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Where is my Mind [Livre I - Terminé]
MessageSujet: Where is my Mind [Livre I - Terminé]   Dim 11 Jan - 18:28

Il faisait nuit. Il nous avait fallu un moment pou revenir à Coaticook. La fuite éperdue à travers les bois, à travers les champs. Nous nous étions séparés avec les survivants de l'autre groupe. Les bras usés, en miettes, j'avais porté ma fille sur la plus longue distance possible puis nous avions marché, à trois. Touchés, bouleversés, anéantis, par l'abandon de Chloé par Juliette et Gabriel, leur propre disparition au milieu de la horde de zombies, et la disparition de la même manière de Violet. Nous avions tellement perdu... J'en restais groggy, silencieux. La longue marche du retour à travers chemins et campagne avait pris pas mal d'heures. J'avais demandé à Eva de ne pas rentrer seule dans la maison qu'elle avait réquisitionnée. Arrivés à la tombée du jour dans « notre » quartier, je l'avais retenue alors qu'elle allait continuer son chemin. D'une voix cassée et d'un regard fuyant, je lui avais demandé de revenir le lendemain. Ce soir, je devais parler à ma fille. Ce soir, je devais prendre un peu de temps. Pas beaucoup, mais je devais le faire quand même. Je devais assimiler le fait que Juliette nous avait trahis, et avait abandonné la chair de ma chair. Les circonstances restaient obscures, Chloé avait répété fiévreusement que c'était de sa faute. Je devais me calmer, ce premier soir, calmer cette haine que je ressentais. Juliette l'avait abandonnée, la chair de ma chair. En plein milieu d'infectés. Comment avait elle pu ? Comment avait elle pu m'abandonner aussi ? C'était si douloureux. Cette première nuit sans elle avait été terrible. Il avait fallu discuter très tard avec Chloé, la rassurer... Elle restait inconsolable, et cela me fendait un peu plus le cœur. Je n'étais pas sorti de la journée. J'encaissais. Chloé et moi restions ensemble. On parlait peu. Le soir arriva plus vite que je ne le pensais. Je venais de rassurer ma fille, passant un peu de temps avec elle dans sa chambre, avant de la laisser à ses pensées et à sa fatigue, lorsque j'entendis un léger coup contre la porte de derrière. Je savais qu'Eva viendrait.


Il me fallut un petit moment pour retirer tout ce qui bloquait la porte, et je la laissais finalement entrer, regardant derrière elle qu'aucun infecté ne l'avait aperçue. Avec toutes les fenêtres calfeutrées, il faisait déjà noir. Une énorme bougie éclairait faiblement le salon où je conduisais Eva sans un bruit. Je la regardais un instant, sans trop savoir quoi dire. Je finis par la prendre doucement, délicatement dans mes bras. Sans arrières pensées. J'avais simplement besoin d'un contact humain, fut il fugace, j'avais besoin de proximité. Je lui soufflais en anglais.



| Merci d'être venue. |


D'un geste, je l'invitais à s'asseoir sur le canapé tandis que je m'asseyais de l'autre coté de la table basse, sur un fauteuil. Je ne me sentais pas de me retrouver collé à elle sur le sofa, j'avais besoin d'être avec quelqu'un, mais la proximité réveillait des blessures encore à vif. Entre nous, quasiment la seule chose qu'illuminait la bougie, une bouteille de Jack Daniel's récupérée dans le commissariat, quelques jours plus tôt. Deux verres mal nettoyés ; il n'y avait plus d'eau courante depuis un moment maintenant. Je sers deux généreuses rasades d'alcool, et lui tends son verre.


| On n'a toujours pas eu de nouvelles de Violet ? |

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MessageSujet: Re: Where is my Mind [Livre I - Terminé]   Lun 12 Jan - 20:55

La marche avait été éprouvante pour tous. Surement plus pour Chloé et Philippe que pour moi, étant donné le choc émotionnel. Je l’étais aussi, bien sûr mais j’étais aussi rassurée. Aussi horrible que cette pensée soit. Rassurée d’être en vie. Je n’avais pas douté un seul instant de la possibilité que Juliette mette fin à mes jours, comme elle m’avait promis de le faire. Ce qui l’avait conduite à ne pas le faire ? Je n’en avais aucune idée. Mais je gardais le silence, marchant sans m’arrêter, alors que Philippe s’épuisait à porter Chloé. Je m’efforçais de rester alerte, alors que mes pensées se fixaient sur la situation nouvelle, les départs de Juliette et son fils, la disparition de Violet. Que lui était-il arrivé ? Nous aurions du être plus attentif, j’aurai du l’entraîner à ma suite, tout comme j’avais tiré Philippe loin du danger. Je restais malgré tout dans mon mutisme. Personne ne devait avoir envie de parler, de toute façon. Fourbue, je m’apprêtais à me séparer des deux français pour rejoindre la maison que j’occupais, quand Philippe m’arrêta… Il avait une sale gueule, franchement. L’air anéanti, dévasté, comme s’il ne savait plus bien ce qu’il faisait là. J’avais haussé les épaules, en l’entendant, lui jetant un dernier regard avant de tourner les talons. Je n’avais pas spécialement envie d’y retourner, de me trouver en leur présence, pas pour le moment. Avais-je le choix pour autant ? Non. Peu importe mon désir, je devais aller lui parler. On devait décider de ce que l’on devait faire, de notre prochaine action. A trois, nous ne pourrons pas rester éternellement à Coaticook, même si nous avions plutôt bien réussi notre plan de préserver la ville. Elle restait dangereuse, et pouvait causer notre perte. Je rentrais, seule, terriblement seule. Je n’aurai toléré leur compagnie, et elle ne m’avait de toute façon pas été proposée, mais je ne supportais pas plus la solitude. Je devrais m’y faire, malgré tout. Je n’avais pas tardé, la nuit déjà bien entamée et la fatigue me poussant à tenter de trouver le sommeil. Lui non plus, ne voulait pas de moi. Ou peut-être cogitais-je trop. Je n’en savais rien. Toujours est-il que malgré la fatigue, je restais les yeux grands ouverts, à fixer le plafond. Frissonnant, peut-être fiévreuse aussi, inconfortable. Le temps passa plus vite que je ne le pensais, j’avais vu le soleil se lever et se recoucher, dans le même état de faiblesse, d’insomnie, de détresse.

