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« Besoin d’émancipation » [Livre I - Terminé]
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MessageSujet: Re: « Besoin d’émancipation » [Livre I - Terminé]   Mer 15 Oct - 21:47

Baffe évitée, et en plus ma partenaire semble s’exécuter sans faire trop de manières, enfin presque... elle me gratifie d'un :

« D'accord, mais que ça ne te donne pas d’idée, Robinson »

Alors c'est comme ça qu'elle me voit ?, un anglais naufragé à la libido exacerbée par des semaines d’abstinence forcée ?, la jeune femme est charmante c'est un fait, mais franchement après deux cervelles de zombie sauce tartare qui ont volées devant moi je n'ai pas le cœur à la bagatelle, encore moins à lui compter fleurette, et puis Joan est encore trop présente dans ma tête pour que je puisse me laisser distraire par la première gamine venue.
De plus, la vue de son dos ne me donne pas tout envie de me lancer dans une séance de gymnastique acrobatique en tandem, la chair mutilée ainsi que le sang mêlé à la terre ne m'ont jamais fait fantasmer.
En regardant son dos il me revint une anecdote amusante... non, rien à voir avec une anecdote grivoise, cela me rappelle la fois ou j'ai rencontré pour la première fois les parents de Joan.
Nous nous rendions chez eux par le Metro et je m’étais lamentablement affalé de tout mon long dans les escaliers. Rien de cassé, rien au visage, légèrement contusionné et une déchirure sur mon jean au niveau du tibia... l'allure restée présentable et de toute manière nous n'avions pas le temps de vérifier si je m’étais réellement blessé ou non.
Ce n'est qu'arrivé chez mes futurs beaux parents, ayant prétexté d'aller me laver les mains dans la sale de bain, que j'ai pu constater que j'avais un trou dans la jambe, une belle plaie qui suintée gentiment depuis plusieurs heures.
Bien que je savais pertinemment ce que je risquais, je ne me rendis chez le médecin que deux jours plus tard, après avoir tenté par moi même de me soigner et de nettoyer ma plaie tout seul. Ce dernier ne manqua pas de me faire remarquer que la plaie était non seulement infectée, mais insuturable car la cicatrisation avait avait déjà commencée, il me tança vertement en me rappelant tout ce que je risquais... et me renvoya chez moi avec des antibiotiques.
Je laissais donc échapper un petit rire nostalgique, à la vue de ce qui me rappelait aujourd'hui à la fois un moment douloureux mais aussi de bon moments avec Joan, mon rire s’arrêta rapidement lorsque je pris conscience que c’était plutôt malvenu vis à vis de Morgane et surtout que je ne pouvais lui garantir que le Doc de notre groupe possédait des antibiotiques.
La blessure se située dans le bas du dos dans l'alignement de la colonne vertébrale, en oblique, elle faisait entre 5 et 8cm de long approximativement, un peu plus profonde sur la gauche, on pouvait supposer la présence d'un léger épanchement interne vue la couleur violacée autour de la plaie et son aspect enflée, il fallait qu'elle se fasse recoudre... rien de dramatique si on désinfectait à temps et qu'on refermait vite, sinon cela deviendrait un nid de microbes et dans peu de temps :

« C'est pas catastrophique, tu dois avoir un petit épanchement interne qui fait masse, à l'origine des douleurs qui t’empêche de te déplacer correctement ça devrait se résorber sans trop de désagrément du moins je l’espère, ça saigne encore un peu je vais nettoyer au mieux avec de l'eau et  faire un pansement de fortune, par contre fais toi déjà à l’idée que le Doc devra s'occuper de toi, faut que tu te fasses désinfecter et recoudre rapidement, au moins un ou deux points sur la gauche de la blessure, à moins qu'il n'ait des stéri-strip... mais bon n'y compte pas trop, tu vas devoir garder le camp le temps de s'assurer que tu ne fasses pas de fièvre, du moins cela serait plus prudent »

Je procédais donc au nettoyage de la plaie, retirant la terre et les morceaux de brindilles collés à sa peau, j'essayais de ne pas la faire souffrir mais je devais m'assurer de ne rien laisser dans et autour de la partie la plus profonde de la blessure.
La zone semblait désormais propre, à première vue bien sur, il était évident qu'elle devait être bourrée de bactéries entrain de croître allègrement et qu'il fallait rentrer au camp au plus vite.
Maintenant au tour du pansement, comment lui fixer quoi que se soit dans le dos sans le moindre adhésif cutané ?, de plus il me fallait un tissu propre, je n'allais pas lui demander de se déchirer une partie de son vêtement, elle me prendrait pour un pervers, il ne me restait plus qu'une seule solution :

« Scriitch !!...»

« Bon j'ai un petit soucis, ta plaie est propre, ça c'est la bonne nouvelle, la mauvaise c'est qu'il faut placer un pansement dessus pour stopper le saignement même si ce dernier a bien ralentit, or comme tu le vois je manque cruellement de matériel, alors... » je lui tendis un nouveau morceau de tissus à carreau dont le motif devait lui être familier « Jette celui que je t'ai donné toute l'heure il doit être souillé, applique celui ci sur ta plaie, maintient le comme tu le peux et rentrons »

Je me redressais, récupérais le sac à dos que je lui avais confié et me mis en marche tout en retroussant ma seconde manche de chemise déchirée, supposant qu'elle s'en apercevrait assez vite, voir qu'elle avait déjà fait le rapprochement, je précédais le sarcasme attendu en lui disant :

« Oui je sais, mais il fait chaud et l’été c'est la mode des chemises à manche courte » je poursuivais avec une note ironique « Évite de te blesser de nouveau si tu le peux, à force de se déchirer ses vêtements pour t'en faire des pansements, Robinson va vraiment finir en pagne »...
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MessageSujet: Re: « Besoin d’émancipation » [Livre I - Terminé]   Ven 17 Oct - 16:49

Je n'en disais pas plus, mais j'instillais deux choses chez Fergusson. La première, était que je ne me laissais pas toucher si facilement, sans rester prudente et méfiante. C'était important à tous points de vue, et comme ça je n'aurais probablement pas à revenir dessus. S'il constatait que je le laissais lui me toucher mais pas d'autres... Peut être que cela servirait mes desseins. D'un autre côté, ce que je disais impliquais que je ne faisais pas confiance au toubib. J'avais toujours pensé qu'un minimum de dissensions était bon pour la dynamique d'un groupe. Cela entraîne la concurrence, et aussi pas mal de raisons à faire mieux que les autres. Et puis, si cela pouvait ranger Fergusson de mon côté si les choses devaient tourner mal... J'y allais cependant par petites touches. Je n'avais aucune envie ni aucun intérêt de jouer les allumeuses. J'estimais que vue la tronche de Fergusson et les connaissances qu'il avait... Qu'il n'était pas un simple redneck de Pennsylvanie arrivé ici par hasard. Il avait dû beaucoup souffrir pour venir jusqu'ici. Dans ce film crétin où les survivants n'ont peur de rien, on disait pourtant quelque chose de très juste. A Zombieland, nous sommes tous des orphelins. Et j'imaginais assez bien que ce n'était pas sa mère qu'il avait perdu. Ou pas seulement. Mais voilà, comme je le disais, je n'agissais que par petites touches, je n'allais pas commencer à en faire trop, ou à le forcer à me révéler son passé. Les liens les plus utiles se créent dans la longueur. Je fronçais les sourcils et me retournais quand j'entendais un rire, derrière moi.


