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Dream is collapsing [Livre I - Terminé]
MessageSujet: Dream is collapsing [Livre I - Terminé]   Sam 23 Aoû - 8:24


2 Aout 2015


La faible lumière de l'aube naissante commence à filtrer à travers les volets. Jambes repliés et  menton posée sur mes genoux, j'attends. Quoi, j'en sais strictement rien, mais j'attends comme ça depuis plus d'une heure, voire deux. J'ai renoncé à me rendormir il y a encore plus de temps, après m'être réveillée au terme d'un cauchemar. Toujours dans le même style. J'avais presque pas fermé l'oeil, et ça depuis plusieurs nuits. Je m'en rendais à peine compte. Ou plutôt si mais j'en faisais pas grand cas. J'avais mieux à faire que de dormir, de toute façon j'y arrivais pas, alors à quoi bon ? Je pouvais être prise par surprise. Des zombies pouvaient arriver et nous attaquer n'importe quand, alors à la limite, je préférais pas me reposer et rester toujours sur le qui-vive. Crevée et brisée ou pas. La nuit, il m'arrivait d'être dans un état de désespoir total, assaillie par ce que j'avais vu, vécu. J'étais pas prête pour ça, personne n'avait conditionné pour esprit pour qu'il ne tombe pas en dépression dans une telle situation. J'avais plus rien, plus de maison, presque plus d'affaires à moi, mon monde gisait en ruines et en cendres autour. Mais moi je restais vivante, et belle et bien debout. Ou plutôt j'essayais. J'avais du mal. Des fois je me demandais où je trouvais encore l'espoir, cette petite flamme qui m'empêchait résolument de toucher le fond. Pourtant elle était toujours là, je finissais toujours par trouver de quoi m'accrocher de quoi ne pas me dire que les plus chanceux sont les morts. Je n'arrivais pas à perdre totalement espoir, même pelotonnée sur moi même, seule dans l'obscurité. On était déjà arrivé jusque là, c'était presque un miracle alors j'avais confiance. En mon père, en ceux qui nous accompagnaient. On allait s'en sortir, coûte que coûte, parce qu'il y aurait forcément un après et je voulais le connaître. Ou juste continuer à vivre avec les gens que j'aime.

Aucun bruit autour de moi. C'est presque flippant, ce silence de mort. Et s'il était brisé par un gémissement, puis deux, puis une marrée de zombie qui déferlerait sur nous ? J'arrêtais pas de me  faire ce genre de faire. C'était bête, ça nous avançait à rien mais c'était plus fort que moi. Ce calme, cette attente inutile... Ca me foutait presque les jetons. La pression en tout cas, ça oui. Je pouvais pas rester là, à rien foutre, comme si quelque chose allait me tomber du ciel et me donner la réponse à mes questions. Je me décidais à me lever, alors que le jour n'était même pas totalement levé. Je m'avançais vers la porte de la chambre, jetais un dernier regard à la peinture encore intacte de la pièce et sortis, refermant silencieusement derrière moi. Tout le monde dormait encore, on avait trouvé cette maison vide et à peu près sûre l'autre soir, et on avait décidé d'y passer nos nuits. Il nous reste peut être de quoi bouffer aujourd'hui, mais il faudra aussi aller chercher de la nourriture. Sans nous même nous faire bouffer par des zombies. Si je pouvais ne pas m'en charger et rester planquée ici, ça m'arrangerait d'un côté. Pas que j'étais lâche, mais si il m'arrivait quelque chose, j'avais pas beaucoup de chance de m'en sortir. J'étais utile autrement. Bref. J'avais aucune idée de ce que j'allais foutre, là tout de suite. Peut être que j'allais m'assoir sur une chaise, encore seule, et encore attendre. Putain, ça serait con quand même. Toujours aussi discrètement, j'avançais dans le couloir. Les habitants avaient dû se barrer il y a pas mal de temps, pourtant tout était encore nickel, et nous on sécurisait l'endroit comme on pouvait. Est-ce qu'ils étaient encore vivants, j'en savais rien. Si oui c'était tant mieux pour eux, sinon ça faisait que trois ou quatre zombies de plus dans une mer incontrôlable. Ca me faisait de la peine, mais c'était comme ça.

Je poussais la porte qui menait au salon, si ma mémoire était bonne. Gagné, c'est bien le salon. Je me faufile donc et referme derrière moi, avant de me rendre compte que je n'y suis pas seule. Je m'assois à côté de mon père, qui est lui aussi réveillé, en lui adressant un petit sourire. J'avais oublié qu'il ne dormait sur le canapé

« J'ai renoncé à dormir. Toi, ça va ? »

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MessageSujet: Re: Dream is collapsing [Livre I - Terminé]   Mar 26 Aoû - 21:37

Un bruit me réveille. Il fait noir, dans l'appartement. Enfin presque. Parce que de la lumière s'infiltre par les rainures du pare-soleil. Encore un bruit, que j'identifie d'instinct comme un coup de feu. Puis un autre, et encore un autre. Dans la chambre, personne ne bouge. Juliette y dort avec les enfants, sur un énorme lit et un lit d'appoint. Je n'entends rien à l'intérieur. Pas un bruit. Je me précipite à pas de loups vers la porte d'entrée, et appuie doucement sur la poignée. Bien fermée, comme je l'avais verrouillée la veille, alors que le chargé de l'ambassade de France nous logeait ici en attente de notre avion, dans un jour ou deux. Le bruit recommence. Pan. Pan-Pan. Pan-Pan-Pan-Pan-Pan. Même si je ne suis pas soldat, il y a des bruits qui ne trompent pas quand on les a déjà entendus. Pour moi c'était il y a plus de douze ans, la première fois. Une kalach pendant l'attaque d'un fourgon blindé. Il y a quelqu'un qui fait mumuse dans la rue, avec tonton kalachnikov. Je vais voir à la fenêtre, glisse mes doigts entre les lattes du pare soleils pour apercevoir ce qu'il se passe, un paquet d'étages plus bas. La luminosité est pas terrible, mais heureusement les lampadaires éclairent brillamment le panorama. En bas, c'est un truc de dingue.


Des gens tirent et fuient une masse de personnes qui se jette sur d'autres. Encore des tarés, ces saloperies d'infectés vus de loin en arrivant en ville. Là je constate qu'on n'essaie plus de les capturer pour les soigner. Les mecs d'en bas rigolent pas. Certains se défendent avec leurs poings, d'autres avec des flingues. Merci la NRA. La fusillade gagne en intensité, et deux voitures de flics arrivent. Les gars en bleu flinguent ou matraquent tout le monde, sans distinction. Ils font le ménage, mais plusieurs d'entre eux se font blesser par des infectés. Ils repartent les voitures pleines de mecs, infectés ou pas je n'en sais rien, je n'ai aucun moyen de le savoir. Au loin, j'aperçois les turbines de plusieurs chasseurs. Je tire mon téléphone et compose le numéro du type de l'ambassade. Rien. Je tombe directement sur messagerie. Je réessaie, et tente même d'appeler le standard. Toujours rien. Dans la rue, un convoi de Humvees, ces énormes jeeps blindées, passent en trombe avec des mecs aux tourelles et remplies de gars en vert. Je fais irruption dans la chambre et fais mettre les bouchées doubles pour que tout le monde s'habille; il faut se tirer en vitesse avant que l'infection ne gratte à notre porte. Trop tard; des infectés enfoncent la porte et se jettent sur nous.


C'est étrange, quand ils me dévorent j'ai comme l'impression que les choses ne se sont pas passées comme ça.


