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So Take This Night [Livre I - Terminé]
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MessageSujet: Re: So Take This Night [Livre I - Terminé]   So Take This Night [Livre I - Terminé] - Page 3 EmptyDim 28 Sep - 21:51

La situation devenait vraiment compliquée, il y avait des problèmes dans l'air, de cela vous pouviez être certain... et c'était l'euphémisme du siècle que de dire cela. Avec une meute aussi incroyablement nombreuse que cela, bien sûr que vous aviez le droit de vous attendre à des soucis. On cavalait avec Eva, mais on ne semblait pas pouvoir les semer. Cela dit maintenant tout allait mieux ; l'objectif de la mission était rempli. Nous avions franchi plusieurs rues, plusieurs rangées de maisons. A priori, nous serions tranquilles pour un moment avec ces meutes d'infectés. Ils devraient se disperser d'eux mêmes pour revenir à un niveau de concentration acceptable. Nous l'avions fait, nous avions réussi. Mais nous n'étions pas encore tirés d'affaire ; il restait encore à nous tirer de là en un seul morceau ! Guère chose aisée... mais j'y croyais, dur comme fer. Nous avions ça en nous ; la survie et le carnage. Personne n'aurait pu le nier ! Eva avait un don certain pour la castagne, avec sa tonfa, et moi j'étais plutôt vif. Nous courrions aussi vite que possible vers notre salut, ou ce qui s'en approchait.


Je crois deviner vue la démarche hésitante de ma partenaire, que le zombie qu'elle a trouvé avait rouvert sa plaie en la bousculant ; elle s'appuyait plus difficilement sur elle et elle semblait également consciente que j'allais essayer de la sortir de cette situation dangereuse. Le coup de feu claque, ma main reste ferme, et des giclures éclaboussent le bitume alors que le Z s'effondre sur le côté. Une balle d'utilisée, mais c'est pour la bonne cause. Eva se retourne, et semble jauger la distance qui nous sépare de la mort. Une fois que celle ci lui paraît satisfaisante, elle s'éloigne, et je continue d'assister son mouvement. Un Z semble se rapprocher dans l'obscurité. Les autres sont loin ; nous avons progressé à un rythme suffisamment soutenu. Je tends mon bras avec le flingue tout en continuant de soutenir Eva de ma main qui tient la sienne, par dessus mon épaule. Bouger et viser, c'est compliqué. J'essaie de le faire avec soin. Si je le bute, ceux dans la rue vont s'amener ici et chercher dans la rue la source du coup de feu, ce qui nous donnera le temps de rentrer. Mais il faut faire disparaître celui là, qui risquerait d'amener les autres sur notre piste. Je vise. Et presse la détente



Type d'actionJe tire un coup de feu


Je lâche un juron alors que le levier d'armement se bloque. Saloperie d'arme de merde ! Bon au moins, la munition n'était pas perdue...


| Il ne perd rien pour attendre, cet enfoiré. | grommelais je en anglais.



Type d'actionJ'entre dans la maison avec Eva


Je me remets pleinement à soutenir Eva et force le pas vers la porte d'entrée de la maison suivante ; je lâche ma partenaire sur le perron et envoie un énorme coup de pied qui enfonce la porte en arrachant la serrure au passage. La horde allait arriver dans la rue, mais restait le problème du Z qui allait nous suivre d'un peu plus près... Je repoussais la porte derrière nous ; elle ne ralentirait pas nos poursuivants.


| Il faut qu'on se tire, et vite. On s'arrête à la prochaine maison, d'accord ? On traverse celle ci, jardin, et la prochaine on s'y retranche, on fait le point... Et j'essaie de réparer mon putain de flingue playmobile. |


Points de vie restants :  30
Munitions restantes : .... 14
Gains des fouilles : ... ...
Endroit où je me trouve :  ... dans l'entrée d'une maison
Endroit où se trouvent mes ennemis : - à une cinquantaine de mètres derrière nous, innombrables, soit trois zones [dispersés]
- un Z à deux zones.  

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MessageSujet: Re: So Take This Night [Livre I - Terminé]   So Take This Night [Livre I - Terminé] - Page 3 EmptyDim 28 Sep - 21:51

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#1 'Arme à Feu' :
So Take This Night [Livre I - Terminé] - Page 3 ArmeFeu3

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#2 'Mouvement' :
So Take This Night [Livre I - Terminé] - Page 3 MvtCla1
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MessageSujet: Re: So Take This Night [Livre I - Terminé]   So Take This Night [Livre I - Terminé] - Page 3 EmptyDim 28 Sep - 22:40

Le plus gros du travail était fait. Protéger nos proches. Si on pouvait ne pas y passer en même, ça serait parfait. Mais ça nécessitait qu’on se casse et en vitesse. Et rien n’était moins sûr, avec l’autre putréfié qui avait rouvert ma blessure, faisant de moi un canard boiteux à nouveau, et le second qui surgissait, alors qu’on s’éloignait du gros de la troupe. Peut-être que demander un moment de répit était de trop. Peu importait. On avait accompli notre tâche à deux, et vu la façon dont Philippe me permettait de l’utiliser comme soutien pour marcher, on la finirait à deux. Et vivant, les deux pieds sur terre, et non pas en avant. On s’éloignait encore, délaissant derrière nous le cadavre du Zack, qui ne se relèverait pas, cette fois. Aussi terrible que soit cette idée, aussi éloignement de ma nature humaine et compatissante, j’étais soulagée de sa mort. Même si je devais pour ça éloigner l’idée que ça aurait pu être moi, que j’aurai pu être livrée à un sort aussi horrible. Comme ma famille l’avait été.

Je tente de m’éclaircir les idées, continuant à avancer, tentant de pousser Philippe à le faire aussi. Je sais que c’est pas la solution la mieux, mais tirer sur le zombie isolé, c’est aussi risquer d’attirer à nouveau les autres. Les autres, désorientés, qui ont perdu notre trace, qui commencent à se séparer. Ils n’ont aucune proie à se mettre sous la dent, si ce n’est nous. Et ça, on permettra pas que ça arrive. Mais si on tire, on prend des risques inutiles. Je ne suis pas convaincue, pourtant, que de le laisser tranquille soit moins risqué que de lui tirer dessus. S’il nous suit, si on ne perd pas sa trace, alors les autres pourront le suivre aussi, et jalonner nos pas.

Philippe semble trancher dans l’autre sens, d’ailleurs, alors qu’il tire. Ou essaye, son arme restant de marbre face au zombie. Pas de détonation, rien, même pas de tir. Je sais pas si j’en suis soulagée ou pas, mais lui n’en est pas ravi, clairement. J’ai à peine le temps de réagir, qu’on reprend notre chemin, sans même qu’il me laisse lui filer mon flingue pour tenter sa chance. Tant pis. Tant mieux, peut-être, qu’il se range par la force des choses à mon premier choix. Je perdais un peu l’équilibre, me rattrapant au rebord d’une fenêtre, quand il me lâchait. Je grimaçais, mais je m’arrêtais pas là, je continuais à avancer simultanément avec lui, m’éloignant de la porte qui n’était qu’un piètre barrage contre ces enflures, maintenant qu’elle était défoncée.

« Ok, allons-y. De toute façon, on a pas de temps à perdre. Et on peut pas essayer de bloquer le passage avec des meubles ou quoi, ça nous ralentirait, ça ferait trop de bruit. Dès que l’un de nous estime qu’on est sécurité, on s’arrête, pour ton flingue, et ma putain de jambe. Et on cherche quelque chose qui puisse m’aider à marcher sans que je te ralentisse. Allez, en marche. »

Je lâchais le canapé sur lequel je m’appuyais, et me dirigeait vers l’issue que je voyais au fond de la maison. Si on voulait sortir, c’était par là. Dieu merci, toutes les maisons de ce putain de quartier étaient construites de la même façon : avec une porte qui donnait sur un jardin, qui nous permettrait de retourner à l’extérieur.

Type d'action Je tente de rejoindre le jardin.

J’avançais pas très rapidement, pas de manière très assurée non plus, mais j’avançais. Il me fallut un peu de temps, trop à mon goût bien que pas tant, pour poser la main sur la poignée de la porte extérieure. Elle s’ouvrit sans difficulté, à mon plus grand soulagement. Je me retournais vers Philippe.

« Faut qu’on pète la palissade, mais sans bruit cette fois. Tu te sens de le faire ? Et si besoin, j’ai mon flingue, si un connard de cadavre s’en prend à nous. »

J’avançais encore, de quelques pas, grimaçant en voyant les petites marches menant au jardin. Bordel, ça pouvait pas être plat ? Je descendais quand même, essayant d’ignorer la douleur.

Points de vie restants : 27/30
Munitions restantes : X.
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Endroit où se trouvent mes ennemis : Un à l’avant de la maison, à deux zones.


Dernière édition par Eva McAllister le Dim 28 Sep - 22:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: So Take This Night [Livre I - Terminé]   So Take This Night [Livre I - Terminé] - Page 3 EmptyDim 28 Sep - 22:40

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'Mouvement' :
So Take This Night [Livre I - Terminé] - Page 3 MvtCla1
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MessageSujet: Re: So Take This Night [Livre I - Terminé]   So Take This Night [Livre I - Terminé] - Page 3 EmptyLun 29 Sep - 12:43

Nous y étions presque. Pourquoi ce foutu pistolet avait il fini par s'enrayer ? Quelle deveine, je vous jure ! J'en avais pris soin pourtant, et il s'agissait de ces armes qui restent simples à fabriquer et à entretenir. Cela venait peut être, probablement même, des munitions. Je savais pour l'avoir lu que les munitions américaines vendues dans le civil étaient relativement pauvres en qualité, car chaque producteur essayait de diminuer ses coûts au maximum pour permettre d'offrir une large gamme de munitions à bas coûts à des clients en demande. Le revers de la médaille d'un pays inutilement surarmé. Encore que je ne me plaignais pas, dans la situation présente, d'avoir entamé l'apocalypse dans un pays qui avait suffisamment d'équipement pour s'auto détruire. Bref. On venait d'entrer dans une maison avec Eva, un endroit que j'avais forcé pour pouvoir y entrer mais qui n'avait pas pour vocation à nous abriter très longtemps. Je ne peux pas calmer ma colère à propos de mon flingue, et continue de grommeler dans ma barbe et dans ma langue, maudissant les armuriers qui, peu consciencieux, n'ont rêvé qu'à leur profit et pas à la sécurité de leurs clients. C'était vrai, car même si les flics du coin avaient peu de chances a priori de tomber sur des zombies au moment où ces projectiles avaient été fabriqués, vous imaginez quel effet ça aurait eu en pleine interpellation d'un suspect dangereux ? Eva continue d'avancer, avant de me signifier qu'elle était d'accord avec la dernière partie du plan.


| Et après ça, c'est moi le papy ? |


La tançais je alors qu'elle évoquait le fait de me ralentir. Difficile de nier qu'effectivement, nous n'allions plus le plus rapidement du monde avec sa jambe et son état. D'un autre côté, nous avions malgré tout un rythme soutenu qui nous permettait d'éviter pièges et zombies. Rester efficace, voilà le maître mot. Et Eva y parvenait sans le moindre problème, apparemment. On avance ensemble vers l'arrière de la maison, sans tomber sur d'autres infectés ; tout le raffût qu'on fait depuis un bon moment semble les avoir tous débusqués, et c'est franchement pas plus mal. Eva ouvre la porte de derrière et dévoile le jardin, qui sans surprise est aussi vite que le reste de la maison. Heureusement encore, mais si Z il y avait, ils avaient dû contourner la bâtisse en nous entendant faire du bruit devant. Mon cœur continuait de battre une cadence infernale, mais je me sentais grisé par la perspective de bientôt pouvoir souffler à nouveau, dans une relative sécurité.


| Quoi, tu doutes de ma capacité à être un peu discret ? |


Ton ironique au possible. Nous approchons des clostras du fond du jardin, et je commence à appuyer contre avec mes épaule ; pour essayer de déterrer les pieds de la section j'y mettais tout mon poids.