| Tu peux m'expliquer ce qui te fais autant marrer? |


Si c'était moi, j'allais très mal le prendre. Je le prenais mal, déjà. Il se met à m'expliquer ce que j'ai, avec encore tout plein de mots intelligents qui semblent aller dans le sens de ce que je suspecte. Même que très rapidement, je ne comprenais plus rien à ce qu'il me disait. Je grinçais des dents au constat, et je lâchais quelque chose que je gardais pour moi sous le coup de l'impatience et de la colère qu'une telle blessure engendrait chez moi.


| De la fièvre, j'en ai déjà. Je crois que j'ai chopé la crève, je me sens pas bien depuis ce matin. |


Et voilà, j'en ai trop dit. Je croisais les doigts pour que le type ne m'imagine pas infectée, et ne relance pas ma peur de l'être. Après tout, on ne savait pas encore très bien comment cette saloperie se transmettait, pas vrai ? Peut être que dans le bordel des cellules du CPD j'avais été exposée au virus, même de manière infime... Tellement infime que cela avait mis tout ce temps à se développer ? Je repoussais ces pensées. Cela ne m'avancerait à rien, et j'étais décidée à survivre envers et contre tout. Je grimace quand il me touche pour nettoyer la plaie ; tout plutôt que de faire preuve du moindre signe de faiblesse, alors je me contente de me crisper et de me mordre la lèvre. J'entends finalement un bruit de déchirure, et alors qu'il me parle, je me retourne, je lui fait face, maintenant toujours mon haut jusqu'au niveau de mon sternum. Je constate qu'il me donne un morceau de tissu pour coller contre ma plaie... Venant de sa propre chemise. Je m'exécutais et jetais le tissu précédent, pour maintenir dans mon dos le pansement improvisé, laissant retomber mon haut sur mon corps. Nous reprenons la route, mais alors que je m'apprête à le tancer à nouveau, il prend les devants. Dans le même temps, j'éprouve quelques difficultés à avancer, une main plaquée contre le bas de mon dos...


| Ce serait vraiment dommage... | lançais je, ironique.


Je gardais le silence un moment.


| Quoiqu'il en soit, merci. Tu as buté deux contaminés, dont un qui aurait pu avoir ma peau directement. Et tu m'as soigné. T'étais pas obligé. |


Moi par exemple, je l'aurais probablement pas fait... Mais mes remerciements faisaient partie du plan.
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MessageSujet: Re: « Besoin d’émancipation » [Livre I - Terminé]   Ven 17 Oct - 21:05

« L'ironie n'est souvent qu'une pudeur de la tendresse » disait Étienne Rey dans la préface du livre « De l'amour » de Stendhal, en pensant à Joan il me revint à l'esprit cette phrase, elle aimait beaucoup lire, elle citait souvent les auteurs et savait toujours adapter la bonne citation à la bonne situation, aujourd’hui nous avions eu notre lot d'émotions, la tendresse n'en faisait pas partie mais l'ironie avait eu la part belle.

« Ce serait vraiment dommage... »

Elle ne baissait pas sa garde, et maintenait sa ligne de conduite sans sourciller : Sure d'elle, froide et déterminée. Je ne pouvait refouler de mon esprit une multitude de petites questions qui me taraudaient depuis quelques heures : Pendant combien de temps encore allait elle retenir ses émotions ?, il faudrait bien tôt ou tard qu'elle retire son armure et qu'elle se livre, le ferait elle auprès de moi ? Est ce que ce qu'on a vécue ce jour là à compté pour elle ? Est ce que cela a compté pour moi ? Nous faisons nous confiance désormais ?...
Je n'avais de réponse à aucune de mes questions, d'habitude lorsque je rencontrais quelqu'un, du moins dans ma vie d'avant, c’était autour d'un verre dans un cocktail, dans un bar devant un café ou dans les couloirs de Columbia, mais jamais après avoir risqué de me faire dévorer. Comment calquer nos anciens codes à la vie que nous allions devoir mener à présent ? Peut être que nous devrions simplement nous en inventer de nouveaux, Morgane me donna un élément de réponse :

« Quoiqu'il en soit, merci. Tu as buté deux contaminés, dont un qui aurait pu avoir ma peau directement. Et tu m'as soigné. T’étais pas obligé. »

Des remerciements donc, surprenant de sa part, commencerait elle à se découvrir ?, en ce qui me concerne je n'en exigeais pas. Certes je n'avais rien contre un peu de gratitude mais au vue des circonstances les tours de jambes n’étaient pas ma préoccupation première.
Le tact dont elle faisait nouvellement preuve, pouvait signifier plusieurs choses : une manœuvre de rapprochement tactique, une volonté de créer un début d'amitié, ou encore un simple merci.
Comment tirer le vrai du faux ? Scientifique et méfiant je me prenais souvent au piège de l'analyse systématique de chaque situations et en cherchais leurs conséquences logiques au prix de longs moments de réflexions.
En tout les cas je pense que j'avais partiellement raison, les codes de société ne seraient plus les mêmes entre individus, la méfiance prédominerait encore plus qu'avant dans les rapports humains , un merci ne vaudrait plus un merci, un coup de main ne serait plus forcément gratuit, tout cela me sembla très déstabilisant, il faudrait s'adapter, s'adapter ou disparaître, j’étais un fervent adepte de Darwin, une nouvelle fois sa théorie se vérifiait.

Notre progression se faisait lentement,  le camp n’était pas à des heures et des heures de marche mais Morgane peinait à avancer, je lui aurais volontiers proposé mon aide ,en tout cas selon les codes de mon ancienne vie, mais maintenant comment savoir si cela serait bien perçu ou non ? Et puis je connaissais suffisamment l'animal pour savoir qu'elle n’était pas du genre à se faire dorloter, elle risquait fort de prendre cela pour un constat de faiblesse..., une idée me vint alors, à bien y réfléchir, sa réaction pourrait me surprendre et m'apporter probablement un nouvel élément de réponse, essayons, je lui tendis alors mon bras...

