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[Terminé]We were born to die
MessageSujet: [Terminé]We were born to die    Dim 8 Mai - 18:27



We were born to die



Le groupe des Egarés s’en était plutôt bien sortis… Ils avaient trouvé quelques maigres vivres, quelques cartouches mais la femme s’était tirée avec la caisse. Impossible de savoir si elle était de bonne foi ou non. Et de toute façon, tout cela n’avait plus d’importance. Elle s’était barrée. Et les Egarés avaient seulement réussis à comprendre une phrase mystérieuse balancée par un des mecs qu’ils avaient massacré. Les Autres ? Qu’est-ce que c’était encore que ce bordel ? Ils n’en savaient rien et n’avaient aucun moyen de le savoir pour le moment. Eva avait donc rejoint le groupe. Et surtout, elle avait retrouvé Philippe et Chloé. Un moment de pur bonheur pour elle, même si dans le feu de l’action, elle n’avait pas spécialement eu le temps de goûter à ces retrouvailles.

Et tout de suite après, il avait fallu bouger. Bouger toujours et toujours, pour survivre dans le froid. Aucun des membres des Egarés n’avait de nourriture. Autant dire qu’ils ne passeraient pas la semaine s’ils ne trouvaient pas un refuge, un endroit où manger et se reposer. Eva avait donc suivi la troupe, sans poser davantage de questions. A partir du  moment où c’était le groupe de Chloé, celui de Philippe, elle ferait tout pour les aider.

Ils avaient quitté la ville abandonnée qui ne risquait guère de leur apporter grand-chose et avait pris résolument la direction de l’Est. Et alors, le miracle avait eu lieu. Un grésillement. Un bruit. Le son d’une voix humaine que la radio que Philippe avait trouvé, avait capté. C’était un espoir immense, même si cela semblait futile, tellement futile dans ce monde dévasté. Mais ça pouvait faire la différence entre la vie et la mort. Ils avaient atteints à grand peine le parc de la rivière Batiscan.

Ils venaient à peine d’arriver. Eva observa les alentours. La rivière semblait poissonneuse et les cabanons défraichis avaient connus des jours meilleurs. Mais ils n’allaient pas craché sur pareille aubaine. La jeune femme se sépara du groupe et vérifia que Zach ne les avaient pas précédé dans ce lieu enchanteur. Visiblement, rien. Elle soupira, soulagée. Les moments de répits étaient rares, autant en profiter. Elle choisit un mobil-home assez spacieux et entra dedans. Elle cria de l’intérieur à destination des autres membres du groupe qui devaient, comme elle, se choisir un chez eux temporaire.

Ici, c’est chez moi !

Elle jeta un œil à la paillasse qui servait de matelas. Oui, elle ne serait pas plus mal ici qu’ailleurs. Elle ouvrit les placards. Coup de chance. Des couvertures. En fouinant un peu, elle dénicha même un jean légèrement troué mais épais ainsi qu’un gros pull en laine. Eva frissonna d’avance mais retira ses vêtements qui commençaient sérieusement à sentir le bouc afin d’enfiler les vêtements chauds qu’elle avait trouvé. Un léger bruit la fit pivoter de peur, se saisissant au passage de son coutelas. Ce n’était pas Zach. C’était Philippe.

Ils ne s’étaient pas spécialement adressé la parole pendant toute la fuite du groupe. Ils avaient bien d’autres choses à penser. Mais maintenant qu’ils s’étaient posés ici, ils avaient tout le temps de penser. Et penser, ça foutait toujours la merde. Eva ignorait ce que Philippe avait fait pendant tout ce temps. Ils s’étaient rapprochés avant qu’elle ne disparaisse mais est-ce qu’il considérait encore qu’il y avait quelque chose entre eux ? Elle n’en savait rien. Et après ce qu’elle avait subi, dont les cicatrices étaient parfaitement visibles sur son corps, elle-même se considérerait-elle encore capable d’avoir ce genre de sentiments ? Elle n’en savait rien. Elle se contenta de ranger son arme.