Type d'actionJ'essaie de renverser la palissade


Pendant un moment, je me dis que je n'y arriverais pas, que les fondations sont trop solides. Et finalement, d'un centimètre, puis deux, la barrière se tord sur le côté, s'affaisse sous mon poids. Je sens la terre qui remue sous mes pieds. Bingo. Comme chez mes voisins. Ces panneaux de bois sont forts jolis, mais souvent mis dans de la terre meuble. Poussez fort ou grosse tempête, et tout tombe par terre en sortant ses pilons du sol. Je pousse, encore et encore, jusqu'à ce que la palissade s'affaisse sur un panneau, tordant l'armature qui commence à craquer pour ceux d'a côté. Je passe de l'autre côté ; pas de Z. Ils doivent contourner la rue pour rejoindre celle que nous venons de quitter avec fracas. Je me retourne et tends la main à Eva pour l'aider à escalader l'affaissement, avec sa jambe.


| Pas mal pour un vieux, pas vrai? |


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Dernière édition par Philippe Esclavier le Lun 29 Sep - 12:46, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: So Take This Night [Livre I - Terminé]   So Take This Night [Livre I - Terminé] - Page 3 EmptyLun 29 Sep - 12:43

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MessageSujet: Re: So Take This Night [Livre I - Terminé]   So Take This Night [Livre I - Terminé] - Page 3 EmptyLun 29 Sep - 20:47

Il était assez impensable que l’arme de Philippe cesse de fonctionner. Je ne savais pas ce qu’il en était quand il vivait encore en France, sa vie habituelle, mais je ne pouvais l’imaginer négligeant sa plus source sûre de survie, en la laissant succomber à la saleté, la poussière, ou quoi que ce soit d’autre qui justifiait ce dysfonctionnement. Mais peu importait. On ne pouvait s’arrêter à cause d’un tel désagrément, ni même ralentir. La progression loin des contaminés seule comptait, a fortiori avec celui-ci qui rodait trop près, bien trop près, de nous. C’est pourquoi je ne le laissais pas retenter sa chance, d’une façon ou d’une autre, l’entrainant avec moi qui m’appuyais encore sur lui pour marcher. Ca n’était jamais qu’un zombie… parmi la centaine d’autres qui nous poursuivaient à peine quelques secondes auparavant. On pouvait le semer, j’en étais presque certaine. Après tout, rien n’indiquait qu’il soit pleinement concentré sur nous, et le temps qu’il réagisse après qu’on soit rentré dans la maison nous laisserait suffisamment d’avance pour nous tailler suffisamment loin. Je devais l’espérer, en tout cas. Même si Philippe venait de démonter la porte de façon tout sauf discrète, qui devait avoir attiré l’attention du putréfié. Je ne m’y attardais pas davantage que sur son arme qui cafouillait, et avançait d’un pas aussi vif que possible, ayant quelque peu peiné à discerner la porte menant sur l’extérieur, dans la pénombre régnant sur la maison.

Je me retournais vers lui, souriant légèrement. « Je suis une blessée de guerre, moi, monsieur, c’est bien plus glorieux. » Mon ton léger s’était fané, pendant que je prononçais cette phrase. Si j’étais flic, et non militaire, c’était parce que je ne voulais pas me retrouver happée dans un conflit qui me dépassait et auquel je ne saurai pas faire ça. Une guerre. Une guerre, comme celle que nous voyons, bien qu’elle ait ses particularités, auxquelles je n’aurai jamais été confrontée si je m’étais engagée dans l’armée. Je me figeais très légèrement, presque imperceptiblement, à cette idée, avant de me ressaisir. Philippe n’était pas loin, mais peut-être n’en verrait-il rien, dans la pénombre.

Je l’espérais. Qu’il l’ait vu ou pas, je ne me risquais pas à y prêter attention, peu désireuse de le savoir et de prendre à nouveau conscience de lui avoir exposé une faille, et m’empressais de rejoindre le jardin, en silence. Rien en vue, pas de zombie qui aurait eu l’intelligence surprenante de se cacher – il n’y avait en même temps rien pour le permettre. L’automne n’était pas encore là, peu de feuilles jonchaient le sol, et le jardin était impeccablement bien tenu, hormis l’herbe qui n’était plus méticuleusement tondue, surement depuis le départ des propriétaires. Peut-être pourrions-nous dresser Zack, pour qu’il devienne zombie-mouton, et entretienne l’herbe des jardins ? Je ne pus m’empêcher de sourire à cette piètre tentative d’alléger la tension qui m’habitait, en faisant preuve d’humour déplorable dans mes propres pensées. Un sourire sans joie, morne, plus instinctif que réellement motivé parce que je me serai trouvé drôle. Fort heureusement, je contrôlais assez bien les paroles que je laissais échapper, et je n’avais pas dit ça à haute voix. Plus qu’une preuve de mon humour qui ne valait rien, une preuve de l’angoisse qui m’avait à nouveau saisie, alors que ma blessure se rouvrait et le zombie esquivait la moindre tentative de l’achever définitivement, comme si la chance avait tourné.

Fort heureusement, Philippe me rejoint, m’obligeant à sortir de mes pensées déplaisantes, et à faire bonne figure à nouveau. Je lui souriais, plus sincèrement que celui que j’avais plaqué sur mes lèvres un bref instant auparavant. « Non, pardonne-moi, j’oubliais que j’avais devant moi un maître de délicatesse et de discrétion, et j’ai imaginé que tu t’en donnais à cœur joie tout à l’heure, en détruisant la palissade dans un fracas pas possible. » Petite plaisanterie, avec un ton tout aussi ironique que lui, avant de reprendre le chemin vers le fond du jardin. Je m’écartais, afin de ne pas entraver ses gestes ou me manger une planche mal fixée qui déciderait de se rebeller, et de m’handicaper encore plus. Je ne savais pas s’il était réellement possible de la faire s’effondrer à coup d’épaules comme il le tentait, j’étais même plutôt sceptique, surtout vu l’absence de résultat… Jusqu’à ce que la palissade, progressivement, se déloge. Je n’hésite pas et saisis la main de Philippe pour m’appuyer sur lui et passer dans l’autre jardin.

« J’admets, t’es plutôt bien conservé pour un croulant. »

Ma voix avait substantiellement baissé, en passant de l’autre côté de la muraille. J’observais le jardin, à nouveau, pour vérifier que le danger n’est pas là. L’absence d’odeur pestilentielle forte, de râles inhumains, confirme ce que mes yeux me disent. Parfait. J’avais, bien décidée à ouvrir la porte et à entrer. Dans un environnement que j’espère sécuritaire.

Type d'action J’entre dans la maison.

La porte semble me résister un instant : surement un effet de mon imagination, alors que j’abaisse la poignée une deuxième fois et qu’elle s’ouvre sans protester. Sur une maison tout aussi silencieuse que la précédente. Parfait. Je m’avance jusqu’à un canapé, pour m’asseoir un instant.

« Occupe toi de ton arme, je m’occupe de ma jambe dans deux secondes. Histoire de laisser la douleur s’apaiser un peu, avant de la rendre plus insupportable. »

Et de trouver de quoi m’anesthésier plus ou moins, peut-être, s’il y avait une trousse à pharmacie dans le coin.

Points de vie restants : 27/30
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MessageSujet: Re: So Take This Night [Livre I - Terminé]   So Take This Night [Livre I - Terminé] - Page 3 EmptyLun 29 Sep - 20:47

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MessageSujet: Re: So Take This Night [Livre I - Terminé]   So Take This Night [Livre I - Terminé] - Page 3 EmptyMar 30 Sep - 16:22

La jeune femme me sourit ; elle doit elle aussi ressentir les effets puissants et libérateurs d'un éloignement certain avec la meute à nos trousses. Je ressens aussi cette sensation grisante, décuplée par la libération des griffes de la mort. Je ne sais pas si nous sommes tirés d'affaire pour la nuit, mais ça y ressemble. Eva plaisante quant à son état, ce qui me fait sourire plus franchement encore. Les américains ont un tel culte de l'héroïsme. Franchement, vous avez déjà vu en France quelqu'un laisser sa place à un type qui a perdu une main en Afghanistan, se lever et le saluer comme un héros, un défenseur de la démocratie. Pas du tout. Le français moyen se fiche éperdumment des gens qui meurent pour une cause qui les touche de près comme de loin. Près d'un siècle de paix en Europe Occidentale a émoussé notre combativité et a ébréché notre préparation. Je n'ai aucune idée de la manière dont tournent les choses, en France, mais j'imagine que le carnage y est au minimum aussi important qu'ici. Je le sens comme ça... Dans mes tripes. Je n'ai même pas le temps d'avoir peur pour ma famille ; mes parents, mon frère, ma sœur, leurs conjoints et leurs enfants. J'ai bien trop à faire pour sauver ma peau, et celle de mes proches.


| Et tu attends un traitement de faveur pour glorifier ton courage, peut être? |


Sous entendu qu'elle pouvait s'attendre à des prunes pour moi, ou plutôt des clous, comme on dit en Amérique. Pas que je ne lui étais pas reconnaissant, mais tout ce que ses exploits pouvaient éveiller en moi étaient de l'ordre d'émotions comme la gratitude et la confiance. Je n'avais de toute manière pas assez de biens matériels pour commencer à me la péter là dessus, à offrir des récompenses et tout. Eva continue de donner dans l'ironie pour me titiller, mais je ne me laisse pas faire.


| Rien ne me résiste, je suis comme ça. | lui soufflais je avec un clin d'oeil exagéré.


Nous passons, encore et toujours. La chance est avec nous, et alors qu'Eva me complimente, je ne réponds pas, regardant par dessus son épaule. Pas de signe de nos poursuivants ; ceux ci doivent être en train de se perdre dans la rue que nous venons de quitter. Nous entrons dans la maison suivante. Pas de bruit, mais cela ne veut rien dire. Je reste sur mes gardes, alors qu'Eva s'assied dans le canapé à l'entrée du salon. La pièce est faiblement éclairée par la lumière de la lune, dehors. On n'y voit goutte, mais toujours aucun bruit. Je garde mon tournevis à portée de main, alors que je secoue la tête en l'entendant parler.


| Non, laisses moi regarder. |


Je m'éxécute aussitôt, pose mon tournevis à côté de la jeune femme, prend sa jambe en mains et commence à retirer doucement le bandage ; le tissu accroche au sang à moitié coagulé qui coule en un long trait carmin des bords de la déchirure dans ses chairs. Je presse sur le côté de la plaie, serrant les dents. Un peu de sang coule en plus.


| Bon, ça saigne encore. Mais t'es quand même une putain de vernie. |


Je redresse le regard dans le sien, que je perçois malgré la pénombre.


| Tu n'es pas infectée. Sinon depuis le temps, la plaie suppurerait déjà et se refermerait. |


Le soulagement était prégnant, dans mon timbre de voix.


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MessageSujet: Re: So Take This Night [Livre I - Terminé]   So Take This Night [Livre I - Terminé] - Page 3 EmptyMar 30 Sep - 22:53

Il est libérateur de laisser notre soulagement s’exprimer. Peut-être que ça ne sera que de courte durée, mais nous pouvons au moins nous accorder un moment de détente, au milieu de cette nuit gouvernée par la tension. Même en racontant des inepties. Jamais je ne serai une héroïne de guerre. Ca n’en est d’ailleurs pas une, pas comme les guerres mondiales, ou les nombreuses guerres où nos soldats sont dépêchés. Je ne suis pas une héroïne, de guerre ou non, de toute façon. Juste une femme qui a tout perdu, et qui lutte pour sa survie, et celles de quelques personnes qui ont croisé son chemin. Une femme qui n’a plus rien, si ce n’est sa volonté de ne pas mourir ou de subir un sort pire encore, de devenir l’un de ceux qu’elle combat. Mais n’ais-je pas, un minimum, le droit à ce réconfort que je m’octroie ? Je ne sais pas réellement, mais je ne me questionne pas trop. Ni maintenant, ni en temps normal. Si je le faisais, cela équivaudrait à perdre la tête, très certainement. A perdre la force de me battre, peut-être. Et je n’abandonne, jamais. Je ne renonce pas. Alors oui, je cède à un réconfort dérisoire et un peu ridicule, en tournant en dérision les coutumes des gens de mon entourage.

« Bien évidemment. Une statue serait bien. Mais si c’est trop, peut-être peut-on envisager de copier les autocollants de soutien à l’armée que tu dois trouver sur le quart des voitures ici ? Ca rendrait bien, et ne serait pas ridicule, un autocollant ‘Soutenons Eva McAllister’, tu penses pas ? Parce que bien évidemment, je suis la seule à mériter un tel traitement. »

Je souriais un peu plus doucement, d’un sourire emprunt de tristesse, à vrai dire, mais je m’efforçais de m’amuser de tout ça, peu importe combien j’avais pu le dénigrer – de manière à moitié hypocrite. J’étais patriote, et soutenais nos troupes armées, mais je ne voyais aucun intérêt à l’afficher comme ça. Beaucoup le faisaient pour se faire bien voir, pour donner une image de gens généreux et dévoués au sort de ces gens. Mais jamais ils ne se seraient engagés pour leur pays. Jamais ils n’auraient tenté de le défendre contre toute menace, ou d’aider les autres pays qu’ils estimaient en besoin d’aide. A tort ou à raison. J’avais au moins l’honnêteté de reconnaître mon égoïsme, à ne pas m’engager. A rester en sécurité relative, dans ma petite ville, dans mon petit poste de police. Mais ça n’en changeait pas moins la réalité amère : que cela m’offusque ou non, ça n’avait plus lieu d’être. L’ordre était bouleversé, et je ne verrai probablement plus quelqu'un de riche ou de bien-pensant se rendre ridicule, au volant de sa voiture démesurément grande, avec un tel autocollant. Je ne m’offusquerai plus de ça.

