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[Flashback] 1, 2, 3 ... T'étais forcé de monter à 4 ? [Livre I - Terminé]
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MessageSujet: [Flashback] 1, 2, 3 ... T'étais forcé de monter à 4 ? [Livre I - Terminé]   Mar 4 Aoû - 18:50

Je soupire. Je laisse retomber la Gameboy à côté de moi, sur le tapis. C'est bon, je viens de chopper le dernier Pokémon sur cette version... Sauf que je n'ai personne avec qui faire des échanges pour tous les avoir. C'est nul. Je savais bien que ça servait à rien de me lancer dans ce jeu, vu que je pourrais pas le finir à 100%... Mais bon, c'était le dernier qu'il me restait. Je m'étire et me redresse en position assise. Bon et maintenant, je fais quoi ?
Je regarde autour de moi. Je dois bien avoir encore une bonne semaine de boîte de conserves et croquettes pour chien avant de songer à bouger. Il faudrait peut-être que je m'y mette quand même... J'ai encore des haut-le-cœur en repensant aux cadavres mutilés qu'ils ont pendus devant la superette. Il faut que je trouve un autre endroit, sinon je vais vraiment réussir à me faire tuer. Déjà que la dernière fois... C'était juste. Je n'ai pas réussi à être suffisamment discret et ils ont ouvert le feu sans se poser de questions. Heureusement que les Zack se sont retournés contre eux... C'était moins une. Je peux toujours regarder dans les maisons aux alentours, mais je n'aime pas les espaces clos avec les morts qui rôdent. S'ils m'attrapent, je suis fichu.

En parlant d'eux... J'en entends encore un qui martèle contre les fenêtres. Déjà hier, j'avais dû en chasser un. S'ils commencent à venir plusieurs fois par jour, ça va devenir compliqué. Pourtant c'est paumé ici, et ce n'est pas comme si je faisais du bruit... Qu'est-ce qui les attire ? Torby grogne à côté de moi, les oreilles en arrière. Les morts, il a horreur de ça. Il doit sentir que ce n'est pas très normal, même si j'aimerais bien qu'il comprenne aussi la différence entre les gentils et les méchants. C'est pourtant pas bien compliqué : Le gentil, c'est moi, les méchants... Tout ceux qui sont en dehors de cette baraque. Simple, non ? Sauf qu'il n'a jamais eu à s'en prendre à des hommes... Le chien croit toujours que ça se fait pas. A se demander qui est le plus bête de nous deux maintenant...

Je me lève pour aller chercher le couteau de chasse que m'a légué le vieux. Je fais le tour des fenêtres pour trouver la bonne. C'est bizarre. D'habitude, on voit les planches un peu bouger, voir un bras qui en sort et une tête juste devant. Là, rien ne bouge plus. Je les tue généralement que comme ça : En glissant la lame entre les planches pour atteindre la tête. Si je dois m'y prendre autrement... Je respire calmement. Je ne vais pas paniquer pour si peu, non ? Torby et moi, on fait rarement du bruit... Ils partiront d'eux-mêmes si tout va bien. Je repose la lame et je secoue la tête. Il me reste encore quelques piles, je peux retourner jouer en attendant. Ouais, c'est ça.

Je me fige subitement. Je viens d'entendre un autre bruit, pas commun celui-là. J'ai des hallucinations ou... On vient de frapper à la porte d'entrée ? Je regarde depuis le couloir, sans oser respirer, quand je vois qu'on essaie de tourner la poignée. Oh putain... Je me précipite sous l'escalier pour attraper la carabine de mon père. Elle est vraiment lourde à porter. Ca ne m'empêche pas de la braquer devant l'entrée. J'essaie de rester calme, de me rappeler comment on fait. J'ai pas eu à tirer depuis que les parents sont partis et avant... C'était juste pour s'amuser. Là, c'est sérieux. J'ajuste mon tir, comme d'habitude, sauf que mes mains tremblent. J'entends quelqu'un jurer de l'autre côté. Torby est parti à l'étage, le froussard. Je ne peux vraiment pas compter sur lui si des vivants débarquent ! La porte accuse un violent coup, puis un second.

Au troisième, elle cède. Je sursaute. J'aperçois une silhouette qui cherche à s'engouffrer dans l'embrasure. Je ne réfléchis plus. Je tire aussitôt. La détonation me perce les tympans après autant de temps à rester dans le silence. Je ne sais pas si j'ai touché ma cible. Le fusil s'est incliné vers le haut et le recul de l'arme vient de m'envoyer bouler. Je trébuche contre les premières marches de l'escalier et me rétame, sans vouloir lâcher l'arme. J'ai plus qu'une boule au ventre, et ce sentiment qui ne m'a pas quitté depuis des mois de solitude : La peur.

... Et merde !
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MessageSujet: Re: [Flashback] 1, 2, 3 ... T'étais forcé de monter à 4 ? [Livre I - Terminé]   Mer 5 Aoû - 19:05

"Promets-moi que tu iras le chercher Ethan. Promets-le moi."

Je suis pas du genre à promettre quoi ce soit, bien au contraire. Je ne suis même pas du genre à me contenter de dire à une fille que je la rappellerais, même si c'est pas vrai, ne serait-ce que pour avoir la paix. Je mens souvent, je baratine quand c'est nécessaire mais je ne m'engage pas. Jamais. On sait pas ce qui peut retomber sur le coin dans la gueule quand on fait ça.

Alors pour les promesses, c'est pareil. Mais là, je sais pas, il y avait un accent désespéré dans la voix de mon père et j'ai soufflé à contrecoeur un "c'est promis p'pa" avant que la ligne ne se coupe, assez brusquement d'ailleurs. J'avoue, ça fait un bail que je suis pas allé voir le paternel. On a renoué et tout hein, mais je sais pas, je me sens pas trop à mon aise dans sa petite famille parfaite où tout semble aller bien. On pourrait croire que je suis jaloux, c'est peut-être un peu le cas mais bon, plutôt que d'y aller et de faire la gueule, je préfère les voir le moins possible.

Et voilà comment je me retrouve devant les marches de cette vieille bicoque que je connais par cœur même si j'essaie parfois de l'oublier. Je jette un coup d'œil à ma voiture qui semble sur le point de rendre l'âme si je lui demande de faire un kilomètre de plus. Faut dire qu'elle a bien morflé ces dernières semaines alors que je traversais la moitié d'un pays qui avait un arrière goût de fin du monde. Et je suis un peu comme elle à bien y réfléchir. J'en peux vraiment plus et, si je pouvais, je dormirais bien trois jours d'affilée. Faut dire que je pensais pas que les choses se passeraient comme ça quand j'ai quitté mon appartement un peu les mains dans les poches.

Je suis du genre à soigneusement éviter les prises de tête et, à chaque fois que la télé parlait de ce qui se passait, je l'éteignais et j'avais bien fait en sorte de ne pas écouter les gens qui commençaient à paniquer. De toute façon, les gens stressent pour un rien. Mais là, en fait, j'avoue que bon, ils avaient peut-être pas tout à fait tort. Entre les zombies et la panique général, c'était un sacré bordel. J'ai même cru que je n'arriverais jamais à bon port.

Et pourtant, j'ai réussi. La ferme a l'air totalement abandonnée. Plus aucun animal ou presque. J'ai cru entendre quelques poulets mais j'ai quand même un doute. J'ai peut-être rêvé tellement je m'attendais à les entendre, je sais pas trop. Y a pas un mouvement dans la maison et, l'espace d'un instant, je me dis que le mioche doit même pas être là. Il a probablement été ramassé par l'armée, des voisins, des témoins de Jeovah ravis de voir que leur fin du monde arrivait vraiment et à la recherche de nouveaux disciples, une connerie dans le genre quoi. Mais bon, avant de faire demi-tour, faut que je sois sûr de mon coup.

Alors que je monte les escaliers, je fronce les sourcils, me demandant ce que je vais faire si je le trouve pas. Même si je le trouve d'ailleurs. Retourner chez moi ? Pourquoi faire ? J'ai quelques idées qui commencent à émerger, sans bien avoir de plan précis. J'y réfléchirais à tête reposée, quand je serais plus complètement claqué. Je pose ma main sur la poignée et la tourne. Mais rien du tout. Elle est fermée à clé.

"C'est bien ma veine. Deux mois de route pour être arrêté par une porte fermée. Dans le genre épique, tu te poses là Ethan."

Je sais pas pourquoi j'ai parlé à voix haute en fait et j'ai même sursauté en entendant le son de ma voix, plus rauque que d'habitude. Faut dire que ça fait plusieurs jours que j'ai parlé à personne et je me rends compte, l'espace d'un instant, que j'ai cruellement besoin de voir des humains, des vrais. Des gens pas cinglés qui essaient de t'arracher des mains un pauvre paquet de chips ou qui te tirent dessus parce que tu as passé le pas de la porte du magasin pour te trouver un truc à manger. Je recule d'un pas et je souffle alors, un ton plus haut.

"Eh ! Oh ! Y a quelqu'un ?"

Bon, évidemment, personne ne répond. Ca aurait tellement plus simple. Alors, au lieu de chercher à réfléchir, on va dire que j'ai l'excuse de la fatigue, je commence à mettre un coup d'épaule dans la porte, pas convaincu du résultat. Pourtant elle bouge bien alors, je retente.

Après trois essais, j'arrive à défoncer cette foutue porte qui sort enfin de ses gonds. Dire que je me souviens avoir passé des heures à la poncer quand p'pa l'avait changée. Je rentre, totalement essoufflé, et je sais pas par quel miracle j'arrive à esquiver le coup de fusil qui m'accueille dès que je passe la porte.
Il me faut bien quelques secondes pour comprendre ce qui se passe et mon regard scrute la pièce à toute vitesse avant qu'il ne tombe sur un pauvre gamin effondré sur les marches.

"Mais bordel, ça va pas de tirer sur les gens comme ça ?"

Je fais deux pas et je m'arrête devant lui, secouant la tête avant de m'arrêter à portée de main. Mais, je sais pas pourquoi, j'ai comme l'impression qu'il hésiterait pas à faire feu une nouvelle fois.
Et, dans son regard, je lis ce que j'ai pu croiser dans les yeux de bien des gens sur la route ces derniers jours, cette espèce de peur qui pourrait tout faire basculer. Alors, j'hésite pas et j'arrache l'arme des mains du petit. Bien évidemment il ne se laisse pas faire, sinon ce serait trop facile. Mais bon, faut pas oublier qu'on a pas tout à fait le même gabarit et j'ai pas à lutter bien longtemps.

Et puis, peut-être parce que je suis un peu, mais alors juste un peu énervé parce qu'il vient d'essayer de me tuer, et peut-être aussi pour le calmer - ou alors ça c'est juste pour me donner bonne conscience - je lui assène un coup sec avec la crosse du fusil pour le mettre KO.

Ce bon vieux fusil paternel. Des années que je l'avais pas vu tiens.

Je pousse alors un profond soupir et je me laisse tomber à coté du gamin dans les vapes avant de lâcher, me massant la nuque.

"Quelle merde."

Bon, au moins, il est en vie. Et moi aussi. Pour le moment.
Va pas falloir tarder à repartir. On pourra pas rester là. J'ai vu trop de zombies dans les parages pour qu'on soit tranquilles. Et j'arrive même pas à piger comment il a pu rester ici aussi longtemps. Mais là, j'en peux juste plus.
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MessageSujet: Re: [Flashback] 1, 2, 3 ... T'étais forcé de monter à 4 ? [Livre I - Terminé]   Jeu 6 Aoû - 12:53

Je reconnais cette voix. Je n'en suis pas si sûr, mais elle m'est vraiment familière. J'ai un élan d'espoir et je peux pas m'empêcher d'y croire, une toute petite seconde... Que ce soit lui qui soit revenu.

- P'pa ?

Ca m'a échappé. J'ai pas réfléchi. Je suis bête... C'est pas lui, c'est sûr. Je marque un temps d'arrêt pour tenter de comprendre dans quelle merde exactement je me trouve. Je croise son regard. C'est pas vrai... Mais qu'est-ce que ce con peut bien foutre ici ?

Il se rapproche en deux pas rapides. Je viens de tenter de lui tirer dessus et il doit être vraiment, mais vraiment bien remonté là. Je suis un peu gauche avec le fusil. J'essaie de me reculer et mon dos bute contre les marches. Je recharge, d'un coup de pompe. On sait jamais, que ça tourne vraiment mal pour moi là...
Mes mains tremblent sur l'arme. Je sais plus ce quoi je dois faire. J'ai laissé passer ma chance, Ethan vient de me l'arracher des mains en manquant de me soulever avec. Je fais vraiment pas un pli face à lui. Je m'accroche, même si je suis fichu. Le coup de crosse me prend totalement au dépourvu. Je vois des étoiles dans mon champ de vision, une douleur assourdissante contre ma tempe... Et plus rien. Je retombe, inconscient.

C'est la douleur qui me revient en premier, accueillant mon réveil. Je gémis. Je bouge à peine. Je réalise avec soulagement que, si j'ai mal, c'est que je suis encore en vie. Je rouvre les yeux et aperçois un bout de jambe contre lequel repose le fameux fusil. Et merde. Merde !
Les miennes me portent aussitôt. Je trébuche à moitié dans l'escalier quand il tente de se relever pour me retenir. Je suis plus rapide, ces derniers temps encore plus qu'avant. Je file à la vitesse de l'éclair, sans réfléchir. Je fais ce qui me paraît le plus logique dans l'instant. Je cours me barricader dans ma chambre.

- Lâche-moi... Dégage !

Je ne reconnais pas ma voix, avec cette inflexion enrouée et brisée. Ouais, il me fait peur. Ca aurait pu être un Zack que ça m'aurait fait le même effet. Sauf que, il a beau être un raté, il reste un peu plus intelligent et fort qu'eux... Alors c'est pire ! Je sais ce que diraient les parents. C'est ton frère, sois gentil avec Zak' ... Il n'a pas eu une vie facile. Bla bla bla. Il vient de m'exploser le crâne à coup de crosse !
Je verrouille la porte et cale mon dos contre le bois. Je ramène mes genoux contre moi et reste dans cette position, encore haletant. J'entends Torby, sûrement aussi à l'étage, qui hurle doucement. Il a horreur que je ferme les portes. On est constamment ensemble en ce moment. Mais là, même pour lui, j'ouvrirais pas. En plus, il est pas venu m'aider ce traître... Juste parce que c'est Ethan ! J'essaie déjà de respirer calmement, de me reprendre un peu. Il faut pas que je craque maintenant.

Peut-être que je devrais être content de revoir mon frère, mais c'est pas le cas. On s'est vu quoi... Trois fois à tout casser, depuis deux ans ? Et avant ? Il en avait rien à foutre de moi. Ca se trouve, il est juste passé là pour piller, chercher sa copine ou je sais quoi. Je comprends vraiment pas ce qu'il fout là. Et surtout...
Surtout, c'est pas lui que j'attendais. Je voulais voir les parents passer le seuil de la porte. Je voulais juste que m'man me prenne dans ses bras, que p'pa m'annonce que c'était terminé et que tout irait bien maintenant. Putain... Je déglutis avec peine. J'ai la gorge serrée. Je pose mon front contre mes genoux et je les entoure de mes bras. Je reste comme ça, à attendre que ça me passe.

En fait dans l'histoire, c'est moi le con.
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MessageSujet: Re: [Flashback] 1, 2, 3 ... T'étais forcé de monter à 4 ? [Livre I - Terminé]   Ven 7 Aoû - 15:12

J'avoue, qu'il me confonde, même une demie seconde, avec notre père, a eu le don de me faire bugguer un peu. Et pourtant, si je prenais le temps de me regarder avec attention dans un miroir, je me rendrais compte que je commence à vraiment lui ressembler. Et on a le même ton de voix aussi, il a fallu les quelques mots du gamin pour que je le réalise.

Ca ne m'empêche pourtant pas de lui arracher l'arme des mains et de lui en coller une. J'aurais pu taper moins fort, c'est certain, mais j'aurais aussi pu faire largement pire. Bon je me dis ça pour me donner bonne conscience une fois de plus probablement, mais je suis plus à ça près. Je m'adosse contre un mur, jetant un regard au petit dans les vapes et, à mesure que passe le temps dans un silence pour le moins agréable, je finis par piquer du nez petit à petit. J'ai pas vraiment le temps de m'endormir que je sursaute, le gamin se relevant à toute allure et manquant de s'écrouler dans les escaliers.

Je tend la main pour le retenir mais il se débat violemment et il file plus vite que l'éclair. Je le suis tant bien que mal, essayant de me réveiller autant que possible avec un succès plus ou moins relatif. Je suis totalement embrumé, faut dire que pour le coup, l'épuisement a bien repris ses droits quand j'ai fait ce fichu break sur le parquet.

J'arrive juste à temps pour le voir se barricader dans sa chambre. La mienne est juste à coté. Je me demande ce qu'ils en fait depuis le temps. J'hésite quelques secondes avant d'ouvrir la porte et de soupirer profondément. Mon père est un foutu sentimentaliste et il n'a absolument rien toucher. C'est comme si j'étais parti hier, un truc de dingues.