J’étais ankylosée, frigorifiée même, mais je me levais et sortais. Il faisait plus chaud, à l’extérieur. Je ne m’y attardais pas, malgré tout, à cause du danger. Si j’étais en mission suicide, alors… Oui, si j’étais en mission suicide, j’y serai restée. Mais je n’étais pas désespérée à ce point là, je n’avais pas perdu mon besoin de survivre. Je n’étais pas loin, je marchais rapidement, atteignant assez vite la maison qui abritait la famille. Hésitant, je m’apprêtais à frapper, suspendant mon geste dans l’air. Je prenais une grande inspiration, pour me donner du courage, et frappais doucement, d’un son sourd, pour n’alerter personne. Ni aucune créature. J’attendais, entendant les bruits signifiant qu’il libérait l’entrée. Un instant suffisamment long pour me dire à plusieurs reprises que je pouvais encore partir sans me retourner. Les abandonner, et me soumettre à la horde de putréfiés, voir si j’étais en mesure de survivre. Je le suivais dans l’obscurité, surprise de voir une légère lumière provenant d’une bougie. Avec quoi avait-il allumé l’objet, et où l’avait-il trouvé ? C’était peu, mais c’était déjà encourageant d’avoir de la lumière. Je n’en avais pas, dans l’habitation que j’occupais. Je masquais difficilement ma surprise, en le sentant me prendre dans ses bras. En réalisant que ce contact fugace apaisait un peu la sensation de solitude que je ressentais, me réconfortais quelque peu. Je lui rendais l’étreinte, acquiesçant silencieusement à ses remerciements. Je n’avais fait que mon devoir, en venant. Je le suivais, prenais place sur le canapé, sans rien dire. Je n’avais pas vu la bouteille, en entrant dans la pièce. D’où la tenait-il ? Je prenais le verre, sans le boire directement, attendant. Attendant qu’il parle, qu’il décide de la tournure que prendrait cette conversation. Je secouais la tête.

« Aucune. Ne devrions-nous pas partir à sa recherche ? Au moins s’assurer que… » Qu’elle n’est pas morte.
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MessageSujet: Re: Where is my Mind [Livre I - Terminé]   Jeu 15 Jan - 22:23

Je me sens perdu, sonné. Tout mon corps est endolori par les efforts et les privations. Les chocs reçus. Je me souviens avec dégoût, avec horreur, de la sensation de ces peaux parcheminées ou collantes, fermes ou fripées, qui me saisissent les bras et les jambes. Celui qui manquait de m'arracher une oreille. Je me rappelle de toutes les douleurs. Mon corps n'en peut plus, la marche du retour n'a fait que maintenir au chaud, pour plus tard, tout ce que j'ai mangé dans la tronche dans la journée d'hier. J'ai faim, j'ai froid. J'ai un putain de mal au crâne. Et bordel de merde, je ne peux pas me sortir l'image de Chloé toute seule, en proie à une terreur indicible alors que Juliette l'a abandonnée. Juliette... Des images d'elle s'accumulent et se brouillent dans mon esprit. Parfois je tombe à ses pieds et implore son pardon, d'autres fois je l'étrangle et la massacre à mains nues, d'autres fois je la cherche dans l'obscurité en hurlant son nom dans la nuit, alors que les silhouettes d'infectés m'encerclent et me traquent. D'autres fois, les retrouvailles sont violentes, passionnelles. Je l'aime autant que je la hais. Elle a laissé ma petite fille toute seule en plein champ de tirs, au beau milieu d'infectés. Elle nous a abandonnés.


Je ne suis qu'un pauvre con.


La bouteille sur la table m'attire, et pas qu'un peu. Mon flingue aussi, a comme une odeur de liberté. Eva... Ses bras m'enlaçant me font du bien, mon cœur bat plus vite, douloureusement... C'est si bon et si mauvais à la fois. L'image de Juliette s'impose encore un peu plus à mon esprit, m'imprègne totalement. J'ai du mal à avancer, j'ai du mal à faire face. Tout devient si compliqué... Un silence de plomb s'installe entre nous. Je la regarde, je la dévisage, le regard fièvreux. Je ne dis toujours rien et prends mon verre pour en engloutir une légère rasade. Eva me dit qu'elle n'a aucune nouvelle de Violet. Je balaie sa demande.



| Non. Nous sommes décimés, Eva. Hier, on a perdu Violet, Juliette, Gabriel... |


Je déglutis ; une veine au niveau de mon cou bat la mesure de la violence de ce que m'inspirent ces disparitions.


| Il n'y a plus que toi, moi et Marina dans ce groupe. On n'est plus assez. Je ne risquerai pas la vie de ma fille ni la mienne dans une opération de sauvetage. |