Je soupirai, essayant d’éloigner la vague de mélancolie. Me détendre, et ne pas succomber à la détresse qui menace de s’emparer de moi. Pas maintenant, pas ici. Pas devant Philippe. Tout à l'heure, seule dans l’immense maison que j’occupe temporairement, peut-être. Peut-être pourrais-je laisser mon chagrin s’exprimer jusqu’à épuisement. Plus tard. Jamais, si je le pouvais. Je devais feindre que tout allait bien, et si ça n’était pas évident, la présence de Philippe m’y aidait. La pression qui se relâchait, qui le laissait dans une sorte d’euphorie qui m’étreignait moi aussi quelques secondes plus tôt, qui le laissait étrangement détendu… Je m’efforçais de revenir à cet état de relâchement, embrayant sur sa plaisanterie. « C’est un défi ? Car aussi longtemps que je vivrais, je ne succomberai pas à ton charme. Je manquais de respirer de travers, toussant d’étouffement, en réalisant l’étendue de mes propos. Putain, mais de quoi je parlais ? Pour un vieux croulant, évidemment, tu n’es pas trop décrépi. Et puis, si je suis un zombie… Hmmmm, le bon cerveau que voilà ! »

Espérons qu’il ne relèverait. Ou ne capterait même pas l’aspect sérieux de ma réponse. Il me faut pas de temps pour rentrer. Je ne le reconnaîtrai, mais à l’euphorie succède la lassitude, et la fatigue. La douleur, plus présente encore, malgré le bandage qui l’a contenue, un instant. Je feins le détachement en parlant de son arme, pour qu’il n’en remarque rien. Et surtout… Que je puisse vérifier. Vérifier qu’il ne craint rien. Et agir, avant qu’il ne soit trop tard, avant qu’il ne soit forcé de le faire, si c’est nécessaire. Lui épargner ce fardeau, prendre mon courage à deux mains. Je hais cette pensée morbide, cette peur qui m’étreint, mais je ne peux l’éloigner. Je n’ose pas réellement le regarder, pas avec cette lâcheté qui m’étreint à l’idée de devoir mettre fin à mes jours si le besoin se présente, mais je soupire en l’entendant. Pourquoi est-il si borné ? Et pourquoi est-ce que son refus de me laisser affronter ça toute seule, même s’il ne sait pas les pensées qui me traversent l’esprit, me soulage ? Peut-être en a-t-il conscience, après tout. Peut-être ressent-il la même peur que moi. Peut-être.

Je n’ose toujours pas regarder, alors qu’il enlève le bandage. Ne pas le regarder lui, ni la plaie, ni devant moi, rien. Je ferme les yeux, par peur. La peur, qui se fait plus grande, qui emplit l’atmosphère. Je suis mal à l’aise, putain. Je ne peux être confrontée à ça. J’attends les paroles qui me conduiront à l’échafaud. Peut-être aurais-je au moins l’honneur de finir comme nombre de rois, outre atlantique : décapitée – c’était après tout le meilleur moyen de venir à bout de la menace zombie, une tête séparée du corps ne reprenait pas sa place -, la tête sur une pique pour fédérer les foules. Je pars tellement loin que j’entends à peine ce qu’il me dit. Je comprends, mais je ne le réalise pas vraiment. Mon subconscient, oui, peut-être. Le soulagement que j’entends dans ses paroles retranscrit le mien, même si je ne parle pas. Même si je n’arrive pas à formuler de phrase, tellement j’ai la gorge nouée, tellement j’ai eu peur. Alors je me penche, et je le serre dans mes bras. Je suis sauvée. Je vais pas crever. Putain, je suis sauvée. Et je viens d’agir spontanément, et de manière stupide. Pour la deuxième fois, en moins de dix minutes. Je m’éloigne, légèrement gênée. Même si c’était réconfortant, de pas affronter ça toute seule.

« Désolée, je… c’est bien. J’ai eu peur, putain. »

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MessageSujet: Re: So Take This Night [Livre I - Terminé]   So Take This Night [Livre I - Terminé] - Page 3 EmptyJeu 2 Oct - 13:49

Je revoyais ces visages déformés par la souffrance et la terreur ; tous ces gens que j'avais vu se transformer. Eva avait un peu de ces regards désespérés. Elle avait mal, elle avait peur. Elle pensait qu'il s'agissait peut être de sa dernière nuit... Et elle avait raison d'avoir peur. Franchement, qui irait le lui reprocher ? Elle était peut être contaminée par le pire virus à avoir jamais existé sur terre. Une horreur sans nom, qui changeait la nature de l'homme pour en faire une bête dénuée d'intelligence, uniquement mûe par le besoin de nourriture, de chair humaine. Je n'étais même pas persuadé à cent pour cent que ces monstres avaient réellement faim. Ils ne faisaient que répliquer le virus. Un simple contact ou la reproduction sexuée ne leur suffisait absolument pas. Non, il fallait que cela passe par le sang. Ni Eva ni moi n'avions vraiment eu le temps de voir ce qu'il s'était passé. Elle avait senti une douleur aigûe et subite, puisqu'elle avait été comme moi lancée dans une bataille bec et ongles contre la mort elle même. Pas le temps de savoir, de sentir ce qu'il s'était vraiment passé. Ne restait qu'un coup de dés, lancé par la main du destin. Peut être que j'aurais à achever cette femme que j'estimais et dont je me sentais proche, ici, en territoire inconnu, si loin de chez moi. Peut être que je devrais tuer l'une des rares lueurs d'espoir qu'il me restait. La jeune femme plaisante, comme pour chasser avec vigueur les affres de la terreur qui la guettent à nouveau. Elle use d'ironie, et se fustige elle même. Cela ne doit rien enlever à son mérite. Elle m'a suivi au beau milieu de la tourmente, prête à se sacrifier pour des gens qu'elle ne connaissait pas. D'une certaine manière, oui elle était la seule à mériter ce traitement. Parce que mes propres actions étaient terriblement plus intéressées que les siennes.


| Tu m'en vois désolé si je ne serais pas capable de te faire ni statue ni autocollants. Je pense qu'un grand merci suffira, c'est la seule chose que je puisse te dire. C'est pas comme si je pouvais te payer en retour de tes services. |


Dit comme cela, c'était étrange, presque dénué de sens. La seule chose que je pouvais lui dire, pas vraiment. Loin de là, même. Mais c'était la seule chose qui ne semblait pas tomber de nulle part que je pouvais avancer. Pour le reste, pourquoi demanderait elle un paiement, alors qu'elle fait encore partie de la police, en théorie du moins ? La Loi et l'Ordre, telle est la devise des poulets américains. Franchement, je n'ai aucune idée de celle qui est sensée régir ma vie. Le concours est bien loin et plus rien qui porte la justice ou la sécurité au pinacle ne pourrait me convaincre que je ne suis plus vraiment flic depuis très longtemps maintenant. Je hausse les sourcils, surpris par la tournure de la conversation. Pourquoi parlait elle donc de mon charme ? Ah, par rapport à ce que j'avais dit sur la clôture. J'aurais pu pousser plus loin la plaisanterie, mais je pensais à Juliette, et cela me fit mal. J'arrêtais aussitôt, mais ne pouvait me résoudre à cesser de sourire comme ça, sur commande.


| Je me surestime, mais toi aussi. Le bon cerveau ? Un bon cerveau aurait réussi à trouver une solution à notre problème sans nous mettre en danger. |


Maussade, le retour. Il fallait bien que ça coince, à un moment... Vient le moment extrêmement stressant et effrayant de voir ce qu'il y a sous son bandage. Eva se crispe et se ferme, et de mon côté, je ne suis guère dan un meilleur état. Eva se bloque, alors que je lui donne le verdict. Et se penche vers moi pour m'enlacer. Je sais que ça doit être le soulagement ; l'accolade est bien plus « forte » que tendre. Mais quand même. Si les américains se prennent sans arrêt dans les bras, ce n'est pasle cas de nous autres, continentaux, où les contacts physiques sont bien plus évocateurs... Je reste figé de surprise, puis lui tapote le dos comme je réconforterais un collègue, un partenaire. Gêné par la situation, mais pas au point de lui infliger la cruelle rebuffade de la repousser. Qui plus est, le contact en lui même n'a rien de désagréable, et c'est bien là que se situe le problème. J'expire lentement, alors qu'elle me lâche finalement, elle aussi gênée.


| Moi aussi, Eva.Moi aussi. |


Je continue de regarder la plaie. Il faudrait que je puisse mieux la soigner, mais entre sa tenue et ses protections... Je souffle un bon coup, puis je lui demande, d'une voix que j'espère la plus innocente possible.


| Si tu veux que je nettoie ça un peu mieux, faudrait que tu retires ton pantalon. Ahem... tu vois, il est trop serré et je peux pas remonter le tissu suffisamment haut pour tout nettoyer. Mais on devrait peut être fouiller la maison d'abord. |


Vite un trou de souris, vite.


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MessageSujet: Re: So Take This Night [Livre I - Terminé]   So Take This Night [Livre I - Terminé] - Page 3 EmptyVen 3 Oct - 0:14

J’aimerai juste oublier cette terreur, d’être touchée par l’épidémie, de ne plus être moi-même, de perdre mon libre arbitre, et ce qui fait de moi celle que je suis. Le plus terrible fléau, que d’être animée par un souffle que je ne connais et ne comprends pas, et d’attaquer possiblement des êtres qui me sont chers. Perdre ce que je chéris tant que mon autonomie, et agir d’une manière si contraire à ma vocation, à moi qui me veut défenseur de la veuve et l’orphelin. L’idée m’horrifie et me met incroyablement mal à l’aise, si bien que je la repousse encore, alors même que nous n’avons que trop tardé. Mon ton détaché et mes plaisanteries ne doivent pas leurrer Philippe, mais j’ai tout de même besoin de m’y accrocher. Je ne sais pas ce qu’il en pense, pas vraiment. Ni s’il saisit l’ironie douce amère de ce que je dis, ni s’il sait combien ça me touche. Ca me blesse, presque. Ou très certainement, même. Mais c’est une douleur privée, bien trop pour que je l’évoque auprès de qui que ce soit, et me livrer à ce sujet n’est ni dans mes habitudes, ni d’aucune utilité. Si l’adrénaline m’avait permis d’éluder tout cela et de repousser la dure réalité qui allait me tomber dessus, il n’en était rien. Pour peu, je me serai laissée tomber, là, sur ce canapé, pour dormir. Aucun râle proche n’était audible, et je pouvais espérer qu’aucun zombie ne parvienne dans la maison. En la fermant correctement, du moins. Mais cette pensée qui s’imposait à moi éclata aussi soudainement qu’elle était venue, quand Philippe reprit la parole d’un ton éminemment sérieux. Bien trop.

Je le dévisageai un instant, perplexe, incertaine quant à l’attitude à adopter. Pensait-il réellement que j’espérais une rétribution quelconque, et que je faisais ça pour… la gloire ? Où était-elle, dans un univers comme celui la, dévasté, près à nous engloutir petit à petit ? Je fronçais les sourcils. Peut-être ne m’avait-il pas comprise à cause de la barrière de la langue ? Peut-être ne parvenait-il pas à exprimer correctement ce qu’il voulait dire ? Il n’avait pourtant pas buté sur ses mots, pas semblé les chercher…

« Je n’étais pas sérieuse, et n’attends rien, tu le sais, n’est-ce pas ? Pas de statue, pas d’autocollant, pas même un merci. Reste en vie, fais en sorte que vous restiez tous en vie, et ça me suffira. Même si… »

Je laissais ma voix mourir dans ma gorge. Je savais pertinemment ce que je pensais, mais que je n’arrivais pas à dire. Même s’il devait m’achever. Même si je m’avérais compromettre cette même sécurité que je souhaitais pour lui, pour Chloé, pour tous, tous ceux qui nous avaient rejoints, et ceux qui continueraient à nous rejoindre. Mais ses propos me dérangeaient, me perturbaient. Comme s’il estimait que j’attendais réellement cela de lui, que je n’agissais pas de manière désintéressée… ou autre que l’affection naissante que j’avais pour eux tous. Mais je ne pouvais laisser montrer combien cela me perturbait. Toujours pas. Je devais rester… enjouée, ou aussi rieuse que possible. L’être, en fait. Ou feindre de l’être. Je retenais un soupir qui aurait trahi mon état d’esprit aussi sûrement que si je lui avais déballé tout ce qui me perturbait, et ne terminais pas ma phrase, attendant. Qu’il reparle, peut-être. Un geste, une réaction.