« Appuie toi si tu veux, je ne répéterais à personne que tu as accepté mon aide » lui dis je le sourire en coin, jouant encore de l'ironie, j’enchaînais de suite « Et ne me sers pas une nouvelle fois ton couplet sur les risques que je prendrais à m'habituer à notre promiscuité, c'est un peu vexant à force,  c'est véritablement mon aide que je te propose pas un rencard».

Observons sa réaction, allait elle accepter ?, m'envoyer balader ?, m'envoyer balader mais accepter tout de même ?, qu'importe l'option qu'elle choisirait, sa réponse serait riche d'enseignements pour mon expérience sociologique...


Dernière édition par Sean Fergusson le Sam 25 Oct - 2:26, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: « Besoin d’émancipation » [Livre I - Terminé]   Jeu 23 Oct - 15:19

Bon d'accord ; le type près de moi avait la tronche d'un ours mal léché. Mais il pouvait être utile. Au delà de ça, je trouvais pas mal d'avantages à essayer de tisser des liens avec un individu pareil. La clé de la survie, c'est le groupe. Je dirais même que j'étais convaincue que la force que l'on retirait d'un groupe venait aussi bien de sa cohérence d'ensemble comme des compétences de chacun, mais pas seulement. Je restais persuadée que les personnes les plus à même de survivre dans ce genre d'apocalypse étaient celles qui savaient choisir le groupe de survivants à rejoindre... Mais aussi celles qui étaient capables de comprendre à quel moment en partir. Bref. Tout ça pour dire que j'en suis encore à me chercher des compagnons, des alliés dans cette survie qui se profile. Je continue de marcher, mettant un pas devant l'autre avec bien plus de difficulté que d'habitude. Il semble clair que l'on est en train de s'épuiser, et moi bien plus encore alors que je suis blessée au dos. M'y maintenir un semblant de compresse m'empêchait d'user naturellement de mes bras comme de moyens de garder mon équilibre. Ca m'épuisait plus rapidement qu'une marche ordinaire. Un peu comme ces gens au cinéma, saucissonnés comme pas possible après avoir subi moult tortures de leurs tortionnaires, qui s'échappent les mains ou les bras liés. Souvent, on dit d'eux qu'ils n'iront pas loin... Je savais qu'en cas de pépin, je pouvais compter sur l'aide de Fergusson, même si la lui demander allait me coûter.


Je me rends compte que mes remerciements étonnent un peu Robinson. Il sait très bien, il l'a compris depuis un moment, que je suis pas trop du genre à admettre mes erreurs. Il comprendra peut être un jour aussi, si je me loupe, que je peux très bien les admettre si j'ai un intérêt à le faire, un objectif. Il ne répond pas, en tous cas pas dans l'immédiat. Le type continue de faire le mâle, et marche, encore et encore. Je commence à avoir un peu de mal à le suivre ; il faut dire que je me sens éreintée. De plus en plus, Fergusson montre des signes qu'il a compris la situation, mais il a la retenue de ne pas venir m'emmerder sur mon terrain. Il est visiblement prêt à prendre sur lui pour m'éviter de me couvrir de honte en lui demandant de me porter, ce qui serait en plus très douloureux, voire carrément impossible. Ma blessure se situe là où l'on supporte en général le poids d'un être humain que l'on porte. Finalement, n'y tenant plus, Sean me propose son aide. Je pèse le pour et le contre, bien tentée par la facilité et l'économie de mes forces mais frustrée que ma faiblesse temporaire se voit autant. Je ne savais pas non plus si c'était une bonne ou une mauvaise chose qu'il précise qu'il n'était pas intéressé par moi.



| Hmmm... D'accord. Juste là, t'as su te conduire en gentleman. Normal, pour un mec de ton âge. |


Je m'approche de lui, passe mon bras libre par dessus des épaules pour m'appuyer sur lui, espérant qu'il me soutienne autrement qu'en pensant naturellement à poser sa main dans mon dos.


| Si tu ne me proposes pas un rencard, j'imagine que c'est parce que tu as déjà quelqu'un, Robinson ? Si tu me dis qu'elle s'appelle Vendredi... |


Fan de ma blague, et prête à avancer sur la question. Bien sûr que je m'attendais à la réponse qu'il allait sans doute me donner. Je posais ma question à dessein.
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MessageSujet: Re: « Besoin d’émancipation » [Livre I - Terminé]   Sam 25 Oct - 15:27

Morgane pris quelques secondes de réflexion, puis elle me répondit avec toute l'assurance dont elle pouvait faire preuve, assurance qui forçait une nouvelle fois mon admiration au jugé des circonstances et de la souffrance qu'elle devait endurer :

« Hmmm... D'accord, jusque là, t'as su te conduire en gentleman. Normal, pour un mec de ton âge »

Prend ça Sean, c'est cadeau... autant me traiter de grabataire, un mec de ton âge... je ne l'avais pas senti venir celle là.
Visiblement elle accepte mon aide et passe son bras au-dessus de mes épaules. Ah ?!.. mais elle n'a pas fini, il lui reste encore une cartouche, ne baisse pas ta garde Sean la seconde salve arrive :

« Si tu ne me proposes pas un rencard, j'imagine que c'est parce-que tu as déjà quelqu'un, Robinson ? Si tu me dis qu'elle s'appelle Vendredi... »

Voila l'estocade finale... je ne pu retenir un regard noir dans sa direction, avant de soupirer longuement et laisser échapper un rire d’exaspération. Je me sentis soudain comme un scientifique à qui son expérience lui explose à la figure, je l'ai cherchée je l'ai trouvée. Le fait qu'elle me charrie sur mon âge, passe encore, son sous entendu sur ma relation de couple fait directement écho à Joan et cela me dérange déjà beaucoup plus... enfin j'ai eu ma réponse, risquons nous à une analyse.

Tout d'abord on peut constater qu'elle ne m'a pas répondu de-suite, du tac au tac, elle ne s'est donc pas laissée diriger par ses émotions, elle a même pris le temps de faire un trait d'humour sur mon âge avant de me relancer sur le thème de Robinson. Une chose me paraît intéressante dans son propos, le sarcasme est suivi d'un : Si tu ne me proposes pas un rencard, j'imagine que c'est parce-que tu as déjà quelqu'un, Robinson...
Réaction étrange, elle ne cesse de me surprendre, réagirait elle comme une amante éconduite ? Ne peut elle pas imaginer qu'elle n'est simplement pas à mon goût ? Est elle vraiment vexée ? ... ou alors, et c'est à mon avis l'option la plus probable, n'essaye t-elle pas de feindre une vexation afin d'en apprendre plus sur ma vie ?