Je vidais d'un coup le verre de whisky


| Elle avait prémédité son départ. Elle avait prévenu Chloé. Et elle a laissé une mise en scène atroce dans notre chambre, sans doute pour que je crois à son meurtre de tes mains. |


Je me resservais et réorientais un regard rouge droit sur Eva


| J'ai rendu folle ma femme, Eva, putain je l'ai rendu folle à en crever. |

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MessageSujet: Re: Where is my Mind [Livre I - Terminé]   Dim 25 Jan - 20:58

Je ne savais plus où j’en étais, de la culpabilité, du soulagement, de la folie qui menaçait de m’étreindre chaque fois que je fermais un œil et que mes songes me renvoyaient toutes mes craintes et tous mes manquements au visage. Je ne savais plus réellement le pire, entre être réveillée, ou succomber à l’attrait de Morphée. Dans un cas comme dans l’autre, je semblais confrontée à des cauchemars ou des désirs que je ne pouvais ni affronter, ni tolérer. Et pourtant, je continuais à avancer, à survivre envers et contre tout, dans ce monde devenu fou. Je n’avais de toute façon jamais été quelqu’un à même d’abandonner, et encore moins à même de laisser derrière moi les gens qui comptaient sur moi. Non, jamais je ne faillirai à la confiance que l’on plaçait en moi. C’est pourquoi je me trouvais là, sur le pas de cette porte, hésitant à signaler ma présence. Mais je n’étais pas venue ici pour rebrousser chemin, je le savais. Peu importe à quel point ça me coutait, à quel point ça m’était douloureux, de me retrouver face à lui, face à Chloé si elle était présente, de penser à cette maison qui les a abrités tous les quatre, alors que… Alors que j’ai fait imploser leur famille. Je secoue la tête pour chasser ces idées noires, alors que je frappe et qu’il me laisse entrer.

Il ne brise pas plus le silence que moi, pendant que nous avançons. Comme si lui aussi était hanté par ses pensées. C’était surement le cas, je peinais à croire qu’il en soit autrement. Je voudrais rester là, dans ses bras, tant ils m’apportent de réconfort après le désastre que nous avons subis, la perte de plus de la moitié du groupe ce qui va rendre notre survie difficile, même si nous avons réussi à protéger la ville, à nous permettre d’y habiter encore davantage. Sauf que je ne pouvais pas prolonger ce contact. Je ne voulais pas me sentir à nouveau attirée par lui, ressentir ce besoin de plus… Non, je n’y avais pas droit. Pas après avoir brisé leur famille, sa relation avec Juliette, pas après l’avoir éloignée de lui, avoir privé Chloé de celle qui avait pris la place d’une mère.

Soupirant sans bruit, je finissais par m’asseoir, verre en main sans le porter à mes lèvres, l’écoutant attentivement. J’avais envie de cet alcool. Ne m’étais-je pas pourtant juré d’arrêter d’en boire, il y a des années de cela ? N’avais-je pas dit que plus jamais je ne me soumettrai aux dommages qu’il pouvait causer ? Et pourtant… J’avais bu, avec Chloé, quand elle était venue me voir. Bien avant que je n’embrasse Philippe, que je ne subisse la colère de Juliette – à raison. Et j’avais vidé le reste de la bouteille dans l’évier, bien déterminée à ne plus y toucher. Nulle addiction là, juste une crainte à l’idée d’y trouver plus de réconfort que je ne le devrais. Ca n’était pas le cas quand je m’étais jurée d’arrêter, ça n’était pas l’alcool qui me faisait agir comme je le faisais à l’époque, c’était un tout. Et j’avais lié tous les symptômes et tenté de tous les arrêter. Mais peut-être l’alcool serait-il mon fléau, aujourd’hui. Peut-être.

Je vidais d’une traite le verre malgré tout, alors que Philippe déclamait l’état de notre groupe… Dévasté. Je ne pouvais qu’acquiescer, évidemment. Je n’allais pas partir seule à la recherche de Violet, ça serait de la folie. Et je ne pouvais y entrainer ni Philippe, ni Chloé. Quant à Marina… Elle était efficace, mais ne se mêlait que peu à nous. Je ne la connaissais pas réellement, et je crois que ça me convenait. Si j’avais pu ne me lier à personne… Je ne remarquais même pas le geste du français avec son verre, seuls ses propos m’importaient. Je me figeais. Comment attendait-il que je réagisse ? Que je lui avoue avoir ruiné sa vie, avoir poussé la femme qu’il aimait à… ça ? Je frissonnais, bien malgré moi. Me levais, lui tournais le dos, fixant un point que je n’aurai même pas su définir, quelque part dans la pièce. Qu’attendait-il de moi, en cet instant ? Que pouvais-je faire ?

« Elle n’aurait jamais agi ainsi, si elle ne tenait pas à toi. C’est entièrement de ma faute, et tu ne devrais pas te blâmer pour ça. A part te torturer et t’éloigner de Chloé qui a besoin de toi, ça ne servira à rien. Elle veut me pourrir, elle veut me briser, je lui donnerai ce qu’elle veut. J’irai à sa rencontre, elle me tuera, et peut-être reviendra-t-elle pour toi, pour vous. Vous avez besoin d’elle. »

Désespéré ? Suicidaire ? Prononcé sous le coup de… la honte, la colère, la douleur ? Surement. Que pouvais-je dire d’autre ? Qu’attendait-il de moi, à me dire ça ? Que je reste stoïque, indifférente ? Que je ne me blâme pas pour ça, en plus de tout le reste ? Je m’éloignais déjà vers la sortie, convaincue d’agir ainsi. Quelle serait la réaction de Philippe ? Je crois que je m’en foutais.
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MessageSujet: Re: Where is my Mind [Livre I - Terminé]   Jeu 29 Jan - 18:27

