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Chapitre Deux : Enjoy the Silence
MessageSujet: Chapitre Deux : Enjoy the Silence   Chapitre Deux : Enjoy the Silence EmptySam 11 Fév - 15:09





Lieutenant Matheson


Deux soldats saluent le lieutenant Matheson lorsqu’il se présente au QG du « Canadian Defense Forces », soit l’agglomérat des rares survivants de l’armée de son pays. Lorsque lui et son unité ont été évacués du pays in extremis, quelques semaines plus tôt, il a eu la surprise de découvrir le faible nombre de survivants. Avant guerre, son pays pouvait aligner 45 000 hommes, près du double au besoin en cas de mobilisation d’unités de réserve ou de milices. En comptant les policiers et les autres membres de personnels de sécurité, le CEF alignait tout au plus 2 000 hommes aujourd’hui. Quelle hécatombe… Et cette tente, pitoyable quartier général, n’abritait plus que deux colonels et trois majors, seuls officiers supérieurs rescapés de la Grande Panique. La rumeur voulait qu’un général soit toujours encerclé à Calgary avec une unité des forces spéciales, mais on n’avait plus de nouvelles d’eux depuis deux semaines. On le salue. On lui tape sur l’épaule, on le congratule pour son évacuation réussie. Personne n’évoque les lourdes pertes, ni l’échec de la mission de sécurisation des frontières du pays. Personne ne parle des civils qui ont dû être abattus par l’unité.


| Lieutenant, vous et votre unité, du fait de votre expérience, avez été choisis pour mener à bien une nouvelle mission. | commence le major Mills


Le colonel Munroe pointe du doigt une série de zones, sur le Saint-Laurent et à l’ouest, sur la route des montagnes.


| Nos unités qui n’ont pas réussi à évacuer ont réussi, pour certaines d’entre elles, à se fortifier sur ces zones. Nous avons récemment parachuté du matériel ici, ici et là. Nos quelques avions récupérés partent de bases à Terre-Neuve, qu’on a réussi à tenir, pour le moment en tous cas. Nous savons aussi que des groupes de civils d’importance relative tiennent certaines positions, notamment autour des villes du Saint-Laurent. Nous faisons ce que nous pouvons pour les soutenir et les aider à passer l’hiver. Votre unité nous y aidera ; direction Terre-Neuve pour aider à sécuriser notre base, puis de là, des opérations amphibies seront organisées pour dégager ou ravitailler d’autres survivants. |


Matheson a une question, il profite de la pause dans le brief du colonel pour la poser avant de passer à autre chose.


| Il y a des zones d’un rouge très foncé, sur votre carte mon colonel. Autour de Trois-Rivières, de Québec, de Stanstead… |


Le visage des gradés se ferme. Ils se regardent. Matheson comprend qu’ils pèsent le pour et le contre d’entrer dans les détails. Le colonel Munroe reprend la parole.


| Ce sont les zones que l’on sait contrôlées par des bandits. Survivants, déserteurs des forces de sécurité, ex-prisonniers… C’est un sacré merdier dans ces zones. Ils font régner la loi autour de leurs camps de base, pillent ou rançonnent les environs. Ce sera votre plus grand défi, Matheson. |


Matheson se rapproche et constate qu’il y a de petites étiquettes accolées à ces zones. Il s’arrête sur celle près de Trois-Rivières.