En tout cas une chose est sure, ce n'est en aucune manière une volonté de créer une réelle amitié ou de me montrer une véritable marque de reconnaissance, sa réaction est trop téléguidée, elle a une idée derrière la tête, à première vue je dirais qu'elle joue placé. Je veux dire par là qu'elle installe un « entre nous », une ambiance qui nous est propre, on se sauve la vie, on ironise, on se chamaille et maintenant on essaye d'obtenir des confidences.
Bref elle essaye de survivre, elle se positionne vis à vis de moi et donc vis à vis du groupe, et la confiance ou l’intérêt qu'elle porte à ma personne n'est probablement dû qu'a son état de faiblesse passager. Étais-je déçu ? Non... c'est parfaitement normal finalement, elle ne connaît rien de moi, elle sait juste que j'ai tué deux zombies, et qu'à choisir autant être du bon coté de la machette, son rapprochement vers moi n'est certainement motivé que par ce sentiment, moralité serait elle une manipulatrice ?... je n'en sais rien, je suis méfiant de nature c'est un fait et pourtant c'est une possibilité que je ne peux exclure. Conclusion, je ne peux lui faire confiance que dans la mesure ou son sort est lié au sien.

A bien y réfléchir, on ne peut pas dire non plus que j'ai une confiance aveugle en notre groupe, bien qu'une partie de ma personne ait besoin de créer de nouveaux liens sociaux, une autre partie me commande de rester sur mes gardes et de penser à moi avant de penser aux autres, si nous restons ensemble c'est précisément parce-qu’il est plus facile d'affronter les dangers à plusieurs que seul, aucunement parce-que nous tenons les uns aux autres... Merde mon réalisme va me faire devenir parano, il faut que je garde la tête froide.

Bon trêve d'analyse, maintenant il faut que je lui réponde, elle essaye de me jauger, donnons lui ce qu'elle attend, restons dans le même registre, mais passons à la vitesse supérieure :

« Tu ne doutes de rien dis moi, d’où te viens cette manie de toujours ramener tes relations avec les hommes au sexe ? Ça te surprend tant que ça que je ne tente rien ? On ne t'a jamais dis non ? Ou alors tu n'as peut être jamais croisé que des animaux dans ta vie, auquel cas je te plains de tout mon cœur. Sache pour ta gouverne que ce n'est pas mon cas, actuellement je suis focalisé sur notre retour au camp pas sur une quelconque pulsion hormonale, ne le prend pas mal, je ne doute pas que les charmes de ta jeunesse soient sûrement tes armes les plus efficaces, ça et ton coup droit du pied de biche » lui dis je pour finir sur une note plus légère avant de reprendre sur un ton plus sérieux « Sinon il n'y a pas de Vendredi, il n'y a plus personne, il y avait ma femme Joan, elle est et restera la seule femme de ma vie, je lui ai fait une promesse et je la tiendrais, elle n'est pas un sujet que j'aime aborder » je laissais  un blanc avant de poursuivre « Enfin, c'est cocasse que tu fasses allusion à Vendredi, savais tu que les aventures de Robinson et de l’indigène étaient directement tirées d'un journal racontant la vie d'un véritable naufragé? Il existe plusieurs versions de cette histoire, dans celle du français Michel Fournier les deux personnages deviennent ami et sais tu comment ? En se sauvant la vie mutuellement et successivement... peut être que je devrais donc t’appeler Vendredi, après tout il y a des points de concordances et nous sommes un peu comme des naufragés perdus plus ou moins loin de nos vies respectives, tu ne trouves pas?... Cependant je te rassure nous ne sommes pas obligés de devenir ami, on peut continuer de jouer au chat et à la souris si tu le désires ».

Je n'y met pas les formes et mon long monologue risque de l'agacer, mais je veux qu'elle comprenne que je ne me laisserais ni manipuler, ni aveugler par des tours de passe-passe, elle est intelligente et elle aura certainement reçu le message, voyons maintenant si elle me le retourne en colis piégé.
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MessageSujet: Re: « Besoin d’émancipation » [Livre I - Terminé]   Mer 29 Oct - 11:02

Les choses se gâtent instantanément lorsque je parle de la vie affective de Fergusson, je le vois instantanément alors qu'il me lance un regard noir. Je sais que je touche une corde sensible, c'est l'évidence même. Mais je l'ai fait à dessein. J'ai voulu arriver à ce résultat pour la simple et bonne raison que je veux connaître beaucoup plus mon compagnon du jour, pour savoir à quoi m'en tenir avec lui. J'ai déjà compris qu'il était globalement un grand atout pour survivre. Plus encore, il semble totalement capable de se débrouiller seul. Si je veux continuer de bénéficier de sa protection, de son esprit d'équipe, je dois trouver un moyen de renforcer les liens. L'idée la plus simple et la plus rapide, c'est d'user de mes charmes. Mais nous sommes très différents, peut être trop. L'homme que j'ai sous les yeux, aussi hirsutes peut il m'apparaître, ne semble pas être particulièrement intéressé. Peu en importe la raison, mais si je veux jouer cette carte je comprends que je ne peux le faire qu'après un travail de longue haleine. Se raconter son histoire est un autre moyen de se créer des liens, je peux utiliser les informations ainsi récoltées. Je sais déjà que je touche à quelque chose qui l'affecte. En un regard. Finalement, il rit. Mais il n'y a absolument aucune joie dans ce rire. J'ai peut être franchi la limite sans la connaître. Je me suis peut être grillée, aussi. Tout ça pour dire que le jeu auquel je joue est dangereux. Il ne reprend pas tout de suite la parole, et j'ai un mauvais pressentiment pour la suite. J'ai peut être mal joué, trop risqué pour que ce que j'ai décidé de faire soit réellement payant.


Finalement, il répond et ce n'est pas vraiment pour me plaire. Voilà qu'il me juge, me laisse incarner la position de la fille qui ne pense qu'au sexe. C'est donc que je suis allée trop loin sur cette voie ; je ne peux plus faire machine arrière mais j'ai raté mon coup. Mais je ne peux pas non plus me laisser traiter de la sorte. Je ne peux pas le laisser faire sans me défendre, et pour le coup c'est autant une question de fierté personnelle que de stratégie. Je réplique, fronçant les sourcils.



| T'es qui, pour me juger ? Ce n'est pas parce que je plaisante là dessus ou que j'ai l'habitude de balancer des piques scabreuses que je suis une traînée, que la seule chose que j'attends c'est que tu m'arraches mes fringues et me prenne contre un arbre. Si tu ne veux pas connaître ce « coup du droit du pied de biche », je te conseille de réviser ton jugement. Une femme peut pas blaguer sur le cul, hein, c'est réservé aux hommes? |


J'étais un peu injuste, mais finalement pas si loin que ça de la vérité. Personne ne réagirait jamais, si un mec balançait des sous entendus scabreux. Au pire, on le prendrait pour un lourdaud, ou pour un frustré. Là, on me prend directement pour une allumeuse. Ce que je suis, bien sûr, mais c'est quand même injuste de le déduire directement comme ça, en se basant non pas sur ma personnalité mais sur mon sexe.


| Bien. | concluais je d'un ton ferme quand il clôturait le sujet de sa femme.