Je me réveille en sursaut, et me rends compte que je suis en fait dans un autre endroit. Le coeur battant à tout rompre, je me lève d'un bond, la main sur l'arme que je porte sous ma ceinture. Mais ce n'est rien. La porte est poussée mais j'ai déjà reconnu le rythme et la cadence des pas de ma fille. Chloé fait irruption dans la pièce, et je me rassois. Elle à mes côtés, elle semble vraiment fatiguée. Je passe un bras autour de ses épaules et l'attire contre moi, déposant un baiser sur le dessus de ses cheveux.



| Salut. Moi pour une fois, j'y arrivais. Et même plutot bien, mais ça n'avait rien de très agréable. Il faut que tu te reposes, Chloé. Il faut que tu reprennes des forces. On ne sait pas pour combien de temps on est ici... Tu as faim? |`

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MessageSujet: Re: Dream is collapsing [Livre I - Terminé]   Mer 27 Aoû - 17:40

C'était logique que je trouve mon père dans le salon, en fait. J'avais pas envie d'être seule, j'en pouvais plus de rester assise sur mon nouveau lit comme si les choses allaient s'arranger, comme si j'allais retrouver l'envie et le courage de dormir. Oui, car c'était bien cela qui m'était nécessaire, pour affronter mes cauchemars, dans lesquels je voyais ma famille déchiquetée par des zombies sous mes yeux, avant qu'ils ne viennent s'en prendre à moi. C'était toujours pareil, et non on s'y habituait pas. Pas possible. On pouvait pas supporter ça, toutes les nuits, dans la peur que la même chose se produise le jour. Alors je dormais pas, et c'était tant pis si j'étais crevée. Mieux vaut ça que terrorisée, même si je ne pouvais pas m'empêcher de l'être, c'était moins pire. Un peu. J'avais besoin d'être avec quelqu'un, de parler, de faire quelque chose. Je me réfugiais auprès de mon père, presque instinctivement, le laisser m'attirer vers lui et poser ses lèvres sur ma tête. Je soupirais. Ca me faisait du bien, je me sentais pas vraiment plus en sécurité, mais toujours moins seule. J'en avais besoin, vraiment. Je me disais souvent que je ne connaissais pas papa tant que cela, et c'était vrai, il avait souvent été absent. Et ça avait pas été facile entre nous du coup, j'osais pas trop lui reprocher d'être absent, et en fait on se connaissait pas tant que ça. Jusqu'à quelques mois, un an peut être. Ca allait mieux. Et ça ne changeait rien au fait que je l'aimais, que je l'avais toujours aimé et soutenu, plus que tout, et que j'ai toujours voulu qu'il soit heureux. Le plus possible. J'y étais arrivée, un certain temps... Aujourd'hui, ce genre de réflexion était totalement inapproprié, le bonheur, c'était quoi, une utopie ? Ouais, ça devait être ça. Un vieux souvenir du passé, auquel il vaut mieux ne pas penser au risque de le regretter. On peut plus vivre maintenant, juste survivre, enfermé dans une baraque attendant que Zack vienne nous bouffer. Tous dans la même galère, y compris mon père. Mais je savais qu'il était fort, et qu'il pouvait nous tirer de là. Il était notre seule chance, le seul espoir qu'il me reste encore et je ne le perdrais pour rien au monde. J'appréciais ses marques d'affection, remontais mes jambes contre mon torse, presque en boule, toujours serrée contre lui.

Je soupirais encore, quand il me dit que je devais me reposer. Putain, je dois avoir une tête affreuse, ok, mais ça sera pas mieux en dormant, parce que j'aurai que des visions horribles. Puis j'y arrivais pas, toute façon. Au moins s'il fallait décamper en plein milieu de la nuit parce que les zombies voulaient notre peau, bah je serai prête.

« Pas trop. Ca va. Vaut mieux économiser. »

Bien sûr que j'avais faim. J'avais pas mangé de vrai repas depuis je sais pas trop quand, et je passais tout mon temps sur le qui vive, prête à prendre mes jambes à mon cou si jamais Zack se pointait. J'étais exténuée, et forcément en découlait la faim. Mais je voulais pas pier toutes les réserves, j'attendrais de me sentir vraiment affamée pour avaler quelque chose. Je savais qu'il nous restait pas grand chose, et qu'il faudrait partir remplir nos réserves. J'allais me décider à y aller peut être, parce que j'aimais pas rester enfermé tout le temps entre ces quatre murs.

« J'arrive pas à dormir, j'ai beau essayer, je... Je pense toujours à la même chose. Aux même choses. C'est trop horrible, je supporte pas. Au moins, j'ai pas entendu de zombie quand je suis restée éveillée... Les forces ça va, je suis pas encore au bout du rouleau. Comment tu fais... »

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MessageSujet: Re: Dream is collapsing [Livre I - Terminé]   Ven 29 Aoû - 9:10

C''était toujours étrange, même si j'évitais d'y penser, de se retrouver ici, dans cette maison. Cela ne faisait vraiment pas longtemps que nous avions pris possession des lieux, mais étrangement je l'identifiais déjà comme ma maison, comme mon fort Alamo. Le dernier endroit à défendre, un endroit suffisamment sécurisé pour y rester un moment. Comme si mon esprit avait déjà intégré que cet endroit faisait la différence entre la vie et la mort, mais que je n'y ferais pas ma vie toute entière, aussi longue ou brève soit elle. C'était simplement que j'avais compris et intégré que notre existence risquait fort d'être nomade, et que chaque endroit annexé aussi provisoire soit il était important pour nous, pour moi. Restait tout de même une certaine distance, née de ce nomadisme inédit dans nos existences; je tenais à cet endroit pour ce qu'il représentait, pas pour ce qu'il était réellement. J'avais du mal à m'attacher et avoir de l'affection pour un endroit où d'autres avaient vécu; l'identifier comme la maison ne voulait pas dire s'y sentir parfaitement chez soi, ou s'y sentir heureux. Cet endroit était à des milliers de kilomètres de notre vraie maison, de notre vie et de nos amis. De mon travail, aussi. Un instant, un fugace moment, je repense à ce que notre vie serait là bas. L'infection s'était elle répandue aussi vite? Comment se débrouillaient les collègues pour gérer la crise? Et nos ennemis, de la mafia de la côte? Je savais au fond de moi que ces gens, bons ou mauvais, avaient probablement été tués depuis plusieurs jours, ou infectés à leur tour. C'était dans leur nature à tous, amis comme ennemis, de faire barrage à quelque chose d'aussi grave. Mais contre la mort elle même, il ne peut y avoir de défense efficace. Si l'armée américaine avait échoué lamentablement à contenir l'épidémie, je me doutais que ça devait être aussi le cas sur le vieux continent.


Ma fille se blottit contre moi, toute serrée et remonte ses jambes contre son corps. Nous n'avons jamais été très expansifs dans nos accolades et nos rapports; nous nous aimions depuis toujours mais avec une certaine distance née de mes nombreuses absences. Quand je la voyais ici, presque devenue femme, cela me faisait mal au coeur. J'avais l'impression que la semaine passée à peine, je l'emmenais pour la première fois au collège, et un mois plus tôt que je la récupérais en pleurs de chez la nourrice. C'était fou à la vitesse à laquelle les choses changeaient... Mais quoi qu'il arrive, elle aurait toujours besoin de moi. A moi de ne plus la laisser tomber comme j'avais pu le faire auparavant.



| Economiser ne sert à rien dans ce nouveau monde, il faut profiter de ce qu'on a pendant qu'on l'a. Viens, on va manger un morceau. |


Elle m'arrête pour me parler de son ressenti. Je la regardais, intérieurement dévasté que ma propre fille ai été témoin de toutes ces choses horribles, et qu'elle m'ai vu en faire quelques unes.


| Je dois veiller sur toi, Juliette et Gabriel. Je n'ai pas le choix. Personne ne l'a. On se reposera quand on sera plus en sécurité, je te promets quon y parviendra d'une manière ou d'une autre. Pour le reste... je suis désolé. Tu as vu des choses auxquelles tu n'aurais jamais dû assister. Mais tu dois aller de l'avant et rester forte. Tu es peut être marquée et tu ne l'oublieras jamais, mais tu as expérimenté des choses qui te rendront plus fortes. Tu dois aller de l'avant. C'est la seule manière de faire. Et je... Je ne veux pas que tu aies peur de moi, ou que je te dégoûte. Je fais ce que je dois faire pour vous. Cette maudite épidémie a changé les règles... |

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MessageSujet: Re: Dream is collapsing [Livre I - Terminé]   Sam 30 Aoû - 14:14