Comment pouvait on en arriver là ? C'était assez incroyable quand on y pensait. J'aimais tendrement Juliette, mais elle m'avait rejeté depuis longtemps et elle était partie. Quelque part, cette folie avait toujours été présente en elle. J'avais été trop sot pour le voir. Quand elle avait su par Gabriel, ce petit con que j'aimais tant, que mon ex-femme m'avait donné rendez vous pour prendre des nouvelles de Chloé et m'avait embrassé, ça avait été la crise. Elle n'avait jamais voulu entendre mes explications, comme quoi je n'étais ni à l'initiative du baiser et n'y avais pas non plus répondu. Qu'il ne s'était rien passé d'autre... Dans tous les cas, elle avait pété un câble, avait pris son fils et s'était barrée. Et par la suite, j'avais continué de dormir longtemps sur le canapé. J'aimais Juliette, mais je n'avais jamais rencontré qui que ce soit d'aussi entier. Je me sentais vivre, auprès de quelqu'un qui vivait toujours tout aussi fortement. J'en avais besoin à côté de ce que je voyais dans mon travail. Je n'étais pas un de ces types en bleu qui ne faisait que ramasser les cadavres sur les routes et qui de temps en temps gérait des bagarres d'ivrogne. Juliette avait été beaucoup de choses pour moi. Maintenant, elle n'était plus qu'un vide amer, qui me faisait me sentir empli de haine et de désespoir. Comment avais je pu laisser les choses en arriver là ?


Je me sentais horriblement mal, le cœur empoisonné par les images que j'avais d'une Juliette furieuse qui se tirait sans demandait son reste, me maudissant moi et Chloé, nous condamnant à un sort bien peu enviable ; celui de ne pas savoir ce qui leur serait arrivé par la suite. Eva engloutit son verre en véritable vétéran de la boisson, et je l'imite aussitôt pour nous resservir. La jeune américaine se relève au son de mes paroles, comme si je disais quelque chose qui l'insupportait physiquement, comme si cela produisait chez elle le besoin de s'écarter de cette douleur. Eva se retourne, et ne me regarde plus. Ce qu'elle me dit commence par me blesser plus cruellement encore ; si ma compagne tenait à moi, pourquoi justement m'infliger cette souffrance ? Pourquoi ne pas simplement faire ses bagages et s'en aller, ou mettre sérieusement un terme à notre relation, ce qu'elle hésitait à faire depuis longtemps, je le savais. Et voilà qu'Eva dit que c'était sa faute à elle. J'écarquillais les yeux. Je me rendais compte qu'elle était personnellement touchée par un drame que je constituais surtout dans un cercle familial. Je me levais pour rattraper Eva ; je posais ma main sur son épaule, la tournais vers moi. Mes mains se plaquèrent de part et d'autre de son visage avec rudesse.



| Dans toute catastrophe, certains perdent les pédales et abandonnent tout, tournent le dos aux gens qu'ils aiment. Et les autres restent et encaissent. |


Je la fixe du regard.


| Je ne veux plus la voir. Plus jamais. Cette malade a abandonné ma fille aux infectés. Elle a abandonné ma fille | dis je, en serrant plus fort son visage de manière involontaire, me crispant et écarquillant les yeux.


Je relâche Eva, honteux de l'avoir malmenée sous le coup de l'émotion.


| Juliette est morte pour moi. Jamais la femme que j'aimais n'aurait pu infliger ce qu'elle t'a infligé, jamais elle n'aurait pu abandonner ma fille. |


Je prends la main d'Eva dans la mienne, la fixant du même regard fou, rougi par la boisson, la fatigue et la détresse.


| Ne nous abandonne pas, toi aussi. |

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MessageSujet: Re: Where is my Mind [Livre I - Terminé]   Dim 1 Fév - 23:07

Je ne pouvais supporter de rester là, à l’entendre parler, l’entendre me dire ces choses, et devoir feindre d’être impassible. Ca m’était impossible, et j’étais de toute façon incapable de dissimuler ce que je ressentais. Sans réellement réaliser, je me levais et lui tournais le dos, ne souhaitant qu’une chose : partir. Mais cela non plus, je ne pouvais pas le faire. Pas encore. Pas en ignorant ce qu’il m’avait dit. Pas en ne cherchant ni à le rassurer, ni à le réconcilier avec sa compagne, peu importe ce qu’elle avait fait. Peu importe à quel point il m’en coutait. Je parlais d’une traite, sans lui laisser le temps de m’interrompre. Après tout, ce que j’avais à lui dire ne lui plairait peut-être, surement, pas. Et je ne voulais pas vraiment lui laisser le temps de réfuter tout ce que je lui disais, de tenter de me convaincre de l’absurdité de mes propos, ou je ne sais quoi. J’inspirais grandement, avant de me diriger d’un pas vif vers la porte arrière de la maison, pour pénétrer dans la zone normalement libre de zombies par laquelle j’étais arrivée. J’avais été trop longue, trop hésitante. Je ne me reconnaissais pas. Avant, j’affirmais mes opinions, et n’agissais que comme je le souhaitais, ne me laissant pas guider ainsi par mes émotions, par les sensations, les sentiments qui m’animaient. Ou j’agissais ainsi depuis de suffisamment longues années pour que ce soit devenu une attitude spontanée et non un souhait, chez moi.