Je la referme doucement, restant quelques secondes la main sur la poignée sans bien savoir quoi faire. Pourquoi je suis revenu dans cette baraque déjà ? J'ai l'impression de courir après des fantômes. Pas étonnant que le gamin se soit barricadé.

Je finis par me décider et par frapper à la porte du petit assez fortement pour qu'il ne puisse pas faire comme s'il ne m'avait pas entendu.

"Zakariah, ouvre cette putain de porte !"

J'attends quelques secondes et je soupire profondément avant de tourner le dos, m'arrêtant quelques secondes alors que je remarque du mouvement dans le couloir. Je me tends bien évidemment avant d'entendre le gémissement d'un chien. J'esquisse un sourire sans pouvoir m'en empêcher et je tends la main dans sa direction.

"Hey, mon brave Torby, tu te rappelles de moi hein ?"

Et le chien de se précipiter dans ma direction, manquant de me faire tomber et je lui tapote la tête alors qu'il finit par se calmer plus ou moins, continuant quand même de tourner autour de moi en remuant joyeusement la queue. Je lui gratouille le museau avant de frapper une nouvelle fois à la porte de la chambre, sans succès. Lâchant un soupir, je me retourne et je commence à m'éloigner avant de lâcher, en direction du chien.

"Je sais pas toi Torby, mais moi j'ai la dalle."

J'ai parlé assez fort pour que le gamin puisse m'entendre et nous rejoindre s'il en a envie. S'il décide de se faire la malle par la fenêtre, il sera obligé de passer devant celle de la cuisine. Je l'ai fait assez souvent pour connaitre le coin par coeur et ne pas être surpris de ce qu'il fera.

Je descends alors et je commence à fouiller dans la cuisine. Il y a un tas de boites de conserve un peu partout et je vois que le petit a récupéré la vieille glacière pour essayer de garder quelques trucs au frais tant bien que mal. J'attrape une pomme et je croque dedans, me demandant s'il y a encore des réserves dans la cave.

C'est pas vraiment la saison mais je sais que le paternel avait toujours un sacré stock. En cas de fin de monde. Cette idée le faisait passablement marrer mais je me demande quelle tête il ferait en voyant ce qui se passe. Enfin, quelle tête il doit faire.

Faut que j'arrête de penser à lui au passé, si ça se trouve il va très bien mais il est juste coincé quelque part. Et il n'est pas devenu un des ces zombies.
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MessageSujet: Re: [Flashback] 1, 2, 3 ... T'étais forcé de monter à 4 ? [Livre I - Terminé]   Sam 8 Aoû - 1:21

Quand il frappe à la porte, j'ai l'impression qu'on m'attaque le crâne à coup de marteau. Je me retiens d'émettre le moindre son. Ca risquerait de lui faire plaisir, ça se trouve. Je pose mon avant-bras sur ma tempe, avant de tâter plus franchement, du bout des doigts, en grimaçant. On dirait que c'est gonflé. Je parie que ça a déjà viré au bleu-noir, que je vais avoir un bosse ou que ça va s'étendre jusqu'à l'œil, va savoir. Je souffle. Il m'énerve.

- Va te faire foutre !

Je suis profondément vexé quand j'entends Torby lui faire la fête comme à tout membre de la famille. Dire que je comptais sur lui pour le faire décamper... Peine perdue. Pourtant, c'est un chien de berger quand même, il a été éduqué pour faire fuir toutes menaces extérieures ou autres. Mouais... Il a pas l'air d'avoir compris que, un mec qui défonce la porte d'entrée, est pas franchement le bienvenue. Ca se trouve, il s'est gouré au son de sa voix, comme moi. Pauvre Torby, totalement abusé.

Je relève la tête quand il parle de bouffe. J'avoue... Je suis un peu intrigué. J'espère qu'il parle bien de la sienne, et pas du peu qu'il me reste dans les placards. J'ai plein d'exemplaires de boîtes de conserves d'haricots ou de lentilles... Dont je fais une totale overdose. Et les fruits du jardin bien sûr, heureusement que c'est encore la saison. Il y a bien que Torby qui ne manque de rien, tellement les croquettes pour chien sont peu prisées. Enfin, qui sait, bientôt on en sera peut-être réduit à manger comme lui pour survivre.
J'affiche une mine dégoûtée et me décide à me lever. Merde. J'ai oublié la Gameboy en plein milieu du passage, sur le tapis. Je peux même pas me remettre à mes jeux pour me calmer. Je m'avance vers la fenêtre pour vérifier que les Zack se ramènent pas, avec tout le boucan qu'on a fait. J'en vois quelques uns, mais vraiment très loin. J'ai eu du bol... Ou pas. S'ils avaient envahi l'étage inférieur, je serais au moins débarrassé d'Ethan non ? Oh je sais déjà ce que diraient les vieux, de pas prendre des choses pareilles à la rigolade. Ouais, bien sûr. Enfin... Je rigole peut-être pas. Je suis vraiment en rogne contre lui.

Je laisse filer un petit temps avant d'entrebâiller la porte, histoire de m'assurer que je ne l'entends plus à l'étage. Je suis accroupi, presque à quatre pattes, quand je sors pour regarder depuis la rambarde de l'escalier. J'ai pas vraiment envie qu'il me voit. Je me rends vite compte que mes possibilités sont limitées. Si je décide de descendre l'escalier et me sauver par la porte pendant qu'il a le dos tourné... Je vais avoir un sacré bout de chemin à faire, alors qu'il va s'y attendre. Si je prends par la fenêtre de ma chambre, il va me voir direct depuis en bas, donc pas mieux. Je peux peut-être aller discrètement dans celle des parents et... C'est moi où il est vraiment à piller tous mes stocks, en fouillant les placards ? Putain quel enfoiré !

J'abandonne tous mes beaux projets d'évasion pour débouler comme un beau diable depuis l'escalier, jusqu'à me planter devant lui. Je dois avoir une sale tronche après le coup de crosse qu'il m'a décoché, mais je m'en fiche. Ca m'empêche pas de redresser la tête pour le fusiller du regard, même s'il fait presque deux fois ma taille.

- Alors c'est ça que t'es venu faire ici, sérieux ?! Genre, normal. Te servir comme ça ... Et piller tous nos stocks pendant que t'y es ? Ca valait vraiment pas le coup de te donner autant de mal juste pour le peu qu'il me reste ! Il y a rien pour toi ici, alors dégage ! T'as qu'à prendre le flingue si tu veux, mais laisse moi tranquille bordel !

J'ai à moitié crié. J'aurais pu continuer, mais j'aime pas l'intonation que ma voix prend. Elle a cet élan désespéré qui me plaît pas, à moitié cassée et enrouée. Je fais bien que murmurer à Torby ou à moi-même ces derniers temps, alors crier... Ca me tire déjà sur les cordes vocales.
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MessageSujet: Re: [Flashback] 1, 2, 3 ... T'étais forcé de monter à 4 ? [Livre I - Terminé]   Sam 8 Aoû - 17:29

J'entends sa réplique alors que je m'éloigne déjà de la porte, Torby à mes cotés. Je souffle en direction du chien, d'un ton dépité.

"Bordel, sont malpolis les jeunes de nos jours, je te jure. T'y crois toi ?"

Le chien se contente de remuer sagement la queue dans sa grande sagesse canine et de me suivre dans la cuisine d'un pas sautillant.

Après avoir fouiné un peu, je pose une pauvre boite de lentilles sur la table et je lance une pognée de croquettes en direction de Torby, visiblement ravi de cette petite attention. Je l'observe distraitement, empli brusquement d'une nouvelle vague de nostalgie alors que je me retrouve brusquement plongé quelques années en arrière. C'est tellement idiot que ce soit de la nostalgie alors que j'ai tout fait pour me barrer de là, que je supportais plus cet endroit et que je n'ai jamais regretté mon départ. Mais c'est peut-être l'effet fin du monde, ou je sais pas trop comment on peut appeler cette apparition de zombies partout ou presque.

Enfin, j'en viens presque à me dire que les choses auraient été plus simples si j'étais resté là. Mais comme on peut pas vraiment refaire le passé, ou plutôt que j'en ai pas du tout envie autant être honnête, je finis par soupirer et par me mettre à la recherche d'un ouvre-boite pour mon petit trésor du jour. Je ne sais même plus de quand date la dernière fois que j'ai fais un vrai repas. Enfin si, maintenant que j'y pense, c'était juste avant ma première rencontre avec un zombie. J'ai même tout gerbé, heureusement que personne n'était là pour voir ça. Un vrai gâchis, ce burger était tellement bon.

Allez savoir pourquoi, ça me dégoûte suffisamment pour que j'ai plus envie de manger, même des lentilles. C'est peut-être pour ça que je me contente de grignoter au lieu de faire des vrais repas. Surtout si la même pensée revient à chaque fois. Pourtant, je continue de chercher l'ouvre-boite, pour m'occuper plus qu'autre chose.

Je dois ouvrir à peu près un milliard de tiroirs avant de tomber dessus et j'ai un sourire malgré moi. Ca doit faire genre quinze ans qu'il a acheté de foutu ouvre-boite ou un truc dans le genre. Je me demande l'espace d'un instant pourquoi ce souvenir se fait aussi vivace. C'est juste un ustensile de cuisine comme un autre en fait. Mais, à mesure que la mémoire me revient, je me rends compte que non. C'est le symbole du jour où mon père a commencé à revenir à la vie. Il était parti en ville et il est revenu avec le sourire. Une expression que j'avais totalement oubliée.
Tout ça parce qu'il avait fait la connaissance d'une demoiselle charmante comme tout à la quincaillerie. Tu verras Ethan, tu vas l'adorer… Elle pourrait venir manger à la maison un jour… Ca te plairait qu'Ashley vienne vivre avec nous ? Et puis…

L'arrivée du gamin me ramène brusquement au présent. Je cille et je me frotte la nuque avant de souffler, à mi-voix.

"Parle moins fort. Sauf si tu veux faire rappliquer tout le quartier. Et j'imagine que tu sais que le quartier est pas devenu hyper fréquentable."

Ca me fait penser qu'il faudrait que je remette la porte en place tiens. Avant qu'on ait une mauvaise surprise. Mais, en attendant, je me penche vers lui, agitant l'ouvre boite, sans cacher mon agacement.

"Tu crois vraiment que ça m'a éclaté de me taper des semaines de route alors que les gens se mettent sur la gueule de tous les cotés ? Que j'ai aimé shooter des zombies à coup de pelle alors qu'ils étaient à deux doigts de me bouffer ? Que j'aurais fait tout ça pour une pauvre boite de lentilles dégueulasse ?"

Mon ventre s'est mis à gargouiller alors que je parle. Bon, ok, niveau crédibilité, ça se pose mais là mais je fais pas attention alors que je continue, d'un ton plus sec.

"Tu sais pourquoi je suis venu ? Parce que p'pa me l'a demandé. Et je lui ai promis."

Je lui dépose brusquement la boite de conserve sous le nez.

"Et je tiens toujours mes promesses. Même si j'en ai foutrement pas envie."

J'hésite un instant, me demandant si je dois préciser que je le fais d'autant plus quand la personne est morte mais je croise à nouveau son regard et je préfère m'abstenir.
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MessageSujet: Re: [Flashback] 1, 2, 3 ... T'étais forcé de monter à 4 ? [Livre I - Terminé]   Dim 9 Aoû - 13:19

Je viens de me chopper une migraine de folie en m'excitant tout seul. Je couvre ma tempe d'une main, l'expression contrite alors que ça continue de me lancer et de me marteler le crâne. J'aurais bien continué de lui crier dessus dans le cas contraire, mais ça me donne pas envie de me calmer pour autant. Sérieusement ... Il trouve encore le moyen de me faire la leçon ?

- Tu viens de défoncer la porte d'entrée, connard ! C'est sûr qu'ils vont rappliquer et on pourra rien y faire !

Quand il se penche vers moi, j'ai un mouvement instinctif de recul. C'est juste un ouvre-boîte qu'il m'agite sous le nez... Mais j'en sais foutrement rien moi. On peut faire mal même avec un ouvre-boîte non ? Et s'il lui prend encore l'envie de me frapper ? Je cherche le fusil du regard. Je recule encore un peu. Torby étouffe un aboiement à côté, relevant la tête de ses croquettes pour nous regarder. Il a horreur quand on crie, ça le rend même parfois agressif... Et envers tout le monde.

J'ai pas le temps de lui demander ce qui l'a poussé à se pointer. Il fait très bien les questions-réponses tout seul. Quand il dépose la boîte de conserve, je la reprends aussitôt, juste par principe. J'ai pas envie de lui laisser quoi que ce soit qui m'appartient. Ici c'est chez moi, et ça a jamais été chez lui... Pas depuis que je suis né en tout cas. C'est pas à moi de partir.
Je fronce les sourcils, peu amène, quand il évoque p'pa. J'ai vraiment envie de lui jeter à la figure maintenant, mais j'ai trop peur qu'il m'en refoute une, encore plus violente. Je suis sûr qu'il a déjà fait de la taule pour agression ou quoi... C'est qu'un pauvre type.

- N'importe quoi ! Pourquoi il t'aurait demandé ça d'abord ? Ils sont en route, avec m'man. C'est juste que c'est compliqué depuis l'aéroport et... Et puis il m'a jamais dit que t'allais te ramener ! Il sait très bien qu'on peut pas compter sur toi... 'Me prends pas pour un con ! Tes promesses, tu t'torches le cul avec !


Je le crois pas... Même pas un instant. Mais je comprends toujours pas ce qu'il fout là. Pourquoi ce sont pas les parents qui sont là... Alors où ils sont ? Et même s'ils lui avaient vraiment demandé, c'est depuis quand ? Je tourne le regard vers le téléphone, qui est resté là sans tonalité depuis plusieurs semaines déjà. Ils auraient dû me rappeler. J'ai pas arrêté de laisser des messages... C'est juste pas possible qu'ils aient pas répondu pour le contacter, lui, le raté.

Je cours pour prendre le combiné. Je pose la boîte de conserves à côté. Je regarde, on sait jamais. Ca se trouve, j'ai raté un truc c'est tout. Il a du mal à fonctionner des fois, surtout en ce moment. Mais rien, il y a pas de nouveaux messages. Rien qui s'affiche à l'écran tout court.
Je me retourne pour le regarder. J'ai pas trop envie de lui tourner le dos. Et Torby qui se ramène, les oreilles pointées en avant, l'air de se demander ce qui se passe. Je me baisse vers lui pour lui caresser l'encolure. Je sais pas trop lequel de nous deux a le plus besoin d'être rassuré, mais je suis content qu'il soit là. Qu'il ait pas choisi l'autre. Je l'aurais mal supporté.

- Tu vois ? Tu dis juste que des conneries. Il a pas encore rappelé p'pa. Alors dégage de là, Torby et moi, on veut pas de toi c'est tout ! On s'en sort très bien tous les deux, ok ?

Ca m'énerve, parce que j'ai pas l'air super convaincu quand je dis ça. Mais j'ai pas trop le choix, je dois attendre les parents. Lui, il a qu'à aller où il veut.
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MessageSujet: Re: [Flashback] 1, 2, 3 ... T'étais forcé de monter à 4 ? [Livre I - Terminé]   Lun 10 Aoû - 15:28

J'ai un sourire en coin alors qu'il commence à s'énerver tout seul encore une fois. J'ai pas l'envie ni l'énergie de le remettre en place alors je ne dis rien durant quelques instants. Il a l'air d'avoir un caractère plus ou moins semblable au mien, au même âge en tout cas et c'est pas forcément un compliment pour lui.

"Je vais la réparer la porte t'en fais pas. Et y a personne dans le coin. C'est mort de chez mort."

Maintenant que j'y pense c'est même louche que ce soit aussi calme. Je fronce les sourcils, m'apprêtant à lui poser quelques questions avant de m'arrêter net en voyant la mine qu'il aborde. Et puis, de toute façon, je lui demande ça comment ? Dis-voir frangin, t'as eu beaucoup de zombies qui ont toqué à ta porte ?
Ce sont eux qui ont mangé le bétail ? Ou des humains totalement cinglés prêts à manger du poulet cru plutôt que de mourir de faim ?
Mouais, je sais pas pourquoi, mais je le sens pas hyper open à la discussion.

Je secoue brièvement la tête et je reporte mon attention sur le gamin qui a un mouvement de recul devant mon geste. Je l'écoute et j'ai toutes les peines du monde à garder mon calme. Pour le coup, j'ai qu'une envie, c'est de me tirer sans même me retourner.
Oh, et pourquoi pas en fait ? Il a pas envie que je sois là c'est évident. Et je peux pas vraiment lui reprocher. On est pas vraiment ce qu'on pourrait appeler particulièrement proches. Si j'ai changé ses couches quand il était morveux, le premier souvenir qu'il a de moi doit dater de quoi ? Deux ans ? Trois ? Je sais même plus en fait.

Je lâche alors, d'un ton un peu plus sec que je l'aurais voulu mais impossible de m'en empêcher. Je me sens un peu acculé avec ses questions, d'autant qu'il se contente de dire tout haut ce que je me suis demandé pendant que je faisais le trajet pour venir jusqu'ici.

"Et pourquoi il ne me l'aurait pas demandé ?"