J'essayais de ne pas faire attention au manque que je pouvais ressentir. Faim, fatigue. Psychologiquement, la douleur et l'horreur, c'était peine perdue, mais le reste j'y arrivais plutôt bien. Pour l'instant. Je ne voulais pas prendre tout pour moi et faire mon égoïste, et encore moins être un poids pour les autres, le groupe. Et surtout mon père. Il n'arrêtait pas de se salir les mains pour nous depuis la Grande Panique, on allait de sacrifices en sacrifices mais je savais que lui se battrait toujours pour nous. Et je l'aimais, je ne voulais pas le décevoir. Utile, je l'étais heureusement, je ne supporterais pas de rester bras ballants face aux autres. Même si avec Peter, le médecin, ça collait pas, je comptais pas me laisser piquer tout le boulot comme il avait l'air de vouloir le faire. Bref. J'avais confiance, et surtout je voulais me montrer confiante. J'y arrivais pas tant que ça, en fait. J'avais peur, constamment, ça je ne pouvais le nier. Elle me rongeait cette peur, elle me prenait de toute part, la nuit dans cette chambre noire, seule avec mes cauchemars, le jour, toujours dans cette maison où je m'attendais à entendre toutes les deux secondes des gémissements. Elle m'emprisonnait en moi même, essayait de m'étouffer. C'était peut être bien pire que le froid et que la faim, parce qu'il n'y avait pas de remède miracle et permanent. Rien ne tuerait mon espoir mais la peur pouvait l'entamer et c'était bien là le cas. Je le montrais, face à mon père, je ne pouvais pas m'empêcher. J'étais... Différente d'avant. Ce que j'avais vu et vécu me marquait au fer rouge, à jamais, et modifiait certaines choses en moi, irrémédiablement. Je n'avais pas envie de cacher mes tourments avec mon père, je n'en avais pas la force. J'avais presque besoin de ces étreintes que je n'avais jamais véritablement recherchées avant. Avant. Avant mon agression. C'était de là que tout était parti, en fait, si il n'y avait pas eu ces putains de mafieux, on seraient pas là aujourd'hui, on seraient peut être bien toujours en france. Est-ce que ça serait mieux pour autant ? Pas sûr. Je serais tout aussi bouleversée, ou presque. Philippe insiste pour que je mange un bout ; je soupire et le suis sans rechigner. Je peux pas nier avoir faim. On s'arrête un instant, et je l'écoute me répondre. Qu'est-ce qu'il fait, il essaye de me rassurer ? Un peu. Il essaye de m'aider. Mais je ne sais pas si quelqu'un le peut dans ce monde, si quelqu'un à part moi le peut vraiment. Et moi, si j'en ai la force. Je hausse les sourcils et m'écrie à sa suite :

« Peur de toi ? Comment... Comment je pourrais avoir peur de toi ? J'veux pas que tu penses que c'est possible. Tu fais tout ce que tu peux pour qu'on s'en sorte vivant, c'est tout... Je te cache pas que c'est pas toujours facile à vivre, de te voir te salir les mains comme ça, je... J'aimerai pouvoir plus t'aider, des fois. Mais tu me dégoutes pas, ni rien, c'est la faute à ces zombies de toute façon. C'est eux qui me foutent les jetons, c'est eux qu'il faut accuser. Juste eux. »

Je soupire.

« J'essaye d'aller de l'avant, mais c'est pas facile. J'y arrivais à nouveau, juste avant que cette épidémie nous rattrape, mais là, tout s'écroule encore. Je sais si j'ai la force de me relever une deuxième fois. Enfin de toute façon, je suis avec toi, Juliette et Gabriel. On est ensemble... C'est ce qui compte. On va le manger, ce bout ? »

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MessageSujet: Re: Dream is collapsing [Livre I - Terminé]   Mar 2 Sep - 17:26

Comment dire à ma fille ce que j'ai sur la conscience. Elle en connait déjà une partie ; elle sait que j'ai la responsabilité de cette catastrophe qu'est notre voyage. Elle se doute forcément que j'ai fait des choses pas nettes ; menti, trompé et volé peut être. Qui ait, tuer aussi ? Je ne sais pas jusqu'où vont ses présomptions. Mais je ne peux pas tout lui dire. J'en ressens pourtant le besoin, comme pour me dédouaner des horreurs que j'ai provoquées. Pour lui faire part de mon sentiment de culpabilité. Qu'elle me l'allège, qu'elle me procure un peu d'oubli et d'affection. C'est à ça que sert la famille, non ? A se soutenir. Pourtant, je ne le fais pas. Il est des choses que je ne peux pas dire, que je ne peux pas partager. Pas si je tiens à conserver un semblant d'estime des miens. Et c'est le cas. Je deviens lentement un connard et un étranger pour mes proches. Gabriel en premier, et probablement Juliette. Je ne veux pas gâcher ce qu'il reste d'affection pour moi chez ma fille en plus des autres. Je devais aussi la préparer. La pandémie nous a tous prouvé une chose ; notre propre vulnérabilité. C'est pour ça d'ailleurs qu'on en était réduit à cette survie par les effets d'une panique globale et destructrice. C'est pour ça que je dois préparer Chloé à ce qu'il y aura après moi si je dois partir le premier ; imaginer l'inverse serait trop insupportable. C'est pourquoi j'attachais de l'importance à ces moments de discussion, à ces accolades. Ma fille comptait énormément pour moi ; je ne pourrais jamais me passer d'elle à aucun point de vue. J'essaie de l'endurcir tout autant que de la préserver ; je sais que cet équilibre précaire ne peut pas durer éternellement et que je me dois de la renforcer de toutes les manières possibles et imaginables. Je peux être mordu tout à l'heure, et l'abandonner pour toujours demain. Je dois faire tout ce que je peux pour la rendre à même de survivre dans ce nouveau monde qui s'élève. Mais la forcer à grandir et à devenir quelqu'un qu'elle n'est pas est quelque chose de bien difficile à assumer par la même occasion... Je me crispe instantanément quand ma fille lâche une exclamation surprise ; je siffle un « chhhhht » précipité et tend l'oreille. Rien. Son éclat de voix ne semble pas etre perçu, après plusieurs dizaines de secondes, par les créatures qui rôdent dehors. Je souffle.


| Avant d'avoir peur de moi, tu ferais bien d'avoir peur de ce qu'il y a dehors. Il faut qu'on soit prudent, tout le temps sur nos gardes. Sinon, on rejoindra les type décérébrés qu'il y a au delà de ces fenêtres. |


Je soutenais le regard de ma fille.


| Il n'y a pas que survivre, qui compte. Il y a aussi la façon dont on survit. Il y a des limites à ne pas franchir... J'ai hâte que cette période de fou se termine, qu'on puisse être un peu moins... Isolés. |


Je savais aussi qu'il ne serait pas simple pour elle d'assumer vivre ici et comme ça...


| Bien sûr que si. On peut survivre à tout. Je te suis... Si tu prépares! |

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MessageSujet: Re: Dream is collapsing [Livre I - Terminé]   Ven 5 Sep - 16:56

[HJ] Je ne suis pas vraiment satisfaite, j'espère que ça t'ira ^^

J'avais envie de me confier, de parler et d'exprimer tout ces courants qui me bouleversaient et me chamboulaient de toute part. J'en ressentais le besoin, comme si ça allait réellement faire avancer les choses. Améliorer mon état de détresse. Mon esprit habitait encore dans des ruines, celles de mon monde que je voyais désespérément s'écrouler autour de moi. Sans pouvoir rien faire, sans arriver à m'en détacher. Malgré ma détermination, je n'y arrivais pas vraiment. Aller de l'avant... C'est un beau principe, que j'ai toujours réussi à appliquer. Sauf maintenant. Sauf maintenant qu'il n'y a plus rien derrière moi et un avenir gris devant. La mort, les gémissements de ces zombies auxquels je n'étais pas préparée. Auxquels je n'avais jamais accordé crédit jusqu'à ce qu'il soit trop tard, et auxquels je ne m'étais pas encore habituée.. Si seulement c'était possible. J'aimerai me reconstruire un monde, j'aimerai me dire que j'en suis capable. Après tout, il me reste ma famille, la partie la plus importante de ma vie. Mais je suis frêle et sensible, je ne peux pas le cacher à tout le monde. Mon père le sait, et j'ai comme besoin qu'il le sache. Sans lui... je serais morte. Je ne serais rien. Mais il ne m'aidait pas uniquement sur ce plan là, il m'apportait aussi un certain soutien psychologique dont il n'avait peut être même pas conscience. Il était le seul à tout savoir, à pouvoir comprendre un minimum ce qui pouvait m'arriver. A pouvoir m'aider vraiment. Il m'avait retrouvée en pleurs, ligotée à cette chaise dans le salon ; c'est peut être là que mon monde avait commencé à s'effondrer, en fait. Peut être que s'il me restait encore un espoir de devenir forte, c'était en lui qu'il se trouvait. Même si j'avais parfois l'impression qu'il était encore cet inconnu, ce père absent et mystérieux de mon enfance. Parce que je me posais des questions depuis mon agression, des questions que je n'avais même pas osé formuler car je n'aurais pas eu de réponse. Parce que j'avais peur de ces réponses. Je gardais les interrogations sur ses activités pour moi, je gardais la confiance que j'avais en mon père. Si jamais certains scénarios que je m'imaginais malgré moi étaient vrais, je ne pourrais presque plus le regarder en face. Et j'avais besoin de lui, monstre ou pas. Il restait mon père, le seul, l'unique. Il avait du sang sur les mains mais c'était du sang de zombie. C'est tout ce que je voulais savoir.