Sauf que tout cela se délitait, face à Philippe, et ce soir autant que les autres fois, alors qu’il m’empêchait de fuir, m’affrontait du regard et m’obligeait à affronter le sien, en posant ses mains sur mon visage sans délicatesse, presque avec brutalité. Je souhaiterai me dérober, ne pas voir ses yeux plongés dans les miens, ne pas sentir ses mains sur ma peau, ne pas être troublée par ce contact comme je l’étais. Je n’y pouvais pourtant rien, incapable de me dégager de sa poigne assurée et forte, incapable d’ignorer sa proximité avec moi. Je me mordais la lèvre, déglutissant fortement. L’écoutant, puisque je ne pouvais rien faire de plus. Devais-je répondre ? Laisser couler ? M’immiscer de nouveau dans leur vie privée ?

« Mais tout n’est pas tout blanc ou tout noir. Nul n’est un monstre, le monde n’est pas une pellicule de film en noir et blanc. Il est difficile de ne pas devenir fou, façon de parler, et d’encaisser tout ça sans faillir. Chacune a ses faiblesses, et il ne sert à rien de les juger. »

Je ne disais que des paroles creuses, pour m’éviter de penser, pour ne pas laisser mes pensées dévier vers des envies et besoins qui n’avaient pas lieu d’être, mais qui était malgré tout ressuscités par la présence de Philippe. Je grimace, tant lorsqu’il resserre l’étreinte de ses mains sur mon visage, qu’à cause de la teneur de ses propos. Tant à cause de ça, qu’à cause de ce que je sais que je m’apprête à dire. A cause du fait que je m’apprête à la défendre, même si je hais cette idée.

« Tu l’as vue, comme je l’ai vue. Si tu l’as vue, elle t’a vu, elle savait qu’elle ne laisserait pas Chloé seule… Crois moi, je ne suis pas bonne, je ne suis pas généreuse, et je préfèrerais nettement la dépeindre contre la personne sans cœur et détestable qu’elle pourrait prouver être, surtout après m’avoir menacée puis recouverte de restes de zombies, et enfin avoir ‘décoré’ votre chambre comme tu le dis, mais elle aimait Chloé de tout son cœur, autant que Gabriel, elle ne l’aurait pas abandonnée… Pas comme ça. Peut-être que la femme que tu aimes est encore là. »

Sa main qui saisit la mienne me brûle, me met encore bien plus mal à l’aise. J’aimerai la retirer, et elle me fait en même temps tellement de bien. Je détourne le regard, alors qu’il me fixe. Non, je ne veux pas le regarder.

« Je ne partirai pas. Mais je ne peux pas continuer comme ça. Tu sais très bien ce que je… ce dont j’ai envie à ton sujet. Ne m’attache pas comme ça, alors que tu ne peux rien me donner. On est des partenaires liés par nos anciens jobs, et notre capacité à bosser ensemble, mais ne me laisse rien entrevoir de plus. »
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MessageSujet: Re: Where is my Mind [Livre I - Terminé]   Mar 3 Fév - 0:13

Je ne savais pas comment prendre les choses, et pis encore, comment les anticiper. La jeune femme que j'avais sous les yeux semblait en au moins aussi piteux état que moi même, et ça laissait vraiment présager du pire concernant les tronçons éperpillés qu'il restait de notre groupe autrefois puissant, car nombreux et bien équipé. Eva semblait à la ramasse. Pire encore que la dernière fois que nous nous étions vus, alors qu'elle était en plein doute. Chamboulée de la pire manière par toute cette sombre histoire ; l'américaine avait toujours fait preuve d'une certaine sensibilité et elle avait aussi une haute image du couple ; en aucun cas elle n'avait voulu s'immiscer entre Juliette et moi. De mon côté aussi, je n'avais pas voulu pousser à la faute comme ça. Mais c'était juste étrange, ce que je ressentais pour Eva. Elle était toujours là. La preuve, même maintenant, dans les circonstances qui étaient les nôtres, elle ne s'était en aucun cas enfuie. Elle restait avec nous, auprès de nous. Son altruisme et ses émotions étaient si fortes pour nous, qu'elle préférait même endosser toute la responsabilité de ce qu'il venait de se passer, juste pour pouvoir nous soulager de notre peine. C'était futile, car déjà la haine bouillonnait en moi vis à vis de la femme qui avait un temps partagé notre existence, à Chloé et moi. Quand je pense que j'avais fait tous ces projets avec Juliette, et quelle salope elle avait révélé être... J'en frissonnais de colère tout juste retenue, uniquement parce que je ne voulais pas craquer pour de bon avec Eva.


Je mets mal à l'aise ma partenaire, j'en ai bien conscience. Mais nous ne pouvons plus nous leurrer sur ce monde et sur les habitants qui l'occupent ; la situation est bien pire encore que ce que j'aurais pu imaginer. C'est mon tour d'être frappé par ses mots.



| Elle a abandonné ma fille aux contaminés, nom de dieu, je serais sensé la pardonner ? Tout n'est pas partagé entre le bien et le mal, je sais maintenant que le mal est en chacun de nous, à tout instant. Tout est noir, désormais, ce monde est devenu plus fou encore qu'il ne l'était. |


Je balaie d'un regard et d'une exclamation furieuse les propos d'Eva. Rien ne pourrait jamais justifier à mes yeux la conduite de Juliette. Elle aurait pu me haïr, elle aurait pu s'en prendre à moi. Rien ne comptait sinon ma fille. J'aurais pu tout endurer, et pourtant elle a trouvé malgré tout le moyen de me blesser plus encore.