Qui vient, et me surprend, à nouveau. L’incompréhension de lui à moi est, j’ai l’impression, au summum. Est-ce le relâchement qui, après l’euphorie, nous ramollit ? Est-ce la langue, encore et toujours, comme lors de notre rencontre ? Est-ce simplement notre incapacité à nous comprendre ? Je secoue la tête, pour moi. Non, ça ne peut être cette dernière solution. Même aux débuts, si la langue restait une barrière, nos gestes nous suffisaient, pour nous comprendre. Alors si nous parvenons à mieux déceler le sens des propos de chacun, par accoutumance à nos accents et une plus grande facilité à les déceler, nous ne pouvions manquer à ce point de savoir ce que nous nous disions. Je ne relevais pas pour autant. A quoi bon lui dire que je parlais de la représentation moderne des zombies comme des êtres dévorant des cerveaux, et du goût de celui-ci, et non de son état de fonctionnement ? Je ne pouvais laisser sans réponse le dénigrement dont il faisait preuve, en revanche. « Tu as, on a, fait au mieux, avec les outils à notre disposition. Ils étaient plus d’une centaine, bien plus, occupés à un rituel morbide, et qui m’a rendu malade. Penses-tu que nous pouvions agir différemment ? Et nous avons réussi, ok ? Le danger est écarté. Ou presque. »

Une grimace vint orner mon visage, à cette pensée que je pouvais être le danger, alors qu’il surenchérissait en disant qu’il fallait qu’il regarde ma plaie. Je ne voulais pas qu’il l’approche, je ne voulais pas qu’il risque une contamination, mais je n’avais pas d’impact sur son caractère obstiné, sur sa décision. Il ne me laissait pas le choix, et ça n’était pas comme si je pouvais courir à l’autre bout de la pièce, pour le protéger. Je sais, je sens, que je me crispe. Que ma respiration se fait plus rapide, moins efficace. Que je ne dois pas lui faciliter la tâche. Que je ne peux même pas feindre l’indifférence, feindre d’accepter l’éventualité de mourir sereinement. Même mes pensées morbides qui se veulent humoristiques ne me détendent pas. Qui pourrait, de toute façon, ne pas être tendu à l’idée de se prendre une balle dans le crâne, sous peu ? Un sociopathe, surement, qui veut passer de l’autre côté de la barrière pour contaminer le maximum d’humains. Je tressaillis à l’idée que de telles personnes évoluent autour de nous, dans un univers qui leur laisse toute la liberté possible.

Mais la sentence tombe. Le verdict. Pas contaminé. Et mon geste spontané mais maladroit. La gêne va sûrement nous tuer, peut-être avant même que l’on ne soit contaminé. Je le sens, à sa façon de se figer, à sa façon de me tapoter le dos, maladroitement. Bien sûr, qu’il n’est pas à l’aise ! Que moi non plus. Je ne sais même pas pourquoi j’ai fait ça, alors que je suis pas du genre à me répandre en effusions, même pas avec ma famille. Surtout pas avec elle, même si on s’entendait bien quand… J’inspire grandement, pour refouler la tristesse. Pour refouler le fait que je sois émue de l’entendre dire qu’il a eu peur. Dire que j’avais pensé qu’il s’en foutait, que je n’étais qu’un outil… Ce que j’étais conne.

Je le regarde, interpellée, en l’entendant souffler. Et ouvre la bouche pour parler, oubliant de la refermer, interloquée, en l’entendant. Quelque secondes, trois ou quatre tout au plus, mais suffisamment pour exprimer ma stupeur, avec une tête de demeurée. Je referme la bouche, toussant légèrement, ne sachant quoi dire. Ou quoi faire. Fouiller la maison ? Oui, ça peut être bien… Si on ne prend pas le risque de tomber sur un zombie. Putain. Je me lève, et fais les cent pas. Trois fois le tour de la pièce, pas bien grande. Grimace. Réfléchis. Je sais ce que je dois faire, mais est-ce que je peux le faire ? J’ai pas vraiment le choix. Putain. « Attends moi. » Je vais dans la cuisine, et enlève mon farda. Il a raison, bien sûr. Même si ça me met mal à l’aise. Je prends un torchon abandonné là, et le noue à un autre, que j’attache autour de ma taille. Qui ne cachent rien, ou presque. Ils sont courts, et ils font pas à 100% le tour. Putain, je suis mortifiée. La tête haute, je reviens dans la pièce comme si de rien n’était, une bouteille d’alcool fort trouvée dans un placard en main, et m’assoit sur le canapé. J’ouvre la bouteille, en prend une longue rasade et la lui tend, alors que je prends un coussin, pour étouffer un éventuel cri. « « Vas-y. » Et fais ça vite, que je puisse me rhabiller, putain, et pas me présenter avec un truc qui couvre rien.

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MessageSujet: Re: So Take This Night [Livre I - Terminé]   So Take This Night [Livre I - Terminé] - Page 3 EmptyLun 6 Oct - 21:03

Oui parce que c'est bien joli de se jeter tête baissée dans la première baraque venue, mais franchement vous n'avez pas l'impression vous que ça pue, toute cette histoire ? Si ça se trouve j'ai toute une famille d'infectés à l'étage, restés là haut après transformation et qui restent en hibernation provisoire jusqu'à ce qu'on fasse assez de bruit... Ou alors, dans le cellier ils s'étaient planqués, se sont réanimés et marchent peut être tout de suite sur notre refuge pour nous déchiqueter. Ok, j'extrapole. Mais franchement, vous imaginez l'horreur ? On est ici, à deux seulement dans l'obscurité de la nuit, et ses chimères nées des ténèbres ambiantes. Voilà. J'ai le mot sur ce qu'il se passe. Des chimères. Je suis fatigué, et j'ai peur. Même maintenant. Tuer des contaminés ne fait rien pour faire passer cette quasi-terreur que je ressens à l'égard de ces maudits diables d'infectés. J'essaie de me calmer, de me dire que le pire est passé. Nous sommes ici avec Eva,, et si elle a été un peu blessée, nous en sommes sortis avec presque toutes nos plumes ; nous aurions pu connaître bien pire comme destin au vu de ce qu'il se passe autour de nous depuis des jours. La tension, quand elle retombe, me laisse pantelant, les mains tremblantes. J'essaie de m'y faire mais j'ai du mal. J'ai une envie furieuse d'en renvoyer plus encore dans la tombe, ou d'évacuer toute cette violence, ces pulsions meurtrières et défensives par un bon coup tiré. Mais les circonstances, tant générales autour de nous que propres à notre couple avec Juliette, n'étaient pas forcément favorables à cet exutoire. J'essaie de me concentrer un peu sur l'instant présent. Impossible pour moi de mourir maintenant alors que je viens d'échapper à une horde de ces horreurs. Eva s'inquiète déjà que je puisse la considérer comme une femme vénale ; l'absurdité de cela me fait sourire, alors que je me tourne vers elle.


| Merci, alors. Merci pour pas m'avoir laissé faire cette putain de connerie tout seul. Je me sens moins con. Et surtout, j'ai pas fait dans mon slip, du coup. |


On détend l'atmosphère comme on peut. Eva se prend trop au sérieux, et me prend trop au sérieux aussi. Comme si elle me voyait comme un homme rigide. Peut être était ce que j'étais vraiment, ou ce que je paraissais être. Dans le fond peu importe, non ? Je la laisse me rassurer comme elle le peut. Oui, nous avons fait comme nous pouvions, avec les outils dont nous disposions. C'est le principal... Peu importe ensuite que nous nous fichons mal à l'aise dans notre manière de nous congratuler. Franchement, on s'en fiche. Eva et moi venons de passer à deux doigts de la mort. Nous avons le droit d'exprimer notre joie et notre soulagement comme nous le voulons. Franchement, à quelles conventions sociales se raccrocher, à quelle culture s'aliéner, alors que nous sommes des naufragés à la dérive dans un océan de mort et de destruction ? Ce que je dis semble la choquer, ou en tous cas la prendre à contrepied. Elle se relève, considérant qu'effectivement il y avait quelques risques à notre situation. Elle semble réfléchir ; je n'ai jamais vu Eva dans un tel état. Finalement, elle me dit d'attendre, ce que je fais. J'en profite pour me calmer, inspirer profondément. Les battements de mon cœur ralentissent. J'entends ma partenaire dans l'autre pièce qui se dessape, posant tout son fatras. J'essaie de regarder dehors, d'apercevoir quelque chose au travers des fissures dans le volet et les planches... J'entends Eva revenir et je ne tilte pas tout de suite. Je manque de m'étouffer alors que je la vois assise dans le canapé, mine de rien, alors qu'elle a perdu son pantalon en route comme je lui avas indiqué... Elle a toujours ses sous vêtements, mais elle s'est fait une espèce de jupe ou de pagne. Je réprime un éclat de rire, qui m'empêche par ailleurs de trop me concentrer sur toute cette chair féminine dénudée ; le comique de la situation et de son air chasse toute sensualité qui aurait pu renforcer notre gêne. Je m'approche, l'air vil d'une personne fière d'elle même et de la vanne préalablement trouvée. La jeune femme prend une lampée d'alcool et me dit d'y aller.


| Qu'est ce qu'il se passe, tu as un furoncle là où il faut pas que tu te caches comme ça ? Stresses pas, je vais pas te manger. |


Même si en d'autres circonstances, j'en aurais fort probablement eu une envie irrépressible. Je m'attèle à la tâche, souriant toujours.


| Si Juliette tombait sur nous maintenant, toi à moitié à poil et moi en train de te tripoter, elle m'arracherait sans doute mon appareil génital et elle t'arracherait les yeux. |


Je me concentre sur ma touche, humidifie un bout de tissu à l'aide d'alcool et tapote la plaie avec. Je me rends quand même compte que la fille sous mes mains est pas banale.


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MessageSujet: Re: So Take This Night [Livre I - Terminé]   So Take This Night [Livre I - Terminé] - Page 3 EmptyMar 7 Oct - 15:34

Son sourire me perturbe. Pourquoi sourit-il ? C’est lui, qui a agi comme si je pensais sérieusement toutes les conneries que je disais. Je fronce les sourcils, ne comprenant pas bien sa réaction. Il était pris de folie, après les événements auxquels nous venions d’être confrontés ? J’étais vraiment perplexe, même si je n’envisageais pas réellement qu’il ait pété un boulon. Mais bon, peut-être était-ce sa manière à lui de décompresser. D’oublier que l’on aurait pu se faire bouffer. Que j’avais été blessée, et qu’il n’était pas sûr avant il y a deux secondes que je n’allais pas dans quelques instants lui sauter à la gorge pour le dévorer vivant. Que je n’allais pas m’acharner sur lui, jusqu’à ce qu’il ne soit plus de la chair sanguinolente. Je réprimais un haut-le-cœur, me concentrant sur lui, et sur ses paroles, plutôt que de me remémorer ce qui avait lancé l’offensive, ce qui nous avait convaincus de foncer dans le tas avec un des bolides géants que les américains affectionnaient – que j’aurai du affectionner, peut-être. Il me remerciait, maintenant ? Putain, j’y comprenais rien. Je comprenais strictement rien à ses réactions, et j’étais paumée.

Je souriais légèrement à sa dernière phrase, par contre. Non pas parce que je la trouvais particulièrement drôle, mais parce que j’admirais sa capacité à dire des stupidités, pour relâcher et détendre l’atmosphère. Je n’étais pas certaine que ça fonctionne réellement, mais je devais au moins faire un effort dans ce sens, lui permettre de prétendre à cette détente qu’il mérite, après m’avoir permis de rester en vie. Alors si ça voulait dire sourire, je sourirai. Je l’aurai surement fait plus longtemps, s’il ne m’avait pas demandé d’ôter mon pantalon. Au lieu de ça, je perdais mes moyens, passant pour une imbécile prude. Je l’étais pas, pas vraiment, mais… Il y avait quelque chose de dérangeant, à l’idée de me mettre à demie nue devant lui. Mais ça, je ne comptais pas le lui dire, non. Je me carapatais plutôt dans la cuisine, pour enlever tout ce que je portais qui faisait obstacle aux soins à faire sur ma blessure, et cherchais une nappe des yeux. Mais non, rien. A croire qu’on préférait salir et nettoyer la table, dans cette maison. Y ‘avait que des torchons. Super.

En attachant deux autour de ma taille et revenant comme si de rien n’était, je lance un regard à Philippe lui interdisant de rire, alors que je vois son envie de le faire apparaître sur son visage. J’hésite entre rire et m’énerver à sa remarque. Ne croit-il pas que je sais avoir l’air ridicule, attifée ainsi ? Bien sûr que si. Est-ce que j’aurai été à l’aise autrement ? Non, je ne le suis déjà pas maintenant. Je garde le silence un instant, cherchant la meilleure réponse. Comme s’il y en avait une bonne, une acceptable. Je soupire, et je hausse les épaules. Il ne sert à rien de parler, pour lui énoncer des évidences.