J'ai pas le temps d'en dire plus qu'il se précipite en direction du téléphone, comme s'il prouvait prouver par A + B qu'il a raison et que je raconte n'importe quoi. Torby s'agite un peu entre nous. Il doit ressentir la tension mais il sait pas vraiment quoi faire le pauvre clébard. Quand il voit que rien n'a changé, il ne semble pas trop savoir quoi faire.

Je me rapproche de lui, précautionneusement et je me penche pour être à sa hauteur. Il est grand pour son âge. Je crois. Il a l'air grand en tout cas. Enfin bref. Je toussote un peu et j'essaie de répondre aussi calmement que possible, pour essayer de lui faire comprendre ce qui se passe. C'est pas simple vu que moi, je pige pas trop non plus pour être totalement honnête.

"Zak… depuis quand le téléphone n'a plus sonné ? Quand est ce que tu as eu des nouvelles d'eux pour la dernière fois ? Il m'a appelé il y a des semaines. C'était le chaos derrière lui, j'ai même pas eu le temps de lui demande où il était. Tout ce qu'il a eu le temps de me demander, c'est de lui promettre de venir te chercher."

J'ai les mâchoires qui se contractent et j'ajoute, toujours sur le même ton.

"Tu me connais pas, je sais. Le peu que tu sais de moi est pas glorieux, je me doute aussi. Mais je te garantis un truc. Je tiens toujours mes promesses. C'est pour ça que j'en fais jamais ou presque. Parce que c'est bien le seul engagement que je tiens. Alors je suis venu, c'est comme ça."

Je me relève et je soupire profondément avant de balancer violemment l'ouvre boite contre le mur.

"Et putain, on fait quoi maintenant ?"

J'avoue, j'avais espéré que le paternel serait là avec Zak, que tout irait bien dans le coin. Le gosse affirme qu'il s'en sort, mais pour combien de temps ? Torby se couche entre nous, posant son museau sur ses pattes et laisse échapper un gémissement.

La porte. Il faut que je répare cette foutue porte. Voilà ce qu'on peut faire maintenant. Après on verra. Chaque chose en son temps.
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MessageSujet: Re: [Flashback] 1, 2, 3 ... T'étais forcé de monter à 4 ? [Livre I - Terminé]   Mar 11 Aoû - 14:50

Je ricane. Quelle blague de merde. Il va réparer la porte avant de se barrer, c’est tout ce qui compte. A défaut de se rendre vraiment utile, il répare les dégâts qu’il cause. Enfin s’il se barre bien, hein ? Il faudrait être vraiment débile pour ne pas comprendre.

- Ouais, mais ça pue.

… Dans tous les sens du terme, en fait. Je sais pas trop quoi faire des cadavres à chaque fois, donc ça s’entasse. Puis je me suis demandé s’ils n’évitaient pas la ferme justement avec l’odeur, en pensant que c’était un peu chez eux. Par contre, ils sont de plus en plus nombreux en ville. OldBridge n’aura jamais été aussi peuplé, ironiquement. Je prie pour qu’ils continuent d’éviter ce secteur, sinon je suis mal. Mais le pire, c’est pas vraiment les morts, c’est plutôt les vivants. Je grimace. J’essaie de ne pas y penser. Je suis devenu doué pour ça. En tout cas, tant que j’ai des piles… C’est devenu tellement morne depuis que le bétail est mort. Je regrette presque d’avoir dû m’en occuper tout ce temps comme un grand. Ca n’aura servi à rien en plus.

- Je viens d’te le dire, t’en fais exprès ? On peut pas compter sur toi. Et en plus, tu sais faire quoi ? T’es sûr de pouvoir remonter la porte ? P’pa avait l’air de jamais savoir ce que tu foutais de ta vie. Comment ça se fait que t’aies survécu, en fait ? Genre… T’as fait de la taule en vrai ? J’en étais sûr. C’est pour ça alors ? Pourquoi t’es pas retourné te planquer là-bas ?

Je ne marque même pas un temps d’arrêt entre chaque question. Je m’attends pas vraiment à ce qu’il réponde. Pourtant, quand il s’approche de moi, je me stoppe direct. J’aurais détalé si Torby ne se trouvait pas sur sa route. Je ne suis pas sûr que ça l’arrête, mais bon. Quand il se penche vers moi, il a l’air moins impressionnant d’un coup. Et je m’attendais à ce qu’il me frappe à nouveau, pas à ce qu’il cherche ses mots en me détaillant là.

- Euh…

J’arrive pas à rester énervé, même si je voudrais bien. Je regarde le calendrier affiché dans la cuisine. J’ai entouré en rouge la date en question, mais ça remonte. Alors je suis obligé de le planter à nouveau, pas que ça me dérange c’est sûr, mais juste le temps de tourner la feuille.

- C’était le 6 Juillet. Ca va bientôt faire deux mois… Mais je sais pas trop moi. C’est vraiment loin d’ici New York ? Il m’a pas dit grand-chose dans son message… Et puis il y a plus de courant là alors…

Je l’écoute. J’ai pas grand-chose à lui répondre. Ouais, je le connais pas. Ouais, le peu que je sais de lui craint à mort. Et les promesses qu’il fait… Ben j’en sais rien en fait. Comment je pourrais ? Il était jamais là. Tellement que, quand j’étais petit, j’arrêtais pas d’en rigoler, en disant qu’il y avait une chambre entière pour le fantôme. Je croyais que c’était hanté ou un truc comme ça. J’ai même cru que j’allais avoir un petit frère. Ca énervait les parents, parce qu’ils ne trouvaient pas que c’était drôle. Donc il me parlait de lui, pour m’expliquer, à chaque fois… Sauf que, quand je leur demandais ce qu’il faisait dans la vie, s’il avait une autre famille que nous ou s’il voyageait beaucoup, ils savaient rarement me répondre. Du coup, j’avais compris qu’il faisait de la taule, et p’pa m’avait gueulé dessus quand je l’ai dit tout haut. Alors ses promesses, qu’est-ce que j’en sais ?

J’hausse les épaules. Quand mes potes me parlent de leur frère ou de leur sœur, ils ont toujours plein d’anecdotes comiques à raconter. Même qu’ils passent pas mal de temps à se chamailler pour rien… Il fallait bien que j’invente un peu, non ? Histoire de combler les trous. J’aurais bien voulu avoir autant à raconter qu’eux, tout simplement.

- Non, je te connais pas. Ok… T’es venu. Parce qu’ils t’ont demandé… J’ai compris. Mais ce que je comprends pas c’est pourquoi c’est toi qu’est là… Et pas eux. C’est juste…

Je sursaute, quand l’ouvre-boîte percute le mur. Je m’arrête à nouveau de parler. Je le regarde avec de grands yeux ahuris, les mains crispées sur le calendrier. Je le repose lentement au-dessus de l’évier. Ok. Il me fait vraiment flipper. Je ne bouge pas, jusqu’à ce qu’il se décide à retourner vers l’entrée. J’ai un soupir de soulagement quand je pense qu’il va seulement partir, là, de suite. Puis je me souviens de la porte à réparer et je réalise. Non, c’est plutôt l’inverse.

- Et… Tu comptes rester en fait ?

Je brûlais d’envie de lui demander. C’est la seule question à laquelle une réponse m’importe vraiment au final. Je reste en retrait, à le regarder. Je viens de repérer du regard le couteau dont je me sers tout le temps, juste au cas où. Le monde est devenu fou, alors pourquoi pas lui aussi ?
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MessageSujet: Re: [Flashback] 1, 2, 3 ... T'étais forcé de monter à 4 ? [Livre I - Terminé]   Ven 14 Aoû - 11:34

J'arque un sourcil alors qu'il ricane, réalisant que ce que je viens de dire pourrait effectivement passer pour une blague de très mauvais goût. Mais, malgré mon humour décapant et qui a un succès sans faille, c'était pas le cas. Je suis vraiment intrigué de voir à quel point le coin est totalement désert. A sa remarque, je renifle et je fronce les sourcils. Marrant comme j'ai pu m'habituer à cette vague odeur de pourri qui flotte constamment dans l'atmosphère. J'ai même fini par l'oublier à force mais, maintenant qu'il en parle, elle me revient en pleine gueule.

D'un coup, j'ai envie de gerber et il faut que je prenne une profonde inspiration pour me retenir. Je me focalise sur le petit dont le débit de paroles a le don de m'étourdir. Putain, je parlais autant à son âge ? A dire vrai, je réponds même pas vraiment et je me rapproche de lui pour l'interroger sur la dernière fois où il a eu des nouvelles des parents. Ma question semble faire tilt et il va chercher un calendrier alors que j'attends tranquillement, grattouillant la tête de Torby.

"Je l'ai eu au téléphone le lendemain. Et j'ai mis presque deux mois à venir ici. Peut-être qu'ils vont arriver, j'étais pas aussi loin qu'eux."

Ou peut-être qu'ils sont morts, en quarantaine, en train d'essayer de bouffer le cerveau de quelqu'un. J'en sais rien du tout et j'avoue qu'en fait, je sais pas vraiment si j'ai envie de savoir.

"Ca fait combien de temps que t'as plus de courant ? Même le générateur est mort ?"

En même temps, je sais même plus s'il fonctionne encore. Et, même si on arrive à avoir du courant, m'est avis que les lignes de téléphone ne fonctionnent plus ou que personne ne sera là pour répondre à l'autre bout du fil. Et de toute façon, on appellerait qui ?

J'écoute même pas ce qu'il raconte tellement je me sens en colère. Quel plan pourri de me refiler la surveillance du gamin. Je vais en faire quoi moi ? Déjà que je sais même pas quoi faire de moi, je vais quand même pas l'embarquer sur les routes avec moi non ?

Alors, au lieu de répondre, je fouine dans le placard de l'entrée et j'ai un sourire dépité en voyant que la boite à outils est toujours à la même place. Elle a pas bougé depuis 20 ans. Bon, ça a un coté pratique, surtout quand on habite plus là depuis quoi ? 10 ans ? Plus peut-être, je me rappelle même plus en fait.

Je la dépose par terre et je regarde la porte en grimaçant. Je l'ai juste fait sortir de ses gonds ou j'ai fait plus de dégâts ? Je pensais même pas être en état de faire ça en fait, c'est marrant. Enfin, marrant, pas tant que ça, si les Z. arrivent c'est pas une pauvre moustiquaire qui va les bloquer. Des fois, faudrait vraiment que je pense à réfléchir avant de faire des conneries.

Le penne est cassé, je crois. Je commence à le dévisser pour voir si je peux le re-débloquer et je jette un regard en direction du gamin qui vient de me poser une énième question. Pour toute réponse, je me contente de soupirer longuement avant de répondre à totalement autre chose.

"Je sais réparer cette porte. J'ai aidé à la fabriquer. Comme un tas d'autres conneries dans cette baraque. C'est pas parce que tu me connais pas que je connais pas le coin. J'y ai vécu plus longtemps que toi, l'oublie pas. Et j'ai pas fait de taule, j'ai… voyagé. Beaucoup. Et je bossais à l'étranger. C'est pour ça que p'pa savait pas vraiment ce que je faisais ni où j'étais."

J'ai pas trop envie de lui raconter ce que j'ai pu faire pour gagner ma vie mais ce serait toujours mieux que de savoir si je reste ou pas. Au moins, c'est quelque chose dont j'ai la réponse. Alors que là…

Je laisse filer un instant de silence avant de finir par lâcher, à mi-voix.

"Et pour le reste… j'en sais rien."

Peut-être qu'ils vont débarquer dans quelques jours, allez savoir. Et qu'ils sauront quoi faire. Plus que moi en tout cas. Je pourrais les attendre, avant de repartir à mon tour je sais pas où. Je me rends compte que je me raccroche à cette idée comme un naufragé à son bout de bois. Et c'est franchement pas une bonne idée.
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MessageSujet: Re: [Flashback] 1, 2, 3 ... T'étais forcé de monter à 4 ? [Livre I - Terminé]   Sam 15 Aoû - 0:20

Mon regard s'illumine. Je me sens revivre, subitement. Je dois vraiment avoir des étoiles dans les yeux là, mais impossible de l'ignorer. Les vieux sont en route. Ils étaient un peu plus loin que lui, c'est tout. S'il a réussi à venir jusqu'ici, pourquoi pas eux ? Il y a pas de raison. Il a pris deux mois à venir... Les routes doivent juste être infranchissables.

- C'est vrai ? Tu crois ?

J'attends pas tellement une réponse. J'ai pas besoin d'être rassuré ou quoi. J'ai pas non plus envie d'entendre de sa bouche que, lui, pense que c'est plus le cas. Je reste pas en place. Je suis allé chercher la boîte de conserve pour la remettre dans le placard. Je vérifie rapidement mes stocks, savoir combien de temps je peux encore tenir tranquille en les attendant. Ca devrait le faire... Enfin si l'autre pense pas réellement s'inviter.

- Euh... Trois semaines à peu près. Le générateur fonctionnait, même si c'était pas le top au début... Il est devenu poussif assez vite après. Difficile de trouver ce qu'il faut pour que ça tourne bien, il est dans la grange s'tu veux.

Je me pose dans l'escalier. Je le regarde réparer la porte, depuis là-bas, suffisamment en retrait pour que j'arrive à me détendre un peu. J'ai posé ma tête contre les barres de la rambarde. Je me suis peut-être calmé mais j'ai toujours pas envie de l'approcher.

- Ouais... Plus longtemps que moi, peut-être. Et combien de temps, depuis la fin du monde hein ? Parce que le voisinage, ça a bien changé depuis tu vois. Il a pas fallu longtemps pour que tout parte en délire total, et que, même moi, ben je reconnaisse plus rien, et surtout personne. Et tu faisais quoi à l'étranger ? Des trucs cools ? T'as quand même une gueule d'ancien taulard moi je dis ça hein...

Je me tais à nouveau. Il... En sait rien. Ok. Je retiens pas un soupir d'agacement, parce qu'il m'énerve là, franchement. Je crois pas que je pourrais m'habituer à lui. J'ai pas envie qu'il se croit chez lui non plus. Parce que même s'ils disent tous le contraire, c'est plus chez lui depuis longtemps.
Je repars de l'escalier pour fouiller dans la glacière. Je trouve la bouteille d'eau, mais elle est presque à température ambiante. Ca fera l'affaire, plutôt que des glaçons. J'imbibe une compresse et la pose sur ma tempe en râlant un peu. Je m'allonge dans le canapé, pour attendre que ça passe un peu. Je parle sans élever la voix depuis là-bas. Pas besoin tellement le silence est total...

- Ouais ben... Décide-toi vite hein. Parce que je te passe pas ma bouffe, j'en ai pas assez pour deux d'abord. 'Faudra que t'ailles fouiller le coin tout seul... Va juste pas à la superette du coin quoi. Mais sinon il y a les croquettes de Torby s'tu veux !


Je ricane, mauvais. Elle est à une heure d'ici presque. Il y a quelques maisons plus proches, certainement infestées, mais assez isolées pour que ce soit surmontable. Et puis... Il se démerde en fait. Je veux pas partager. Enfin, je peux pas vraiment. Déjà, je lui file des conseils pour qu'il évite de se faire tuer bêtement là-bas. Je suis presque sympa !
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MessageSujet: Re: [Flashback] 1, 2, 3 ... T'étais forcé de monter à 4 ? [Livre I - Terminé]   Sam 15 Aoû - 19:49

En voyant le visage du gosse s'illuminer à ce que je lui raconte me file mauvaise conscience. J'ai pas envie de lui filer de faux espoirs et de lui faire croire que c'est sûr, que ses parents vont débarquer demain ou après-demain parce qu'en réalité j'en ai pas la moindre idée. Et surtout, s'ils pensaient être capables de venir jusqu'ici, ils ne m'auraient jamais appelé et demander de le faire à leur place.
J'ai pas envie de lui parler du désespoir dans la voix de p'pa quand il m'a arraché cette promesse parce que ça voulait tout dire. Ils n'étaient plus en capacité de quitter l'endroit où ils étaient.

Je me contente alors de souffler, espérant que ça calmera un minimum l'enthousiasme du petit.

"Tout est possible avec ce qui se passe ces derniers temps."

Je lui tourne le dos, me focalisant sur la porte alors que je finis de réajuster le penne. Je joue un peu avec la poignée, ça a l'air d'aller et je me relève, tirant tant bien que mal la porte pour la recaler sur ses gonds. Autant le dire tout de suite, c'est une sacré galère et il me faut bien quelques minutes avant de la remettre en place.
Pendant ce temps-là je fais pas gaffe à ce qu'il me raconte, je vais être honnête et je pousse un profond soupir de soulagement quand je vois qu'elle a l'air de tenir. Je me retourne alors, le cherchant des yeux pendant qu'il s'installe dans les escaliers.

"Le générateur donc ? Ah ouais… euh il doit être plutôt bruyant de toute façon, ça serait plus un nid à emmerdes qu'autre chose. C'est con, ça aurait été sympa un peu d'électricité."