| La femme que j'aimais est morte. |


Répliquais je d'un ton sans réplique. Juliette n'existait plus pour moi autrement que par la haine si douloureuse car teintée d'un amour brisé qu'elle me faisait ressentir avec tant de puissance. Eva fuit mon regard je le sens bien. Pourtant, elle me dit qu'elle ne part pas. Je me mords la lèvre inférieure. La haine me brûle tellement fort que j'ai besoin de ressentir un peu d'amour, un peu de cette proximité qu'Eva préférerait que je lui refuse.


| Et pourquoi non ? Tu as été plus fiable qu'une femme que je croyais aimer. Tu ne nous as pas laissés tomber. Sans toi, j'aurais été tué quand on a été dépassé par le nombre. Le choix le plus raisonnable aurait été de t'enfuir, alors que tu as préféré me soutenir pour me tirer de là. Et tu m'as encore aidé avec Chloé. Tu donnes tout pour nous, plus que n'importe qui d'autre. |


Je pose mon front contre celui d'Eva, me frotte doucement contre elle. J'ai besoin qu'on me serre dans les bras. J'ai besoin qu'on me donne un peu d'espoir. Je ne peux plus être fort tout seul pour tout le monde.


| Pourquoi on ne pourrait pas ? Je ne veux pas mourir demain avec toute cette haine en moi. Pourquoi ce serait mal, alors qu'on se serre les coudes ? Pourquoi serait ce mal, quand toi tu n'as pas fui. Et quand je te désire autant? |


Que Juliette soit morte. Je la hais. Elle nous a abandonnés. Mais nous ne sommes pas seuls.

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MessageSujet: Re: Where is my Mind [Livre I - Terminé]   Ven 27 Fév - 2:45

Je n’avais aucune idée de l’image que je renvoyais, en cet instant, mais il s’agissait du dernier de mes soucis. Je ne pouvais affronter à la foi mon image, et le malaise que je sentais naître en moi, face à l’ambiguïté de cette situation que je vivais excessivement mal. Je ne voulais rien de plus que me montrer impassible, faire preuve de résistance, d’inflexibilité, mais force était de constater que ça n’était pas le cas. J’avais la sensation de pouvoir me briser à tout moment, au lieu de ployer pour mieux me relever. J’avais les nerfs à vif, j’étais à fleur de peau, et tout contribuait à empirer ce que je ressentais, à me rendre un peu plus coupable à chaque instant, comme si mes manquements et errances passés, que j’avais crus depuis longtemps derrière moi, me revenaient en pleine figure. Je n’étais pas quelqu’un de bien, je n’y avais jamais cru et n’y croirais jamais, mais j’espérais pouvoir prétendre à un peu de répit. Or, il semblait évident que là encore, je m’étais leurrée sur toute la ligne. Je n’arrivais pourtant pas à me dérober à son étreinte, à fuir réellement son contact, à m’empêcher de m’immiscer toujours un peu plus dans sa vie avec Juliette, alors que je sens toute la révolte qui bouillonne en lui, toute la colère, tout le dégoût peut-être. Et je ne peux m’empêcher de me sentir coupable, coupable d’avoir cette fois non pas révélé le pire en moi, mais révélé le pire en Juliette. Révélé le plus noir en Philippe, aussi, à cause de la désertion de Juliette. Je frémis, en entendant le ton sans appel de sa voix, dur, désabusé. En sentant sa poigne un peu plus forte. Je tressaillis encore, non pas parce que j’ai peur de lui – ça n’est pas le cas un seul instant -, mais parce que j’ai peur de ce que j’ai engendré, et qui va peut-être m’échapper. Et si au lieu d’utiliser à bon escient cette colère, elle tournait en quelque chose de dévastateur qui va tous nous mener à notre perte ? Ce n’est pas, et ne sera jamais, ce que je voudrais. M’efforçant d’ignorer la haine qui m’envahit à l’idée de tout ce que j’ai déclenché, de tout ce que je fais de mal depuis que le monde part à vau-l’eau, je posais à mon tour mes mains de manière à encercler la tête de Philippe, à lui éclaircir les idées.

Je ne prononce rien de plus, pour autant. Que pourrais-je dire ? Défendre une cause que je me dois de reconnaître perdue ? Une cause qui, un peu plus à chacune de ses phrases, me met mal à l’aise ? Non, le silence est la seule option qui s’offre à moi, la seule option viable. Le seul choix que je peux faire, face à l’inconfort dans lequel il me met, alors qu’il me met face à mes propres envies et ma culpabilité de vouloir saisir cette place maintenant vacante, en sachant qu’elle ne devrait pas s’être libérée, en sachant que rien de bon n’en sortira. Que les circonstances qui nous ont rapprochés n’auraient pas du avoir lieu, que jamais je n’aurai du me laisser aller à ressentir cette attirance, à ressentir tout cet imbroglio de sentiments que Philippe fait naître en moi et qui me fait perdre les pédales, perdre ce contrôle que j’exècre plus que tout de ne plus avoir. Je déglutis difficilement, alors que j’aimerai l’implorer encore de ne pas m’offrir ce que je désire pourtant. Que j’aimerai regagner le contrôle du déluge qui se déchaîne en moi. Je respire difficilement, encore, alors qu’il continue sa tirade, qu’il ne me laisse aucun répit, ne m’autorise pas à contrer ses arguments. Que pourrais-je dire, de toute façon ? Que je n’avais fait que mon devoir ? C’était vrai, c’est foutrement vrai, mais faux tout en même temps. Si ça avait été mon sens du devoir, et lui seul, qui me portait, je serai partie à la recherche de Violet, dès que Chloé et lui avaient été en sécurité. J’aurai envisagé, au moins, de le faire. Je ne me serai pas allée si rapidement à la penser perdue – même si je n’aurai rien pu faire, rien du tout, contre la horde de zombies qui l’avait très certainement ensevelie. Peu importait. Je n’aurai pas pu mentir à Philippe. Il ne se serait pas laissé avoir, il était évident que ça n’était pas le seul sens du devoir qui me portait.