Je me laissais emporter, un instant, avant qu'il ne me reprenne, me faisant baisser d'un ton. Je l'écoutais jusqu'au bout, me mordant la lèvre. M'y habituerais-je un jour ?

« Je... Désolé. Je fais de mon mieux, mais des fois je n'y arrive plus. »

Je lâchais un soupir.

« Tu crois qu'on y arrivera, un jour ? A se sortir de là ?  Il y a tellement de zombies, qui se multiplient comme la peste, qu'on pourra jamais tous les éliminer. On restera ici longtemps, tu penses ? »

Je n'étais pas spécialement pessimiste. Je constatais les faits, et ce que j'en déduisais, accumulé à mes propres tourments, donnait forcément un résultat très négatif. Je voyais pas comment il serait possible d'éliminer totalement Zack sachant qu'il devenait plus important que la population humaine. Ou même sans parler de l'éradiquer.. Juste assez pour avoir une vie à peu près normale, ça me semblait impossible. Survivre, j'en avais envie parce que j'étais avec ceux que j'aimais et que je ne les quitterai pour rien au monde. Parce que je voulais profiter d'eux jusqu'à la fin. Et puis pour le reste... Peut être que je finirais par m'habituer aux conditions de vie. Je lançais un sourire à mon père.

« Ah, monsieur met les pieds sous la table ! Ca va que tu n'es pas fort en cuisine. Bon, qu'est-ce qu'on a en stock ? »

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MessageSujet: Re: Dream is collapsing [Livre I - Terminé]   Sam 6 Sep - 18:30

Ma fille était quelqu'un de très intelligent et de très ouvert ; je ne doutais pas qu'elle soit à même de comprendre beaucoup de choses et de se montrer apte à évoluer dans ce futur apocalytpique qui était le notre. Mais évoluer veut dire beaucoup de choses différentes et c'est à moi de baliser ce chemin compliqué qui s'annonce. Quel exemple suis je pour elle, malgré tout ? Un tueur et un voleur, un homme sans foi ni loi qui a profité de la faiblesse d'autres gens pour leur prendre ce qu'ils avaient. Dire que je n'avais pas le choix, que j'aurais très bien pu mourir à la place de ces méfaits était probablement le pire mensonge que j'aurais pu dire. On a toujours le choix. J'aurais pu repousser le ravitaillement, ou choisir de perdre du temps dans notre fuite pour essayer de chasser ou de pêcher quelque chose ; ramasser des baiess ou prendre au passage dans les champs et les vergers de quoi nous sustenter. Mais j'avais fait passer notre situation avant celle de tous les autres, les miens avant n'importe qui d'autre. Je me demandais comment je réagirais si un jour Chloé en venait à agir comme je le faisais. Qu'en penser ? Est ce que survivre comme ça en valait le coup ? Pire encore, j'avais le sentiment que l'horreur était bien loin d'être terminée, et que nous allions encore devoir nous salir les mains. Préserver ma fille, ou la faire mettre les pieds dans le plat... Quel homme étais je devenu ? Et quel flic, aussi ? Il fallait que je me rende à l'évidence ; cela faisait plusieurs années que je n'en étais plus vraiment un. Et maintenant, plus du tout. Jee ne pouvais pas continuer à prétendre me retrouver du côté de la loi ; la ligne rouge était franchie depuis longtemps. Ma fille s'excuse du bruit qu'elle a provoqué ; je ne peux pas vraiment lui en tenir rigueur. Parfois la concentration s'efface et le danger revient. C'est comme ça, la nature humaine couplée à une bonne dose de fatigue...


| Il faut pourtant que tu fasses attention, Chloé. Il le faut, pas que pour toi mais les autres aussi. |


Je lui faisais la leçon, mais c'était pour la bonne cause. Je soupirais à ce qu'elle me demandait.


| Je ne pense pas ; ceux qui étaient après nous vont arriver par vagues successives dans les jours et les semaines à venir, et ils seront probablement plus nombreux. Je pense que comme toute épidémie, le seuil de contamination sera un jour atteint, et que l'humanité reprendra la place qui est la sienne. Mais cela peut prendre très longtemps. Il faut qu'on reste fort, pour en voir un jour le bout. |


Une fois dans la cuisine, ma fille me dit que je ne suis pas fort en cuisine et me taquine. Je lui amène ce que l'on a, avec le réchaud.


| Des trucs du coin pour le p'tit déj. Des œufs, du bacon et tout ça. Mais je sais pas si ça vaut le coup de le faire cuire maintenant ; on ne sait pas comme Zack nous repère et c'est peut etre à l'odeur. Comme je n'ai pas encore vérifié les alentours de la maison... Céréales alors? |

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MessageSujet: Re: Dream is collapsing [Livre I - Terminé]   Lun 8 Sep - 17:42

Je savais que je devais être forte, encore plus que ce que j'avais toujours été. Mais il fallait déjà que je me relève, que je remonte la pente. Que je me reprenne en main. Et la situation n'était pas du tout favorable à cela ; je devais jongler entre mon combat contre mes angoisses et mes cauchemars et celui pour m'adapter à ce monde. Ces deux sujets étaient plus que liés, évidemment, mais devoir faire les deux en même temps... Ca me semblait impossible. Trop. Pourtant, je voulais y arriver. Déterminée, comme toujours. Malgré tout ce qui pouvait se passer, ce trait de mon caractère ne disparaitrait jamais. Tout ce que je voulais, c'était que le reste, le désespoir, la peur, le manque, ne prenne pas le pied dessus. Pas seulement pour moi, mais aussi pour le reste du groupe, mon père, Juliette et Gabriel. Surtout pour eux. Ils étaient ma force, celle qui me ferait tenir jusqu'au bout. Le feu qui alimentait encore un peu ma force. Je savais que papa voulait m'aider à être plus forte, c'était en quelque sorte le but qu'il s'était fixé. Et c'était normal, comment faire autrement ? Lui seul était au courant qu'il n'y avait pas que les zombies qui causaient ma perte. D'un côté, j'avais besoin de lui, de son appui, parce que j'avais pleinement conscience que sans quelqu'un pour m'épauler, je n'arriverais à rien. Juste savoir que quelqu'un était là, et pouvait me comprendre. Je ne voulais pas plus. Je voulais arriver à mes fins seule, par mes propres moyens. Par ma propre force, pour me prouver qu'il m'en restait. Et aussi parce que je ne pouvais pas me permettre d'être un poids pour eux. Des fois, j'aimerai apprendre à me battre, vraiment, contre des zombies. Manier une arme. Juste... juste en cas de besoin. Juste pour me rassurer. Mais j'avais peur de faire plus de malheurs avec qu'autre chose, et puis ça me donnait un prétexte pour rester ici. Même si je n'aimais pas passer ma vie enfermée et que je ne me sentais pas vraiment en sécurité... J'avais encore trop la trouille de ce qu'il y avait dehors. Comme si je n'avais toujours pas accepté la réalité. C'est peut être pour ça que je m'étais laissée emporter il y a un instant. Il fallait que je me contrôle, que je fasse attention, vraiment. J'avais pas besoin que papa me fasse une leçon sachant que je me la faisais déjà toute seule.

« Je sais. Je ne veux pas être un poids pour vous... Je vais... je vais faire attention. Promis. »

Je faisais tout le temps attention, j'avais l'impression de faire que ça. Et ça suffisait pas. Avec un peu moins de chance, Zack aurait réagi et on aurait dû tous fuir en catastrophe... Putain, je préfère même pas y penser. Je haussais les épaules.