Excuse-moi…

Pensait-il partager son mobil-home ? Ou était-il juste entrer pour parler ?
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MessageSujet: Re: [Terminé]We were born to die    Sam 14 Mai - 15:29

La marche avait été éprouvante. Tout avait commencé le matin même avec la décision de tenter la traversée du Saint Laurent en profitant du fait que le fleuve soit gelé. Rien que l'angoisse de se demander si nous allions réussir ou passer au travers de l'épaisseur de glace aurait épuisé n'importe qui, mais marcher assez longtemps sur une surface glissante et en sus recouverte de neige n'a absolument rien facilité. Nous y avions perdu quelqu'un, l'une des membres de notre groupe. Eileen était passée au travers de la couche de glace et avait coulé à pic. On ne l'avait plus ajamais revue. Vues les températures, elle était probablement morte au bout de quelques secondes seulement. Magré tous nos efforts, nous n'avions rien pu faire pour la sauver, pour l'aider à s'en tirer. Elle était purement et simplement disparue sous la glace, à jamais emportée sous l'épaisseur glacée par un courant toujours vivace sous le niveau de l'eau. Quelle mort atroce. Ca avait beaucoup touché son copain, Pelleas Wilkins. On a continué à avancer en silence, à partir de ce moment là, et tout le monde retenait son souffle à chaque pas en avant, tout le monde avait peur du même coup de passer à son tour à travers la glace. Sitôt touché terre, j'avais mené le groupe jusqu'à un véhicule abandonné et une maison qui prenait feu. Et là, nous étions à nouveau tombé sur l'horreur la plus indicible. Ensuite, il avait fallu se battre, et ça n'avait pas été de la tarte. Il y avait eu de nombreuses pertes de part et d'autres, beaucoup de morts. On s'était fait entuber et on n'avait pas trouvé de vivres supplémentaires. J'avais l'estomac dans les talons, depuis si longtemps que j'avais l'impression de n'avoir jamais mangé à ma faim, et j'avais l'impression que mon souvenir du goût de certains aliments s'estompait avec le temps. Comme si manger était en soi un souvenir...


Il y avait eu du bon, pourtant. Nous avions retrouvé d'autres survivants. Un couple rencontré en route. Une jeune femme, rescapée d'un autre groupe. Et Eva. J'avais retrouvé Eva. Nous n'avions pas vraiment eu l'occasion de parler les heures suivantes, car tout le monde devait progresser malgré notre faiblesse, malgré notre fatigue tant physique que psychologique. Ensuite, nous avions trouvé ce qui serait probablement notre chez nous un peu par hasard. Au milieu de la neige, derrière une rivière elle aussi gelée, des habitations de bois, espèce de croisements entre mobil homes et chalets. Un endroit calme. Pas si bien protégé du froid, mais à l'écart des routes. J'avais décrété une halte pour la nuit, et nous débattrons le lendemain de l'opportunité de rester ici. Je veillais à l'installation de tout ce petit monde quand je me disais que ce serait bien d'aller voir Eva. J'avais eu douloureusement envie de la voir, de la questionner, de la serrer contre moi. Je chargeais Chloé de veiller à la bonne installation de nos nouveaux venus, puis je me dirigeais là où j'avais vu Eva s'arrêter, un mobil home plus loin.


Lorsque j'entre, Eva est à demi-nue. Et elle brandit un couteau dans ma direction. Je me fige. Elle a le regard fou. Pas du tout le regard qu'elle me jetait, des semaines et des semaines plus tôt, alors que nous faisions l'amour dans une maison que nous venions de fouiller, peu de temps avant que nous ne soyons séparés par les événements, c'est à dire une horde de zombies qui nous avaient engloutis, Chloé et moi. Elle avait dû nous croire morts. Elle range son arme et me demande de l'excuse. Ni une, ni deux, j'avance d'un pas vif et l'enlace, je la serre fort contre moi, sa peau nue contre la chaleur de ma parka.