J'avais malgré tout appris quelque chose, et même les revers sont sources d'enseignement. Je n'aurais pas facilement Fergusson dans la poche, et je commençais à suspecter qu'il ne serait utile que dans une logique de groupe. Je grimaçais, à ce que je prenais pour une pâle tentative d'adoucir ce qu'il m'avait envoyé.


| Non, ça ne marcherait pas. Je ne t'ai pas sauvé la vie, et le rôle du bon sauvage ne m'intéresse pas. Et franchement, je me fiche de cette histoire. Maintenant, il n'y a plus que nous, et des contaminés dehors. On ne les apprivoisera pas, on ne fera pas d'eux de bons chrétiens. |


Je commençais à perdre patience ; j'avais mal, j'étais fatiguée, et en colère contre moi même. Il était temps qu'on rentre, cette expédition était un fiasco, si on mettait de côté les médicaments.
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MessageSujet: Re: « Besoin d’émancipation » [Livre I - Terminé]   Ven 7 Nov - 21:44

BOUM... le colis a bien explosé, je peux me vanter de l'avoir sérieusement contrariée en revanche j'ai réussi à avoir une réaction sincère de sa part et ce n'est pas une petite victoire quand on connaît un tant soit peu l'animal.
J'ai donc droit à un savon, cela me gène je dois l'avouer, non pas que ses menaces pèsent énormément sur ma conscience mais j'ai comme un arrière goût de culpabilité dans le fond de la gorge... je voulais la faire réagir pas l'offenser.
Je ne lui dirais jamais au risque de m'en prendre une, mais à ce moment là elle m'a fait de la peine.
Meurtrie dans sa chair, blessée dans son orgueil, diminuée et maintenant un grand con se permet de lui faire un analyse de psychologue  de comptoir à deux sous ?, c’était de trop, il fallait qu'elle montre les crocs.
Elle n'a pas réagit différemment d'une louve dont la patte est prise dans un piège et qui est prête à mordre la première personne qui s'approche d'elle, même si cette dernière vient lui porter secours.

Alors que faire ? Je me suis fait renvoyer dans les cordes avec Vendredi et le roman de Robinson Crusoé sous le bras avec perte et fracas, devrais-je lui faire de nouveaux remarquer que son passage sur les « piques scabreuses » témoigne manifestement que je n'avais pas taper bien loin de la cible ? Non sûrement pas.
Je vais plutôt apaiser la situation, elle voulait essayer d'en apprendre plus sur moi et moi je voulais savoir à qui j'avais à faire... on peut dire que pour l'un comme pour l'autre nous avons partiellement réussi notre coup.

Je peux dire sans trop me tromper qu'elle n'est pas mauvaise, peut être un peu manipulatrice mais après tout pour survivre seule comme elle a dû le faire, il faut bien ruser et utiliser toutes ses armes y compris les ficelles de la séduction.
Pourquoi puis je dire qu'elle n'est pas mauvaise ? Je vous le dis plus haut, sa réaction était sincère, elle n'a pas tergiversé, elle n'a pas minaudé, elle n'a pas essayé de rentrer dans mon jeu en me baratinant une histoire sur une enfance difficile accompagnée de violences diverses qui l'auraient conduite à adopter une attitude rebelle et séductrice... Non rien de tout cela, juste la manifestation de son amour propre mis à mal.
Je respectais, dans un premier temps un interlude de silence légitime, elle y avait droit après tout, et puis il ne fallait pas oublier que nous n'étions pas encore à l’abri alors autant avancer et attendre patiemment que le moment propice se présente pour tenter de relancer la conversation.
Au détour d'un bosquet alors que le terrain se faisait un peu plus accidenté je dû la soutenir un peu plus fort afin de lui faire passer un arbre couché au sol qui nous barré le chemin, nos regards se croisèrent... c’était peut être le bon moment de lui parler.

« Je te suis reconnaissant » lui dis-je en marquant une courte pause « Non pas pour ne pas m'avoir cassé la gueule, mais pour ta franchise, tu m'as clairement envoyé dans les cordes et je l'ai mérité, je n'essaye pas de me racheter en te disant cela je voulais juste te dire que je te respecte pour ta droiture de caractère... j'ai eu peur d'avoir à faire à une manipulatrice, au final tu ne l'es pas plus que n'importe qui d'autre qui doit survivre seul. Moi... je ne sais plus vraiment qui je suis depuis tout ce qui s'est passé, j’étais professeur de biologie cellulaire à l'université de Colombus, il y a deux mois je dessinais des structures cellulaires sur un tableau... aujourd’hui je fracasse des cranes à coup de machette, je comprendrais que tu me tiennes rigueur de la maladresse avec laquelle je me suis adressé à toi, je ne me reconnais plus de toute manière » redressant la tête je reconnus le sentier que nous avions emprunté pour quitter le camp «  Nous ne sommes plus très loin, tiens bon bientôt tu n'auras plus à supporter la présence de ma sale gueule de Robinson » rajoutais je en riant.

Notre périple touchait à sa fin, Morgane avait raison notre balade était un réel fiasco, en revanche je m’étais découvert des talents insoupçonné pour faire des sushis de Zacks, cependant il faudra que je travaille mes « relations publiques », essayer de psychanalyser ses partenaires sans leur demander leurs avis pouvait être risqué, et sur ce terrain la jeune fille était bien plus douée que moi. Vous en doutez ? À votre avis qui se sentait le plus mal à l'aise désormais, elle ou moi ?....
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MessageSujet: Re: « Besoin d’émancipation » [Livre I - Terminé]   Sam 8 Nov - 15:49