Je grimace, en l’entendant. Je mourrais, plutôt que de le laisser me tripoter réellement. Parce que s’il commençait, je n’étais pas sûre d’avoir la volonté de lui dire non. Et je ne touchais pas aux hommes des autres. Encore moins de personnes que je connaissais, dans toute la relativité de cette affirmation, et estimais. Juliette avait beau être faillible, elle était un atout certain, et tant qu’elle pourrait se battre pour préserver ses enfants, elle serait une aide indéniable. « Alors espérons qu’elle est sagement restée avec Chloé et Gabriel, à les protéger, et qu’un malentendu qui n’a pas lieu d’être ne... »

J’arrêtais de parler, la douleur de l’alcool sur ma jambe prenant toute mon attention. Ca faisait moins mal que quand il avait essayé de me soigner en plein milieu du désastre tout à l’heure, alors qu’on manquait de temps, mais ça n’était pas une partie de plaisir pour autant. Je contenais malgré tout la douleur, me contentant de serrer les dents et de me crisper sur l’un des accoudoirs. Il faisait de tous petits gestes, ça allait aller. J’étais une grande fille, et je pouvais, je devais, supporter la douleur. Même si elle était conséquente, même si la plaie était grande, et que j’allais devoir faire avec un petit moment.

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MessageSujet: Re: So Take This Night [Livre I - Terminé]   So Take This Night [Livre I - Terminé] - Page 3 EmptyMer 8 Oct - 20:51

Franchement, vous pouvez me demander n'importe quoi ; flinguer un mec, lui briser la mâchoire, les rotules, le questionner jusqu'à ce qu'il tombe dans les vappes... Ca ne me posait aucun espèce de problème. Mais commencer à trifouiller une plaie ouverte, c'était un peu autre chose. Pas que j'allais vomir hein, ou quoi que ce soit du genre... Non, je pensais simplement que j'avais vraiment rien d'un médecin, et c'était justement dans ce genre de cas justement que j'estimais le plus ma propre fille, si jeune et pourtant si pleine de force et d'endurance. Elle était résistante, elle était déjà prête à voir et à toucher, ce genre de blessures. C'était fou quand même quand on y pense ; au début ça me semblait même débarqué de nulle part. Mon ex-femme, sa mère, s'effondrait à la vue du sang chez ses clientes quand elle était un peu trop brutale dans son travail, alors que son travail d'esthéticienne n'avait absolument rien d'une boucherie. Moi, je n'avais jamais flanché à la vue du sang. Même si c'était le miens ; je n'étais pas du genre à tourner de l'oeil. Pas que cela ne me faisait rien, loin de là même. Franchement, se voir en train de se vider ça foutrait la pétoche à plus d'un type. Mais ça ne fait que raffermir ma détermination en règle générale. Je ne sais pas si mes paroles, en tous cas, ont le moindre effet bénéfique dans la situation présente. J'essayais juste de faire diversion, que ce soit pour sa propre souffrance ou pour mon propre esprit qui commençait à baliser de mettre les mains dans une plaie, qui si elle ne semblait pas infectée, ne me donnait pourtant pas la moindre certitude... Et ça, c'était effrayant. Vous imaginez si elle se transforme sous mes mains, ou si le virus me terrasse dans la nuit et que j'attaque ma propre famille, demain ? Je continuais, serrant les dents et sentant une goutte de sueur glacée se former dans une tranchée se formant dans mon front plissé.


N'empêche que le regard que ma partenaire me glisse mine de rien en revenant ainsi attifée de la cuisine me laisse à moitié en train de me pisser dessus. Elle a l'air parfaitement ridicule là, Eva, alors qu'en temps normal n'importe quel mec sain d'esprit ne risquerait pas de lui envoyer une réflexion en plein visage. Le risque semblerait bien trop important au premier crétin venu ; cette fille ne plaisantait pas. Et pourtant... Ouais, elle me donnait bien envie de me fendre la poire là. Même si je n'en ferais rien. D'abord, parce que je voulais pas qu'elle se ferme comme une huïtre et aussi parce que je voulais pas attirer une horde de zombies derrière nous. Le mieux, c'est de passer sur le détail de sa tenue absurde pour se concentrer sur l'essentiel... Je ne suis bien entendu pas sérieux, quand j'évoque ce que nous sommes en train de faire. Beaucoup plus en ce qui concernait Juliette. Cette fille... Je l'aimais pour ce tempérament qui était le sien. Même si parfois, je la détestais pour lui. Je transpire à grosses gouttes alors que je termine de nettoyer sa plaie. Je tourne la tête sur le côté et expire profondément.



| Espérons oui, parce que même si on n'a profité de rien, on serait cuits. |


Je m'y réattèle, bande et serre le tissu que j'espère le plus propre possible autour de sa jambe. Quand j'ai fini, je suis en nage. Décidément, je ne suis pas fait pour être médecin... Je m'éponge le front avec le revers de ma main.


| Et bien, agent Mc Allister, vous êtes bonne pour un congé maladie. Pas de folie de votre corps pour au moins trois semaines, et évitez de jouer au foot d'ici là... |


Je me redresse, m'étendant pour décrisper mes articulations.


| Tu crois qu'on se remet en route, ou on attend le matin? |

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MessageSujet: Re: So Take This Night [Livre I - Terminé]   So Take This Night [Livre I - Terminé] - Page 3 EmptyMer 8 Oct - 22:45

Je ne peux détourner le regard de Philippe, même si la peur que j’y vois me terrifie. Il m’a dit que j’étais pas contaminée, a priori, mais on est jamais sûr, hein ? Et s’il s’était trompé ? S’il s’était trompé, je ne serai plus consciente assez longtemps pour m’en rendre compte. Mais je l’étais, là, et je me sentais incroyablement mal. Je m’en voulais, et je m’en voudrais encore longtemps. Je n’aurai surement de cesse de tenter de me rattraper, en espérant réussir. Et sans que quiconque ne remarque que de nous soumettre potentiellement à un tel danger me mortifie. Pour peu, j’en serai tétanisée. Si j’avais pas un mal de chien, et si j’avais pas besoin de me concentrer, pour éventuellement remarquer des signes avant-coureurs qui voudraient dire que j’ai été contaminée. Je quitte pas le français du regard, mais je suis ailleurs. Je suis concentrée, mais pas réellement sur lui. Sur tout ce que je pourrais ressentir d’anormal. Venant de moi, ou d’autour de nous. Le silence me rassurait tout autant qu’il m’inquiétait. Il pouvait nous pousser à baisser notre garde, après les instants éprouvants qu’on avait subis. Mais il pouvait aussi s’avérer révélateur de l’absence de danger qui régnait, pour le moment. Si l’on mettait ma plaie de côté… Je ne serai intimement convaincue qu’il n’en était rien, qu’elle était inoffensive, que quand je passerai la fin de nuit, et la journée, et encore celle d’après, normale. En tant que moi. Je ne pouvais m’empêcher de me sentir mal, à l’idée que Philippe y touche, mais je ne pouvais l’en empêcher, je le savais. J’étais aussi résignée qu’effrayée à l’idée qu’il se trompe sur la non contamination de ma jambe. Inconsciemment, bien avant même qu’il ne plaque le linge imbibé d’alcool sur la blessure, je retenais mon souffle, comme si j’allais expier des particules de virus qui feraient de nous des cadavres dépourvus d’intelligence.

Je ne lâchais pas les accoudoirs, que j’avais brusquement saisis, pour m’aider à supporter ses gestes qui me donnaient l’impression que ma peau était brûlée à vif. J’exagérais, je le savais pertinemment, et ne ressentais pas une douleur si vive, mais je ne parvenais pas à retrouver la raison. A ne pas m’infliger une si forte douleur, dont il n’était rien. C’était psychologique, c’était pour contrer la paranoïa qui s’insinuait en moi concernant la possibilité que je sois contaminée, et c’était au final bien faible en comparaison avec cet avenir éventuel de zombie. Ca n’en faisait pas moins un mal de chien, même si je n’arrivais pas à déceler la réelle douleur sous la douleur imaginée. Je fermais les yeux, pour masquer un instant le trouble qui m’habite, la hantise présente dans mes prunelles, toute cette appréhension dont je ne peux me défaire. Pour ne pas laisser les larmes couler. Pour ne pas craquer. Je dois être forte, même dans le ridicule de ma tenue improvisée. Je ne dois pas faiblir, pas laisser libre court à ma détresse. Ni maintenant, ni jamais. Alors je serre les dents, je serre les fesses, je détruis presque les accoudoirs sous la pression de mes mains, ou peut-être n’est-ce à ce point que dans mon esprit, et j’encaisse. J’acquiesce machinalement sans rien dire de plus, concernant Juliette. Elle ne viendra pas, elle ne risquera pas d’abandonner les enfants, j’en suis certaine.

J’ouvre finalement les yeux ; jetant un regard au bandage improvisé qu’il vient de faire. Il semble solide, à même de tenir. C’est du bon boulot. Et ça n’a pas du être une partie de plaisir, vu la tête de Philippe. Peut-être est-il tout aussi terrorisé que moi, malgré son air assuré, affirmé. Peut-être. Peut-être lui infligeais-je beaucoup trop, et étais-je trop ingrate pour le remercier correctement. Je lui souris, chaleureusement même s’il n’était pas très grand, en l’entendant. « Quel dommage docteur Esclavier, je comptais aller chercher une tête de zombie dehors, et m’entrainer avec… Je m’arrêtais un instant, prenant conscience de la portée de mes propos. C’est trop tôt pour ce genre de plaisanterie ? Et concernant le reste, Doc’, vous me pardonnerez de ne pas vous indiquer si j’obéis ou non.» Des paroles vides de sens, en quelque sorte. Bien évidemment, que je ne batifolais pas, que je ne faisais pas de folies de mon corps. Les hommes n’étaient pas légions dans notre groupe. Et je ne faisais pas dans les petiots comme Gabriel. Et le seul susceptible de m’intéresser, et qui ne le saurait jamais, n’était pas disponible. Alors… Oui, c’était du vent, des paroles en l’air. Mais quelle que soit la réalité, Philippe devait comprendre que ça ne le regardait pas. Même s’il ne faisait que plaisanter, là… j’en étais presque sûre.

Je le suis des yeux, alors qu’il se redresse, pendant que je reste assise dans la même position. Je grimace, à sa demande. Je ne vois qu’une solution possible… L’acceptera-t-il pour autant ? J’en doute, j’en doute fortement. Mais qui ne tente rien n’a rien. Je dois le convaincre. « Tu devrais rentrer. Juliette, Chloé et Gabriel doivent être morts d’inquiétude. Ils sont au courant de ce que tu es venu faire, n’est-ce pas ? Va les rassurer. Et sois prudent. Moi, je vais rester ici pour la nuit. Ménager ma jambe – on ne sait jamais, si la blessure ne va pas me causer encore des problèmes, me trahir. Ou si je ne vais pas me transformer en monstre avide de chair humaine pour lui tenir compagnie, avant de s’en séparer. Je viendrais vous rejoindre demain. Voir Chloé qu’elle vérifie si tout va bien. » S’il n’est pas trop tard.

J’aurai pu détourner le regard, fuir celui de Philippe. Mais je ne suis pas comme ça. J’affirme les choses, je les assume, et je maintiens ma position. Même si je suis assise et lui debout, je le fixe yeux dans les yeux, je le confronte. J’essaye de le convaincre de ne pas aller à l’encontre de mon choix. C’est pas gagné. Il ne cèdera pas comme ça, j’en suis persuadée. A moins qu’il ne soit trop fatigué. Qu’il ait le cerveau embrumé. Qu’il soit pressé de retrouver sa fille, sa compagne, son fils. Je ne peux qu’espérer que ça soit le cas.

|HJ| J’espère que ça te va ! ^^
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MessageSujet: Re: So Take This Night [Livre I - Terminé]   So Take This Night [Livre I - Terminé] - Page 3 EmptyVen 10 Oct - 12:49

Maintenant que la pression s'arrête, que la peur reflue... Je me sens épuisé. En sueur, et épuisé. Je n'ai aucune idée de l'énergie que je viens de cramer pour m'en sortir, pour aider Eva à s'en tirer. Je ne sais pas du tout dans quelles forces j'ai puisé, mais je sais déjà que si je ne dors pas cette nuit je risque d'avoir un problème les jours qui vont suivre. Je ne veux pas être un poids, mais parfois quand on se donne trop, il est très difficile que les choses se passent autrement. Maintenant que nous avons accompli notre mission, nous sommes bloqués ici avec Eva. Peut être que cette nuit de cauchemar n'est pas prête de se terminer. Peut être que l'horreur en elle même ne fait que commencer. Si c'est le cas, priez pour nous, car je ne me sens pas la force d'échapper à autant de zombies. Pas une seconde fois. Pas avec ce cœur qui se remet à battre plus lentement, mais qui reste douloureux dans ma poitrine. Bref. Je reste assis, par terre, face à Eva, alors que je viens de finir de bricoler de quoi la maintenir debout, avec sa blessure et tout ça. Je reste là, reprenant mon souffle, essayant de recouvrer mes esprits, et surtout ma force, mon endurance physique. J'ai bien conscience que cela ne serait pas de tout repos. Je sais aussi que l'épuisement est traître ; il vous fait voir les choses par leur plus mauvais aspect, et vous vous mettez à voir de quoi vous faire flipper un peu partout. Pire encore, la peur est contagieuse. Je devais faire en sorte de rassurer Eva, pas de la faire flipper un peu plus. Après tout, c'était elle qui avait été blessée.