« J'espère. On va monter vers le nord ? Peut être que vers là haut c'est un peu plus calme. Quand ce sera l'hiver. »

De toute façon, on pouvait rien prévoir à l'avance, je le savais bien. Mais ça me rassurait un peu d'avoir des réponses à toutes ces questions. Ca me donnait... Une vision plus précise de ce que pourrait être l'avenir. J'osais espérer qu'un jour, on trouverait un endroit calme. Je rêve d'un endroit calme.

Je ne pouvais pas m'empêcher de lancer une petite taquinerie à mon père en entrant dans la cuisine. Pour préserver un peu de bonne humeur, du moins d'apparence. Il m'apporte ce qu'on a en réserve, je regarde un instant nos maigres possessions culinaires en l'écoutant.

« Ok, céréales. C'est plus sûr. »

On l'avait déjà échappé belle une fois, je voulais pas retenter le diable une deuxième. J'ouvrais un ou deux placard, et finissais par trouver quelques bols, laissés là par les anciens habitants, ainsi que quelques cuillères. Je sortais le tout.

« Bon par contre, pas de lait ni rien si je comprends bien. »

Bah oui, c'était logique. Je m'asseyais en face de lui et commençais à manger mes céréales, essayant de faire le moins de bruit possible. Comme si c'était ça qui allait ramener Zack... Je soupirais.

« Avec Juliette, ça va comment ? »

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MessageSujet: Re: Dream is collapsing [Livre I - Terminé]   Dim 14 Sep - 9:57

La même routine que les jours précédents n'allait pas tarder à se répéter mais étrangement, cette routine avait quelque chose d'assez rassurant, de réconfortant. Avoir un semblant d'habitudes permettait de faire en quelque sorte le lien avec notre vie d'autrefois, ce qui n'était franchement pas un mal et nous évitait d'être tout bouleversé par tout ce que nous avions pu vivre au fil des semaines passées. Déjeuner ici avec ma fille faisait partie de ce genre de petit rituel que je savais éphémère et probablement bientôt dépassé par tout un ensemble d'impératifs que j'aurais bien du mal à gérer. Peu importe au final, je jouis des petites choses, des plaisirs simples qui me paraissent encore accessibles. Tout n'est qu'éphémère, que sang et larmes. Un peu de normalité ne fait pas de mal. Je savais que Chloé s'en voulait pour son manque de prudence d'il y a quelques instants et je ne voulais pas en rajouter ; je donnerais probablement beaucoup pour qu'elle aussi puisse pleinement profiter de ces instants, qu'elle ne se prenne pas trop la tête. Pour l'instant, même si je souhaitais la voir s'endurcir j'étais toujours là et apte à m'occuper et à prendre soin d'elle. Un poids?


| Tu n'es pas un poids, ma chérie. Tu t'es déjà montrée très utile au groupe. T'as soigné nos plaies et bosses, t'as remis sur pieds Eva... C'est plus que j'aurais été capable de faire. |


Mon talent à moi pour la survie consistait à savoir claquer du zombie et nos éventuels rivaux humains. Ce n'était pas inutile, loin de là. Mais on faisait plus pacifique comme moyen de survivre. Je réfléchissais un moment à ce que me disait ma fille. Franchement, il fallait que la température descende super bas pour qu'un corps humain puisse geler, et on disait des contaminés qu'ils ne se décomposaient pas ; c'est donc qu'il y avait quelque chose qui leur permettait de tenir debout, et qui risquait de demander plus d'effort encore aux éléments pour les stopper. Rien d'impossible, mais j'avais peur que là où on doive aller la survie ne devienne trop difficile. Nous n'avions aucune expérience des climats aussi froids qu'au nord du Canada, pas même des vacances à la neige. Mais avait on le choix ? Je crois qu'en plus du ravitaillement, je nous faisais traîner par ici pour trouver peut être une solution alternative...


| Normalement, c'est le plan... Il faut encore qu'on en discute, parce que là haut ce sera très dur. Et on dit que tout le long du Saint Laurent, les gris forment de larges hordes. Il faut qu'on étudie la question avant de se jeter tête baissée. |


Ma fille opine pour les céréales et me dit qu'on a pas de lait. Personnellement je m'enf ichais je le digérais mal et les céréales étaient aussi bonnes sans. Elle nous sert et commence à manger ; je fais de même. Et Choé me demande comment ça va avec Juliette. Je la dévisage un instant. Drôle de question. Ca me fait bizarre que ma fille que je vois aussi jeune encore, me parle de relation sentimentale. La mienne qui plus est. Mais je sais comment sont les jeunes ; je l'ai déjà été et je ne me fais pas d'illusions. Même si on en parle pas trop ; la gêne paternelle ! Mais je me doute bien qu'elle a déjà fait tout un tas de choses que je préférerais ignorer. Des petits copains, peut être un peu d'alcool, peut être qu'elle connaît aussi déjà le sexe... Personnellement, je suis pas du genre hyper protecteur tant que tout se passe bien. Et j'ai confiance en Chloé. Mais en parler, que ce soit de sa situation à elle ou de la mienne... Mais elle était grande.


| Ca va. C'est pas le paradis. Ce que j'ai... Ce qu'on a dû faire pour tous nous amener ici la marque beaucoup. Et le peu de bénéfices pour nous qu'a eu le début de ce voyage s'est totalement effacé. Je ne sais pas si... Je ne sais pas si elle m'aime encore, honnêtement. Et surtout, je ne pense pas qu'elle veut continuer à ce qu'on soit un couple. Je ne dis pas tout ça pour t'inquiéter ; tu dois savoir que ça ne change rien. Je vois toujours Gabriel comme le fils que j'ai pas eu, et je resterais toujours très attaché à Juliette. Reste le fait qu'elle ne sait toujours pas que la raison de notre voyage est basée sur un mensonge... Je dois lui dire la vérité, je ne peux pas continuer à lui mentir. Mais ça risque de remettre beaucoup de choses en question. Mais sérieusement, ne t'inquiètes pas pour ça. Je te dis tout ça parce que je te considère comme une adulte ; tu as le droit de savoir, surtout vue les circonstances. Et saches que je pense que de son côté, même si elle et moi ça doit se terminer cela ne changera rien. Tu es sa fille. Alors ne t'en fais pas. D'accord ? |

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MessageSujet: Re: Dream is collapsing [Livre I - Terminé]   Mer 17 Sep - 15:19

Un poids, oui. C'est ce que j'avais l'impression d'être des fois, quand j'oubliais de faire attention, quand j'avais peur malgré moi ou quand je me rendais compte à quel point j'étais vulnérable face à Zack. Bien sûr que j'avais d'autres atouts; heureusement même. Je pouvais les soigner pourvu que ce ne soit pas une morsure de zombie, j'avais du matériel volé et des compétences. Le seul problème, c'était que je n'étais pas immunisée contre l'attaque zombie. C'est pas parce que je passais mon temps à m'occuper des autres, enfermée dans cette maison, qu'il ne pouvait rien m'arriver. Même su on faisait pas de bruit, quelque chose pourrait les attirer, et s'ils nous attaquaient, ici... Je n'aurai aucun moyen de défense. Beaucoup dans le groupe étaient aptes à les éliminer  mais avec un peu de malchance... J'avais bien remarqué comment la mort peut frapper, ces dernières semaines. Ca m'effrayait presque, mais je devais être forte. Je n'étais pas en sécurité, et je n'étais un atout que dans une certaine mesure. Alors au moins il fallait que je devienne plus solide, maîtresse de moi même et de mes émotions. Papa me rassure. C'est plus que ce qu'il en aurait été capable. Oui mais lui il pouvait nous défendre face au danger, au vrai. Mais je me sentais surtout un poids parce que j'étais encore faible et détruite. Et il le savait. Je ne répondis rien.

J'avais besoin de savoir ce qu'il comptait que nous fassions pour la suite. Même si je mesurais facilement la part d'imprévus qu'il y aurait, j'avais besoin de moins me sentir dans le brouillard. Me donner des repères. A la limite, si on pouvait rester ici en sécurité je finirais par m'y habituer et tout irait pour le mieux. Mais j'avais conscience que c'était bien impossible : Zack grouillait partout, c'était tellement dangereux. Et peut être était-ce pareil partout ailleurs, peut être n'y avait il plus un lieu sur terre où la population humaine dépasse -ou même égale- celle des morts-vivants. Je ne voulais pas y croire car cela signifierait croire que tout espoir était vain. Survivre, coûte que coûte. Retrouver mes marques et devenir forte. Mais comment y arriver si tout se chamboule chaque nouveau jour ? J'écoute la réponse de mon père et opine. Mieux vaut rester un peu ici que de foncer dans le tas alors qu'au fond, c'est peut être bien un peu plus sûr ici.