Ma mauvaise humeur persistait et allait en s'accroissant au fur et à mesure que la douleur qui était la mienne devenait moins supportable. Saloperie de blessure dans le dos, saloperie d'outillage de merde qui m'avait traîné dans les pattes quand j'essayais de renvoyer ad patres cette saloperie de putréfié, et saloperie de discussion qui avait clairement tourné à mon désavantage. Fergusson eut l'air de comprendre qu'il avait fait une connerie, puisqu'il garde un silence gêné un moment. Il semblait réfléchir, encaisser ce que je venais de lui dire pour savoir quoi rétorquer. Peut être avait il cru que je ne répliquerais pas, peut être qu'il était avant tout dirigé par celui qu'il fut autrefois, ce professeur ou que sais je, cet homme qui avait l'habitude d'avoir les choses en main. Je n'en sais rien et je m'en fous, franchement j'avais d'autres chats à fouetter. Je n'avais plus vraiment l'impression de saigner des masses, mais qu'est ce que ça me lançait ! Ca me donnait une conscience aiguë de ma blessure, comme si je sentais chaque millimètre de peau et de chair à vif dans ce coin là de mon corps. C'était désagréable et ça me fatiguait beaucoup, en plus, de marcher en comprimant ma blessure avec le bandage improvisé avec la chemise de Robinson. Je marche en maudissant le monde entier pour toutes les merdes qui m'arrivent depuis ce dernier casse à Chicago, la prison et le carnage, la route, et maintenant tout ça. J'étais fatiguée. Je n'avais pas pour habitude non plus de côtoyer de parfaits inconnus. En règle générale, je ne côtoie que mes coéquipiers. Je le laisse m'aider à négocier les obstacles, mais dans un silence obstiné. Je n'avais plus vraiment envie de parler, aussi bien parce que j'avais parfaitement conscience d'être trop en colère pour que ce soit productif, mais aussi parce que je n'en avais plus vraiment envie. Finalement, nos regards se croisent et il reprend la parole.


Je le suspecte dès les premiers mots de ne parler que pour s'excuser, pour rétablir un lien avec la seule personne vivante à la ronde. Il me confie avoir eu peur de se confronter à une manipulatrice ? J'étouffe un juron. Franchement, il pense vraiment que ça va l'avancer à s'excuser de cette manière ? Je ne l'étais pas plus que quelqu'un d'autre qui... Mais il était sérieux ? Ok, j'étais ce qu'il disait et pire encore, mais ça m'énervait quand même. Et voilà qu'il me parle de son passé, avant de conclure de manière fort commode.


| Ma droiture de caractère ? Tu ne sais rien de moi, Fergusson. Peut être suis je la salope manipulatrice que tu as cru voir. Peut être suis je simplement trop fatiguée pour réfléchir correctement à quoi que ce soit. Putain, ça fait mal... Mais le fait est que sans toi, j'étais morte. Alors commences pas à me remercier, c'est moi qui t'en dois une, pas l'inverse. |


En tous cas, clairement, je perdais le contrôle que j'exerçais sur moi même...
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MessageSujet: Re: « Besoin d’émancipation » [Livre I - Terminé]   Mar 18 Nov - 1:11

L'isolement, la peur, les blessures morales, les blessures physiques, des êtres cher que l'ont a perdu... Jusqu’à quel niveau de souffrance une personne peut tenir bon et continuer à donner le change ? Combien de traumatismes faut il pour que l'ont finisse par apparaître vraiment tel que nous sommes ?
Les témoignages des survivants des camps de concentrations nous renseignent sur ce sujet,  au cœur de l'horreur l'esprit humain a deux alternatives, sombrer dans la folie ou choisir de se retrancher dans un abris à l’intérieur du quel il tentera d'assouvir son besoin irrépressible de logique et de stabilité il se réinvente alors un univers afin de trouver une explication à l'inexplicable, en psychologie on appelle ça la résilience.
Morgane et moi même n'en étions pas là, pourtant la fatigue, la peur et la souffrance avaient nettement entamés nos carapaces respectives... je sentais que ma partenaire avait changée, son costume de Calamity Jane devenait de plus en plus lourd à porter, quant à moi, mon numéro de gentleman écossais était mort et enterré depuis fort longtemps.

La jeune femme semble exaspérée et épuisée, elle me signifie clairement que je ne la connais pas et que je perd probablement mon temps à tenter de la cerner, puis elle clos sa réponse en me présentant ,à sa manière et de nouveaux, ses remerciements. Cette aventure aura crée des liens, sincères ou intéressés, mais nous ne sommes plus de simple inconnus partageant le même camp, se toisant du regard aux détours d'une tente sans oser se parler.
Il paraît que l'on se sent toujours un peu responsable des gens que l'ont sauve, je pense que c'est exactement dans cet esprit que je me trouvais, la soutenant alors que nous arpentions le sentier qui menait à notre camp. Je suis inquiet pour elle, pour sa blessure, j’espère que le Doc saura comment s'y prendre et qu'il aura de quoi la soigner correctement, je superviserais ça de loin... elle n'accepterait pas que je traîne de trop prés, elle m'enverrait faire la nounou plus loin en m’affublant de divers noms d'oiseaux, je me vois d'ici accuser de faire un transfert affectif par les autres membres du groupe, ou pire par elle... j'aurais l'air fin après tout ce que je lui ai dis.

Nous ne sommes plus très loin, encore quelques minutes et je pense que nous apercevrons notre clairière. Ni Ludo ni les autres ne doivent s'attendre à nous voir revenir si vite et dans cet état, je ne me sent pas beaucoup plus prêt à recevoir une avalanche de sermons que tout à l'heure, putain pourvu qu'il ne soit pas rentré avec Dean... Morgane a besoin de soins et moi de m'allonger, pas longtemps 30 min suffiront, j'aurais besoin d'un whisky aussi et d'un bon cigare... là par contre je peux oublier.
Au fait combien de temps sommes nous parti, à vu de nez je dirais trois heures maximum... peut être moins, je ne sais plus... je ne me souvenais plus que ce sentier était si long, il faut dire que la dernière fois que nous l'avions emprunté nous étions plus alerte... Ah ! .. enfin, je reconnais les couleurs d'une des tentes à travers les buissons, nous y sommes.

Je stoppe alors mon pas et me tourne vers Morgane, la douleur a crispé ses traits, elle a beau être fière et forte elle ne peut s’empêcher sa souffrance de la trahir, j'imagine que la dernière chose qu'elle souhaite c'est de passer pour une faible aux yeux des autres, cela lui serait extrêmement pénible, ça l'a probablement déjà était suffisamment devant moi, j'ai une idée... il faudra cependant qu'elle accepte.
Je sent qu'elle s'impatiente, elle redresse alors sa tête vers moi et me regarde attendant de voir ce que je vais faire, j'en profite pour lui tendre la perche:

« Je me doute que tu souffres le martyre, mais peut être souhaiterais tu faire les derniers pas toute seule... les autres verraient juste que tu es blessée sans en réaliser la gravité, la tente du Doc n’étant pas très loin tu t’éviterais la compassion dégoulinante du camp tout entier. Du reste nous ne sommes pas obligé de tout raconter dans les détails, on peut arranger ce qui c'est passé à notre sauce, franchement cela nous éviterait des prises de tête » comme il est de mise entre nous je ne peux réprimer en moi l'envie de finir sur une plaisanterie «  Je peux aussi te porter, nous pénétrerions sourire aux lèvres  dans le camp, genre nouveaux mariés, avant de se précipiter sous la tente du Doc en tout bien tout honneur cela va de soi, l'effet de surprise ça marche parfois.... bref Morgane je t'offre une porte de sortie, à toi de décider » j’esquissais un sourire attendant de voir comment la lionne allait réagir...
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MessageSujet: Re: « Besoin d’émancipation » [Livre I - Terminé]   Mer 19 Nov - 10:46