Je souris à Eva quand elle rebondit sur mes plaisanteries. Taquineries creuses que nous nous lançons pour éviter de trop penser, de trop flipper. Cela ne peut avoir qu'un temps. Et ce temps passe. Aller plus loin ne serait pas une bonne idée du tout, j'en acquiers la certitude. Cela ne ferait que provoquer des quiproquos tendancieux auxquels il serait bien plus dur d'échapper par la suite. Mais Juliette ne viendrait pas ; j'en étais persuadé. Me relever et m'étendre me fait du bien. Et c'est là qu'Eva me propose de rentrer. Sans elle. La colère passe sur mon visage.



| Et t'abandonner ici ? Toute seule, avec toutes les horreurs qu'il y a dehors? |


Je commence à faire les cent pas, essayant de ne pas perdre le contrôle de mon humeur. De ne surtout pas crier. Je réfléchissais à toute vitesse. Non, il était hors de question que je rentre. Je murmure à Eva tout ce que j'ai à opposer à son idée.


| Je ne pense pas être capable de rentrer tout seul. Ni toi non plus, pas en plein jour. On ne peut pas partir maintenant, tu es pas en état et si jamais... |


je soufflais, décidant de lâcher une vérité cruelle, mais vérité quand même.


| Et si jamais tu devais te transformer, je ne veux pas que tu mettes en danger les miens. Et si je rentrais et qu'on te revoyait jamais, cela me hanterait jusqu'à ma mort, ne pas pouvoir te donner la miséricorde si le pire devait arriver... Non, on a commencé ça ensemble. Tu m'as aidé à éloigner ces monstres de ma famille. La moindre des choses que je puisse faire, c'est passer la nuit avec toi, veiller sur toi jusqu'au matin. Là, nous serons fixés, et là nous pourrons rentrer. Ensemble ou pas du tout. Et ce n'est pas négociable. | terminais je d'un air sombre.

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MessageSujet: Re: So Take This Night [Livre I - Terminé]   So Take This Night [Livre I - Terminé] - Page 3 EmptyVen 10 Oct - 18:40

Je savais que Philippe n’approuverait pas ce que je voulais faire. Rester, et le laisser repartir. Mourir et revivre seule, si je le devais. Si j’avais été contaminée. Mourir seule, car je ne revivrai pas. Je ne le voudrais pas, ne le permettrais pas. J’avais un flingue, et si je le devais… Si je le devais, je presserais la détente. Ca ne serait ni joli, ni facile, mais je le ferai. Je serai lâche, mais mon courage et ma bravoure étaient bien moins importants que de ne pas ajouter un zombie de plus à la population déjà dense. Un zombie qui pourrait en contaminer d’autres, qui eux-même en contamineraient encore davantage. Non, je ne pouvais prendre ce risque. Peu importe ma lâcheté, et le dégoût que j’avais de cette idée. Mieux valait que Philippe parte, et ne soit pas confronté à ça. Alors oui, j’étais intimement convaincue que ma solution était la meilleure. Qu’il l’accepte ou non. Qu’il le veuille ou s’y oppose. C’était ma vie, qui était en jeu, et la sienne s’y ajouterait s’il s’obstinait à rester. Et ça, je ne le permettrai pas. Peu importe ce qu’il en pense.

Je le confrontais, ne quittais pas ses yeux, malgré la colère qui s’y voyait, qui aurait pu me terrasser. M’achever plus vite que la balle que je logerais dans mon cerveau si le besoin s’en faisait sentir. La colère prit place sur mon propre visage, en écho à la sienne, en l’entendant. Quoi, il pensait que je me sacrifiais de gaité de cœur, dans l’éventualité d’un malheur ? Que je ne voulais pas vivre, et rester auprès d’eux ? Que je ne tenais pas à eux, dans la toute relativité de la chose, alors que j’étais prête à me sacrifier pour qu’au moins quelques uns d’entre nous, le plus grand nombre, survive ? Je serrais les dents, et les poings, mais pas de douleur. Je sentais la fureur monter lentement en moi, prête à imploser. Et à exploser, peut-être, mais cela ne devait pas arriver. Pas si ça risquait d’attirer de nouveaux Zack ici.

Je le suivais des yeux, alors qu’il faisait les cent pas, essayant de me calmer grâce à ce geste mécanique. S’il n’avait pas été le symbole de sa propre colère, qui exacerbait la mienne, ça aurait pu marcher. Si seulement. Je me levais à mon tour, m’appuyant sur ma jambe blessée pour la forcer à être fonctionnelle aussi rapidement que possible. Je croise les bras, bien déterminée à ne pas céder, tout en l’écoutant. Je peux au moins lui accorder ça – après tout, si la situation avait été l’inverse, je n’aurai pas accepté non plus. Ca n’en change pas moins le fait que j’ai raison. Je soupire, en l’entendant. Il pourrait rentrer seul. Être suffisamment discret, motivé par la volonté de revoir sa famille. Ses enfants. Sa compagne. Les êtres les plus chers à son cœur.

Je le foudroie du regard, en entendant sa première phrase. Il ne veut pas que je mette en danger les siens ? Me croit-il donc si faible ? Si peu soucieuse de leur bien être ? Je m’approche, suffisamment proche pour qu’il m’entende alors que je parle à voix basse par crainte de ne hausser bien trop le ton si je parle à voix à peu près normale. Furieuse. « Tu crois que je me laisserai faire du mal à ta famille ? A toi ? Tu me crois donc si faible, au point de ne pas me faire sauter la cervelle, si le pire arrivait ? Parce que je le ferai. Sans hésiter, je me logerai cette putain de balle dans le crâne ! Tu veux que je te dise ? Je n’ai plus rien. Plus rien du tout, dans ma vie. Plus personne qui compte sur moi. Plus personne à protéger, et à ai… apprécier. A par toi. Toi et ta famille. Personne sur qui compter. Alors ne t’avise de dire que je leur ferai du mal. Je mettrais fin à mes jours avant ça. »

Je ne m’étais tue que quand il avait repris la parole. Par politesse, d’abord. Et parce que ses propos me touchaient, ensuite. Je ressentais un mélange de colère et de fortes émotions. Parce que je ne pouvais tolérer qu’il se mette en danger. Et que je ne pouvais le rejeter, alors qu’il voulait assumer l’issue de notre entreprise de la nuit, sans qu’il n’ait à se sentir obligé de le faire. Sans qu’il n’ait à le faire tout simplement. Qu’il veuille m’aider à en finir, si cela devait arriver. Aussi horrible soit le geste. Les mots se bousculent, ne sachant pas bien lesquels exprimer. Lui dire que je ne peux le laisser être hanté par le fait de m’avoir donné la mort lui-même ? Que si je le fais moi-même, je n’aurai au moins pas à vivre avec cette culpabilité, contrairement à lui ? Être ingrate, et lui dire qu’il ne me doit rien, qu’il ne m’a pas forcée à faire quoi que ce soit que je n’ai pas voulu faire ? Ou accepter une bataille que je sais perdue d’avance ? Je soupire, m’éloignant, lui tournant le dos le temps de rejoindre le canapé. Je ne m’assieds pas de suite, ne me confronte pas à son regard en l’instant. Je dois réfléchir, mettre de l’ordre dans mes idées. Masquer la peur, qui est remontée en flèche, aussi. Evacuer la tension.

Et surtout ne pas lui montrer que ça n’est qu’une façade. Que je n’accepte, mais qu’à mes conditions, pour mieux fuir au moindre problème. Je ne suis pas mauvaise, mais pas une très bonne menteuse pour autant. Je dois faire au mieux, pourtant. Être convaincante. Céder un peu de terrain mais pas trop. « Ok. Tu n’as qu’à aller chercher un lit en haut, moi je vais rester ici sur le canapé. Je ne veux pas rouvrir la plaie, et j’ai trop mal pour prendre le risque d’aggraver la chose en montant. Et demain, on partira. » Si je suis encore là. Si je n’ai pas commencé à muter. Si je ne suis pas sortie, pour m’exploser la cervelle sans que tu n’en saches quoi que ce soit. Sans que tu n’entendes. Peut-être pourrais-je faire croire que je ne tolérais plus ta présence, si ça devait arriver.


Dernière édition par Eva McAllister le Dim 12 Oct - 21:34, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: So Take This Night [Livre I - Terminé]   So Take This Night [Livre I - Terminé] - Page 3 EmptyDim 12 Oct - 17:26

Je venais de parler de la manière la plus ouverte et la plus honnête possible. Pourtant, j'avais des doutes sur l'impact de mes paroles sur Eva. Je redoutais qu'elle prenne mal mes mots, d'ailleurs. Je n'avais aucune idée de la sensibilité qui était la sienne, et j'avais aussi dit des choses assez dures, sur le fait que je pouvais la tuer si elle se transformait et tout ça... Ce qui ne sonnait pas très gentleman, tout le monde serait d'accord là dessus. Pourtant, j'avais aussi laissé transpirer l'amitié et la camaraderie que m'inspirait la femme flic, dans le moindre de mes propos. Je m'étais beaucoup plus ouvert que ce que j'avais escompté, et ce n'était pas forcément une bonne chose. Dans les choses deviennent aussi claires, aussi... Intimes en quelque sorte, entre deux personnes, cela induit des effets secondaires bien indésirables. Il ne fallait pas que je me laisse avoir par l'affection naissante que je nourrissais envers Eva. Elle pouvait mourir demain. Et moi aussi. Ne pas s'attacher dans un monde en ruines était sans aucun doute le meilleur moyen pour survivre. Mais c'était infiniment plus facile à dire qu'à faire. Je me sentais gêné maintenant, de toute l'honnêteté dont j'avais fait preuve envers la flic. Elle était ma partenaire, mais nous ne nous connaissions que depuis quelques jours. Je sens pourtant que tout ce que je dis n'a d'autre effet que de mettre Eva en colère. Je le vois dans son regard. Elle avait frappé des hommes pour moins que ça, j'en étais persuadé. C'était le genre de fille à pas se laissermarcher sur les pieds. Comme Juliette. Ce genre de constatation était plutôt troublant, somme toute. Quoiqu'il en soit, la belle se relève et se rapproche de moi, alors qu'elle m'explique qu'elle n'avait nullement besoin de pitié, qu'elle saurait s'apporter sa propre compassion, sa propre résolution. Je ne savais pas quoi répondre à sa tirade, sa déclaration d'affection pour moi et les miens. J'ouvrais la bouche, puis la refermais. Je ne savais quoi lui dire, alors je ne disais rien.


Ce que nous étions en train de nous dire et de comprendre par un seul regard se suffisait à lui même.