Ouais et puis une bière bien fraiche posé dans le canapé. Tu rêves Ethan, au rythme où vont les choses c'est pas prêt d'arriver. L'espace d'un instant, j'essaie de me rappeler la dernière fois où j'ai vu l'électricité en route. C'était y a une ou deux semaines je crois. Je sais plus quand exactement. Mais je sais où j'étais. Je faisais le plein dans une petite station service abandonnée. La porte claquait à cause du vent, le truc totalement cliché comme j'aurais même pas imaginé le voir dans ma vie.
Manquait plus que la boule de poussière qui se traine devant mes yeux et, pire encore le coyote qui course le bip-bip. Enfin on était pas dans le désert mais je commençais déjà à dérailler un peu.
D'un coup, le compteur d'essence s'est arrêté. Pas parce que j'avais fait le plein mais parce qu'il y avait plus de jus. L'enseigne de la station a fait un drôle de bruit, un peu comme si un moustique géant s'était mangé une lampe anti moustique. Le truc pas du tout glauque. Et puis, plus rien. Un silence mortel. C'est là qu'on s'en rend compte à quel point y a plein de trucs qui marchent à l'électricité, surtout quand plus rien ne fonctionne.

Je reporte mon attention sur le gamin avant de me mettre vraiment à divaguer et j'ai un ricanement à sa répartie.

"Tu fréquentes beaucoup d'anciens taulards ? Nan parce que t'as l'air bien sûr de toi quand même. Et j'ai fait… des trucs. Je sais pas trop si on peut dire que c'était cool mais c'était instructif en tout cas. Pour ce qui est du voisinage… tu vas pas me dire que je vais regretter la vieille Adams quand même ?"

Je me rappelle, ma dernière visite il y a quelques mois. Elle m'avait coursé avec un fusil à pompes, persuadée que j'étais un voyou de je ne sais où. C'était marrant. Quant au reste… si une part de moi est effectivement impressionnée de voir que ça fait près de deux mois qu'il survit ici et qu'il a l'air en un seul morceau, une autre a quand même envie de lui en coller une. Oui, je sais, encore. Mais je sais pas pourquoi, j'ai l'impression que ça va être une sensation récurrente si je continue à passer du temps avec lui. Enfin, si je reste avec lui. Et comme je sais toujours pas ce que je vais faire de toute façon, pas la peine de m'imaginer ce genre de trucs.

Je le suis du regard alors qu'il se déplace un peu partout et je finis par m'adosser au chambranle de la porte du salon, bras croisés. Quel petit con va. Même pas foutu de partager une boite de conserve avec son propre frère.

"J'ai de la bouffe dans la voiture, je ne vais pas te piller tes précieuses réserves va. Mais j'aimerais bien avoir de quoi chauffer mes raviolis, même s'ils sont aussi dégueulasses froids que chauds."

Je fronce alors les sourcils et j'ajoute, un rien plus sérieux.

"Comment tu sais pour la supérette ? Et… comment tu fais depuis deux mois tout seul ici ? Je veux bien que le paternel ait toujours un stock de bouffe pour tenir un siège mais là, j'ai comme un doute."
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MessageSujet: Re: [Flashback] 1, 2, 3 ... T'étais forcé de monter à 4 ? [Livre I - Terminé]   Dim 16 Aoû - 18:23

Je souffle. Il m'énerve à rester évasif. Tout est possible... Ouais, ouais. Et donc, il sait rien de plus sur la situation des parents ou il veut même pas m'en parler. J'insiste pas, ça sert à rien. Je risquerais d'être déçu avec lui. Et puis il me parle du générateur, mais en fait, il s'en moque totalement aussi. J'ai l'impression qu'il cherche juste à faire la conversation, parce qu'il a eu personne à qui parler depuis un moment. A moins qu'il essaie d'endormir ma méfiance, mais ça risque pas. Je la sens cogner contre mon crâne en permanence, à me rappeler que c'est qu'un pauvre con. Ok, peut-être pas un taulard... Juste un pauvre con.

- Bah justement... Je les évite. Il faut bien les reconnaître pour les éviter nan ?

Je pense aux mecs, à la superette, qui ont des têtes à faire peur. Ils sont tous taillés comme lui, grands et baraqués. Je les vois à chaque fois, à patrouiller autour comme si c'était un camp militaire, avec leurs flingues en main. Quand tout est parti en vrille, ce sont les premiers qui ont tiré. Je crois que, à la base, tout le monde cherchait juste à piller les stocks en vitesse avant de se barrer d'ici. Finalement, ils ont pris le contrôle des lieux par la force et se sont retranchés dedans. C'était pas une mauvaise idée en soi... La preuve, il reste quasiment plus qu'eux dans le coin. Et moi, bien sûr, qui volait régulièrement leur garde-manger. Ils ont fait une montagne en plein centre de tous leurs vivres... J'en salivais d'avance à les voir. Mais c'est fini tout ça, il faut que je trouve autre chose.

Je fronce les sourcils, quand il parle de la vieille Adams... Avant de blêmir subitement. Je me retourne dans le canapé pour faire face au dossier. J'ai pas envie qu'il voit la tête que je dois tirer. Peut-être que ça le fait rire, mais sur ce coup-là, moi pas tellement. J'ai vite compris qui était mort ou parti, parmi nos voisins, quand ils sont venus gratter aux fenêtres. Les premiers Zack que je me suis retrouvé à tuer, c'était eux. Aucun vivant n'est venu... Ou presque. Ils devaient tous se dire que j'étais parti avec les parents ou... S'en foutre totalement. Plus souvent la deuxième solution, je crois bien.

Je relève même pas les yeux quand il me parle de ses propres réserves. N'empêche qu'il a des raviolis et trouve ça dégueu'... Il a vraiment des goûts de luxe. J'aimerais bien encore en avoir moi !

- T'as des raviolis, sérieux ? Bah... T'as ce qu'il faut dans la cuisine. Les allumettes sont au même endroit que d'habitude, démerde-toi.

Ouais... Je vais pas lui demander de les partager alors que je compte pas lui rendre la pareille. Je secoue la tête négativement, sans répondre. Je devrais lui dire quoi, d'abord ? J'ai pas trop envie de parler de ce qu'il s'est passé en deux mois, sinon je vais craquer. J'ai déjà tout raconté aux parents, au bout du fil, même si j'avais plus de tonalité. J'hésite un peu... Je sais pas si je préfère en parler à quelqu'un de vivant et capable de me répondre en fait. Alors j'attends qu'il me tourne le dos pour se rendre dans la cuisine. Je me retourne dans le canapé pour fixer son dos. Je lâche la compresse qui me sert pas à grand-chose et soupire.

- Tu sais, au début... Je continuais de nourrir les animaux et tout. Je me disais que les parents allaient grave m'engueuler s'il en manquait un à l'appel. Puis papy a arrêté de venir. Ben j'ai vraiment été con de pas tous les tuer pour pouvoir les bouffer. Parce que... Quand les morts sont passés, ils ont pas hésité, eux. J'ai eu trop peur de sortir de la maison pour les ramener dedans. J'ai eu du bol que certains en réchappent et tentent de fuir, parce qu'ils les ont suivi et m'ont totalement zappé.

Je ricane un peu. Je me sens bête subitement.

- Dire qu'à une époque, p'pa me demandait de tordre le cou aux lapins parce qu'il disait que je devais apprendre... Enfin, que les choses étaient comme ça et c'est tout. Je lui ai fait la gueule pendant un moment après. Maintenant je me dis, si j'avais un lapin à qui tordre le cou là... Je serais trop content quoi.

J'hausse les épaules. Je gratte l'arrière des oreilles de Torby quand il vient à ma hauteur. Il est marrant ce clebs... Il croit que je lui parle encore. Je peux pas vraiment lui en vouloir, c'était toujours à lui que je m'adressais ces derniers temps.

- Bah les stock... Ca a duré quelques semaines. Ils avaient pas laissé grand-chose en partant en vacances en fait, donc j'ai vite piqué ce que je pouvais à la cave. Après, c'était logique de tenter la superette quoi. Mais on peut pas aller là-bas, enfin plus tellement... Je les ai énervé un peu. Mais sinon pour le chien, on trouve toujours de quoi faire. Hein Torby ?

Il a la langue qui pend, dans un sourire parfaitement canin. Là, il sait que je lui parle bien à lui. Je tapote le canapé pour qu'il vienne se poser à côté de moi. Les parents me tueraient s'ils savaient que je le laisse grimper, mais on n'est plus à ça près.

- C'est moi qui ai barricadé la maison. J'ai pris des planches que je trouvais, puis quand les bêtes sont mortes, je me suis servi des box pour en faire d'autres. Je pensais pas qu'on pouvait défoncer la porte en fait, donc 'faudrait que je fasse pareil et que je sorte plutôt par l'étage c'est mieux... Genre avec l'échelle qu'on a. Je crois pas qu'ils savent monter là-dessus... Et j'ai le couteau quand ils essaient de forcer les planches. Je dégage le passage quand ils arrivent à en arracher une. Puis bah sinon, le fusil est toujours sous l'escalier. Enfin, au cas où quelqu'un essaie de rentrer. Il y a eu qu'un mec qui est passé, mais c'était pas un bourrin, il s'est pas acharné lui. Je l'ai pas laissé entrer, normal quoi.
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MessageSujet: Re: [Flashback] 1, 2, 3 ... T'étais forcé de monter à 4 ? [Livre I - Terminé]   Dim 16 Aoû - 21:40

Pas difficile de voir que je lui tape sur les nerfs. Il est encore à un âge où on a du mal à totalement cacher ce qu'on ressent. Ou alors, il fait pas le moindre effort pour me montrer à quel point il voudrait que je sois n'importe où sauf ici, ça marche aussi. Surtout qu'en fait, c'est pas comme si je savais vraiment à partir de quel âge un gosse est capable de mentir et d'arborer une face neutre quand c'est nécessaire. Déjà que moi, j'y arrive pas toujours.

Je soupire et je m'occupe de la porte. Si elle tient bien sur ses gonds, elle ferme plus complètement. Faut dire que j'ai cassé le chambranle. Va falloir que je trouve une planche ou un truc pour la faire tenir. Ce serait un peu dommage d'avoir fait tout ça pour rien. Je me rends compte qu'en me focalisant sur un truc manuel, que je peux résoudre sans avoir à traverser la moitié du pays, j'ai l'impression de réussir enfin à avoir les idées claires. Je me rappelle, quand j'étais petit, quand j'étais énervé, mon père m'envoyait couper des bûches, nettoyer un truc super galère genre cette saleté de tracteur, n'importe quoi qui demandait juste l'attention et la concentration nécessaires pour que je finisse pas me calmer pour de vrai. Et là, c'est pareil. J'ai presque plus envie de cogner les murs et je me sens un peu moins en panique à l'idée de ce qui va se passer demain.

Parce que bon, j'en sais toujours absolument rien et j'ai comme l'impression que ça va pas aller en s'arrangeant. Je finis par laisser la porte de coté, me demandant où je vais pouvoir trouver une baguette ou plutôt une tige assez solide pour consolider le chambranle et je reviens vers le salon. Le petit est allongé sur le canapé et, à sa réplique, je lâche, d'un ton toujours aussi léger.

"Nan mais pour savoir les éviter, faut bien en avoir fréquenté non ? Enfin tu vois ce que je veux dire ? … non ?"

Bref. La discussion qui mène nulle part quoi. On dirait qu'il a peur que je lui pique ses réserves. Quelque part, je pourrais, sans trop de soucis, mais je vois pas trop l'intérêt. J'ai une caisse pleine des boites que j'ai réussi à piquer dans la dernière station service où je me suis arrêté. J'ai raflé tout ce qui restait sans même chercher à comprendre. Et je me suis retrouvé avec tout et surtout n'importe quoi.
A bien y réfléchir, les raviolis ça doit être le truc le moins dégueu du lot.

J'essaie de faire un peu la conversation, je sais pas trop pourquoi. Peut-être parce qu'il s'est pas fermé une nouvelle fois, allez savoir. Mais je peux pas m'empêcher de le voir devenir blanc comme un linge quand je parle de la voisine. J'imagine qu'elle aussi doit être morte ou pire et je me rends compte que ça doit être à peu près le cas de toutes les personnes que j'ai connu ici. Quelle merde.

Je ferme les yeux un instant, sentant mes mâchoires qui se contractent alors qu'il me répond un peu sèchement quand j'évoque mon repas. Je les rouvre, inspire profondément avant de rétorquer, essayant d'être toujours aussi léger, même si l'idée de savoir toute cette foutue ville décimée me reste quand même un peu en travers de la gorge.

"Trop aimable. Et tu vas quand même pas me dire qu'ils ont toujours la même cuisinière ?"

Tout en parlant, je jette un regard à la cuisine et je tousse un rire. Décidément. Je pourrais être parti hier que ce serait la même chose. Enfin presque. Le petit serait… et bah encore plus petit en fait.
Ethan tu recommences un peu à divaguer là.

Je ne bouge pourtant pas d'un pouce, me demandant s'il va répondre ou pas à ma question. C'est vrai ça, après ce que j'ai vu, comment imaginer qu'un gosse de son âge a pu rester en vie aussi longtemps ? La plupart des adultes que j'ai croisés avaient déjà du mal à parler de façon cohérente. Alors leur demander de survivre, c'est visiblement beaucoup trop. Ils doivent être morts pour la plupart d'ailleurs, maintenant que j'y pense. Et, d'un coup, je me demande ce qui est le pire, de penser ça ou de me rendre compte que ça ne me touche pas du tout. Je me dirige alors vers la cuisine mais je finis par revenir quand je l'entends parler.

Il me raconte vraiment ce qu'il a fait ces derniers temps et je le fixe, totalement silencieux. J'ose même pas l'interrompre et j'ai comme l'impression que je suis pas le seul qui a pas eu grand monde à qui parler ces derniers temps. Il a l'air d'avoir fini et, l'espace d'un instant, je sais pas pourquoi, je me demande ce qu'aurait dit p'pa à ma place. Des trucs totalement guimauve comme à chaque fois qu'il était ému. J'ai un sourire à cette pensée mais je me contente de souffler, à voix basse.

"Tu t'es bien débrouillé."

Je toussote avant de reprendre, un ton plus haut.

"J'veux dire, t'aurais fait quoi de tous les animaux si tu les avais tués ? Ca aurait été un appel aux zombies direct ça, t'aurais rien eu pour la stocker… Bref, mauvais plan. Et pour la maison aussi. T'as bien bossé. Je suis pas sûr que tout le monde aurait pensé à faire ça. Pour la porte, je suis pas sûr que la barricader est le mieux à faire. Pour te barrer rapidement ça reste le plus sûr non ?"

Il a eu de la chance pour le reste. Comme quoi, il a un bon instinct de survie. Il en faut de toute façon pour tenir dans ce merdier. Quand il parle des lapins, j'ai un sourire. Je suis aussi passé par là et je me rappelle avoir été tellement dégoûté que j'ai refusé de manger de la viande pendant des semaines. Après bien évidemment l'appel du ventre a été le plus fort, fallait pas déconner. Je me demande si ça a été la même chose pour lui.

Je regarde le chien s'installer à coté de lui et je souffle, fronçant légèrement les sourcils.

"T'as énervé qui à la superette ? Les zombies ? Et y en a beaucoup qui ont essayé de rentrer ici ou pas ?"

J'ai pas vraiment fait gaffe en arrivant, j'avoue. J'étais plus concentré sur l'idée de rentrer dans cette foutue maison en espérant que j'aurais plus de questions à me poser une fois dedans. Bon c'est un peu râpé mais c'est pas grave, je devrais m'en remettre.

Je laisse filer un silence et je souffle, d'un ton aussi neutre que possible.

"Tsais, je crois qu'il me reste une boite de ragoût. Ca vaudra pas un vrai ragoût de lapin frais mais ce serait mieux que rien. Ca te branche ? Il faudrait juste surveiller pendant que je sors chercher la caisse dans la voiture."

Je lui jette un regard en coin avant d'ajouter, avec un large sourire.

"Et j'ai défoncé la porte une fois, je pourrais le refaire. Ou mieux, si tu comptes me tirer dessus, me rate pas."
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MessageSujet: Re: [Flashback] 1, 2, 3 ... T'étais forcé de monter à 4 ? [Livre I - Terminé]   Lun 17 Aoû - 9:09

Je lui rends un regard profondément sceptique quand il en rajoute sur une couche sur les taulards. Qu’est-ce qu’il veut au juste ? Que j’avoue rien savoir sur les taulards et qu’il est mieux calé que moi ? Il peut pas me lâcher la grappe tout simplement avec ça ? Sérieux… Je préfère pas répondre. C’est juste une discussion de sourd. Je sais reconnaître quelqu’un qui va tirer ou pas, c’est déjà pas mal par les temps qui courent. Et lui ? Il fait partie de ceux qui pourraient tirer sans trop d’hésitation. C’est peut-être bien pour ça que je suis incapable de lui faire confiance.

Je souris un peu, quand il parle de la cuisinière. Les choses ont jamais trop changé de tête ni de place ici, c’est pour ça que je me sens aussi bien dans cette baraque. Dans ce monde qui part totalement en latte, je peux me dire que tout reste pareil à avant, tant qu’on franchit pas cette porte. Ca me rassure beaucoup, et surtout, j’arrive à dormir sur mes deux oreilles contrairement à lui. Il manquerait juste que les vieux soient là quoi, et pas Ethan évidemment. Parce qu’il a jamais trop fait partie du décor, donc il fait un peu tâche.