Je n'aimais pas ça. En devoir une à quelqu'un. C'était la première des chaînes dans ce genre de situations, et pas du tout la plus agréable. Il y avait comme qui dirait une couille dans le potage. Ma force vis à vis de ça, c'était que je me savais parfaitement capable de laisser miroiter ce renvoi d’ascenseur à la personne concernée, mais sans jamais le rendre effectif. Il fallait pas abuser non plus. Je ne me mettrais jamais en danger pour des inconnus, et les seuls que j'estimais mériter de telles prises de risques de ma part n'étaient pas là, ou étaient morts depuis longtemps. Mais même si je ne comptais pas forcément honorer ce genre de dettes, cela me dérangeait. Les gens allaient commencer à attendre implicitement des choses de moi. Je n'aimais pas que l'on se repose sur ma personne, sur mes capacités. Je ne pourrais pas expliquer ça comme ça dans l'instant, mais je ne le sentais pas, et puis j'en resterais là. Je n'ai pas à me justifier, de rien. Après tout, comment réagirait Fergusson s'il savait qu'il avait sauvé une ex-taularde, qui avait buté des gens pour emporter son butin ? Vu l'homme qu'il semblait avoir été avant tout ça, sa désapprobation muette ou non serait insupportable pour moi. Je ne voulais pas m'attarder là dessus. De toute manière, on va bientôt changer de sujet puisque je reconnais l'environnement immédiat de notre camp de base. Bientôt, je n'aurais plus à jouer l'handicapée en me reposant sur un vieux aux allures de bûcheron. Finalement, alors que l'on arrive à vu du camp de base l'homme s'arrête. Je lâche une exclamation agacée. Quoi, encore ? Je le dévisage, attendant de savoir ce qu'il veut.


Et le voilà qui reparle de la douleur que je ressens. Il me dit pourtant qu'il peut me laisser rentrer par mes propres moyens, la tête haute. Autant pour soigner ma fierté que me préserver du regard des autres, ne pas les alarmer. Je me demandais s'il anticipait une forme de panique quelconque lorsque les autres nous verraient rentrer, et moi blessée. Je n'avais rien de grave, mais ça faisait quand même un mal de chien. Dans quelques jours, je n'aurais probablement plus rien. Mais faites comprendre ça à d'anciens profs, secrétaires et vendeurs en pleine déroute. Et voilà qu'il plaisante à nouveau. Je le dévisage un moment sans rien dire. D'un côté, ma fierté. De l'autre, l'aspect pratique. Je réfléchissais à toute vitesse aux gens qui nous attendaient. Non, finalement, la meilleure solution n'était peut être pas la plus évidente.



| Non, il faut qu'ils sachent. Il faut qu'en sortant d'ici, et ici aussi d'ailleurs, ils prennent conscience qu'à la moindre sortir on peut se faire blesser ou tuer, et pas que par les zombies. T'as prouvé que t'étais un putain de chevalier blanc, je pense pas que tu seras suffisamment inconscient pour faire le malin ou laisser traîner tes mains. Alors tu me soutiens, et on va expliquer ce qu'on a fait au chef. Il faut que les gens sachent. Il faut qu'ils s'endurcissent. Sinon, la prochaine fois ce sera pire. |


Je lâche un juron à demi-étouffé.


| ALlez, aides moi putain, avant que je ne change d'avis. |


[Hj je te laisse amorcer la rencontre avec Ludo?]
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MessageSujet: Re: « Besoin d’émancipation » [Livre I - Terminé]   Sam 22 Nov - 23:54

Nous avançâmes donc tout les deux, moi la soutenant, elle tentant de contenir sa douleur, un membre du groupe ne tarda pas à nous voir, il devait se tenir là en bordure du camp en guise de sentinelle, il fit mine de s’apprêter à signaler notre arrivée, je lui fit signe que ce n’était pas la peine, il nous regarda alors, d'un air circonspect, faire les derniers pas avant de pénétrer dans le camp.
Nous trouvâmes les lieux en pleine effervescence, les gens avait l'air affairés à le ranger, en effet selon les consignes de Ludo nous devions être prêt à mettre les voiles à la première alerte.
Le Doc semblait coordonner les opérations, il tourna la tête vers nous l'air stupéfait, je lui adressais alors un sourire un peu crispé :

« Quoi d'neuf Docteur ? »

A peine avais je fini ma phrase que je sentis un coup de coude me chatouiller les cotes, mon trait d'humour, au combien spirituel, venait de faire mouche auprès de ma camarade.

« Putain qu'est ce qu'il vous est arrivé ? » Le doc se précipita vers nous

« Vas y doucement, elle a dérouillé, pour les détails ça attendra Ludo si tu veux bien...» à ce moment une voix à l'intonation germanique m’interrompit

« Justement je suis là, et visiblement vous avez un tas de chose à nous dire » il venait de revenir de sa tournée de récolte de collet, il se tenait là avec Dean, tout deux nous toisant du regard.

« Ne restons pas là » il donna ses prises à Dean « Doc ,va récupérer de quoi s'occuper d'elle, on va s'installer dans ma tente tu nous rejoins là-bas »

Nous traversions le camp tout les trois, lui ouvrant la marche, nous deux suivant derrière, je pense que Morgane et moi pensions à la même chose, comment allions nous leur présenter les choses.
Je me répète mais elle avait raison une fois de plus, on ne pouvait pas leur cacher, on ne devait pas leur cacher, notre groupe était jeune, inexpérimenté pour la plupart d'entre nous, notre escapade était un fiasco mais autant tirer profit de ce que nous avions vécu.
Vendredi, oui je le confesse depuis notre dernière discussion parfois ce nom me venait à l'esprit en pensant à elle, semblait avoir recouvert une partie de sa vigueur dés le moment ou nous avions posé un pied dans le camp, certes elle souffrait mais elle avait manifestement une remarquable constitution, il est possible aussi que son orgueil lui dictait de signifier à tous que même diminuée elle n’était pas sans défense, qui sait ?, comme souvent cela devait être un peu des deux à la fois.

Nous entrâmes, Ludo aida Morgane à s'installer, je prenais place face à lui sur une sorte de caisse qui se trouvait là, il ne parlât pas il attendit que je démarre. Je sentais le regard de la jeune femme posé sur moi, elle commençait à connaître mes méthodes, je prend toujours mon temps pour répondre dans ces cas là, quelques secondes essentielles qui me permettent de me préparer, d'analyser la situation.

