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« Je voulais seulement ramener des piles. »
MessageSujet: « Je voulais seulement ramener des piles. »   Ven 18 Aoû - 23:52

Je voulais seulement ramener des piles. J’ai cette même phrase qui me tourne en boucle dans la tête, depuis notre retour à la Régie Portuaire. Je suis resté le regard grand écarquillé, alors que Dean s’occupait de sa sœur. J’arrivais pas à réaliser ce qui s’est passé. J’entendais à peine quand on m’engueulait. Je sentais plus rien. Je voulais seulement ramener des piles. C’était juste un jeu, pas vrai ? Entre Ethan et moi. Il m’avait mis au défi de trouver sa cache, c’est tout. C’était juste un jeu… Mais si c’était le cas, j’aurais pu revenir au dernier point de sauvegarde, et on aurait pas perdu Lara Croft. C’est pas comme si elle pouvait crever en vrai. C’est le personnage principal non ? C’est une battante, qui meurt jamais.

Mais Marina est morte. Elle est morte, à cause de moi. La vérité, c’est que c’est pas un jeu.
Je suis resté cloîtré dans ma chambre, la porte fermée. Pour la première fois, j’étais bien content de la partager avec personne. Je les ai même pas entendu cogner contre la porte à plusieurs reprises. J’avais mes écouteurs dans les oreilles, avec la musique à fond. J’ai oublié de dormir, trop absorbé par mon jeu… Jusqu’à ce que les piles viennent réellement à manquer, parce que je prenais plus la peine de les économiser, parce que j’avais pas envie de réintégrer la réalité. La console s’est coupée soudainement.

Ecran noir.
Le silence.

C’étaient rien que des gouttes d’eau, qu’il suffisait d’essuyer. C’était impossible de le rallumer, l’écran. C’était idiot de pleurer pour ça. « T’es qu’un gamin, Zak. » Je me souviens à peine avoir prononcé ses paroles entre deux sanglots étouffés. J’avais promis d’arrêter de pleurer, mais… J’ai tué Marina. J’ai blessé Ethan. Et tout ça pour des foutues piles.

J’ai balancé la console à travers la pièce dans un cri de rage. Je l’ai écrasé du pied, jusqu’à ce que l’écran se brise, jusqu’à ce qu’elle s’ouvre en deux et que les composants en sortent, comme un putain de zombie qui perd ses entrailles. Ca n’a même pas réussi à me calmer, non, c’était même pire. J’ai tourné en rond, sans plus trouver d’exutoire à ma colère, avant d’en ramasser les morceaux au sol d’une main tremblante, et de pleurer de plus belle. Je me sens minable. Je devrais grandir.

Je l’ai reposé, quand j’ai entendu quelqu’un d’autre à la porte… Ca grattait. Torby. Je voulais pas lui ouvrir à lui non plus, sinon je risquais de m’affaler, de le serrer contre moi, et de ne plus bouger. Je devais faire quelque chose, n’importe quoi… Oui, partir. C’était sans doute la meilleure idée. Je pouvais m’en sortir seul, et plus personne mourrait à cause de moi. Ca serait comme avant, comme… Ca aurait toujours dû l’être. Je pourrais laisser un mot à m’man… Non, pas de mots. J’en avais marre de ces putains de mots.

Je préparais mon sac pour me raisonner. J’emmenais que le strict nécessaire, pas de divertissement. J’avais laissé la console éventrée au sol. J’avais besoin que de mon flingue, de quoi me tenir chaud et quelques rations de survie. Il fallait bien que je lui ouvre, à Torby, pour aller les chercher discrètement dans la cuisine. Je fais mine de l’ignorer alors qu’il me suivait partout. Nuit noire, dehors… C’était pas conseillé de partir quand on voyait rien, maintenant que les autres Zack étaient debout, mais au moins les vivants ne l’étaient pas.

Enfin, c’est ce que je croyais. Je me fige, quand j’aperçois une ombre qui se redresse, dans le noir, au bout du couloir qui mène à la sortie. Et… Merde. C’est qui ? J’ai pas le temps de faire demi-tour que la lumière d’une lampe-torche m’aveugle. Je cille, a grimacé. Je rouvre les yeux avec peine. « Ethan ? Je… » Pourquoi lui ? Mon regard se baisse sur sa jambe blessée, encore un peu raide. J’ai pas d’explications à lui donner. J’ai mon sac de randonnées sur le dos et mon pistolet sur le côté, prêt à partir. Je peux même pas prétexter partir en expédition avec quelqu’un à une heure pareille, et puis, personne ne me laisserait sortir après ce qui s’est passé. « J’allais… Je vais… » Je voulais seulement ramener des piles. Mes yeux s’embuent presqu’aussitôt. T'es qu'un gamin. J’arrive plus à articuler, et reprends d’une voix tremblante : « Laisse-moi partir, s’il te plaît. »
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MessageSujet: Re: « Je voulais seulement ramener des piles. »   Mar 22 Aoû - 12:41