Je me suis pas retenu de parler quand il me l’a demandé. J’ai seulement hésité un peu, mais quand je vois qu’il m’interrompe pas… J’enchaîne. Je me perds limite dans mes explications. Quand le silence retombe, je le regarde longuement. J’attends vraiment rien de lui. Il pourrait retourner à ses affaires, dans la cuisine, que ça me ferait rien du tout. Il souffle quelques mots qui me laissent perplexe.

- Euh… Ok.

Je suis censé répondre quoi à ça ? Je lui rends un regard interrogateur, sans bien comprendre. C’était peut-être un compliment en fait. J’hausse les épaules et je m’apprête à me détourner quand il reprend la parole. Je peux pas m’empêcher de réfléchir à ce qu’il vient de me dire, et de répondre bien sûr.

- Ben… Quand c’est pas vivant et frais, ça a pas trop l’air de les intéresser tu sais. Puis je les aurais gardé dans le frigo jusqu’à ce qu’il tombe en panne et après, j’aurais mis le maximum dans le sel là. ‘Paraît que ça marche pour conserver la viande plus longtemps et tout. J’y ai pensé ! Un peu trop tard quoi.

Je marque un silence et le regarde à nouveau bizarre. Me barrer rapidement… Euh d’accord. Je vois qu’un danger à l’intérieur, c’est lui. J’espère que c’est pas ça qu’il voulait dire quand même, sinon je vais pas si bien dormir cette nuit.

- Pourquoi j’aurais besoin de me casser vite de la maison s’ils peuvent pas rentrer ?

Quand il mentionne encore la superette, je lâche un rire acerbe. Je réponds pas immédiatement, et je pensais pas vraiment le faire en me décidant à reprendre ma Gameboy en main. J’ai pas de compte à lui rendre après tout. Et puis, si c’était p’pa… Il péterait juste un plomb. Pourtant, je suis sûr que p’pa est bien six fois moins colérique que ce type. Sauf qu’il s’en fout de moi, et ça change tout. Il a aucune raison de s’énerver du coup.

- Bah non il y a pas de zombies à la superette… Il y a des gens comme toi, sauf qu’ils sont armés jusqu’aux dents. Ils ont fait leur QG là-bas et ils ont des super stock de bouffe. Ils ont un peu tout raflé ce qu’il y avait autour. Tu sais, quand les gens ont voulu partir d’ici pour se réfugier ailleurs, ils ont tous eu la même idée. Ces types-là, on sait pas trop d’où ils débarquent mais ils ont imposé leurs lois direct en sortant les flingues et en tirant sur tout ce qui bougent. C’était la panique totale après. Alors t’as ceux qui ont décidé de se barricader chez eux ou ceux qui sont partis sur les routes sans rien. T’en as quelques-uns qui faisaient comme moi après… Je me glissais par le toit pour piller leur stock un peu toutes les deux semaines, sauf qu’ils m’ont repéré la deuxième fois. ‘Faut dire que le poney a eu la trouille, donc c’était plus très discret pour partir. Ils ont tiré. J’ai eu de la chance, c’est lui qui s’est effondré et j’ai pu continuer de fuir. Mais bon c’était le dernier quoi… Ca faisait chier. Surtout que j’ai pas pu le manger quitte à ce qu’il crève. J’avais un peu la trouille après mais j’y suis retourné quand même. Je devais y aller pour la quatrième fois-là, hier. Sauf que ben… Ils étaient un peu énervés je crois. Ils ont cherché les survivants dans la zone puis… Ils les ont accrochés… Avec les crochets là, tu sais… Pour la viande dans les boucheries. Même qu’il y avait des morceaux et… C’étaient pas encore des zombies c’est pour ça que je m’en suis rendu compte… Trop dégueu’.

J’ai envie de vomir encore. Je dois être à nouveau blanc comme un linge. Ca date que d’hier aussi… J’aurais pas dû en parler. C’est lui qui a insisté aussi. Je me cale contre un coussin et relève les genoux pour poser ma console contre. Je la rallume pour jouer un peu, histoire de penser à autre chose.

- Donc voilà, il vaut mieux pas y aller là… Ces types sont dingues. L’avertissement est plutôt clair quoi. Et euh… Je veux bien du ragoût. Mais je peux en avoir plus tard ?

C’est con, mais j’ai plus du tout faim. N’empêche que c’est sympa d’avoir proposé, même s’il pourra pas m’acheter juste avec une boite de ragoût.

- Puis les autres Zack, ben… Il y a eu les voisins déjà qui sont passés faire coucou. Je sais pas trop après, j’ai arrêté de compter. Mais en fait, soit il y a rien sur un jour, soit ils viennent à plusieurs pour essayer de défoncer les planches. Des fois j’ai entendu une voiture passer pas loin, et le lendemain c’est la merde. Genre comme toi là avec ta bagnole… Demain ça va être festif tiens. Heureusement on entend plus grand-monde passer depuis quelques temps. Mais c’est pas si grave, tu sais, les Zack. Ils marchent pas bien vite donc suffit de les semer ou de les bloquer et… Paf ! Enfin ‘faut juste prendre son temps quoi, puis la zone est dégagée on les voit venir à l’avance. En ville ça fout déjà bien plus les jetons…


Trop cool. Je viens de débloquer enfin ce succès à la con, où il faut marcher pendant 3000 pas là. Ca sert à rien mais ça m’en fait un de plus. Et je disais quoi déjà ? Je sais plus.

J’hausse encore les épaules, l'air de m'en foutre. Quel con. Je vais me contenter de fermer derrière lui et de vérifier quand il rentrera. C’est vrai que ça m’a effleuré l’esprit de reprendre le fusil et de le dégommer pour lui tirer ses provisions mais… Je suis pas vraiment sûr de vouloir faire ça. Piquer la bouffe de quelqu’un quand il a le dos tourné, c’est une chose, mais le buter c’en est une autre. Surtout quand c’est quelqu’un qui vous propose juste une boite de ragout.
Non en fait, c’est louche justement. J’attends qu’il sorte pour reposer la Gameboy et vérifier qu’il fait rien de suspect comme sortir une autre arme ou quoi… On n’est jamais trop prudent. Je pars chercher le couteau de chasse, au pire je dirais que je me tenais en position au cas où, avec les zombies. Ouais, bon plan.
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MessageSujet: Re: [Flashback] 1, 2, 3 ... T'étais forcé de monter à 4 ? [Livre I - Terminé]   Mar 18 Aoû - 21:22

J'ai même pas besoin de le regarder pour m'imaginer sa tête. Je raconte vraiment n'importe quoi et je sais même pas pourquoi je me suis enfoncé dans cette histoire de taulard. J'abandonne la partie plutôt que de continuer à raconter n'importe quoi et le fait de voir la cuisinière me rassure, sans bien que j'arrive à piger pourquoi.

Je le vois sourire quand je parle de la cuisinière et je fais pareil, par réflexe plus qu'autre chose. J'ai l'impression d'être rouillé et de pas avoir souri depuis des siècles quand je fais ça et je ferme les yeux quelques instants alors que je l'écoute me raconter tout ce qu'il a fait depuis qu'il est tout seul ici. Autant le dire tout de suite, je suis quand même impressionné de voir comment il s'est débrouillé. Mais, comme je sais pas le dire, je balance quelques mots auxquels il a du mal à répondre à son tour.

Putain il a autant le sens de la répartie que moi quand je m'y mets. Ca fait limite flipper en fait. Je m'attarde pas là-dessus et je le questionne, curieux de ce qu'il a à raconter. Quand il se met pas à me gueuler dessus, ça se voit qu'il est malin, peut-être plus qu'il doit vraiment s'en rendre compte. A ses réflexions sur la viande, je me contente de hausser les épaules.

"Vrai que c'est pas con. Je me rappelle avoir appris à saler un cerf un hiver. Mais mine de rien c'est pas aussi simple. Si tu te rates, c'est encore pire derrière et je te laisse imaginer de la viande pourrie dans la maison."

J'ai une grimace à ce souvenir avant de continuer, toujours d'un ton tranquille.

"Y a plus aucune bête en vie dans les environs alors ?"

Je vois qu'il se tend à nouveau, comme s'il demandait pourquoi je parle de se barrer de la maison en vitesse et je laisse filer un silence, le fixant en plissant des yeux avant de lâcher, pensif.

"Bah j'en sais rien. Tes lampes à huile là, si t'en as une qui se casse la gueule, t'as une idée de la vitesse à laquelle la baraque peut prendre feu ? Et Torby il va passer par l'échelle lui aussi ? Parce que bon si tu veux tout barricader, ça passe aussi par la trappe du clebs."

A son nom le chien a levé la tête et remue la queue, comme s'il approuvait ce que je disais. Il repose alors le museau sur les genoux du gamin qui raconte l'air de rien ce qui s'est passé à la supérette. Si je me marre en l'imaginant à dos de poney en train d'écumer les rues de la ville, je commence à me fermer un peu au reste de son histoire et je finis totalement figé quand il évoque les crochets. Je me rends compte qu'il a fini et qu'il est devenu tout blanc, comme je dois l'être moi-aussi. Je laisse filer le silence, sans bien savoir quoi répondre et je souffle alors, sans pouvoir m'en empêcher alors qu'il s'est remis à jouer à la console, l'air de rien.

"Bordel de merde…"

Je secoue la tête et je reprends après avoir toussoté comme pour me redonner une contenance.

"Le ragout ? Ouais t'inquiète, je t'en filerais c'est pas un souci. Mais… putain Zak t'aurais pu te faire descendre. Ou pire, même. Tu sais s'ils étaient du coin ?"

L'idée que ça puisse être des gens que je connaisse, avec qui j'ai pu grandir me dégoûte encore plus que je l'aurais cru. Je cille alors avant de continuer.

"Et le poney ? Il est devenu quoi ce foutu poney ?"

Il parle alors des voisins, l'air de rien, comme s'il ne venait pas d'évoquer la mort, la torture et j'en passe. Soit je suis en train de disjoncter, soit c'est lui. Et, dans les deux cas c'est pas bon du tout.

Je me focalise sur le chien, sans bien savoir pourquoi alors que je l'écoute sans rien dire. Je lâche alors, dans un soupir.

"… et paf, tout simplement… ok… bien, bien… Hem… Si on refait pas de bruit tout de suite, ils devraient pas venir, si ?"

Je ne suis pas sûr de vouloir entendre une réponse et d'un coup, je me demande comment il fait pour tenir, terré dans un coin sans jamais bouger à attendre de savoir combien de zombies vont arriver où quand. Ou si ce sera les tarés de la supérette. C'est pas une vie pour un gamin, c'est une vie pour personne en fait. Ce serait quand même mieux de se tirer de là au lieu de se demander quelle visite sera celle de trop non ? Enfin j'en sais rien, je me sens pas vraiment la tête d'y réfléchir, là, de suite. Alors je propose d'aller chercher ma bouffe et qu'il me couvre.

Il hausse les épaules alors je prends ça pour un oui. Je sors et je m'approche de la voiture la fixant quelques secondes sans vraiment la voir avant de me demander quand est-ce que je vais remonter dedans et repartir.

Je finis par me décider et je sors le carton de la voiture avant de refermer la portière délicatement, comme si , d'un coup, j'avais peur de perturber le calme environnant. Je me rapproche de la maison et j'ai l'impression d'entendre du bruit alors je me fige, demandant si c'est mon imagination qui me fait des tours ou s'il y a vraiment quelque chose. Alors, je fais un truc particulièrement con. Je dépose le carton sur la première marche du perron et je contourne la maison, doucement, sans faire de bruit. Je marche quelques minutes, me rapprochant du premier champ non loin de la maison alors que j'ai l'impression qu'à chaque pas, qu'à chaque gravillon que j'écrase, je fais autant de bruit qu'un éléphant dans un magasin de porcelaine. Mais je continue quand même, jusqu'à poser ma main sur l'un des piquets qui entoure la clôture.

C'est l'odeur qui me frappe en premier avant que je n'arrive vraiment à comprendre ce que je suis en train de voir. Je me rappelle de ce champ. C'est là qu'étaient les moutons de p'pa. Il avait commencé un élevage juste avant que je parte. Une idée de sa femme. Pas conne au demeurant. Je sais foutrement pas quelle race de moutons ça pouvait être mais ça coûtait pas cher et la laine se vendait bien. Un truc de luxe qui faisait fureur à une époque où le tout bio redevenait à la mode.

Mais là, de moutons il ne reste que des carcasses sanguinolentes à moitié dévorées, à des stades de décomposition plus ou moins avancés. Et d'un coup, je vois tout. Les mouches qui volettent autour des restes, chaque nuance qu'a pu prendre le moindre morceau de viande. Je suis comme hypnotisé, totalement incapable de me détacher de cette horreur. Pas étonnant que personne ne soit venu par la route qui contourne ce champ.
L'odeur est tellement insupportable que même les zombies doivent passer leur chemin, ils doivent croire que ce sont des potes à eux.

Je crois bien que je vais gerber le diner que j'ai même pas encore mangé.

Je me retourne brusquement et je me retiens de courir avec difficulté. Je manque même de me casser la gueule à plusieurs reprises et j'ai l'impression de mettre une plombe à revenir sur mes pas. Surtout, ne pas paniquer. Tout va bien, c'est juste un tas de chair morte, rien de plus.

J'ai vaguement l'impression de voir flou et je manque de trébucher sur le carton alors que je monte les marches. Je l'avais totalement oublié celui-là. Je le ramasse et je rentre enfin, poussant un soupir de soulagement avant de sursauter en voyant le gamin avec son couteau. Je me passe la main sur le visage et je finis par lâcher, content de voir que ma voix ne tremble pas.

"Pose ça, j'ai pas envie de me faire poignarder."

Je fouille dans le carton que j'ai posé sur le plan de travail et je tombe sur un paquet de bonbons. J'hésite un instant avant de le faire glisser dans sa direction. Je me demande s'il m'a vu partir, s'il a vu ce qu'il y avait derrière la maison, ce qui a remplacé les jolis petits moutons blancs et tout doux de son enfance.

"Ils sont pas empoisonnés, parole."

Et surtout qu'on me parle pas de ragoût. Pas tout de suite. Plus jamais.
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MessageSujet: Re: [Flashback] 1, 2, 3 ... T'étais forcé de monter à 4 ? [Livre I - Terminé]   Mer 19 Aoû - 22:02

- Ah ouais ? Tu sais faire des trucs alors ? Tu peux m'apprendre comment on fait avec le sel ? T'avais déjà chassé avec p'pa ? C'est trop cool ! Mais j'arrive rien à attraper tout seul...

Je m'arrête subitement de parler. Je voulais pas vraiment dire ça, enfin qu'il croit que j'ai envie qu'on reste ensemble ou quoi. Je veux juste savoir faire, comme ça, je me débrouille comme un grand et je me rate pas. Je veux certainement pas qu'il s'amuse à jouer les grands frères. Non parce que c'est pas après la fin du monde qu'il faut se réveiller pour faire ça. Et surtout, on frappe pas son petit frère quoi ! Je secoue la tête, négativement, quand il demande pour les bêtes. J'ai plus trop envie de lui répondre subitement.
Je réfléchis un peu à ce qu'il dit. Ouais... C'est vrai, Torby pourrait pas grimper à l'échelle. Même si on la met bien en diagonale, il risquerait de se casser la gueule le pauvre. Et je me vois pas sortir sans Torby, il sait de suite où est le danger lui. Quand il est calme, je me sens direct moins en panique aussi. Ca serait dur de devoir sortir sans quand même...

- Euh... J'y ai pas pensé à Torby...

Je me demande s'il se contente pas de se justifier en fait, genre rattrape aux branches tout ça. Je lui rends un regard suspicieux mais je dis rien de plus. Je gratte la tête de Torby quand il repose le museau sur mes genoux. Il me regarde un peu et continue d'agiter la queue. Les chiens, ça a vraiment besoin de rien pour être content.
Je sais pas pourquoi il se marre quand je lui raconte les épisodes de la superette, mais moi je trouve pas ça drôle. Ca fout les jetons de se rendre là-bas, et puis j'ai fait de mon mieux... S'il comprend pas maintenant la valeur qu'une boite de lentilles peut avoir avec ça...

- Bah... J'avais faim.

Ben oui. Ca justifie tout. Si j'avais pu faire autrement, j'aurais évité de risquer ma peau c'est sûr. Il est un peu lent en fait, non ?

- Puis je sais bien, hein... C'est pas bien différent que quand les Zack te coursent ou... Quand t'es ici sans rien. J'aurais pu finir sur un crochet... Ou dévoré par un Zack. Ou alors je serais toujours Zack ! T'as compris... Zak' et ... Bon voilà.

Je lâche un rire jaune, c'était pas drôle du tout en fait. J'enfouis ma tête dans le pelage de Torby. J'hausse les épaules.

- Mais c'est tout le monde pareil, non ? Enfin, je crois. Et euh... Il y a deux types que j'avais déjà vu dans le coin... Les autres non je crois pas. Ca doit être des potes à eux qu'ils ont appelé ou quoi.

J'ouvre des yeux ronds quand il me parle du poney. Mais pourquoi il me parle de ça ? Il a rien compris du tout... Du tout en fait ? On s'en balance du poney quoi !