J'entamais le maigre petit déjeuner avec plaisir, ne pouvant vraiment nier la faim qui m'habitait. Il avait raison encore une fois : mieux vaut profiter maintenant de ce que l'on a avant que tout cela, tout ce qui représentait encore un peu la normalité au milieu de l'enfer, ne disparaisse. On allait progressivement devoir passer à un mode de vie différent, quand il n'y aura plus rien de tout cela à manger. Je me tus un instant, perdue dans mes pensées avant de lancer la question sur Juliette. Je le regardais tout en mâchant silencieusement. Lui me dévisage. Surpris ? Dérangé ? Ce n'était pas le but. Pas vraiment la curiosité, mais j'avais quelque part envie de "prendre de leurs nouvelles", savoir comment ils géraient. S'il ne voulait pas me répondre c'était son droit ; j'étais sa fille et je n'allais pas m'imiscer dans ses affaires. Mais je voyais tellement Juliette comme une mère, une grande soeur, que j'avais besoin d'être un peu au courant. Après réflexion, Philippe me répond et j'arrête de manger un instant pour l'écouter. C'est... Étrange qu'il me parle ainsi. Mais ça ne me dérangeait pas. Je soupirais. Lui dire la vérité, ça sous entendait aussi lui parler de mon agression. C'était peut être bien la meilleure chose à faire au vu de la situation. Je n'ai jamais aimé les mensonges pourtant j'ai gardé le secret de ce qui m'a détruite la première fois. Si ça peut arranger les choses. Ou alors ça aura l'effet inverse, mais au moins elle aura la vérité. Une partie au moins car je me doutais que moi même je ne savais pas tout. Je ne savais pas ce qu'avait fait papa, ce que signifiaient les menaces qu'on m'avait demandé de transmettre. Il m'avait caché des éléments et l'espace d'un instant, j'envisageais de les lui demander. Ouvrais la bouche pour la refermer. Ca n'avait plus d'importance et d'un côté je ne préférais pas savoir.

"Ok... Merci. Je veux pas les perdre, vous perdre.  Dis lui si tu penses que c'est le mieux. Peut être que... Peut être que je devrais le dire à Gabriel, lui parler de ce qui m'est arrivé et pourquoi j'étais... Fermée ?"

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MessageSujet: Re: Dream is collapsing [Livre I - Terminé]   Mer 17 Sep - 16:51

Voilà comment ruiner sans aucun doute le moral de sa jeune fille. Mais je ne pouvais plus mentir, ni aux autres, ni à moi même. Agir est toujours difficile, pourtant. Il y a des choses qu'il semble douloureux de dire, des choses qu'on sait qu'elles feront du mal sitôt qu'elles auront passé le rempart de nos lèvres. Mais l'envie de les sortir était presque irrépressible, et c'était même presque malsain quand on y pensait. Comme si extérieurement, j'avais envie de souffrir, comme si j'avais envie de tout remettre en question. Ce n'était pas le cas. Mais il est des mises à plat qui apparaissent comme nécessaires. Et probablement aussi un peu irrémédiables... Mais tant pis. Il fallait que ça sorte. Nous commençons malgré tout à manger, même si cela reste limité et frugal cela fait un bien fou aux acides de l'estomac de se mettre quelque chose sous la dent. Ma fille semble assumer me demander des nouvelles de ma vie amoureuse, ce qui continue de me tarauder. De me sembler étrange, incongru. Pas mal venu pour autant, mais pas totalement naturel. Je me rendais compte en tous cas que ma fille semblait dubitative pour mon idée. Mais que voulez vous ? Je devais aussi être en paix avec moi même, m'assumer pleinement. Je suis adulte. Je suis chef de famille. Je dois prendre mes responsabilités. Ma fille hésite ; Chloé ne semble pas trop savoir quoi me dire. Oui, je sais que j'ai merdé.


Elle me dit qu'elle ne veut pas nous perdre. Mais elle me soutient, elle veut que je le dise à Juliette. En parler à Gabriel ? Je me fais catégorique.



| Je pense qu'il faut que je le dise d'abord à Juliette. Gabriel est une mauvaise idée. Tu te souviens la dernière fois, quand il a su quelque chose que sa mère ne savait pas encore... |


Je parlais du baiser que m'avait donné la mère de Chloé, mon ex-femme. Qui ne représentait plus rien pour moi, qui n'avait rien éveillé chez moi. Gabriel l'avait vu et avait trouvé malin de le répéter à sa mère avant que je ne trouve le moment propice pour en parler. D'où nos problèmes actuels, pour partie.


| Je devrais aussi pouvoir être honnête avec toi à cent pour cent. Mais c'est dur. Je veux toujours te protéger. Faisons un marché. Tu me demandes ce que tu veux savoir, et si je ne peux pas te répondre je t'expliquerais pourquoi. Deal? |

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MessageSujet: Re: Dream is collapsing [Livre I - Terminé]   Lun 22 Sep - 16:48

[HJ] Désolé pour le retard :/

Dire la vérité. Ca paraissait tellement simple comme phrase, tellement beau comme principe. Mais je restais indécise. Est-ce que je voulais vraiment que Juliette sache ça, et donc par extension Gabriel ? J'en savais rien. Je savais même plus ce que je voulais. J'avais peur des conséquences. Peur de moi même savoir ce que papa avait fait. J'arrivais difficilement à croire, que, simplement dans le cadre de son boulot de flic il se soit opposé à de si violentes représailles d'une organisation genre mafia. J'aurai aimé y croire, j'aurai aimé que ce soit possible. Aimé m'en convaincre. Mais je n'étais pas dupe ni aveugle. Alors je me taisais. Peut être que si j'apprenais tout je n'arriverai même plus à regarder mon père en face, peut être que je n'arriverai plus jamais à me relever. J'avais tenté d'enterrer mes questions. On avait mieux à faire, je devais avancer sans plus me soucier du passé... Même s'il me rongeait. Même si je l'associais au présent, aux zombies dans mes nuits sombres et douloureuses. Je ne le disais pas à Philippe. Je ne voulais pas qu'il le sache bien qu'il dusse déjà s'en douter. Il n'y pouvait rien, et moi non plus. Peut être que ça m'aiderait de savoir que ma mère de coeur et mon demi frère sont au courant. Mais peut être aussi que ça détruirait totalement toute amitié entre Juliette et papa, et cela je ne le voulais pas. Alors, continuer à vivre toute notre vie dans cet enfer, avec ce mensonge sur les épaules de mon père et ce traumatisme sur les miennes ? Non. Il avait raison en fait. Mieux valait mettre les choses à plat. Au point où on en était...

Oui, je me rappelais parfaitement le jour où Gabriel avait surpris mon père en train d'embrasser ma mère. La salope sans laquelle je ne serais même pas née, mais salope quand même. C'était de là que tout avait recommencé à s'écrouler dans nos vies. A cause de ma génitrice. Encore à cause d'elle. Et on était vraiment mal partis pour que ça s'améliore...

"Oui. Ok, je... Je lui dirais rien."

J'avais pas envie de me prendre la tête avec lui ce matin et de toute façon il avait bien un peu raison... J'avais pas envie de réitérer l'expérience qu'il avait évoquée.

J'écoutais avec surprise mon père me proposer un genre d'accord. Me dire la vérité... Je ne m'y attendais plus. S'il me le proposait, je ne pouvais pas le rejeter car au fond de moi, je voulais savoir. Les questions sans réponses devaient arrêter de me torturer jusque dans mon sommeil, jusque dans les murs de cette maison presque sinistre. Je me rappelais tout avec précision. La chaise sur laquelle ils m'avaient ligoté, sa voix, son visage, ses paroles. Aussi glaçantes que la lame. J'affichais un petit sourire, presque triste.

"Ouais. Ça marche. Merci... J'en peux plus de me poser des questions sur toi, et en même temps j'ose pas te les poser. Des fois, quand j'y pense, j'ai presque l'impression que je te connais pas vraiment."

Ca avait été le cas, quand j'étais petite. Je croyais que c'était fini maintenant. Peut être pas. Je croisais mes jambes sous la table. Une question, une réponse. Mais par où commencer ? Tout se mélange dans ma tête, tout est confus. Je ne sais pas par quel bout prendre les choses. J'essaye de démeller le noeud de mes souvenirs et de mes tourments. Tellement... Tellement de points à éclaircir, tellement de peurs et de soupçons. Au bout de quelques instants de silence, je me décide à ouvrir la bouche, même pas sûre de ce que je vais dire.