| Ca, Lieutenant, c’est, je le crains, votre prochain cauchemar récurrent. |
 

     
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Le reste du monde


Le Premier Hiver qui suit la Grande Panique sera bientôt entré dans les annales de l’Histoire de l’Humanité comme un crépuscule permanent, une horreur glacée où les contaminés pourchassèrent les survivants aux quatre coins du monde, détruisant et engloutissant sous une marée de goules les fortifications érigées à la hâte, propageant l’épidémie à des millions de réfugiés. Malgré ces véritables horreurs qui hantèrent à jamais les songes des survivants, ce ne furent pas les zombies qui causèrent le plus de pertes. La Grande Panique avait quelques mois plus tôt provoqué des pénuries, des famines, des épidémies secondaires, de graves troubles civils… Et l’hiver renforça leur potentiel destructeur ; les gens moururent par millions, jetés par les zombies dans les régions désertes de notre monde, ou d’autres vécurent les pires disettes dans les camps surchargés où l’Infection, toujours, parvenait à finalement se propager. Les troubles entre Etats, observés au début de la Grande Panique, se calmèrent au fur et à mesure que les armées du monde entier voyaient leurs effectifs drainés par les combats contre les morts, ou du fait du manque croissant d’armes et de munitions. La production industrielle s’était maintenant presque totalement évanouie et la nourriture, devenue denrée rare. L’eau potable devint rare également, et beaucoup moururent de la résurgence de maladies anciennes. Les malheureux prisonniers de l’hémisphère nord souffrirent grandement de l’hiver, qui leur épargna pour beaucoup les contaminés, gelés sous l’épaisse couche de neige qui couvrit l’Europe et l’Amérique du Nord, mais condamna des millions de réfugiés à la mort.

Certains gouvernements parvinrent à réunir quelques ressources humaines et matérielles, le plus souvent en les collectivisant avec leurs voisins, mais la priorité était donnée à la survie à court terme ; il fallait produire des vivres et du matériel nécessaires pour poursuivre la lutte. Ce recul des états favorisa l’émergence de véritables enclaves de survivants, souvent guidées par la Loi du Plus Fort, mais pas toujours. Des collectifs de survivants parvinrent à s’établir un peu partout, à se fortifier, à s’approvisionner, parfois en mettant en place ce qu’on qualifiait autrefois d’utopies politiques ; abandon de toute propriété, démocratie directe, ou à l’inverse rétablissement de l’esclavage, ou élévation de la rapine et du meurtre de crimes à moyens de survie.

L’Humanité nourrissait la ferme intention de survivre, unie ou non, mais alors que le dégel s’amorçait… Les infectés redevinrent partout actifs, et repartirent, inlassablement, à la recherche de proies.
 

     
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Les Protecteurs


Ils sont déterminés depuis des mois à survivre. Leur groupe, assez peu nombreux, avait subi des pertes cruelles… Mais il se dresse à nouveau devant les difficultés avec tout l’aplomb de ceux qui sont passés au travers des pires horreurs et qui sont encore en vie pour en parler. Ce n’était pas gagné, pourtant. Alors que lentement les températures remontaient et se faisaient moins glaciales, plusieurs membres du groupe tombèrent malades et certains étaient pris de fièvres si violentes qu’ils pouvaient à peine bouger. Il fallait vite prendre une décision, et le stock de médicaments du groupe n’était pas suffisant pour soigner tout le monde dans de bonnes conditions. Il fut décidé de se rendre sur le campus universitaire pour tenter une razzia sur les stocks de médicaments. L’endroit n’avait visiblement pas été évacué, et étrangement, des contaminés rôdaient en masse. Les survivants du groupe Protecteurs fouillèrent plusieurs laboratoires pour trouver ce qu’ils étaient venus chercher… Et tombèrent sur un autre survivant, sur des contaminés qui leur sautèrent dessus. Mais aussi et surtout, sur un butin précieux ; tout un stock de médicaments très performants pour combattre les virus et certaines bactéries, ce qui permettrait à leurs malades de passer l’hiver. S’échappant de justesse alors qu’une marée d’infectés portant blouses médicales et uniformes militaires, les survivants parvinrent à se mettre à l’abri, même si l’un d’eux, rencontré pendant la fouille des laboratoires, disparut pendant que tous les autres battaient en retraite.

Nos survivants étaient toutefois passés à côté, sans le savoir, d’une avancée cruciale des recherches effectuées aux premières semaines de l’épidémie. Deux génies de l’université, entourés des équipes de la fac et de renforts gouvernementaux, avaient presque totalement cartographié et identifié l’ADN du Virus. Les résultats des analyses et des expériences menées se trouvaient dans des ordinateurs éteints, mais aussi dans les dossiers trouvés dans le laboratoire, dans les prélèvements et solutions testées… Rien ne fut emporté ; personne ne se doutait une seule seconde du précieux trésor découvert, et quand bien même aurait-il été trouvé, qu’en faire ? Un incendie, provoqué accidentellement dans la fuite des survivants à cause d’un groupe électrogène défectueux, fit disparaître le bâtiment et ses occupants mort-vivants dans un gigantesque brasier.