Je pourrais dire que je comprends ce que ressent le gamin là, de suite. Après tout, c’est aussi de ma faute cette histoire. Sauf que Zak est probablement déjà plus mature que je le serais jamais. J’ai bien vu qu’il s’est planqué du monde entier ou presque après cette histoire, ne sortant que pour manger, venir s’assurer que j’allais pas crever à cause de cette foutue jambe et s’occuper du chien. Le minimum syndical. Qu’il a refusé de vraiment en parler. Oh, il a fait comme moi, il a essuyé tant bien que mal les remontrances, les sermons, les crises de larmes et j’en passe. Moi j’ai eu du bol, j’ai presque tout le temps dans le coltard quand c’est arrivé. Même si ouais, maintenant, c’est pire. Ouvrir les yeux et se rappeler que, si j’avais été moins con et que je lui avais filé directement ses putains de piles, Marina serait encore en vie. Ou pas, on est bien d’accord, notre espérance de vie a drastiquement chuté ces derniers mois. Mais des piles quoi. Merde. Et si moi, je me sens coupable, j’ose même pas imaginer ce qui se passe dans sa tête à lui. Surtout qu’il l’aimait bien Marina.

Alors, j’ai rien dit. Je me suis contenté de l’observer. Et de réfléchir. Ouais, des fois, ça m’arrive. Et je me suis rendu compte qu’il me ressemblait peut-être plus qu’on voudrait tous les deux bien le reconnaitre. Et puis, vu que je partage plus ma chambre avec personne, que j’y dors même plus, j’ai décidé d’attendre le moment où il passerait à l’action. Donc ça fait trois soirs déjà que je campe pas loin de l’entrée. Je somnole un peu, j’arrive à m’endormir parfois, avant de me réveiller en sursaut, à moitié en panique. Autant dire que je suis pas super frais mais, dans le fond, ça n’a pas vraiment d’importance. Parce que ce que je redoutais finit par arriver. Je vois sa silhouette se dessiner dans l’ombre, un sac à dos sur l’épaule. Et je grimace alors que je braque ma lampe de poche sur lui. Il lui faut un petit temps pour me reconnaitre, juste assez pour que je soupire longuement et que je réajuste ma position. "Tu veux t’en aller. Je me doutais bien que ça allait finir par arriver." Enoncer une évidence qu’il me confirme de lui-même quelques secondes après, ça sert à quelque chose ? Non, pas vraiment, même pas à gagner du temps. Mais rien que de l’imaginer dans la nuit, dans le froid et surtout, tout seul, j’ai la gorge qui se sert. Parce qu’il mérite pas ça. Pas lui, pas ce gamin qui fait comme il peut pour s’en tirer, qui y arrive bien mieux qu’aucun de nous ne pourra jamais le faire. Et c’est probablement le pire moment du monde pour me rendre compte à quel point je me suis attaché à lui. Non, on va arrêter de se mentir, à quel point je l’aime ce gosse. Et pas uniquement parce qu’on a décidé de tamponner sur son front qu’il était mon demi-frère. Mais pour tout ce que j’ai pu apprendre sur lui ces derniers mois. Sauf que là, c’est pas vraiment le moment de faire dans la guimauve. Je me contente de souffler, d’une voix douce. "Tu sais que je peux pas te laisser faire ça. Et qu’on a pas envie l’un et l’autre que ça finisse en bagarre ou un truc du genre." Je vois bien ses yeux qui commencent à s’embuer de larmes et il me faut toute la force du monde pour pas me lever et le prendre dans mes bras. Parce que, dans le fond, ça règlera rien. Faut que ça pète un bon coup sinon, il va craquer et finira par se tirer dès que j’aurais le dos tourné. Et il se perdra pour de bon, tout seul, sans les gens qui peuvent le soutenir, à plus savoir où aller ni quoi faire. C’est pas une vie ça, de se contenter de survivre en attendant, en espérant que ça finisse par aller mieux.

Je le sais bien. J’ai fait exactement la même chose que lui il y a un peu plus de 12 ans. Et il y a pas une minute où je n’ai pas regretté ce que j’ai pu faire. Alors, j’inspire doucement et j’enfonce mes poings dans mes poches avant de souffler, dans un murmure. "Faut qu’on parle Zakariah." Je me demande si j’ai jamais été aussi sérieux de ma vie, aussi calme, aussi prêt à tout pour arriver à convaincre quelqu’un. Et Eliott compte pas, ça marche jamais avec elle de toute façon.

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