| Tu m'as tellement manqué. |


lui soufflais-je au creux de l'oreille. Je me recule et l'embrasse doucement. Avant de me reculer, de nous séparer à nouveau.


| Qu'est ce qui t'es arrivé? | soufflais je à nouveau en voyant les marques sur son corps, des marques qui n'étaient pas là la dernière fois que j'avais vu sa peau dénudée.[/i]

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MessageSujet: Re: [Terminé]We were born to die    Sam 4 Juin - 17:12



We were born to die



Eva avait côtoyé des endroits bien pires que celui qu’ils venaient de trouver. La chance de récupérer des vêtements chauds lui amena le sourire aux lèvres pendant un bref instant. C’étaient des bonheurs que tout un chacun aurait jugé bien futiles, des années auparavant, elle la première. Zach avait le mérite de faire un putain de tri dans les priorités. Eva était une battante, une femme qui ne baissait jamais les bras, même au cœur de l’adversité. Elle en avait vécu des vertes et des pas mûres. Et elle ne comptait pas se laisser abattre, même si les derniers événements qu’elle avait subis l’avaient fortement affectée. Depuis qu’elle s’était échappée, elle avait été tendue vers un seul objectif : survivre. Et il y avait une chose de positif là-dedans, c’est qu’elle n’avait pas eu le temps de beaucoup cogiter, du coup. La nuit, elle s’écroulait de fatigue et la journée, elle avançait prudemment, en restant à l’affut de la possibilité éventuelle de trouver de la nourriture pour ne pas mourir de faim. Puis, elle avait retrouvé Chloé et Philippe. Et là, la question c’était encore une fois de survivre, de ne pas ralentir le groupe, déjà bien affaibli. A présent qu’ils avaient quelques jours pour se poser, le cerveau d’Eva entrait en ébullition. Et c’était tout sauf agréable.

Le fait de retrouver un semblant de chez-eux avait quelque chose de réconfortant, malgré tout. Elle retrouvait également la sécurité du groupe. Pendant le trajet, elle avait aidé autant qu’elle le pouvait les plus faibles, cela lui permettait d’oublier ses propres tourments. Elle avait toujours voulu être utile aux autres, se sentir responsables. Elle était devenue flic initialement pour ça, même si elle avait rapidement déchanté auprès de collègues bourrins et idiots pour certains. Cela ne l’empêchait pas de conserver son leitmotiv, aider les autres, protéger les plus faibles que soi. Sinon, l’Homme ne valait pas grand-chose de plus que Zach.

Elle était en train de se changer lorsque Philippe entra dans la pièce. Elle avait eu peur et une foule de souvenirs douloureux lui était remontée en mémoire. Son intimité violée, les tortures, les humiliations. Son regard avait dû exprimer cette peur panique qui l’avait saisi car l’homme en face d’elle avait l’air surpris, interloqué. Elle resta ainsi, un moment avant de s’excuser et de ranger l’arme. En quelques secondes, il avait réduit l’espace qui les séparait, l’enlaçant dans ses bras. Eva en eut le souffle coupé. Elle avait oublié à quel point ça faisait du bien. Sa voix chaude lui murmure à l’oreille qu’elle lui a manqué. Elle ferme les yeux. Elle a envie de s’abandonner à cette sensation merveilleuse mais l’horreur la saisit. Elle se crispe et son corps lui rappelle ce que son esprit tente de rejeter dans les tréfonds de son inconscient.

Philippe s’écarte à temps mais l’embrasse doucement. Eva frémit mais le contact est trop court pour qu’elle le repousse. Heureusement, elle risque de le blesser et il ne comprendrait pas. Elle est forte. Elle doit le rester. Elle a vécu pire, non ? Et bien justement, non. Elle n’a rien vécu de pire que ses connards qui ont utilisés son corps dans tous les sens sans qu’elle puisse rien n’y faire. Bien sûr, elle a tenté de résister. Après s’être fait tabassée jusqu’à arriver aux portes de la mort, elle a bien été obligée de les laisser faire. Philippe a remarqué les marques, il faudrait être aveugle pour ne pas les voir. Gênée, elle enfile rapidement le pull qu’elle a trouvé. Elle hausse les épaules avec un sourire crispé.