Quoiqu’il en soit, le groupe s’est fortifié dans l’ancienne Régie Portuaire de Trois-Rivières et a pris conscience que des individus étaient hostiles, dans le secteur. Rafael, Dean et Ethan ont affirmé leur volonté d’étendre leurs explorations pour trouver ce groupe étranger avant que ça ne soit eux qui les trouvent. Zak a survécu à la grippe, malgré son jeune âge et son état chronique. Il se remet d’aplomb. Les relations s’aplanissent au sein du groupe, Ashley cherche à renouer avec son beau-fils et son fils, Skylar se déride un peu tout comme Charisma ; tous deux commencent à s’intégrer. Eliott parvient à faire le lien, et sa relation avec Ethan est un peu plus calme, un peu plus posée. Le groupe a trouvé de la confiance, dans sa réussite face à la grippe et l’absence de pertes pendant cette nouvelle épidémie. Cela leur a fait du bien à tous.

 

     
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Radio Free Earth


Le 4x4 est secoué alors que Wilkins passe une bosse. L’ennemi, ces étrangers vindicatifs et belliqueux, a abandonné la poursuite. Le terrain de parachutage a été abandonné. L’ambiance est lourde, pesante, tout le monde se tait. Seule Chloé, la jeune infirmière du groupe, marmonne quelque chose en essayant de s’occuper du mieux possible d’Anna, blessée très gravement. Certains ont les yeux humides à cause de l’émotion et de la peur panique ressentie. Il s’en est fallu d’un cheveu. Blessé, l’épaule poisseuse de sang, Philippe, le leader sans doute prochainement contesté du groupe des Egarés, tire de sa veste camouflée une radio, qu’il allume. Rien pendant un moment, que de la neige, ce bruit de fond vide et pourtant bien présent, mort incarnée de l’espoir… Il bidouille des boutons, bouge comme il peut sur les fréquences pour capter quelque chose, n’importe quoi. Il essaie toutes celles où Radio Free Earth a déjà pu leur parler, notamment pour leur donner les coordonnées de cet endroit maudit. Pourtant, le son s’emballe, déconne, et on entend une voix en anglais, lointaine, presque fantomatique, se fait entendre pour ceux qui sont à l’arrière du pick-up.


| Y’a quelqu’un ici ? Nous sommes les derniers survivants ? … Les derniers survivants, c’est ça ? Les derniers… Y’a … ici ? Sommes les derniers survivants ? Y’a quelqu’un n’importe qui ? |


La friture fait grésiller la radio tout du long, le volume de la neige croît et décroît avec la régularité d’un métronome. Difficile de savoir s’il s’agit d’un message pré-enregistré, ou si quelqu’un est véritablement en train de répéter inlassablement son appel. Le son finit par crisser plus fort, et meurt. Philippe se retourne vers les survivants mal en point de son groupe.


| Qu’est-ce que c’est encore, cette merde ? |  

     
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Les Egarés


Le groupe des Egarés a eu toutes les peines du monde à se sortir des difficultés. Pendant tout ce Premier Hiver, les survivants ont crevé de faim. Malgré leur installation dans des cabanons et mobil-homes de tourisme à l’est de la ville, il n’y avait aucune ressource à portée en dehors de quelques restes laissés par les pillards, de racines ou plus rarement, de poissons dans le ruisseau tout proche. La disette fut terrible et affaiblit tout le groupe. Seul un efficace travail d’équipe permit aux survivants de finalement trouver de quoi survivre, mais c’était tout juste. Le groupe, lentement, se soudait. Anna et Pelleas entamèrent une espèce de relation malgré toutes leurs différences, tandis que les relations avec Javik et le reste du groupe tiraient vers le mieux, grâce à Miria. Philippe et Eva en étaient toujours à se chercher, sous le regard désapprobateur de la fille du chef, Chloé, qui ne digérait toujours pas le « remplacement » de feue sa belle-mère par l’américaine, même si elle appréciait cette dernière. Le groupe ne formait pas encore un tout homogène, mais ses membres se rapprochaient malgré tout.