"Qu'est-ce que... Qu'est-ce que tu leur as fait, à ces types, pour qu'ils viennent te menacer, nous menacer comme ça ?"

Ouais ok, c'est un peu con comme question. Mais il fallait bien commencer par quelque part.

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MessageSujet: Re: Dream is collapsing [Livre I - Terminé]   Mar 23 Sep - 9:56

L'engagement que je venais de prendre était dangereux, et compliqué à réalisé. Pour la simple et bonne raison que mentir, je me rendais compte que je le faisais en permanence. Oh bien sûr, j'avais toujours une excellente raison de le faire, je ne le faisais pas simplement parce que j'étais quelqu'un de mauvais, non pas du tout. J'étais tout simplement  trop plein de ces fameuses bonnes intentions, dont je me parais comme d'un bouclier moral. Absurde, tout simpelment absurde. Ce qui comptait dans le fond n'avait jamais été les intentions, celles ci pouvaient être perverties ou pleines de faux semblants. C'étaient les actes, qui comptaient plus que le reste. Vouloir changer les choses avec ma fille et avec ma famille, c'était quelque chose. Mais encore fallait il être pleinement capable d'assumer cette vérité que je passais mon temps à travestir ou à camoufler... Et l'assumer c'était quelque chose de totalement différent, de difficile. Parce que ce quej'avais fait me pesait sur la conscience, c'était un fait que je ne saurais nier. L'époque que nous étions en train de vivre ne nous dédouanait absolument pas de certaines valeurs morales, et si je restais beaucoup plus capable que certains de transiger avec elles je ne voulais en aucun cas devenir totalement inhumain, comme je l'avais vu tant de fois dans le milieu de la pègre, du crime organisé que je combattais depuis longtemps. Ma fille quoiqu'il en soit, acceptait volontiers cet élan de bonne volonté que je lui manifestais, tout en semblant ne pas se faire trop d'illusions. Cela me blessait un peu, mais si je voulais être honnête j'avais sans doute mérité ce genre de défiance. Chloé accepte de ne rien dire à Gabriel, et intérieurement je lâche un soupir de satisfaction.


Ma fille accepte mon petit arrangement, et elle me sourit, même si c'est d'une moue de celle qui en  a trop vu pour son âge. Et sincérement, cela ne risque pas de s'arranger avec le temps... Cela dit elle me confirmait qu'elle n'arrêtait pas de se triturer les méninges à mon sujet, et cela me fit ressentir encore un peu plus de culpabilité.



| Oui je comprends... Et j'en suis désolé, ma chérie. C'est juste que j'ai jamais trop su gérer ma vie privée, avec le boulot et tout ça. C'est entièrement ma faute. |


Même si les choses allaient mieux entre nous, ce n'était toujours pas parfait... Le silence s'installe, jusqu'à ce qu'il soit brisé par ma fille, qui semblait hésiter à poser sa question. Je soupirais. Forcément. C'était logique. Je prenais sur moi pour lui répondre.


| Ces gens étaient des petites frappes de la mafia de la côte. Entre Calais et Amsterdam, ils contrôlent tout ce qui est louche. On était sur leur piste pour une série de nouvelles activités sur Dunkerque, mais ils ont senti le coup venir. Ils ont … Molesté la fille d'un collègue. On est devenu fou furieux, et on leur a tendu une embuscade. La guerre a continué un moment et a fait quelques morts, mais ça a fini par se tasser. Jusqu'à ce qu'ils s'en prennent à toi. |


Bon d'accord, je lui avais pas tout dit, mais c'était déjà bien, non?
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MessageSujet: Re: Dream is collapsing [Livre I - Terminé]   Mer 24 Sep - 8:53

Mon père se décidait enfin à me dire la vérité. A ne plus se cacher et me dissimuler les causes de tout cela. Au moins en partie, je n'étais pas sourde. Il m'avait dit que s'il ne pouvait pas me répondre il m'expliquerait pourquoi. Comment devais-je le prendre ? Il y avait donc des éléments si graves qu'il voulait continuer à me cacher malgré sa volonté apparente d'en finir avec ces mensonges et ces non-dits qui nous ruinaient tous ? Au moins me donnerait-il une raison dans ce cas... N'empêche que ça m'intriguait. Je préférais presque qu'il continue à ne rien me dire du tout plutôt que d'omettre des éléments ou me jeter qu'après coup, non il ne pouvait pas m'apporter les réponses à mes interrogations. Mais moi... Moi j'avais besoin de savoir. Au bout d'un moment je n'en pouvais plus de le regarder et de penser à tout ce qu'il m'avait potentiellement caché et qui m'avait plus ou moins détruite. Je ne l'en portais pas directement coupable, je ne le pouvais pas. Je l'aimais trop, il comptait trop pour moi pour que je puisse briser ma confiance en lui sur de simples supositions. Peut être que ces types étaient juste des malades et que papa ne s'était pas sali les mains... Mouais. Je suis plus une gamine. Je suis prête à tout entendre s'il s'agit de la vérité. Je conçois pleinement que ce ne soit pas facile pour lui de sauter ce pas, et de me proposer cet accord. Mais le fait qu'il l'ait proposé de lui même m'incitait à le croire et à poser enfin toutes ces questions, sans me retenir comme je l'avais fait jusqu'à maintenant. Il y a un moment où on ne peut plus faire autrement que de briser les barrières invisibles des mensonges entre nous ; et je parlais aussi bien pour papa et moi que pour lui et Juliette. Enfin ça, c'était pas directement mes affaires. Déjà m'occuper de moi, de ce que j'avais vécu et ce qui en découlait.

Il me dit qu'il comprends et que c'est entièrement sa faute. Il ne savait pas gérer sa vie privée et le boulot.. Bah ça j'avais un peu remarqué. Bref. J'acceptais ça et ne lui répondais rien. Je ne voulais en aucun cas remuer le couteau dans la plaie même si d'un autre côté j'avais presque envie d'être dure avec lui. De lui faire comprendre ce que je ressentais même s'il s'en doutait déjà un peu. Je lui en voulais. Mais je ne mesurais pas à quel point je le pouvais car je ne savais rien. J'allais peut être enfin pouvoir jauger sa part de culpabilité. Et est-ce que j'arriverais encore à le regarder comme avant ?

Je le fixais sans pour autant le dévisager et le mettre mal à l'aise alors qu'il parlait. Ce n'était pas le but. Il avait l'air de devoir vachement prendre sur lui pour me répondre. Je me taisais et buvais ses paroles. Oui, il omettait certainement des choses. Des morts. Molesté. Il évoquait carrément une "guerre". Et je pouvais comprendre. Dans une guerre, les victimes sont toujours les civils... Moi. Une autre fille. Qu'est-ce qu'on lui avait fait ? Je me souvenais soudain des paroles du type qui m'avait agressé.

"Molesté ? Ils ont dit qu'ils allaient faire la même chose à Juliette si vous arrétiez pas de... Les poursuivre ?"