- Bah il a dû se faire manger, qu'est-ce que j'en sais ? C'est pas important dans l'histoire ça. Enfin si sur le coup, c'était de la chair fraiche pour les Zack, donc ils ont pas pu continuer de me tirer dessus vu que les morts se jetaient dessus quoi.

Il a un problème ce type. On dirait qu'il est pas content que je tue les vilains zombies... Mais j'ai pas envie de me faire manger moi. Il commence à me faire peur un peu, j'aurais peut-être pas dû lui raconter tout ça. J'ai peut-être tué sa copine sans faire gaffe... J'ai pas bien regardé s'il y avait des filles qui pouvaient lui plaire là-dedans, elles étaient toutes décrépies un peu.

- Euh... Mais j'ai pas fait exprès tu sais, les voisins et ... Ils voulaient me manger. C'est pas de ma faute quoi. Je suis désolé pour mamie Adams mais... Enfin elle avait plus ses jambes tu sais, donc c'était mieux pour elle quand même... Tu crois pas ? Et... J'en ai pas eu tant que ça en fait. Je crois que les autres, ils sont partis de là...

Je serre Torby contre moi. Je regarde où se trouve le fusil dans la pièce, on sait jamais. Je pensais pas que ce serait vraiment important. J'ai pas pensé sur le coup. J'aurais vraiment, vraiment pas dû en parler... Quand il parle du bruit, j'ose même plus répondre. Ben si, le mal est fait. Un bruit de moteur et ils avancent tout seul un petit temps... Et ils peuvent venir ici. Mais c'est pas encore trop grave, si ce sont pas les mecs de la superette. J'ai encore moins envie d'y penser, et surtout pas de lui répondre. Je ne bouge plus trop jusqu'à ce qu'il passe le seuil de la porte, et là, je me détends enfin un peu.

Mais il en met du temps dehors. Je me demande s'il a pas changé de plan, sauf que j'entends pas le moteur vrombir donc il est pas encore parti. Peut-être qu'il cherche les cadavres que j'ai pu laisser... J'espère pas quand même. J'ai essayé de les enterrer au fond du potager et faire des croix en bois. C'est pas vraiment réussi, parce qu'on voit parfois un bras ou une jambe qui dépasse, mais j'ai fait de mon mieux. J'ai récité la prière, ça devrait suffire non ? C'est plus comme si c'étaient de vrais gens, ça doit pas vraiment compter je pense.
Je glisse un coup d'œil au dehors, entrebâillant la porte. Il s'est arrêté au niveau de la clôture pour regarder les moutons. Enfin je crois que c'est pour ça... Mais je suis pas retourné de ce côté-là de la maison. C'est pas tellement l'odeur ou la vue qui me dérange, mais plus le silence... Et d'entendre les mouches. C'est plus qu'un silence de mort, avec que le vent qui siffle sous la porte. C'est pas pour rien que j'use autant de piles, à laisser la Gameboy allumée. J'aime bien entendre le tetris en fond, on dirait presque que les choses sont normales si on reste à l'intérieur. Je comprends pas pourquoi il reste à regarder ça. Pourquoi il se contente pas de tourner les talons...

Je me recule quand il se décide enfin à le faire, sans vraiment fermer la porte. Je lui rends un sourire hésitant quand il me dit de poser le couteau. Je m'exécute. J'ai pas envie qu'il pète un plomb et qu'il se mette en colère.

- C'était juste... Pour les Zack, enfin au cas où... Parce que tu revenais pas quoi.

Je bute sur les mots, et pas vraiment parce que j'ai du mal à mentir. Il me fait juste toujours peur. Et parce que j'ai envie de pleurer sans raison, c'est vraiment con. Comme si j'étais triste... Sans vraiment savoir pourquoi. Je suis sûr que c'est à force de parler de tas de trucs, ça m'arrivait plus depuis longtemps. Mais quand je vois le paquet de bonbons, l'envie me passe immédiatement. Je le ramasse, trop content.

- Oh cool ! J'en ai pas vu depuis trop longtemps !

J'arrache le paquet pour les avaler à toute vitesse. C'est sucré, et tellement bon. Ils ont même pas séché.

- Ben oui, le sachet est fermé.


Je marque un silence. J'aurais peut-être pas dû préciser que je l'avais remarqué, et donc, que c'était pas empoisonné. Je repars vers le canapé avec mon sachet, Torby juste derrière moi. La journée est bonne. J'ai eu des bonbons.
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MessageSujet: Re: [Flashback] 1, 2, 3 ... T'étais forcé de monter à 4 ? [Livre I - Terminé]   Ven 21 Aoû - 21:31

Je le fixe quelques instants, hochant brièvement la tête, brusquement replongé dans mes souvenirs bien loin de tout ce qui se passe en ce moment.

"Ouais je sais faire quelques trucs. J'avais appris à dépecer les animaux et à en découper certains. Pour la salaison je pourrais te montrer si tu veux. Si ça te branche quoi. Ou en tout cas t'expliquer. Et pour la chasse, je me dis que les animaux doivent s'être planqués loin des zombies. Ils sont pas cons. Ils doivent sentir que c'est pas un bon plan de rester à proximité."

Je suis un peu étonné que p'pa lui ait pas déjà appris à chasser. A dire vrai, je me rappelle pas vraiment quand est-ce qu'il m'a emmené, mais ma mère était encore en vie donc j'étais plus jeune que lui c'est sur. Peut-être que la mère du petit a refusé, elle avait pas l'air hyper portée sur la chose.

Plutôt que de me perdre dans tout ça, je me focalise de nouveau sur Zak quand il parle de barricader la porte. S'il a pas l'air convaincu par ce que je lui dis au départ, l'argument Torby semble faire mouche. Je hausse les épaules à sa réponse, avant de souffler, pensif.

"Si tu te sens de le porter, tu peux lui fabriquer une espèce d'ascenseur. Avec un panier et une corde, tu vois le genre ?"

Enfin je dis ça, mais je me demande très sérieusement combien de temps il compte encore rester ici. Même si ses parents reviennent, ils pourront pas camper là. Entre les animaux morts et la bouffe qui va commencer à manquer, ça va vite devenir infréquentable ici.
Mais je me sens pas de lui dire ça. Pas encore en tout cas.

A sa réplique quand je commence un peu à m'énerver alors qu'il parle de sa virée en ville, sa réponse me coupe tout sens de la répartie. Il avait faim. Je peux répondre quoi moi sans passer pour le dernier connard de service ? Que ça se fait pas de sortir, même s'il crève de faim ? Que ça se fait pas de prendre des risques ? Je me suis bien farci des semaines de route pour venir là. Je serais mal placé pour lui dire quoi que ce soit. Mais bon, quand même. Je pousse un profond soupir et j'essaie de rester aussi calme que possible quand je reprend, à voix basse.

"Ca reste différent que ce soit des Zack ou des humains. Faut pas l'oublier. Les humains réfléchissent. Enfin, pour la plupart quoi. Alors, faut pas commencer à tout mélanger, sinon tu t'en sortiras pas."

Et, la réflexion, ça fait toute la différence entre un zombie qui cherche juste à dévorer ce qui se passe. Enfin, je crois. Je relève pas son jeu de mots sur son prénom et le surnom des zombies, même si c'est bien amené, ça me fait pas particulièrement rire. Ou alors c'est juste le contexte, je sais pas trop. Je retiens qu'il en connait au moins deux, donc c'est peut-être aussi le cas pour moi, surtout que bon, dans le coin, les gens sont toujours les mêmes.
Je fais partie des rares exilés et ça, je l'ai bien remarqué les rares fois où j'ai pu revenir en ville. C'est marrant d'ailleurs, comme s'ils m'en voulaient de quitter ce petit paradis au milieu de nulle part. Ou peut-être qu'ils m'envient, enfin ça m'étonnerait ça.

Je sais pas pourquoi je pense au poney. Peut-être parce que je me raccroche au truc le moins improbable de son histoire, je sais pas trop. Mais sa réaction m'arrache un soupir. Le peu d'attachement qu'il a pu avoir pour le poney est pas hyper rassurant mais je préfère pas trop me focaliser là-dessus. Je tique quand il parle de la mère Adams et, surtout, quand il se serre contre Torby. Et merde.

"Ce que je vais dire va pas t'aider mais, si elle était vraiment devenue un zombie, tu pouvais pas faire autre chose. Ca aurait été vache de la laisser comme ça."

Mais c'était pas à lui, à un gosse de faire ça. Même si c'était une vieille acariâtre, je l'aimais bien moi cte vieille. D'un coup, je sais pas pourquoi, j'ai l'impression que sa mort symbolise celle de ce bled. Et de tellement d'autres choses.Ca me semble tellement impossible maintenant que mon père et sa mère soient en vie. Pas avec tout ce qui se passe et je le fixe longtemps sans rien ajouter de plus.

Je finis par me barrer, chercher la bouffe. Au moins un truc de concret qui m'empêchera de réfléchir à tout ça. Enfin, ça aurait été une bonne idée si j'avais fait la connerie d'aller jusqu'à l'enclos.
Et je reviens, sans bien savoir ni comment ni combien de temps je mets, essayant de garder une mine aussi impassible que possible même si je galère quand même à rentrer avec le carton.

Je jette un regard à l'arme alors qu'il la repose et je souffle après l'avoir fixé longuement, pas le moins du monde convaincu.

"Bin voyons…"

Je fais pas plus de commentaires, ça servirait pas à grand-chose. Autant le dire tout de suite, la petite virée dans l'enclos des moutons n'est pas pour me rassurer, bien au contraire. Elle me conforte dans l'idée qu'il faudra se tirer de là, et vite. J'ai quand même un sourire à sa réaction quand je lui tend les bonbons et je ricane même à sa réplique.

"Tant de confiance, ça fait plaisir. Mais profites-en, pas dit que t'en revois de sitôt. Les rayons étaient vides."

Je précise pas que je pourrais quand même les avoir empoisonnés sans ouvrir le sachet, ce serait débile et il a l'air de profiter du cadeau sans arrière pensée. Je le regarde repartir vers le canapé et je finis par souffler, d'un ton plus fatigué que je l'aurais cru.

"Ca te dérange si je dors un peu ? Enfin, je finis de réparer la porte avant. Ca va pas me prendre bien longtemps. J'ai besoin de dormir dans un vrai lit."

Et après je réfléchirais à ce qu'il faut faire. Tout en parlant, je fouille dans le placard sous l'escalier avant d'en tirer une planche de bois. Ca fera l'affaire si on est pas trop regardant. J'attrape des clous et un marteau avant de m'arrêter, sceptique. J'ai pas particulièrement de refaire du bruit, là de suite. Allez savoir pourquoi. Mais je peux pas laisser la porte dans cet état. La prochaine fois, faudrait vraiment que j'évite de casser des trucs comme ça, ce serait mieux.
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MessageSujet: Re: [Flashback] 1, 2, 3 ... T'étais forcé de monter à 4 ? [Livre I - Terminé]   Sam 22 Aoû - 20:54

Je me souviens des parties de chasse avec p'pa. Ca me paraît si lointain maintenant... Parce que j'aimais bien me perdre en forêt et j'étais content quand je trouvais un truc. Maintenant je crois que je serais plus trop content de tomber sur un truc quoi... J'aimais bien chasser, mais c'est plus le cas, pas avec cette boule au ventre. Et puis il a bien raison, tous les animaux ont dû déserter le coin... Ca pue la mort ici, et ça les fait fuir. Sauf que c'est peut-être comme ça partout maintenant, pour ce que j'en sais.

- Ouais moi aussi ! Même que ça m'avait fait vomir et tout... Maintenant j'ai tellement vu de boyaux que je crois que ça me ferait plus rien de recommencer. Mais je m'occupais pas de la viande après, et puis on avait le frigo quoi... Mais j'ai jamais rien attrapé d'autres que des lapins ou des petits oiseaux avant... Et maintenant c'est encore plus compliqué.

Je fronce les sourcils. Je réfléchis à ce qu'il avance pour Torby... Puis je secoue la tête négativement. Non, c'est vraiment trop compliqué. Il faudrait que je trouve un système de poulies et tout. J'ai bien regardé souvent MacGyver mais là je vois pas trop. Enfin ça me rassure un peu de savoir qu'il réfléchit vraiment à comment faire, même si j'ai peur qu'il ait envie de rester là avec moi. Jusqu'à ce que les parents reviennent, pourquoi pas... Mais après ils vont vouloir qu'ils restent et qu'on forme une grande famille, parce qu'il faut s'entraider par les temps qui courent... Blabla. Ethan, c'est mon frère que sur les papiers, sinon j'ai plus souvent vu mes cousins que lui alors...

Je me demande s'il va me bassiner avec un discours sur la bonté des humains, agrémenté de passages sur la Bible quand il commence à parler de la différence avec les Zack... Mais non. J'hoche la tête, par l'affirmatif... Parce qu'il a l'air de comprendre. Je suis un peu soulagé qu'il cherche pas à me sermonner après ce que je viens de lui dire.

- Ouais mais si tu cherches de la bouffe, ce sont les autres qui en ont le plus souvent... C'est plus simple quand t'es tout seul de piquer un peu aux méchants.


Je ne réponds strictement rien quand il me parle de mamie Adams et le laisse partir. C'est bizarre qu'il soit aussi calme, non ? Je sais pas trop... Moi je l'étais pas quand je l'ai vu. J'ai pas pu m'empêcher de hurler et c'était pire. Je crois qu'elle aurait réussi à m'attraper, si elle avait encore eu ses jambes, parce que je m'étais figé comme un lapin pris dans les phares d'une bagnole. Je me suis planqué dans la maison et je l'ai laissé gratter à la porte pendant des jours et des nuits... J'arrivais plus à dormir. J'avais peur que les planches cèdent et je savais pas ce que j'allais devenir. Je sais juste qu'à force de les entendre, j'ai arrêté de paniquer... Que j'ai trouvé que c'était devenu normal, mais que ça m'agaçait juste, parce que je voulais dormir tranquille et qu'ils faisaient un bruit qui me dérangeait. Alors, quand je me suis réveillé en sursaut au milieu de la nuit, j'ai pris le couteau, j'ai retiré la planche du milieu et j'ai taillé où je pouvais. Les mains, les bras, et enfin la tête... Et là, c'était enfin fini. Les grognements, les planches qui grincent, les coups répétés... Et cette longue agonie avec. J'étais content qu'il fasse nuit, parce que j'ai réalisé que le lendemain quand le soleil s'est levé... Que je voyais tous les détails. La silhouette diaphane et rachitique, la mâchoire qui pendait, les yeux vides et glacés, le crâne fracassé et les bouts blancs qu'on en voyait sortir... Puis tout ce sang qui cachait le reste. Et surtout cette odeur... Ca m'a pris du temps pour l'enterrer après, et j'ai tout le loisir de regarder la mort en face. A force, je sentais plus rien... Et surtout, le bruit avait cessé de m'empêcher de dormir. J'ai pas réussi à être triste, juste soulagé qu'elle ne bouge plus. J'avais toujours peur qu'elle se remette à bouger subitement, avec les autres, et qu'ils percent la terre pour se remettre à taper contre les fenêtres. Mais même cette sensation que ça risquait de me rattraper, elle a fini par disparaître presque totalement. On s'habitue à tout, même à la fin du monde il faut croire.

Je lui rends un sourire qui se veut convaincu quand il revient, et me demande de poser le couteau. Il est toujours trop calme pour que ce soit totalement net. Je me demande juste quand il va à nouveau péter les plombs et se défouler sur moi. Enfin encore des préoccupations qui me passent bien au-dessus... Je profite de l'instant présent, là, avant que ça s'envole. Je prends mon temps pour manger les bonbons un à un. Quand je pense aux lentilles en conserve, c'est juste tellement le paradis là.

- Bah t'as la chambre du fant... Euh ta chambre là-haut. T'inquiètes, on fait le guet et tout !


... Même que je vais pas fermer l'œil justement parce qu'il sera là-haut en fait. Je le regarde finir avec la porte, hésiter quand il faut enfoncer les clous. Qu'est-ce qu'il a ? Ah, je saisis... Et un grand sourire se grave sur mon visage à cette pensée. C'est bien s'il comprend que le bruit, 'faut juste jamais en faire.

- Laisse, je m'en occupe ! J'ai trop la technique à force de remettre les planches en place.