Voyons voir, nous avions tués deux zombies, trouver un camp, une boite de haricot et une bouteille d'eau... il n'y a rien qui cloche ?, un camp si prés du notre comportant deux couvertures et une casserole, ça sent l’équipe de reconnaissance. Je n'ai pas suivi de formation militaire proprement dites mais je ne suis pas stupide et de plus je ne crois que peu au hasard, on nous observe et je ne serais pas surpris de voir débarquer un de ces jours un groupe nous rendre visite.
Ok Ludo nous avait fait remarquer que nous n’étions pas seul, il aurait pu quand même préciser que nous étions observé, il quitte régulière le camp avec Dean et il patrouille dans les environs, qu'il ne vienne pas me dire qu'il ne le savait pas.
Bref, j'avais comme l'impression que cette mission était finalement une sorte de mise à l’épreuve, je ne savais pas vraiment comment le prendre, je n'en avais pas parlé à Morgane, néanmoins l’idée que l'on me fasse passer un examen sans que je le sache n’était pas pour me mettre de bonne humeur, paradoxal pour un Prof non ? D'un autre coté il ne fallait pas perdre de vue une chose, c'est nous qui avions des besoins d’émancipations, l’idée de nous faire partir en exploration ça ne venait pas lui après tout.
Merde ! Je recommence avec ma parano, bon donnons lui ce qu'il demande, un bon rapport en trois exemplaire, et juste avant de finir je lui glisse une torpille.

« Nous avons suivi tes instructions, nous sommes partis vers le Parc de Denis Marcoux, au début tout se passa sans encombres, puis nous sommes tombés sur une sorte de campement de fortune.
Alors qu'on fouillait, un Zack nous tomba dessus. Morgane s'interposa et me sauva la vie. Il s'en suit une lutte dans laquelle elle se blessa, à peine avions nous réussi à nous débarrasser du premier qu'un second rappliqua. On a d'abord tenté de fuir, mais il nous suivait et nous ne pouvions pas courir, nous l'avons donc affronté et nous en sommes sortis vainqueur.
Niveau butin c'est un échec, je n'ai qu'une boite d'haricot et une bouteille d'eau potable... bien que le campement était vide de toute personne vivante, manifestement il avait été occupé peu avant notre arrivée, je pense que les Zacks qui rodaient tour autour avait dû faire fuir les campeurs.
Bref... il y a des Zombies dans les environs, ça c'est pas nouveau, mais il y a aussi des gens bien vivant et visiblement équipé, possédant des vivres, qui doivent être installés dans la zone, là encore j'imagine que tu dois déjà le savoir, peut être même que tu as pris contact avec eux ?...franchement si tu me dis que non je penserais que tu me prends pour un con
 
»

Ludo continua de me regarder sans répondre, il baissa un instant les yeux, soupira puis se tourna vers Morgane, alors qu'au même moment le Doc entrait dans la tente tenant un sac à dos.

« Autre chose à ajouter ? » dit il en la regardant.
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MessageSujet: Re: « Besoin d’émancipation » [Livre I - Terminé]   Lun 1 Déc - 17:24

[HJ désolé pour le retard ; c'est la course en ce moment!]


On y était. Le retour. Et pas très glorieux avec ça. Mais bon, j'imaginais aisément qu'on ne pouvait pas tout avoir. J'étais en vie... C'était déjà bien plus que ce que j'aurais pu espérer lorsque le contaminé était sur moi, prêt à me bouffer toute entière, à m'arracher de grands morceaux de mon visage... J'en frémissais encore, en y repensant. Terrible manière de mourir. Terrible manière de finir tout court. Il en fallait beaucoup bien sûr pour me faire flipper, mais ces infectés, cette saloperie de maladie... C'était vraiment beaucoup, pour n'importe qui j'en suis sûr. On parlait beaucoup au tout début de la Grande Panique, lorsque j'en étais encore à courir les routes et voler d'autres réfugiés pour survivre, du syndrome de l'abandon. Des gens n'arrivaient tout simplement pas à laisser libre cours à leur instinct de conservation, à leur instinct social, pour continuer à mettre un pied devant l'autre. Tous ces suicides... J'en avais aperçu quelques uns en quittant Chicago, quand le ciel était rempli de chasseurs-bombardiers qui pilonnaient l'autoroute à l'horizon. Des gens en larmes se tuaient, plus loin en contrebas de la route. Le visage baigné de larmes, le regard inexpressif. Certains n'étaient pas assez forts pour survivre à cette horreur que devenait notre vie. Parfois, je me disais que moi aussi je n'en serais peut être pas toujours capable, qu'un jour prochain je trouverais mon point de rupture, ce subtil moment de basculement qui me ferait perdre toute force, toute résistance. Je laissais Fergusson m'aider à marcher comme une éclopée en direction du camp, ce qui provoqua en moi une vague de colère alors que je maudissais mon impotence passagère. Je ne pus m'empêcher de le malmener quand il commença à refaire son malin. Le bûcheron avait de l'humour, mais là c'était pas le moment. Et voilà que l'autre toubib joue les catastrophistes, putain de merde ! Je leur lançais un regard mauvais à tous les deux. Très vite, je me rendis compte qu'on avait même notre petit public... Pour le meilleur et pour le pire.


N'empêche que je ne savais pas trop quoi dire, maintenant. Vouloir dire la vérité était une chose, avoir le cran de le faire était une autre. Cela dit pour la suite des événements, ce qui allait se passer serait un bon test. Pour le groupe, sa cohésion, sa volonté de survie. Je laissais Ludo m'aider à m'installer à mon tour sous la tente. Je regarde Fergusson à la dérobée, me demandant ce qu'il allait trouver à dire pour qualifier notre impréparation à ce qui nous attendait au dehors. Très vite, il résume. Le parc, le campement, et je lève les yeux au ciel quand il dit que je lui ai sauvé la vie. Il se fiche de ma tête ? C'est déjà suffisamment dur de lui en devoir une à ce point, si en plus il joue les modestes on n'a pas fini, vous pouvez me croire. Il enjolive aussi la vérité ; il ne dit pas que finalement c'est plutôt lui qui s'est rué sur le second contaminé que l'inverse. Pourquoi, je n'en sais rien. Sa femme est morte. Il veut se suicider par infection ? Je lui jette un regard flamboyant quand il me demande si j'ai quelque chose à ajouter. Je calcule très rapidement l'avantage que je pourrais tirer de dire la vérité, ce que je fais finalement.



| Fergusson passe sous silence le fait qu'il est un putain de tueur de contaminés. Il a dessoudé les deux, moi j'ai réussi qu'à me blesser. Sans lui, je serais morte. Mais il a raison. Si les gens fuient Coaticook pour se planquer dans le parc, on va très vite avoir un gros problème sur les bras. L'infection va nous rattraper... |
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MessageSujet: Re: « Besoin d’émancipation » [Livre I - Terminé]   

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