Alors je me taisais. Je me taisais, et laissais échapper un hoquet de surprise, en sentant le front de Philippe contre le mien, son corps encore plus proche, trop proche. Pas assez, peut-être. Non, je ne pouvais pas m’autoriser à penser ça. Pas du tout. Ca n’était pas correct, ça n’était pas moral. Et Philippe n’était pas dans son état normal. Rien de bon n’en résulterait. Rien. Et pourtant… Et pourtant, j’étais incapable de le fuir. Je lui offrais une étreinte qui me brulait, alors que tout me criait de fuir. Je l’enlaçais, incapable de résister. Incapable de faire taire tout ce qui se mêlait en moi. « Parce qu’on peut mourir demain. Parce que tu es encore attaché à elle. Parce que m’attacher encore, c’est agir de manière inconsidérée, et nous mettre tous en danger. » J’avais murmuré tout ça, je n’étais qu’à peine certaine qu’il l’entendrait, bien que la proximité y contribuerait. Je déglutissais encore, toujours pas à l’aise.
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MessageSujet: Re: Where is my Mind [Livre I - Terminé]   Mer 4 Mar - 21:27

J'ai besoin d'évacuer toute cette haine qui m'empoisonne, j'ai besoin de transformer tout ce poison amer en force, en avantage. Je ne sais comment je pourrais vraiment survivre si je n'y arrivais pas. Tout me semblait tellement sombre et désespéré ; si je continuais ainsi j'allais finir par me faire sauter la cervelle. Ce serait si simple, si facile. Cela voulait pourtant parler d'abandonner ma fille à ce monde. La pousser au même choix que moi, ou à une vie jeune sans protection, la condamner à une mort lente et douloureuse. Jamais je n'aurais cette lâcheté. Je serais seul, on me l'aurait retirée, peut être aurais je souhaité la mort, peut être aurais je été capable de me la donner, là comme ça. Si simple si facile. J'avais déjà vu ça chez certains collègues. Des acharnés du travail, comme moi, qui avaient vu leur famille éclater, et qui s'étaient retrouvés seuls avec leur conscience malmenée et leurs remords. Combien avions nous eu de suicides ? J'avais été appelé personnellement pour plusieurs d'entre eux. A la brigade, on gère toujours ce genere d'affaires. L'âge et l'expérience nous ont depuis longtemps appris qu'il y avait des chances pour que les bêtes que nous traquions aient ainsi maquillé le meurtre d'un des membres de notre groupe. Mais cela ne pouvait pas toujours arriver...


Ses mains se posent de part et d'autre de mon visage, m'encadrent. Je sens l'impulsion, qui me pousse vers elle, contre elle. Je veux me perdre avec Eva. Elle me comprend. Elle vit une chose qui ressemble à ce que je vis aussi. Je sens sa respiration se brusquer, devenir erratique. L'américaine est aussi submergée que moi par l'émotion qui nous étreint, vive et douloureuse. Nous nous perdons, mais nous nous perdons ensemble. Finalement, c'est peut être ce qui compte le plus. La belle laisse échapper un petit bruit marquant sa surprise alors qu'elle sent mon front contre le sien. Je me coule contre elle, cherche le contact. Il m'apaise. J'ai envie de laisser s'exprimer toute cette colère, toute cette brutalité. Elle m'enlace à son tour, et mon nez, ma bouche, mes yeux, cherchent son cou. Je me frotte contre, dans un abandon total.



| Tais toi, s'il te plaît. |


Elle me désire mais sans le vouloir. Je ne suis pas un violeur. J'en ai déjà arrêté, et leurs actes m'ont suffisamment hérissé d'horreur pour le faire à mon tour. Même si je finirais sans doute par conquérir et emporter l'adhésion d'Eva, je ne veux pas que les choses se passent comme ça entre nous, par une brusquerie qui ne donneraient rien de bon. Je m'arrache finalement à elle, non sans avoir inspiré une dernière fois l'odeur délicieuse de son cou, de ses cheveux. Je soupire, mes lèvres frôlant les siennes, alors que je regarde ses lèvres, son nez, ses joues, ses yeux.


| Tu ferais mieux de rentrer, alors. Parce que si tu restes, je vais plus savoir m'arrêter. Ni envers toi, ni envers l'alcool. Si ce n'est pas ce que tu veux, tu devrais partir tout de suite. Je ne veux pas qu'il se passe quelque chose entre nous que tu pourrais regretter... |


Reste.