Je m'approche pour prendre le marteau. J'hésite et attends un peu, qu'il se recule plus loin... Puis je me mets en place et j'enfonce les clous un à un, en prenant bien mon temps. J'y vais calmement, mais toujours avec le même geste précis, parce qu'à force on pige comment éviter de trop faire de bruits avec. Je le laisse vérifier une dernière fois si l'envie lui prend et regagne le canapé avec ma console. Je me pose là, jusqu'à ce qu'il monte à l'étage pour dormir... Je laisse filer encore quelques minutes avant de me lever pour m'approcher de la caisse.
Je fouille tout, sans faire de bruits, et en reposant chaque objet que je prends exactement au même endroit. Je suis trop un ninja quand je veux. J'ai pas envie de l'énerver pour rien en fouillant ses affaires, mais je suis curieux. En fait, il a pas mal de trucs sympa. Genre une lampe de poche... Pratique. Et le même sac de randonnées que moi. Je suis sûr que c'est p'pa qui a dû lui offrir il y a un moment, parce qu'il paie pas de mine le sien. Je me fige quand je vois le livre au fond. Je le prends, un peu étonné qu'il se trimballe un truc aussi encombrant et inutile partout. Je l'ouvre... C'est nul. Il y a même pas d'images là-dedans. Et puis je vois la carte, glissée à l'intérieur qui sert de marque-page. Je lis une ligne en dessous : "On peut être fier de n'importe quoi, si c'est tout ce que l'on a. Moins on possède, plus il est nécessaire d'en tirer vanité." Je secoue la tête sans trop chercher à comprendre. Je déplie la carte pour la regarder en détail... Merde alors. Il y a qu'un point rouge dessus, et c'est Old Bridge. Je détaille tout autour, pendant un long moment... Si long que j'en oublie le temps qui passe. J'essaie de tout mémoriser, comme en cours. Je suis sûr que ça peut-être utile, même si j'ai envie de tout refermer immédiatement. C'est juste que je me suis jamais soucié avant, de savoir ce qui se trouvait exactement autour de nous... Maintenant je me dis que ça peut me sauver la vie, et qu'à côté, les devoirs sur le théorème de Thalès, j'en ai vraiment rien à foutre.
Je sursaute, quand j'entends du bruit à l'étage. Il est quand même pas déjà réveillé, si ? Je replie la carte et reprend le livre. Merde... Il s'est refermé. Tant pis. Je la glisse à n'importe quelle page et je remets le tout dans la caisse. Je retourne sur le canapé, l'air de rien, et je me remets à la console. Après une bonne demi-heure dessus, je me rends compte qu'il descendra pas et qu'il doit peut-être juste mal dormir. Alors je continue à jouer, jusqu'à ce que même Torby s'endorme sur le tapis et que la nuit tombe. Je pique du nez sur la console, et j'ai bientôt plus de piles déjà... Et l'autre qui est toujours pas redescendu. Il devrait vraiment être claqué pour dormir aussi longtemps d'affilée. Je me rends pas vraiment compte quand je m'endors à mon tour, roulé dans le canapé. Trop épuisé, à force d'avoir veillé.
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MessageSujet: Re: [Flashback] 1, 2, 3 ... T'étais forcé de monter à 4 ? [Livre I - Terminé]   Ven 28 Aoû - 14:02

C'est vraiment bizarre en fait. De parler de p'pa avec lui et de nos parties de chasse. D'un coup, je me demande ce qui se serait passé si j'étais resté. Peut-être que c'est moi qui lui aurait appris à faire ce genre de trucs ou qu'on aurait fait la connerie habituelle du coin, la sortie entre le père et ses enfants, le truc guimauve au possible ou on apprend virilement la vie à coup de tapes dans le dos et de shoot de lapin.

Enfin, il m'aurait probablement pas tiré dessus si j'avais été là. Encore que, j'ai quand même un doute. Je réprime un soupir et j'ai un mince sourire à sa réaction, hochant doucement la tête.

"Ouais ça m'avait fait pareil le premier coup. Mais je me suis vite habitué. Je voulais pas qu'on me traite de chochotte quoi. Enfin bref… tu pourrais poser des pièges à l'orée des bois, t'attraperas de la viande fraiche, ça te changerait des lentilles un peu."

On arrive presque à avoir une vraie discussion, même si je reste persuadé qu'il m'écoute qu'à moitié, pressé d'attendre le moment où je vais enfin me barrer pour de bon et le laisser tranquille. Mais je peux pas faire ça, le laisser tout seul dans cette immense baraque entourée d'animaux en décomposition et de zombies à attendre des trucs qui n'arriveront jamais.

Si le sujet de Torby et de ses capacités ou non à réussir à monter à une échelle est vide expédié, je tique un peu quand il parle des gens qu'il a pu croiser à la supérette.

Les méchants…

J'ai un rictus en voyant à quel point il lui semble facile de cataloguer les gens. Ces méchants dont il parle étaient peut-être les petits gars qui aidaient p'pa à rentrer les foins en échange de quelques billets. Mais là, tout de suite, tout ce que Zak voit ce sont des gens totalement cinglés qui sont prêts à tuer pour une boit de corned-beef. Et j'ai comme l'impression que c'est ni la première ni la dernière fois qu'il va tomber sur des humains encore plus dangereux que les zombies. C'est moche quand même.

Il fait pas plus de commentaires que ça quand je parle de la vieille Adams et je suis pas sûr si c'est une bonne ou une mauvaise chose. Faut dire que je le connais tellement pas que je suis incapable de cerner même l'essentiel le concernant. Alors, à défaut, je sors, chercher de la bouffe, me filer de quoi alimenter mes cauchemars, comme si j'avais pas de quoi faire de ce coté-là.

Et là, d'un coup, je me sens claqué. Alors je lui demande si je peux aller dormir, même si le voir avec un couteau était pas non plus des plus rassurants. Mais peu importe, je suis plus à ça près.
J'arque un sourcil, un rien perplexe à sa répartie.

"La chambre du fant…quoi ? Et je m'inquiète pas, j'ai bien compris que t'étais capable de te débrouiller pour accueillir les gens. Faudra juste faire gaffe à mieux viser le prochain coup."

Je lui tends le marteau sans même chercher à discuter avec lui, non sans sourire. J'ai un clin d'œil et je monte les marches d'un pas tranquille, brusquement de plus en plus las. Je réfléchirais plus tard à tout ce qui s'est passé et surtout, à ce qui va arriver demain mais là, j'ai juste envie d'oublier le monde qui m'entoure sous un bon vieux plaid fait main.

J'ouvre alors la porte de ma chambre et je m'arrête, hésitant avant de finir par me décider et par entrer dans cette pièce qui a été la mienne pendant des années, avant que je ne finisse par fuir comme un voleur. L'espace d'un instant j'hésite à faire demi-tour, à me précipiter dans les escaliers pour éviter que mon cerveau ne se mette totalement à dérailler. Mais je suis beaucoup trop claqué pour ça, j'irais pas bien loin.

Je m'avance et je jette un regard distrait à tous ces vieux posters qui couvrent les murs. On pourrait presque croire que le monde s'est figé au début des années 2000 dans cette pièce, ça fait super bizarre. J'ai un sourire en voyant le plaid. Bingo, c'est toujours le même.
Et je m'écroule, sans même chercher mon reste ni même me débarrasser de mes pompes. P'pa me tuerait s'il voyait ça tiens. C'est peut-être cette pensée qui me fait me relever et les déposer sagement au pied du lit, comme ça, juste au cas où. Juste une ou deux heures et après ça ira mieux.

***

Les cauchemars, je pensais commencer à m'habituer. Mais en fait non. Je me réveille plusieurs fois en sursaut, à moitié dans le coltard, essayant à chaque fois de me rappeler où je suis et de me convaincre qu'aucun zombie va venir me bouffer.

Je fronce les sourcils, un peu déboussolé avant de comprendre ce qui cloche. En fait, j'ai fait le tour du cadran. Au lieu de dormir une ou deux heures, j'ai passé toute la nuit dans ma chambre. Pour ça que la luminosité est si bizarre et que j'ai autant la dalle. Je fais quelques pas dans le salon avant de m'arrêter devant le petit qui dort dans le canapé.

Je le fixe longuement, sans rien dire. J'ai peur de le déranger, de le réveiller. Il a l'air tellement calme et serein. C'est tellement le genre de trucs qui dure jamais, surtout ces derniers temps que j'essaie de faire le moins de bruit possible. Je finis quand même par bouger et par me diriger dans la cuisine. Finalement, le ragoût là, d'un coup, ça me branche bien.

Alors je me focalise sur la bouffe, ça me permet d'émerger sans avoir l'impression que j'ai depuis que j'ai pris la route, celle où j'ai la sensation dès le réveil d'être déjà en train d'être constamment en train de tomber dans le vide alors que j'ai même pas mis le pied dehors.

Si j'essaie de faire le moins de bruit possible, j'entends quand même le petit qui bouge et qui se lève. Je me retourne pas, toujours concentré sur la casserole avant de souffler, d'un ton tranquille.

"Je t'ai réveillé ? Bien dormi alors ? T'avais l'air aussi claqué que moi finalement non ?"

Je dépose une assiette fumante devant lui et je finis par lâcher, d'un ton plus hésitant.

"Je me suis dit que ce serait mieux que je reste là jusqu'à ce que p'pa arrive. Il devrait pas tarder s'il était vraiment à New York. Et après je pourrais repartir."

Je sais même pas si j'attends vraiment une réponse de sa part ou pas et, surtout quel type de réponse. S'il m'envoie bouler, je fais quoi ? Je m'impose sans lui laisser le choix ? Pffff, c'est compliqué et je sais vraiment pas sur quel pied danser avec lui. Heureusement que j'ai pris le fusil. Il est où d'ailleurs tiens ?
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MessageSujet: Re: [Flashback] 1, 2, 3 ... T'étais forcé de monter à 4 ? [Livre I - Terminé]   Sam 29 Aoû - 21:55

Il m'énerve. Il a besoin de rabâcher à chaque fois que j'ai raté mon tir ? Déjà deux fois. Il devrait pas faire le malin et s'estimer heureux que j'ai paniqué, sinon il s'en serait pas remis.

- T'inquiètes, je me raterais pas la prochaine fois.


Je suis sûr d'avoir entendu cette réplique dans un vieux western. En tout cas, elle a l'air tout droit sortir d'un film pareil. J'évite de lui préciser pour la chambre du fantôme. J'attends simplement qu'il se barre pour vaquer à mes affaires. Ouais, c'est ça...

Je sursaute violemment. Je me suis endormi là ? Et ces bruits dans la maison... Je cherche immédiatement le couteau planqué entre deux coussins. J'entends Torby pousser un gémissement, pas vraiment heureux que son appui se dérobe aussi vite. Tu parles ! Il m'a même pas prévenu qu'il y avait des Z... Ethan, dans la baraque. J'arrête de fouiller entre les coussins et pousse un soupir de soulagement.

- Tu sais quoi ? Je suis presque content de te voir là.

Et puis, ça sent super bon. Ca me manquait de me réveiller avec une bonne odeur comme ça au matin, avec quelqu'un qui cuisine un bon truc. Bon ok... Le truc, c'est du ragout. Et ça se cuisine pas vraiment les boîtes de conserve, mais au moins, il peut pas se rater !

J'avale ma salive quand il pose l'assiette devant moi. J'hésite un peu, mon regard oscillant de l'assiette à Ethan. Ethan et l'assiette... Torby !

- Pas touche toi !

Je récupère le chien in extremis qui pousse un glapissement à fendre la mort. Je reprends l'assiette et la lève au-dessus de moi, le temps de lui lancer quelques croquettes. Le chien me jette un regard étrange, avant de lever le museau vers mon assiette. Il croit que je me fous de lui... Bon, il a peut-être pas tort, mais ce que j'ai dans la main, ça reste de la bouffe pour humain.

- T'as tes croquettes Torby, sois pas chiant ! J'ai tourné aux lentilles pendant une semaine moi !

Je m'assois sur le buffet de la cuisine, assez en hauteur pour que le chien ne puisse pas mettre sa truffe dedans. Je mange un peu trop vite. Je freine pour déguster un peu. Je me rends compte que j'ai totalement ignoré Ethan à partir du moment où il a jeté l'assiette en pâture sous mes yeux. J'ai besoin de manger presque la moitié avant de réaliser à nouveau que, non je n'hallucine pas. Il est encore là.

- Ah euh... Ouais, mais j'ai veillé tard aussi moi. Tu te réveillais pas après, j'en ai eu marre alors... On dirait que les Zack sont pas venus ?

J'arrête ma fourchette à mi-chemin de ma bouche quand je réalise ce qu'il a dit ensuite. Il compte rester ici. Je reste les yeux grands ouverts, enregistrant l'information. Ok...

- Et donc, t'as encore du ragoût ?


Moi, pragmatique ? Je lui lance mon plus beau sourire et finit rapidement mon assiette avant d'en lécher le fond. Je réfléchis rapidement. Je peux imposer mes conditions non ? Après tout, c'est moi le propriétaire en l'absence des parents, pas lui. Je peux vraiment lui pourrir la vie s'il fait pas sa part... Ouais et puis, si quelqu'un d'autres risque sa vie à chercher de la bouffe au dehors, c'est tout bénéf' non ? Surtout si c'est lui.

- Les parents te laisseront pas repartir si t'es encore là quand ils arrivent. Et sinon, j'ai vraiment plus de bouffe, donc il faut que t'ailles en chercher si tu veux rester là. Ok ?
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MessageSujet: Re: [Flashback] 1, 2, 3 ... T'étais forcé de monter à 4 ? [Livre I - Terminé]   Mer 2 Sep - 20:55

Je commence à être bien réveillé là et je me sens plus reposé que j'ai pu l'être depuis mon départ il y a quelques semaines déjà. Comme quoi, on dira ce qu'on voudra mais une porte barricadée et un bon lit, y a que ça de vrai pour se sentir presque à l'abri face à tout ce qui se passe dehors. Bon, presque, faut pas non plus déconner et je sens déjà la tension revenir sournoisement, sans même que le gamin ait besoin de dire quoi que ce soit alors qu'il me rejoint dans la cuisine. Le monde est là, juste dehors et, maintenant que je recommence à avoir les idées claires, va falloir que je m'y colle, que je le veuille ou non.

Je ricane à sa réplique alors que je commence à piocher allègrement dans l'assiette que j'ai posée devant moi. La vache, ça fait du bien de manger chaud et de pas piocher dans une boite de conserve froide parce que j'ai tout simplement pas l'occasion de m'arrêter pour réchauffer le peu de trucs que j'ai pu trouver.

"Presque ? Attends de voir ce que j'ai pour le dessert, tu vas être ravi."

Bon c'est une pauvre boite de pêches au sirop que j'ai réussi à garder je sais pas par quel miracle depuis mon départ de chez moi. L'espace d'un instant, je me demande à quoi doit ressembler mon appart', là, tout de suite et, surtout le voisinage. Je réprime une grimace à cette pensée et je me focalise de nouveau sur le gosse qui commence un rude combat avec Torby et qui finit par se percher sur le buffet. Faut dire que ça doit sentir vachement meilleur que ses croquettes dégueulasse.

Je finis consciencieusement mon plat et j'ai un sourire alors que Zak continue de se battre avec le chien. Je pose alors la casserole vide au sol et je siffle pour attirer l'attention du clebs. Qu'il en profite un peu lui aussi, pas dit qu'il ait l'occasion de manger des bons trucs souvent lui non plus. Et le petit pourra finir tranquillement.

A sa réponse, j'ai un haussement de sourcils et je me passe la main dans les cheveux avant de souffler, avec un sourire contrit.

"Ouais, j'étais bien plus claqué que ce que je pensais. Ou alors c'est le bon air vivifiant de la campagne qui a fait son petit effet, va savoir."

Ou une connerie dans le même genre. Les zombies sont effectivement pas venus, heureusement d'ailleurs, je suis pas sûr que j'aurais été en état de les accueillir convenablement. Je lâche quand même, sceptique.

"Mouais, ça veut pas forcément dire qu'ils vont pas se décider à rappliquer à un moment ou à un autre. Ca a déjà été le cas, pas de raison que ça recommence pas non ?"

Putain, je deviens rabat-joie maintenant. Pire que le paternel. D'ailleurs, tant que je pense à lui, j'en profite pour lui glisser que je compte rester là quelque jours. Il le prend pas mal et sa répartie me fait sourire.

"Ouais j'ai encore quelques boites intéressantes. On pourra tenir deux ou trois jours sans soucis. Et j'irais chercher de la bouffe. Me faut de l'essence aussi de toute façon. Pour repartir quand ils seront là. Je pourrais faire d'une pierre deux coups."

Inutile de lui dire que je ne compte pas rester quand ils seront revenus. S'ils reviennent. Enfin, je pense. A dire vrai, j'ai pas trop envie de réfléchir à la question. Chaque chose en son temps. J'attrape alors la boite de conserve pour le dessert et je la dépose sur la table avec un mouvement du menton.

"Ca te branche ?"

Ouais, c'est le grand luxe aujourd'hui. Bon j'épuise peut-être toutes mes cartouches d'un coup et après il va grave tirer la tronche quand il devra de nouveau tourner au régime lentilles mais bon, autant qu'il soit de bonne composition maintenant non ?
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MessageSujet: Re: [Flashback] 1, 2, 3 ... T'étais forcé de monter à 4 ? [Livre I - Terminé]   Jeu 3 Sep - 15:12

Je prends un air suspicieux quand il me parle du dessert. Pas que je m'imagine un truc dégueu', mais plutôt qu'il tente d'acheter ma sympathie avec de la bonne bouffe. Il m'a donné des bonbons hier, maintenant un bon ragout et ensuite...? S'il croit que je vais me laisser avoir comme ça ! Qu'il se fourre le doigt dans l'oeil jusqu'au coude !

- Ca vaudra jamais les pancakes de maman au réveil.

