vrai ? Donc merde. Voilà. Je réprime les tremblements, tant de ma voix que de mon corps, et je le dévisage, les yeux un peu écarquillés.

« Quoi ? Mais… c’est n’importe quoi. C’est totalement ridicule. Je… » J’inspire et le fixe, la mâchoire un peu crispée, le regard incrédule. « Evidemment qu’il en faut une. Evidemment qu’il faut un leader et quelqu’un qui décide des actions à mener, quelqu’un qui agisse pour le bien du groupe. On serait tous morts sinon, on serait juste… on doit pouvoir compter sur les autres et tenir ensemble et….Tu n’as pas échoué, tu as fait ce que tu as pu, tu as fait de ton mieux et c’est tout ce qui compte, c’est… je ne vois pas en quoi tu es responsable, ce n’est pas toi qui… Tu ne peux pas faire ça. »

Parce qu’après quoi ? Il se passera quoi s’il est plus là ?

« Le groupe ne tiendra pas tu sais. Tu le sais ? Anna ne tient que parce qu’elle est occupée, John a déjà rassemblé les affaires pour partir, et je ne pourrais pas rester si Javik… »

Je pique du nez. C’est ridicule, immature et puéril. Tout de même, je devrais pouvoir lui parler et agir normalement avec lui, c’est juste un ex, non ?... Non, je l’aime. Je déglutis alors que mon cœur se serre. Alors quoi ? Plus de chef ? Non, ça veut dire plus de groupe. Un autre ? Javik ou Danny ? Peut-être… Je ferme les yeux une seconde avant de les poser à nouveau sur lui.

« Faut que t’arrête de déconner là. Tu ne peux pas juste laisser tomber, même si c’est injuste que tu sois responsable de tout le monde. On doit pouvoir trouver quelque chose qui convienne... »

…On devrait pouvoir non ?

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