Jusqu’à cet appel de Radio Free Earth, indiquant qu’un largage de ravitaillement non loin de Trois-Rivières allait être organisé… L’équipe se mit en route, et les survivants se déployèrent pour protéger la zone. Miria et Javik durent s’opposer à une quantité croissante de zombies, qui se mirent à affluer de partout sur le terrain de golf alors qu’un avion passait dans le ciel, larguant du matériel par parachutes. Le reste du groupe se jeta en avant pour rejoindre les caisses ; quantité de vivres furent trouvés, ainsi que du matériel plus lourd. Hélas, un autre groupe fit irruption sur le Green, en pick-up. Des éclaireurs probablement, menaçants. Philippe finit par ouvrir le feu et blessa mortellement un des adversaires, le compagnon de celui-ci répliqua et faucha le français ainsi qu’Anna, blessée très gravement. C’était la panique. Il fallait éviter que la chirurgienne ne soit tuée, et elle ne survécut que de justesse. Alors que de plus en plus de contaminés arrivaient sur zone du fait des coups de feu, l’équipe fut dépassée et Pelleas acheva de fureur un autre adversaire, puis s’engouffra porte conducteur du pick-up et démarra l’engin pour récupérer tout le monde ; Anna et Philippe blessés, Javik et Miria, Chloé et Eva, tous durement éprouvés par les combats et par la perspective, peut-être, de voir Anna ne pas survivre au voyage du retour… Le groupe, à peine unifié, risquait maintenant de s’effondrer sous le poids de la tension, du ressentiment, de la culpabilité.
 

     
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Les Autres


Ses pas crissent sur le gravier. Ils sont nombreux, autour de lui. Beaucoup sont en treillis. D’autres portent un équipement disparate, emprunté aux policiers, aux surplus de chasse. Ils sont tous armés, et leurs armes sont de bonne qualité ; matériel militaire de premier ordre.

L’homme est à genoux, torse nu, grelottant et haletant dans le froid d’un hiver tenace qui commence doucement, mais trop tard, à se réchauffer. L’homme saigne de la tempe, où il a été frappé à coups de crosse. Ses lèvres sont éclatées, et son nez a gonflé sous l’impact d’un godillot de taille 45. Il reprend son souffle comme il peut. Loin derrière eux, des bâtiments de la fac brûlent. Joseph regrette de n’avoir pas suivi immédiatement les autres, ce groupe qu’il aurait pu rejoindre. Pourquoi vouloir à tous prix ramasser ce truc qu’il a vu par terre, avant de s’en aller ? Il le paie au prix fort. L’Etranger se rapproche. Ses deux bottines se plantent sous les yeux de l’homme. L’autre le fait mariner. Puis il s’accroupit pour être à son niveau. Cheveux courts, coupe militaire, l’étranger porte un pull noir, un pantalon de treillis, et ces grosses bottines de cuir. Un flingue est passé sous sa ceinture, et il fume un gros cigare qu’il arbore ostensiblement, lui crachant sa fumée en plein visage.


| Alors, mon gars ? Tes copains qui ont foutu le feu à la réserve de médocs qu’on voulait, mes potes et moi, ils sont partis par où ? |


| Vas chier ! | lui répond l’autre.


Coup dans la tronche. Avalanche de coups de pieds. L’homme hoquette, misérable, prostré en position fœtale à même le sol, dans cette neige infâme mêlée de cendres. On le chope par la tignasse. On le questionne. On lui promet la souffrance ; ils ont déjà compris qu’il n’avait rien contre l’idée de mourir. L’Etranger n’a rien perdu de son assurance, il est resté debout, bras croisés et sourire insolent, fumant son cigare, pendant que ses chiens le passaient à tabac. Ca continue. Pendant des heures. Dans leur voiture, puis dans leur camp de base. Une vraie forteresse : barbelés, nids d’armes lourdes, miradors, barrières, pré-fabriqués en pagaille. La partie dure toute la nuit. A la fin, l’homme se demande comment il fait pour ne pas être déjà mort. Il ne s’entend même plus souffler qu’il a vu les types arriver et repartir par le sud. Il leur lâche les noms qu’il a entendu. Il les murmure d’une voix cassée, rauque.

L’Etranger lui plante le cigare entre les lèvres et front contre front, lui dit de bien en profiter.

L’homme n’entend même plus le coup de feu qui l’achève.

Les chiens sont lâchés.
 

     
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  Date Fin mars 2016
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