Je fais mon difficile, mais c'est juste pour le principe. Ce n'est pas comme s'il pouvait égaler sa cuisine. Elle est capable de faire des merveilles même avec de vieilles conserves... Elle me manque, vraiment. Je regrette un peu d'en parler, parce que ça me fait penser aux dimanches matin en famille, et que ça me paraît tellement loin maintenant. Et dire que lui est parti de la maison en sachant pertinemment ce qu'il allait perdre... Qu'est-ce qui peut-être mieux à l'étranger, quand on a des aussi bons pancakes le matin hein ?
Je baisse le regard sur mon assiette. Je m'en veux tellement de ne pas être parti en vacances avec eux, à leur dire que l'Europe m'intéressait pas et que je serais mieux ici. Trop content de pouvoir jouer à la console en paix, de me goinfrer de pâtes n'importe quand devant la télé, de pas me soucier de l'heure à laquelle j'allais me coucher non plus... J'ai eu le droit à tout ça. Tellement que j'ai fini tous mes jeux et qu'ils m'ennuient au possible, que j'ai fait une overdose de pâtes et que j'aimerais bien dormir à des horaires normaux sans que les Zack viennent frapper à la porte. Merde ! Des fois je me demande si j'ai pas souhaité trop fort d'avoir la paix, de plus me préoccuper des devoirs et que le collège parte en fumée. Maintenant que c'est fait, je me sens tellement con... Et coupable en prime. J'ai l'impression que c'est un peu de ma faute des fois. Et si je les revois jamais ? J'aurais dû partir avec eux.

Je cille et reviens à la réalité. Je dois tirer la tronche, sans vraiment le vouloir. Torby a fini par me lâcher, trop content de racler le fond de la casserole. Je raccroche les wagons, pour donner le change. Il parle bien de la puanteur ambiante là ?

- L'air vivifiant... N'importe quoi !


Il a conscience de son air de crâneur quand il passe sa main dans ses cheveux comme ça ? J'hésite à lui demander. Je retiens un rire. Au moins, je pense à autre chose.

- Ils sont toujours là. Ils fatiguent jamais, eux. Mais ils sont pas bien malins aussi, donc on va les entendre gratter et je ferais comme d'habitude. Tchak !

Je fronce les sourcils, profondément sceptique quand il parle de chercher de l'essence. C'est cela oui... Il me prend vraiment pour un con ? Mais c'est pas comme si je pouvais saboter sa voiture. Enfin si. Sauf que je préfère lui laisser le bénéfice du doute et une chance de partir le moment venu, plutôt que de devoir me le coltiner à cause de ma propre entourloupe. Le serpent qui se mordrait la queue !

- T'as le temps pour l'essence, mais je peux t'indiquer une station où il restait des bidons. Je les ai caché on sait jamais, juste qu'ils me servaient à rien sur le coup donc je me suis pas encombré. Pour la bouffe, on va pas tenir une semaine alors... Je m'occupe de garder la maison intacte, sans un Zack pour nous emmerder, et toi tu cherches de quoi faire ? Je peux t'indiquer les bons endroits sur une carte. Deal ?

J'ai tellement pas envie de retourner dehors. J'aurais même pas à forcer pour le convaincre je parie. Suffit de faire les yeux de chiot abandonné sur le bord de la route... Ca doit marcher avec lui aussi, non ? Bon je lui ai raconté plein de trucs sur comment je m'étais débrouillé, mais il peut quand même se faire avoir. C'est pas difficile de simuler une peur panique, il suffit à peine de forcer... Ouais, je fais le bébé quand ça m'arrange ! Mais c'est pour la bonne cause. Lui, c'est pas très grave s'il se fait bouffer. Pour l'avoir vu trois fois dans ma vie... Bon, quatre. Et Torby, je m'en voudrais.

Je regarde la boîte de pêches au sirop, toujours suspicieux... Mais je lui prends des mains et l'ouvre. J'en verse une partie dans son assiette et l'autre dans la mienne. Je reste sur le buffet à les déguster tranquille. Ok... coup foireux ou pas, c'est juste super bon !
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MessageSujet: Re: [Flashback] 1, 2, 3 ... T'étais forcé de monter à 4 ? [Livre I - Terminé]   Sam 5 Sep - 9:50

Ca pue, c'est une infection. C'est de pire en pire à chaque fois que je prends une inspiration. A croire que le monde entier est en train de se décomposer à Oldbridge et dans ses environs.

Ca fait cinq jours que je suis là. Cinq jours qu'on est totalement coupés du monde, sans nouvelle de personne. P'pa est toujours pas revenu et, plus les jours passent, moins j'ai le sentiment qu'il va finir par franchir cette porte avec un grand sourire et nous dire quoi faire. C'est tellement débile, mais je me rends compte que je me suis raccroché à cette idée depuis le moment où j'ai défoncé cette foutue porte et que Zak' m'a tiré dessus.

A sa proposition de m'aider à trouver les coins intéressants, j'ai forcément dit oui et l'idée qu'il reste dans la maison pendant que je fouine me gène pas, j'ai pas plus envie que ça de l'avoir dans les pattes. Passé l'épisode du ragoût et des pèches au sirop, on a tous les deux vaqué à nos occupations. Enfin, je me suis reposé encore un peu j'avoue et lui je sais pas trop ce qu'il a pu faire. On a partagé un autre repas, échangeant des banalités sur la bouffe et je sais même plus sur quoi. Histoire de pas trop laisser le silence envahir la pièce mais rien de plus. Il est toujours autant sur ses gardes, mais c'est logique.

La cohabitation ne se passe ni bien ni mal. C'est moins pire que prévu mais, au moins, il a plus l'air de vouloir me buter ou, pire, me jeter dehors au milieu des zombies. Bon, c'est pas le grand amour mais, en même temps, je m'attendais pas à autre chose, je lui tape sur les nerfs, c'est certain mais il a l'air de faire avec. Il passe des heures sur sa console à user un stock de piles impressionnantes et moi je relis mes vieilles bédés. La plupart du temps on parle pas vraiment. J'ai pas trop envie d'évoquer ma vie et j'essaie d'éluder au maximum lorsqu'il me demande ce que j'ai pu faire quand j'ai quitté Oldbridge.

Les seuls moments où on arrive à vraiment se détendre c'est quand il raconte des conneries sur Torby ou sur ce qu'il fait à la ferme. Enfin ce qu'il faisait. Parce que bon, s'occuper des bêtes, là de suite, c'est plus vraiment d'actualité. Même les parents c'est un sujet qu'on évite. On dresse tous les deux l'oreille dès qu'il y a un bruit un peu louche, ce qui est abominablement rare dans le silence pesant qui nous entoure. Des fois, j'ai envie de me lever et de me barrer en hurlant, quitte à me faire bouffer dix mètres plus loin. Au moins, ce sera pas en silence.

Je réprime un soupir alors que je replie la carte que Zak' a marquée dans tous les sens. Il a l'œil le petit et j'ai pu me faire une première virée il y a deux jours sans trop de soucis. C'est un peu agité dans le coin mais je m'attendais à largement pire après ce que j'ai vu sur la route. J'ai ramené des conserves et il a eu l'air ravi de voir que c'était pas des lentilles. Faut dire que je sais pas pourquoi, il a une poisse monstrueuse et il a l'air d'être capable de ramasser que ce genre de boite de conserve. Chelou un peu. Enfin, aujourd'hui c'est jour de fête, j'ai trouvé deux boites de raviolis, un paquet de pain de mie, une brique de lait et une espèce de sachet de préparation pour pancakes. Ca vaudra toujours pas ceux de sa mère comme il aime le répéter chaque matin mais, à l'idée de bouffer ça j'en ai l'eau à la bouche. J'ai pas trop envie de tenter ma chance plus en avant même si les gars ont l'air sacrément calmes.

Je songe à rebrousser chemin quand j'entends une sorte de grésillement, comme une radio. Autant le dire de suite, je suis intrigué et beaucoup trop curieux pour mon propre bien. Je fourre ce que j'ai trouvé dans mon sac à dos et je me glisse aussi discrètement que possible dans la direction que j'ai entendue. Je me colle de justesse contre un mur, sous une fenêtre alors que j'entends des voix de l'autre coté. Putain, y a du monde là-dedans.
J'essaie de pas songer aux crochets quelques mètres plus loin et de pas faire le lien entre ces gars et ce que m'a raconté Zak'. Ca se trouve, c'est pas du tout les mêmes, c'est possible non ?

"… New-York…  bloqué… morts… épidémie…"

Je me redresse un peu, jurant intérieurement de ne pas en entendre plus pour me replaquer contre le mur aussi sec. Il y a un mec juste au-dessus de ma tête, appuyé sur le rebord de la fenêtre.
Heureusement il a l'air de lui tourner le dos.

"Putain, j'ai eu du bol de quitter New-York dans les temps. Z'ont fermé tous les accès juste après."

"Ouais et ils ont fait sauter le pont alors que tu venais de le traverser c'est ça ? Et il a explosé juste derrière toi et tu t'en es tiré de justesse comme un héro de film ? Tu parles, t'es jamais allé à New-York j'parie. Pauvre con."

"Je te jure que si ! Les morts ils en ramassaient à coup de… 'tain c'est quoi le truc là ? Genre un tractopelle et tout ! T'avais les militaires qui shootaient tout ce qui bouge et des mecs derrière chargés de ramasser la viande. Rien que d'y repenser j'ai la gerbe, un truc de dingues."

Une voix féminine se détache alors du reste. Elle a l'air vachement plus calme que les deux excités qui ont l'air d'avoir envie de se taper dessus.

"J'étais à New-York. Ils ont fermé l'aéroport en premier. Il parait que les soldats avaient ordre de tirer à vue sur tout ce qui essayait de sortir de là. Ils avaient l'air de croire que la contamination venait d'un pays étranger et visiblement ils essayaient de contenir tout ce beau monde. Comme si ça allait empêcher quoi que ce soit."

Un des mecs ricane et j'entends un truc qui s'éclate contre un mur, comme du verre brisé.

"Tu parles et comment tu sais ça ?"

"J'étais hôtesse d'accueil à JFK. C'est des on-dit mais j'ai failli me faire tirer dessus plusieurs fois. J'ai pu me tirer parce que je connaissais bien le coin."

Et merde. C'est pour ça que p'pa voulait absolument que j'aille chercher Zak' ? Parce qu'ils étaient bloqués à l'aéroport et qu'ils savaient qu'ils pourraient pas en sortir ? Ca expliquerait pourquoi ils sont toujours pas là, pourquoi ils le seront jamais.

"Bon va falloir qu'on se tire de là. Les hordes de zacks sont en train de remonter du sud. On sera bientôt envahis."

"Genre, tu trouves que c'est pas le cas là peut-être ? T'as vu le mur qu'on a fait ?"

"Ouais et tu te prends pour qui ? Notre chef ? Si tu le cherches, il a été bouffé y a deux jours. Comme tous les autres. On est les derniers à pas être crevés alors nous donne pas des ordres comme ça."

"Putain, vous êtes des pauvres cons de paysans arriérés. J'aurais jamais dû m'arrêter là. On s'est bien marrés mais maintenant, démerdez-vous et crevez dans votre trou paumé, je vous souhaite bien du courage et allez vous…"

Elle a pas le temps de finir sa phrase que j'entends un énorme bruit. Visiblement, elle vient de prendre un sacré coup. J'ai pas plus envie de savoir ce qui va se passer, j'avoue, c'est lâche et tout ce que vous voulez mais elle avait qu'à mieux choisir ses fréquentations.

Alors ouais, je me casse, essayant d'intégrer ce qu'elle vient de raconter et ce que ça peut impliquer pour le petit et moi. C'est la merde, la vraie merde. Il me faut un bon moment pour me taper le trajet retour, c'est galère d'éviter à la fois les routes et les coins trop encombrés par les arbres. Entre les humains qui pètent un plomb et les zacks qui ont la dalle, ça devient tendu de savoir par où passer. Mais ça va, je m'en sors à peu près et sans dommage.
Je soupire de soulagement en voyant la maison et je me précipite à l'intérieur, gratifiant Torby d'une gratouille avant d'entrer dans le salon.

Je me laisse tomber dans le canapé et je reprends doucement mon souffle avant de reporter mon attention sur le gamin. Je vais pas pouvoir faire dans la dentelle parce que si la moitié de ce que j'ai entendue est vraie, pas de raisons que ses parents soient toujours en vie et surtout, il va falloir se tirer de là.

"Faut qu'on cause."
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MessageSujet: Re: [Flashback] 1, 2, 3 ... T'étais forcé de monter à 4 ? [Livre I - Terminé]   Sam 5 Sep - 23:30

Cinq jours. Il s'est écoulé cinq jours entiers depuis qu'Ethan a franchi le seuil de cette porte et que j'ai tenté de lui tirer dessus. Toutes mes tentatives pour le faire dégager de là ont échoué, donc je me suis rendu à l'évidence... Et j'ai inscrit d'un trait rouge chacun de ces jours sur le calendrier de la cuisine. Il n'a pas dû passer à côté, ou alors c'est vraiment qu'il est idiot. C'est possible, je me pose souvent la question... Quand a-t-il pu arrêter ses études ? Et pour faire quoi, en plus ? Je sais qu'il est parti à l'étranger, mais j'apprends rien de plus intéressant, que ce soit sur avant ou après la fin du monde. J'ai arrêté d'insister à force. Je sais seulement que c'est pas un ancien taulard. Ca veut pas dire qu'il n'a jamais versé dans l'illégalité, mais qu'il ne s'est pas fait chopper. Je me demande encore comment il a fait pour rester en vie aussi. Un nouveau mystère impossible à résoudre. Je souffle, me remets sur ma console quand il refuse de me répondre. Je lui ai tout dit, même le pire, et c'est vraiment nul qu'il en fasse pas de même. Mais bon... C'est pas comme s'il allait réellement rester, si ? Je commence à croire qu'il va vraiment tenir parole et se casser quand les parents arriveront, même s'ils vont vouloir le retenir. Il a l'air un peu buté aussi, peut-être même plus que p'pa quand il s'y met. Et c'est pas un lâche, un bon point pour lui.

Ethan n'a pas rechigné à partir au dehors, malgré toutes les zones dangereuses que j'ai relevé sur sa carte de la zone. J'ai bien fait les choses. J'ai pris beaucoup de temps à observer le voisinage, tous les environs d'OldBridge... Pour être certain de ne rien laisser au hasard quand je devais sortir. J'aurais certainement pu le jeter dans un traquenard pour m'en débarrasser, mais avec sa moule, il aurait été foutu de revenir et de chercher à me frapper ou pire... Et puis, s'il peut se rendre utile, autant en profiter non ? Il sera peut-être capable de nourrir tout le monde sans que je m'en mêle, et j'aurais plus jamais à sortir de la maison si j'en n'ai pas envie.
Alors je dors bien mieux ces derniers temps. Parce que simplement garder la maison, c'est facile. Torby vient toujours me chercher plutôt qu'Ethan quand des Zack essaient de déboiter les lattes, mais je m'en occupe avec toujours la même technique immuable qui m'évite bien des emmerdes. Et je les retape ensuite avant de repartir me coucher. Le seul soucis, c'est pas tellement de s'occuper de la maison mais qu'à force de rester cloîtré, les piles se déchargent bien plus vite. Et j'ai plus de jeux depuis longtemps, mais je refais les mêmes. C'est fou ce qu'on apprécie le potentiel de rejouabilité de certains avec la fin du monde.
Et puis, il faut dire que voir la tête d'Ethan chaque matin au réveil, ça donne vraiment pas envie de faire autre chose. Les deux premiers jours, j'arrêtais pas de sursauter dans la nuit en cauchemardant sur des Zack qui seraient rentrés dans la baraque. Ca revient régulièrement, dès que j'entends Ethan faire grincer l'escalier. J'ai plus l'habitude de voir quelqu'un d'autres que moi entre ces murs, et à force, j'avais appris à faire sans. Juste Torby et moi. Je sais pas si je m'habituerais un jour à la présence d'Ethan, mais ça tombe bien, j'ai pas envie que ça arrive.

Alors quand il revient au cinquième jour avec sa gueule des mauvais jours, j'ai le vague espoir qu'il m'annonce quelque chose d'important. Du genre, j'ai décidé de me tirer, ciao ! On peut toujours rêver non ? Je me redresse sur le tapis pour me mettre en tailleur, délaissant ma console après l'avoir éteinte. Je lui jette un regard interrogateur, sans bien comprendre.

- Euh ouais, ok. Alors ? Ca s'est bien passé cette petite virée ? T'as eu des prob' c'est ça ? T'as pas l'air d'être mordu déjà... Au fait, j'ai plus de piles de rechange. T'en as trouvé ?

Et puis je pâlis un peu. Je réalise, plus je parle, que ça peut-être vraiment grave et pas seulement une bonne nouvelle comme son simple départ.

- 'me dis pas que t'as croisé les mecs de la superette et qu'ils t'ont suivi jusqu'ici, hein ? T'as dit à personne où on habitait surtout ?

Non, je pense pas un seul instant aux Zack. Ils sont un léger problème comparé aux vivants qui pètent les plombs à mon sens. Eux, ils peuvent faire vraiment très peur.
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MessageSujet: Re: [Flashback] 1, 2, 3 ... T'étais forcé de monter à 4 ? [Livre I - Terminé]   

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[Flashback] 1, 2, 3 ... T'étais forcé de monter à 4 ? [Livre I - Terminé]
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