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MessageSujet: Re: Where is my Mind [Livre I - Terminé]   Mar 10 Mar - 20:25

Comment me contrôler, ne pas céder, alors qu’il essaye volontairement de me faire céder comme ça ? Comment écouter la voix de la raison, qui me dit que nous avons tort, que ce que nous faisons est mal ? Comment ne pas entendre ces mots, ses mots, qui me disent tout le tort que Juliette leur a causé, à Chloé et à lui ? Comment ne pas me souvenir de la démente, qui dans un rire sardonique et fou, m’a jeté des vêtements imprégnés de fluides, à la figure, en jurant ma mort, en jurant de nous pourrir la vie ? Comment pourrais-je croire qu’une telle personne puisse prendre correctement soin d’une gamine, sans finir par la blesser un jour ou l’autre ? Et surtout, comment ignorer cette attirance qui a sa place dans tout mon corps, que toutes mes réactions trahissent, que je ne peux contrôler, quand il s’approche ainsi de moi, cherche le réconfort dans une étreinte qui me dépasse et à laquelle je peux difficilement mettre fin sans ressentir fortement le manque qui s’atténue en l’entendant, en le sentant, en profitant de cette proximité soudaine qui m’a surprise mais qui n’est indéniablement pas pour me déplaire ? Comment puis-je ne pas l’étreindre à mon tour, comment puis-je refuser le bien-être que je ressens alors que sa bouche et son nez frotte doucement mon cou, le haut de mon épaule ? J’en suis incapable, et j’obéis à son ordre, je me tais, je ne cherche plus rien. Plus rien que de m’abandonner, un instant, un trop court instant probablement, de cesser de faire parler ma raison, d’obéir à mes pulsions.

Je le sens s’éloigner de moi, et déjà je sais que je veux me rapprocher, que je ne peux laisser ce contact m’échapper. Que je ne peux renoncer aussi aisément, comme je l’ai souhaité quelques minutes auparavant seulement. Je sais que je n’aurai jamais du lui rendre son étreinte, le laisser m’atteindre comme ça. Est-ce seulement trop tard ? Je ne m’avance pas, mais je n’amorce pas de nouveau un geste pour annoncer mon départ. Non, je ne veux rien de plus que saisir ses lèvres, ces lèvres qui viennent de frôler les miennes, je ne veux rien de plus que d’empêcher ses yeux de me dévisager car alors je serai bien trop proche de lui. Je n’en fais rien, je me contente de l’écouter. De l’écouter, et de frémir. De désir, de crainte de faire une erreur aussi, mais surtout de désir. Je sais. Je sais que je ne pourrais renoncer. Que je ne pourrais lui tourner le dos, et partir. Je sais, que je ne regretterais rien. Je m’en voudrais, assurément, de faire ça à Juliette, mais je ne regretterais rien. Non, rien du tout. Je m’approche, et l’embrasse. Passionnément. Sans beaucoup de retenue. Je ne m’éloigne légèrement que pour prononcer quelques mots. « Pas d’alcool. » Non, pas d’alcool. Je ne veux pas perdre à ce point le contrôle, comme ça a pu être le cas lorsque j’étais adolescente.

|HJ| J'espère que ça t'ira ^^'
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MessageSujet: Re: Where is my Mind [Livre I - Terminé]   Mer 11 Mar - 15:18

J'ai épuisé jusqu'aux dernières réserves de ma volonté en repoussant ainsi Eva. Repousser est certes un bien grand mot ; je reste collé contre elle, je sens son souffle, mon cœur bat la chamade et j'ai envie d'elle, là, tout de suite. Pourtant, je parviens à me contrôler, à ne pas la jeter sur le canapé pour me perdre avec elle, contre elle, en elle. Je me contrôle, parce qu'elle ne veut pas rendre les choses plus compliquées qu'elles ne le sont déjà. Trop tard, c'est ce que j'estime. Je veux que si elle reste, si elle se met à nu, ce soit quelque chose qu'elle désire vraiment, quelque chose qu'elle ne viendra pas regretter par la suite, sinon ce serait tout simplement trop dur à supporter, trop dur à encaisser. Elle ne bouge pas ; la jeune américaine reste là, sans bouger, juste en face de moi. Collée à moi. Ce qui ne fait rien pour me calmer ; mon cœur continue de battre à un rythme effréné. L'instant dure, se prolonge pendant un moment. Je ne quantifie plus ni secondes ni minutes, tout ce qui compte après tout c'est cet abandon quasi total. La voilà qui finalement esquisse un rapprochement ; nos corps se frôlent, nos visages se touchent, nos lèvres s'épousent en un léger, un tendre baiser, qui cache pourtant une passion plus fièvreuse en son sein.


D'un coup, tout bascule, et je suis incapable de me retenir.


Je me projette contre elle, l'enlace, mes mains s'insérant sous son haut au niveau du bas de son dos et remontent, épousent sa peau. Je l'attire contre moi, alors qu'elle me dit simplement qu'elle ne veut pas d'alcool. Je ne sais trop ce qu'elle veut dire par là ; je comprends qu'elle doit avoir un passif avec la boisson, quel qu'il soit. Peu importe. J'accepte d'un regard, et je me jette à nouveau contre ses lèvres, mes mains partant à la découverte de son corps, se passionnent pour sa chair, retirant ses vêtements.


Cet abandon fait tellement de bien.


Nous sommes par terre, couchés sur le grand tapis du salon. Je me sens mieux. Pas encore bien, mais il y a du progrès. Je suis nu comme au premier jour, rompu. Il ne faut pas bien longtemps pour que je m'endorme, déposant avant cela un dernier baiser sur son front. Petite attention pour lui dire simplement merci. Eva est là, contre moi. Je ressens quelque chose pour elle. Je veux survivre avec elle dans mon équipe. Même si ce n'était que l'unique fois où je sentirais son corps chaud et nu contre le mien, ses formes parfaites et ses cheveux longs, cela en valait la peine.


Demain, il faudra survivre. Je mets le réveil de ma montre plus tard dans la nuit : Chloé ne doit pas nous découvrir comme ça ; je nous jette une couverture sur nous, rapproche nos armes. Eva devra comprendre, même si cela ne change rien à ce rapprochement qui m'a fait tant de bien.

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