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MessageSujet: Re: Dream is collapsing [Livre I - Terminé]   Mer 24 Sep - 21:10

Voilà, j'avais dit l'essentiel. Ce qu'il fallait savoir pour comprendre toute la raison, l'explication approfondie, de pourquoi nous étions ici. Nous étions ici parce que j'avais fait une erreur, avec mes collègues. Une erreur, simple et humaine. Mais qui a des conséquences. L'erreur entraîne une autre erreur, puis une autre, et encore une autre. Ce qui est au départ un simple murmure devient grand chaos et il n'est plus possible de faire machine arrière ; tout le monde a ou entendu ou se doute du fait que vous êtes le fautif de ce chambardement. C'était une image bien sûr, mais qui reflétait assez bien ma situation professionnelle et personnelle depuis quelques années. A chaque fois, je devais mentir à nouveau pour éviter de me retrouver pris au piège par mon premier mensonge. Tout était fait pour que finalement, je n'en sorte jamais. Je note que ma fille ne répond rien. Elle n'a pas envie ni besoin que je me cache derrière des faux semblants, et elle sait très bien de quels manquements son père s'est rendu coupable. Intelligente, elle n'a en aucun cas besoin de moi pour reconnaître mes fautes ; elle les connaît mieux que moi même. C'est ce qui est aussi déprimant dans toute cette histoire. Bref. Il faut avancer, se retourner c'est mourir. Dans ce nouveau monde, les choses sont aussi simples que ça. Je ne pouvais plus rien faire aujourd'hui pour soulager ma culpabilité d'avoir mis ma fille, ma compagne et son fils en danger, sinon faire en sorte qu'ils parviennent à survivre à toutes ces épreuves, peu importe le coût. J'hoche la tête aux paroles de ma fille.


| Ils l'ont trouvée, la fille à Boidin. Ils l'ont attendue à la sortie de l'école, l'ont kidnappée. Elle a été emmenée dans le garage d'un des fautifs, a été attachée et violée pendant deux jours. Je te passe les détails, mais ils n'en sont pas restés là. Boidin est devenu fou, et nous n'avions aucune preuve pour intervenir. Alors nous avons agi. |


Je disais cela en fuyant le regard de ma fille.


| Plusieurs des leurs ont été tués hors procédure, et ils ont répliqué. Ils ont jamais su où nous habitions, sauf juste avant que l'on parte. Quelqu'un a dû nous donner. Pas quelqu'un de la bac, mais qui ? |


Je soupirais.


| Je crois que l'on ne le saura jamais, maintenant. Je suis désolé, ma petite. Je suis tellement désolé. |


J'inspirais profondément pour éviter que les tremblements de ma voix soient plus audibles encore.

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MessageSujet: Re: Dream is collapsing [Livre I - Terminé]   Sam 27 Sep - 17:00

Peut être aurait-ce été mieux de garder le silence. Je ne savais plus quoi penser, je ne savais plus comment me positionner. Tout ce qu'il me disait me noyait encore plus, alors qu'au contraire, tout était censé s'éclaircir. Je revoyais ce qu'il m'étais arrivé, je le revivais différemment, essayant de comprendre le pourquoi du comment, d'être autre chose que la simple victime que j'ai toujours été depuis ce jour. C'était compliqué. Tout était flou. Je ne savais plus où je devais replacer mon père dans cette histoire, où je devais me placer, moi. Ce qu'il avait vraiment fait, ce qu'il continuait à me cacher. Sans vraiment mentir, mais un mensonge par omission, c'est presque pire. Il me confiait la vérité mais il passait des détails sous silence, et peut être que si... peut être que si j'avais toutes les clés en main ce serait encore différent. J'étais quand même rassuré, d'un autre côté. Un peu. Ca aurait... Ca aurait pu être pire. Même si certaines de mes suppositions les moins plaisantes avaient été confirmées. Il avait bien tué, hors procédure. Mon père n'avait pas que du sang de Zack sur les mains. Mais ce n'était pas vraiment du sang d'innocent. C'était déjà ça. Je devais bien trouver quelques points positifs, des bouées de sauvetages pour ne pas sombrer définitivement. Je ne le devais pas. Savoir la vérité devait m'y aider. Devait. Ce n'était pas facile, pas du tout. Mon père m'aimait, il me protègerait contre tout, j'avais confiance en lui mais... depuis la grande panique, j'avais l'impression de découvrir un autre homme. Encore plus dur. Et puis je me rendais compte qu'il avait peut être toujours été ainsi, avec son boulot. Les emmerdes que ça avait entrainé, qui s'étaient répercuté sur la fille de son collègue, sur moi, sur nous. Tout n'était qu'un cercle vicieux sans fin. La mafia et tous les trucs dans le genre, c'est du passé mais maintenant on a des zombies. Et on est pas chez nous. Personne parle notre langue. Il y a t'il une chose pire que l'autre je n'en sais rien, je ne le pense pas, et je m'en fiche. Ca ne nous fera pas avancer, pleurer sur nos sorts ne m'aidera pas à être plus forte.

Je ne peux m'empêcher de lui demander des précisions sur la fille de son collègue. C'était forcément elle dont avait parlé le type. J'en frissonnais encore. Il fallait que je sache, même si j'avais des éléments de réponse je voulais tout entendre de sa bouche. J'en avais besoin. Violée pendant deux jours. Comment étais-je censée réagir ? Je passais mes mains sur mon visage. Ca aurait pu être moi. J'avais eu de la chance en fin de compte. Mais ça aurait pu être moi. Je comprenais mieux le terme de guerre qu'il avait employé un peu plus tôt. Chaque camp répliquait aux frappes de l'autre, et même ceux du côté de la loi n'y prêtaient plus attention. Je sentais sa voix tressaillir, alors qu'il détournait le regard. Je ne savais pas quoi répondre. Il avait il seulement quelque chose à dire, quelque chose à ajouter ? Je n'en avais aucune idée. J'ouvrais la bouche. La refermais. Que dire ? Aucun mot ne me venait. Rien. Le silence me gène encore plus.

« Je... »

N'ai pas de mot. Pour exprimer ce que je ressens. Je n'en n'ai même pas envie. Il doit bien se douter de l'état dans lequel je suis. C'est étrange, vraiment étrange. Je lâche dans un soupir, à moi même :

« Ca aurait pu être moi... »

Il fallait que je fasse quelque chose. Il était désolé, je m'en fichais un peu. Ca ne changeait rien, ça n'excusait rien même s'il n'était pas vraiment coupable. Ca ne rendait en aucun cas la vérité moins pénible. Je reprenais la cuillère et me remis à manger, fuyant son regard. Pourquoi moi ?

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MessageSujet: Re: Dream is collapsing [Livre I - Terminé]   Sam 27 Sep - 19:03

Balancer à ma fille une partie des pires crasses jamais faites dans ma vie n'était vraiment pas quelque chose de facile, vous pouvez me croire. Cela m'arrachait des mètres et des mètres d'entrailles, et je ne pouvais rien faire pour ma respectabilité et mon honneur, définitivement enterrés. C'est con, parce que j'avais rudement tenu à l'un comme à l'autre. Comme quoi, parfois, il est impossible de rester honnête homme. Je me rappelais toujours ce qu'avait dit un jour un juge parisien venu visiter nos locaux. Il est plus facile d'être le héros qu'un honnête homme, car héros on peut l'être un jour, honnête homme il faut le rester en toutes circonstances. Mes collègues et moi même avions été parfois dépeints en héros par la presse, ou par les rumeurs interservices. Parce que nous avions arrêté du monde, et pas du joli. Travailler à la bac sans jamais faire les journaux ni être pris dans des fusillades, c'est être un peu jean foutre. Bref. J'vais été un héros, mais je n'étais plus depuis longtemps un honnête homme. Peut être l'avais je toujours été aux yeux de ma fille, mais c'était maintenant révolu. J'avais sacrifié cela sur l'autel de la vérité, et franchement, je pensais bien que je n'allais pas tarder à le regretter. Déjà que la pauvre petite avait perdu toute illusion sur sa mère, alors si en plus je lui retirais la bonne image de son père... Chloé se mettait à douter, je le voais bien. Elle me regardait comme si j'étais devenu un étranger pour elle. Je me sens coupable pourtant, de lui faire part de telles horreurs. Ce n'est pas comme si elle n'en découvrirait pas bientôt plus encore... Mais quand même. Cela ne me fait pas rien. Elle n'arrive même plus à parler, elle est choquée je le sens bien. Et elle lâche, cruelle pour elle comme pour moi, qu'elle aurait pu être victime de ces gens. Enfin, disons qu'elle aurait pu être plus touchée encore. Je me sentais vraiment plus bas que terre. Je pose ma main sur la sienne.


| Chloé, je peux te promettre que je ne laisserais plus jamais la moindre faille, je ne laisserais plus jamais personne te toucher. Je te le promets. |


Je me relève, j'en ai trop dit, et j'ai trop honte. Je n'ai plus faim. Il faut que je laisse le temps à ma petite d'encaisser. Il faut aussi que j'encaisse ma part de responsabilité.


| Je... Je vais te laisser. L'important, c'est que maintenant tu comprends que ce n'était pas le genre de choses faciles à te dire. A vous dire. Juliette ne me le pardonnera pas plus. Je suis désolé, Chloé, de ne pas pouvoir t'offrir un père à ta mesure.Mais je ferais tout pour l'être. |


Je tourne les talons, et j'essaie de voir si Juliette dort encore ou si elle est réveillée, ce qui me permettrait peut être de prendre quelques heures de sommeil...

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