Malgré tous mes efforts pour que le groupe ne soit composé que de gens qui s'entraidaient et guère plus, c'était en train d'échouer. On était en train de tisser des liens, des liens très forts. C'était mauvais, j'en restais persuadé. Mais humain. C'était plus fort que nous. Je me sens encore plus las et plus fatigué. Cette constatation d'avoir des gens sur qui compter aurait dû me ravir, mais ce n'était pas le cas. Si demain je devais choisir entre sauver une personne ou une autre, j'allais avoir des difficultés, je ne pourrais plus choisir avec impartialité. J'allais devenir prisonnier d'émotions et d'affections, si je continuais. Eva me tourne le dos, retourne dans le canapé. Elle finit par céder, mais je fais un signe de tête en guise de dénégation.



| Non, je ne vais pas aller dormir là haut. Toi, dors. T'as besoin de recouvrer des forces. Moi je vais rester ici, quelqu'un doit monter la garde. T'en fais pas pour moi, j'y passe déjà mes nuits. Je te surveille, je te quitte pas d'une semelle. Comme ça si y'a un problème,je pourrais réagir tout de suite. |


Je retourne m'asseoir sur le fauteuil à côté du canapé.


| Je ne compte pas partir, Eva. Je ne vais pas te laisser affronter ça toute seule. Demain matin, on reprendra la route ensemble. Je te le promets. Maintenant, tais toi et dors. |

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MessageSujet: Re: So Take This Night [Livre I - Terminé]   So Take This Night [Livre I - Terminé] - Page 3 EmptyDim 12 Oct - 22:06

Si j’avais eu l’esprit clair, si j’avais été dans mon état normal, et non bien trop gouvernée par la peur, par la fatigue et par la colère que ses mots insufflaient en moi, j’aurai bien plus réfléchi, avant d’énoncer de telles choses. Jamais je n’aurai reconnu ma propre folie, à m’attacher en désespoir de cause à Philippe, et à sa famille. Jamais je n’aurai réagi à l’affection que lui aussi trahissait par ses propos, même si je l’avais complètement occultée à l’idée qu’il me croit incapable d’agir comme je le devais, incapable de mettre fin à mes jours. Sauf que là, dans le silence qui s’installait, dans notre proximité bien trop grande dont je prenais soudainement compte et qui commençait à me perturber, je réalisais toute l’étendue de ce qu’il avait dit. Je le réalisais, et je me sentais incroyablement mal, à cette idée. Bien sûr, je voulais compter pour eux comme ils comptaient pour moi. Mais j’avais pour mot d’ordre d’être toujours franche avec moi, à défaut de pouvoir l’être en permanence avec tout le monde, pas que je ne le veuille cela dit, et je savais pertinemment que je ne ressentais pas qu’une amitié sans arrière-pensées pour Philippe. Que je m’autorise ou non à céder à cela, à même considérer cela. Jamais je n’infligerai une telle chose à qui que ce soit – ni à lui, ni à Juliette.

Je reculais pour m’éclaircir les idées, aussi bien pour reléguer toute l’émotion bien trop prégnante qui régnait en moi derrière une porte fermée à double tour, que pour réfléchir au meilleur moyen d’accéder à sa… requête ? son exigence ? Un peu des deux, surement. Au meilleur moyen d’y accéder, sans le laisser maître de la chose pour autant. Chercher à le contenter, tout en ne compromettant pas sa sécurité. Tout en refusant de le laisser près de moi plus que nécessaire. Je soupirais, de nouveau assise sur le canapé, constatant qu’il faisait preuve de son entêtement habituel. Je laissais malgré moi échapper un léger rire, un rire jaune, de mes lèvres. Je pourrais lui dire d’accéder aux dernières volontés d’une potentielle mourante… Mais je n’en aurai pas réellement ri, et lui pas plus que moi. Ca n’aurait fait qu’assombrir l’atmosphère déjà tendue.

Je n’étais pas prête à m’avouer vaincue pour autant. Zombie en devenir ou pas, je ne le serai pas avant de nombreuses heures. Et si je ne devais pas survivre, alors le repos ne me servirait à rien. Ce ne serait que des instants de sommeil perdus pour Philippe. S’il insistait, je ne comptais pas le laisser arriver à ses fins pour autant. Je me levais du canapé, avant de prendre la parole, cherchant mes mots. Cherchant à m’occuper. Je connaissais ce canapé, un de mes frères ayant eu le même, et je savais qu’il se dépliait. S’il ne voulait pas monter, il dormirait quand même. Je le dépliais, avant de m’y rassoir en son bord, et de reposer mon regard sur Philippe.

« Je monterai la garde. Si je dois devenir un cadavre, ça ne sera pas avant plusieurs heures, tu le sais aussi bien que moi. Ca me laisse le temps de veiller, pendant que tu te reposes. Je n’ai pas besoin de sommeil, si je suis destinée à ne laisser qu’un corps sans vie dans cette pièce. Si, dans quelques heures, rien ne se manifeste, alors je dormirais, et tu monteras la garde. Je suis trop nerveuse, et si je dormais, je ne serai qu’hantée par des images déplaisantes, et je ne me reposerai pas. Alors profite des quelques heures de répit que je peux t’accorder, à veiller. Et ensuite, ensuite, on avisera. »

Je me relevai un bref instant, prenant mes menottes, pour les poser sur la table basse entre nous deux, à proximité du fauteuil et du canapé. Pour sûr, ce que j’allais dire ne lui plairait pas. Pas plus qu’à moi. Et j’espérais qu’il ne cèderait pas à la facilité, non plus. Qu’il aurait confiance en moi.

« C’est justement parce que, toutes les nuits, tu veilles, que tu dois dormir maintenant. Je n’ai aucun fardeau qui pollue mes propres nuits, si ce n’est ma survie, alors profite du répit que je peux t’offrir, même s’il est bref. Et si tu ne me fais pas confiance, si tu ne crois pas que je vais rester, alors tu sais ce que tu as à faire, je montrais les menottes, de la main. Je vais chercher des draps, ou une couverture, ou quelque chose parce qu’il fait sacrément froid, là-haut. » Tout, pour ne pas voir sa réaction, pas le voir saisir les menottes, et réellement envisager de m’attacher. Je ne le supporterai pas… Mais je m’y plierai, s’il l’estimait nécessaire. Même si le résultat en serait désastreux.

Je me dirigeai lentement, boitillant, vers l’escalier, essayant d’ignorer tout potentiel bruit. De sembler plus assurée et ferme, sur ma décision que je ne l’étais.
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MessageSujet: Re: So Take This Night [Livre I - Terminé]   So Take This Night [Livre I - Terminé] - Page 3 EmptyLun 13 Oct - 9:05

Maintenant tais toi et dors. Moi et mon tact légendaire, ma brusquerie habituelle avec les représentantes de la gente féminine... Ce n'est pas une question de mysoginie, ni même d'impolitesse. Non, je parle à Eva comme je le faisais auparavant avec mes collègues et amis, mes potes de la BAC59. Il n'y avait pas de question de bons usages entre les sexes ou quoi que ce soit du genre. Sur le terrain, t'es un flic comme tout le monde, t'es un camarade, et je balance ce que j'ai à l'esprit sans prendre de pincettes ni y mettre les moindres formes pour arrondir les angles de toute cette merde. Tais toi et dors. Aussi bien parce que j'étais malgré tout mal à l'aise de tout ce que je venais de dire, que pour le fait d'avoir l'anticipation de ce qu'Eva pourrait me répondre. On n'efface pas un malaise aussi facilement qu'on le pense, ça vous pouvez me croire... Et j'avais comme l'impression que l'américaine ressentait le même genre de désarroi que moi. Comme si j'en avais trop dit, et elle trop fait. On n'efface pas ce qu'il vient de se passer, c'est impossible. Mais c'est compliqué malgré tout, de se dire d'avancer envers et contre tout dans ces conditions. Elle me regarde, et elle ne sait quoi dire. Est ce que j'ai vraiment tout fait capoter ? La belle se recule, probablement plus gênée encore de la situation. Elle s'asseoit, et c'est à mon tour de rester immobile, pensif. Finalement, elle rit, mais cet éclat n'a rien de réjouissant ; je ne sais qu'en penser et cela me plonge plus encore dans l'expectative. Je ne sais pas du tout ce qui lui trotte dans la tête, et je n'aime pas ça. La perspective d'une mort prochaine et la peur que cela induit peut provoquer tout un panel de désastres... Finalement, elle se relève. Je ne sais pas trop ce qu'elle fait, avant de déplier le canapé sans un bruit. Et moi je la regarde, immobile. Il fallait dormir, oui. Ou en tous cas, attendre l'aube. Le coin n'était pas sûr... Et la présence d'une infectée potentielle n'arrangeait rien. Je la regardais alors qu'elle m'annonçait de dormir, comme ça. Je grommelais.


| Parce que tu crois vraiment que je pourrais dormir, dans les circonstances présentes ? Je veux bien essayer de me reposer, mais je ne pourrais jamais fermer l'oeil, tu peux me croire. |


Je la regarde ramener ses menottes, goguenard, alors qu'elle était encore à moitié nue.


| Euh, moi je veux bien, mais je me débrouille mieux avec mes deux mains que sans... |


Ok, ça ça m'a échappé. Tant pis. Elle m'explique le pourquoi du comment. Et elle s'éloigne vers l'escalier. Je regarde les menottes, les prends dans mes mains, et réfléchis à toute vitesse. Puis, lorsqu'elle redescend, je me dirige vers elle, me fige devant elle. Et alors qu'elle me regarde droit dans les yeux, j'en profite. Je passe la menotte sur sa main droite, alors que je verrouille ma main gauche avec l'autre moitié.


| Comme ça, je suis certain que si le pire doit arriver, tu vas pas profiter que je dors pour te barrer et faire ça dans ton coin. Maintenant, on va attendre jusqu'au matin, ensuite je nous enlèverais ça, et on rentrera chez les nôtres. D'accord? |


je me dirigeais ensuite vers le lit improvisé, jetais le drap par dessus car bien faire le lit serait trop compliqué, ainsi menotté. Puis, je me retourne, dos au lit, laissant le temps à Eva de s'asseoir à côté ; pas le choix ainsi menottée. Je tire mon flingue, que je pose sur l'accoudoir à côté de moi.


| Prends la couverture, t'es à moitié à poil et ça me ferait chier que t'attrapes quelque chose après avoir réchappé au super virus de la mort. |


Aussi, ce serait pas mal qu'elle cache un peu plus ces jambes.

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MessageSujet: Re: So Take This Night [Livre I - Terminé]   So Take This Night [Livre I - Terminé] - Page 3 EmptyLun 13 Oct - 14:10

Je le dévisageais, l’air renfrogné, en entendant le ton qu’il prenait, et l’évidence qu’il énonçait. Comme si ça devait empêcher quoi que ce soit. Ne venait-il pas de m’ordonner de dormir, juste avant, et là, sous prétexte qu’il en était incapable, je devrais lâcher l’affaire et le laisser tranquille, m’allonger sagement sur le canapé pour faire un bon gros dodo – parce que c’était évident et tellement facile ? « Parce que je devrais être plus en mesure de dormir que toi ? Tu crois que je m’inquiète pas, que je suis pas morte de peur ? Putain, je pourrais n’être plus qu’un cadavre demain, alors ne m’en demande pas trop ! C’est pas comme si je dormais bien en temps normal, alors dans ces circonstances… » Et voilà. Voilà, j’en disais trop, encore. Je nous rebalançais en pleine face que je pourrai n’être plus qu’un monstre dans pas longtemps, et que je dormais bien trop mal habituellement. Ca n’était pas bien grave, pas bien surprenant, mais j’aurai préféré ne rien en dire. Bref. ? « Parfait, on est d’accord. »

Je fronce les sourcils, devant son air clairement moqueur. Qu’est-ce qu’il va s’imaginer ? Je le fusille du regard, encore, en l’entendant. Il peut pas s’abstenir, bordel ? C’est déjà bien assez dur comme ça… Je ne réponds rien, me contentant de poursuivre mon chemin, bien trop lentement à mon goût, et de revenir avec un drap et une couverture, les bras pleins, et incapable de faire le moindre mouvement, alors que Philippe se plante de façon bizarre devant moi. Je n’ai pas le temps de comprendre, avant qu’ils nous attachent l’un à l’autre. Il était pas sérieux, là ? Je laissais tomber ce que j’avais descendu, essayant de repérer la clé, qui devait pas être loin. A moins qu’il ne l’ait cachée. J’allais le tuer. Très sincèrement, j’allais le tuer. Un bon coup de matraque dans l’estomac, et ça me donnerait le temps de fouiller sur lui pour trouver la clé. Même si l’idée me dérangeait beaucoup.

Je jurais, en constatant que vu que j’étais à moitié à poil, je n’avais pas ma matraque sur moi. Mais quelle conne. Je reposais mon regard sur lui. Si j’avais pu, je l’aurai fusillé avec celui-ci. ? « Tu te fous de ma gueule ? Tu crois que je vais sagement rester là, menottée à toi, alors que je peux vouloir te bouffer et te contaminer à n’importe quel moment, et que t’auras pas forcément le temps de te détacher et de survivre ? Tu penses réellement que je vais t’obéir aveuglement, juste pour pas que tu t’assures que je me casse ? Tu peux m’attacher à n’importe quoi, qui t’assurera que je peux pas me barrer. Il est hors de question que je reste attachée à toi. Détache moi, maintenant. » S’il le faisait pas… Ca allait mal se passer. Je ne savais pas ce que je ferai, mais il en serait furieux, et je finirai par me casser du groupe et ne plus jamais les voir. Et ça, je préférai éviter. Il savait ce qu’il avait à faire, et à faire vite.

Je le suivais, quand il bougea vers le canapé – mon but n’était pas d’aggraver notre cas, en refusant d’avancer, et en nous faisant mal d’une manière ou d’une autre. Je ne m’asseyais pas pour autant, même si la position n’était pas des plus plaisantes. Hors de question de céder. « Lève toi, que je remette mon pantalon. Enfin, tu n’auras pas besoin de te lever, puisque tu vas me détacher. »

Allait-il me libérer ou non ? J’étais presque certaine que non. Je jetais un coup d’œil à son flingue, pendant qu’il le posait. Je pourrais facilement l’attraper, et le menacer avec, pour qu’il me détache. Mais ça serait aller trop loin, et jamais je ne pourrai le viser avec – sauf s’il était contaminé, éventuellement. Je jurais encore dans ma barbe, et m’asseyais, les bras croisés. Sans rien dire de plus, sans prendre la couverture non plus.
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MessageSujet: Re: So Take This Night [Livre I - Terminé]   So Take This Night [Livre I - Terminé] - Page 3 EmptyLun 13 Oct - 17:47

Je n'ai pas l'impression d'avoir eu une idée lumineuse en m'attachant à Eva. En fait, c'était une très mauvaise idée à tous points de vue. Si on regardait les faits objectivement... Cela allait nous faire passer une nuit atroce ; aucun de nous ne pourrait aller aux chiottes tout seul, se faire à manger, marcher si le besoin s'en faisait sentir... Ni même se tourner de son côté du canapé lit. En plus de ça, ça allait entraver assez fortement nos mouvements. Si l'on devait fuir en vitesse ou pire, nous battre... Nous nous ferions dévorer en un rien de temps. Ou acculer... Dans tous les cas, nous serions baisés. Et en plus de ça, je n'avais pas prévu que cela puisse autant affecter Eva, que je l'attache. Déjà qu'elle n'arrête pas de se défendre quant à la perspective d'un sommeil qui lui permettrait sans doute de se reposer et de reconstituer ses forces, alors pour le reste... Disons que c'était ce que j'imaginais être un grain de sable dans ce vaste tableau, lui prouver que sa présence et sa survie comptait pour le groupe, et pour moi. Surtout pour le groupe. Mais aussi pour moi, putain de merde. Les choses devenaient compliquées, et je m'étais promis qu'elles ne le deviendraient pas. Comment tenir à quelqu'un, qu'on était prêts à sacrifier si jamais sa famille était en danger ? C'était un dilemme impossible, qui triturait les lambeaux de ma conscience. Eva laisse tomber son butin, et elle me dévisage d'un air assassin.


Ce qui, même si j'étais fautif, avait le don de me rendre furieux par pur réflexe d'autodéfense. Quoi ?


Je l'entends jurer, mais c'est trop étouffé pour que je comprenne de quoi il s'agissait. Cela ne fit que me faire monter un peu plus en colère. Et la voilà qui réplique, acide. Etrangement, si je m'étais rendu compte de ma connerie, j'avais moins envie de la libérer. Mais quand même... C'était une mauvaise idée de la garder enchaînée à moi. Son regard... Je réfléchissais un instant. Je soupirais, alors qu'elle me répétait de la détacher. Je soupirais à nouveau, en tirant la clé de ma poche. Je la détache.



| C'est bon, arrêtes de bouder gamine, j'te libère. | lui dis en français.


Je me relève et m'asseois dans le fauteuil, me frottant le visage. Putain, si, j'étais fatigué à en crever, elle avait raison. Mais maintenant moins que jamais, je ne souhaitais m'endormir. Je me relevais un instant, soulevant sans bruit le fauteuil pour le caler dos au meuble TV, de sorte à embrasser toute la pièce du regard, alors que dehors, les gémissements rauques s'élevaient à nouveau. Z avait faim, Z avait été privé de repas. Il fallait vraiment attendre que les choses se tassent.


| C'était une idée à la con. Pardon. On va peut être devoir se tirer en vitesse s'ils essaient d'entrer, et je veux pas qu'on meure connement. Mais maintenant, silence. Sinon on va les attirer pour de bon. Dors, ou reposes toi, mais plus un bruit. |


La main sur mon flingue, je restais assis dans le fond du fauteuil, pouvant la maintenir dans mon champ de vision, ainsi que les deux entrées de la pièce. Juste au cas où.

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MessageSujet: Re: So Take This Night [Livre I - Terminé]   So Take This Night [Livre I - Terminé] - Page 3 EmptyLun 13 Oct - 20:10

J’étais peut-être en colère, et à raison, mais il ne restait de toute évidence pas impassible à ce que je disais. Quoi, il s’attendait à ce que j’accepte sans rien dire une telle connerie, qui compromettait sa sécurité ? Qu’il m’attache aurait été une mesure préventive, qu’il s’attache signifiait qu’il se condamnait à être bouffé, si la moindre chose tournait mal. Il ne pourrait se défaire de l’étreinte des menottes à temps, j’en étais presque certaine. Et il aurait du le comprendre de lui-même. Peut-être même était-ce le cas, puisqu’il avait sorti plutôt rapidement la clé. Mais ça n’en justifiait aucunement son geste. Ne comprenait-il que je ne pouvais accepter qu’ils lient mon sort au sien, alors que sa vie était clairement plus importante que la mienne ? Je n’allais pas lui répéter qu’il comptait pour moi, et que contrairement à moi, il avait d’autres gens qui comptaient sur lui. Une famille. Des gens importants, pour qui il se devait de survivre. J’avais échoué à protéger ma famille, je ne pouvais entraîner quelqu’un d’autre vers le même échec. Jamais je ne me le pardonnerai. Même si j’en venais à ne plus en être réellement consciente, l’idée m’aurait hantée toute la nuit, et jamais la possibilité que je le ravisse aux siens n’aurait quitté mon esprit. Jamais, pas même après cette nuit, si rien ne s’était passé. Pouvait-il ne serait-ce que comprendre ma fureur, et sa cause ? Comprenait-il un seul instant qu’elle n’était pas réellement motivée par l’entrave qu’il m’imposait, ou même le manque de confiance flagrant dont il avait fait preuve ? Quoi que, je ne lui avais pas donné ma parole, et j’avais bel et bien essayé de l’éloigner, pour qu’il ne puisse pas m’empêcher de recourir à la lâcheté. Mais ça ne changeait rien à ma réelle motivation, que je n’exprimerai pas une seconde fois. Je ne pouvais masquer le soulagement, à l’idée d’être libérée. A l’idée qu’il soit libéré de moi.

Je fronçais les sourcils, malgré tout, à sa phrase. A quoi s’attendait-il, à parler en français ? Je ne relevais pas, malgré tout. Inutile de rajouter de l’huile sur le feu. Je ne le quittais pas des yeux, en le voyant bouger. Le manque de sommeil se voyait comme le nez au milieu de la figure, sur son visage. Et pourtant, il s’asseyait sur le fauteuil, le plaçant de façon à ne laisser aucune ouverture sur l’extérieur hors de sa vue. Je soupirais. Il allait nous causer plus de problème, s’il ne dormait pas, que s’il s’autorisait à se reposer un peu. Et nous étions tellement tendus, que le moindre bruit nous réveillerait, si nous parvenions à nous assoupir un peu. Je frémis, malgré tout, malgré moi, en entendant les râles au dehors. Pourvu qu’ils n’entrent pas. Nous avions déjà été assez éprouvés, et ça n’était pas encore fini… Seul le temps nous dirait si j’étais indemne ou non.

Je relevais la tête, surprise, en l’entendant. Surprise qu’il reconnaisse son erreur. Légèrement énervée, qu’il m’enjoigne à dormir, alors qu’il s’obligeait à ne pas le faire. Je m’approchais, doucement, presque sans bruit. Je repris la parole, doucement, sans colère cette fois. « Ecoute, je suis désolée aussi. Je n’aurai pas du m’emporter. Je ne vais pas répéter combien ta survie m’importe, mais ça n’en est pas moins vrai, et je n’ai pas supporté que tu compromettes cela. En attendant, c’est aussi bien pour toi, que pour les autres et pour moi qu’il faut que tu te reposes. Et ça n’est pas en restant ici, que tu vas pouvoir le faire. On est suffisamment à cran pour veiller depuis le lit. On ne s’endormira pas vraiment, pas plus qu’on n’ignorera le moindre bruit qui se ferait entendre. Je te promets de ne pas fuir, et de te réveiller, si je sens que j’ai le moindre problème. Tu as ma parole, et tu sais que je ne la trahirai pas. Alors viens te reposer, que tu sois un peu plus à l’aise. »

Je m’éloignais, m’allongeant sur le lit, prenant un bout de la couverture. Je n’appréciais pas l’idée de partager le lit avec Philippe, mais je savais qu’il ne me laisserait pas veiller sur le fauteuil, pendant qu’il se reposait.
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MessageSujet: Re: So Take This Night [Livre I - Terminé]   So Take This Night [Livre I - Terminé] - Page 3 EmptyLun 13 Oct - 21:21

Oui.... Qu'elle se taise. Qu'elle arrête de parler, qu'elle arrête d'éveiller en moi le besoin de toujours me justifier, de faire comme si je devais m'ouvrir à elle. Parce que j'en ressentais le besoin. Dans ce monde où tout le monde veut nous tuer, je n'ai plus d'amis, plus de proches. J'ai essayé de m'ouvrir auprès de ma fille. J'ai fait pire que mieux. Cela me semblait tellement évident maintenant... J'avais cru devoir être honnête avec elle. Je ne lui avais pas tout raconté, mais elle en savait maintenant l'essentiel. Tout ce que j'avais fait en tant que flic, cette plaque qui ne voulait plus dire grand chose pour moi, pour les hommes de mon groupe. Je lui avais dit pour les représailles d'un monde de la pègre qui en voulait aux flics qui prenaient grand plaisir à balancer de grands coups de pied dans la fourmilière, et lui avais raconté comment nous avions franchi la limite pour nous venger. La gamine de Boidin... Sur le coup, obtenir des représailles avait semblé logique. Juste, même. La bonne chose à faire. La seule chose à faire. L'exécution du coupable, la mise en garde des autres que nous étions prêts à aller plus loin. Et le cercle infernal continuait, encore et encore, jusqu'à ce que ce soit ma propre famille qui soit sous le feu des projecteurs. Qu'elle soit en danger par ma faute. Je n'avais fait que déplacer le problème, l'emporter dans nos malles, quand j'avais pris la décision de partir en vacances avec les miens en Amérique. Je ne pouvais pas retenir Eva contre sa volonté. Je ne pouvais pas utiliser de tels artifices avec elle. Elle était la seule... Qui me comprenait ? Elle ne savait même pas vraiment qui j'étais. L'intense sentiment de culpabilité que je ressentais me soufflait que je devais me soulager de ce fardeau. J'avais aussi dit la vérité, une partie de la vérité, à Juliette.


Elle comme ma fille pensaient que je ne faisais que me cacher derrière de faux semblants. J'étais seul. Seul avec cette femme que je ne comprenais pas toujours, qui m'accompagnait pourtant dans mes élans de folie dans un monde envahi de morts vivants. Eva semble en avoir assez de la tournure que prend la situation. Comme moi. Nous aurions pu fêter notre succès, boire une bonne bouteille pillée dans un cellier. Mais non. On se chamaillait pour des conneries. Alors qu'elle n'était même pas infectée, j'en étais persuadée. La peur était mauvaise conseillère, comme la fatigue. Mais je le sentais dans mes tripes, même si je ne pouvais pas m'empêcher d'être inquiet pour elle. Eva revient vers moi. Elle s'excuse, essaie de me pousser à dormir, à la rejoindre dans le lit. Elle s'asseoit plus loin.



| Je n'ai pas besoin de m'allonger pour me reposer. Je suis bien, là. Assis bien confortablement. Ce fauteuil est pas mal. Comme ça je peux surveiller la pièce. Ca m'empêchera pas de piquer un somme si ça doit arriver, promis. |


QUoi, personne le sentait que c'était une mauvaise idée que deux adultes se retrouvent, morts de peur et dans le même lit ? J'avais encore un peu de bon sens. J'ouvrais la bouche. Je voulais dire la vérité sur qui j'étais vraiment, le dire à Eva. Pour ne pas la décevoir plus tard quand elle l'apprendrait malgré tout. Je refermais la bouche. Je soupire. Et j'entame malgré tout.


| Je ne suis pas un bon flic, Eva. Pas un bon père de famille. Il y a des choses sur moi que tu ignores. |


C'est sorti tout seul, dans un murmure. Parce que je ne veux pas de quelqu'un qui me couvre en pensant que je suis quelqu'un de bien.


| Si tu vois ma femme et ma fille prendre leurs distances avec moi ces prochains jours, c'est parce que je leur ai dit la vérité. J'ai tué des gens, avant... Avant tout ça. Hors procédures. C'est ma faute, si ma famille se retrouve ici, à des milliers de kilomètres de la maison. J'ai voulu les éloigner d'un autre danger que j'avais provoqué. |

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