Tous les hommes ne sont pas aussi doux que toi, il faut croire.

Oui, elle fuit la discussion. Mais elle connait suffisamment Philippe pour savoir qu’elle ne pourra pas y échapper. Elle cherche juste à gagner du temps pour l’instant. Son corps traumatisé lui rappelle douloureusement que rien ne sera plus jamais comme avant. Qu’elle doit se réapproprier ce qu’ils lui ont pris. Philippe pourra sûrement l’aider. Elle n’en sait rien. Elle est heureuse de le revoir, tellement heureuse et soulagée. Elle aimerait lui tomber dans les bras. Ce serait déjà fait si ces souvenirs ne revenaient la hanter…
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MessageSujet: Re: [Terminé]We were born to die    Mer 22 Juin - 21:51

Elle avait été bousculée, c'était l'évidence même. Jusqu'à quel point, je n'en savais rien. Mais j'étais flic. Au delà des statistiques, je connaissais parfaitement bien le sort réservé aux femmes lorsqu'elles étaient sous le joug d'hommes violents, sous le joug même plus généralement de la brutalité pure. Elles étaient perçues comme des objets, des exutoires. Je savais ce qui lui était arrivé avant qu'elle m'en parle. Oh, bien sûr, je n'avais pas les détails, pas le plus petit détail sur les circonstances qu'elle avait vécues. Qu'importe. Je comprenais. Cela me comprimait la cage thoracique, me serrait le cœur. Je ne savais plus où j'en étais, je ne savais plus ce que je devais faire. Je savais juste que je devais être là. Ce monde de merde n'en finira-t-il jamais de nous dégoûter, de nous blesser, de nous lâcher en pleine tourmente ? Jamais. Je le savais intérieurement. Le pire n'était pas derrière nous. Nous avions faim, nous avions froid. Les choses ne s'arrangeront jamais d'elles mêmes. A nous de défendre tout ce que nous avions, à nous de faire en sorte que ce soit les autres qui paient et pas nous. Je me rapprochais donc d'Eva, j'essayais de me montrer présent, physiquement, car je connaissais la puissance du réconfort d'une simple étreinte. Dans mon boulot, j'avais déjà serré dans mes bras des gamines violées à la sortie de festivals de musique. Certaines s'abandonnaient en pleurs à la compassion. D'autres ne surmontaient pas leur psychocrash et hurlaient contre la présence d'un homme à leurs côtés. Je ne cherchais pas à comprendre, c'était ainsi. Tant qu'il resterait des crasses dans ce monde, personne ne serait jamais à l'abri. Je ne savais pas quelle posture adopter avec une femme comme Eva, qui avait claqué la tronche à des zombies à coups de matraque et de bouclier. Elle qui avait l'air si forte auparavant, dans sa tenue de flic et sa tenue anti-émeutes. Elle n'était plus la même.


Nous changions tous au contact de l'horreur, qui nous transformait.


Je l'enlace et je la sens se tendre vers moi, mais avec une rigidité aussi inédite que prévisible. Je ne savais pas plus qu'elle ce que je devais ressentir. Je me sentais suffoquer. De colère, de tristesse, de honte, d'impuissance, de haine pure et froide. Quand je m'éloigne, la jeune femme me grimace un sourire en confirmant mes doutes. Il n'y a eu aucune trace de douceur dans le traitement qui lui a été infligé.



| Tu peux m'en parler, si tu le veux. Si tu penses que ça va t'aider à aller mieux. Ou bien on peut attendre que demain vienne. |


Je lui tends la main, en guise d'invitation timide mais sincère.


| Est-ce que tu es blessée ? J'ai de la gaze et un peu d'alcool. Les seuls vivres que je trimballais aujourd'hui... |

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MessageSujet: Re: [Terminé]We were born to die    Mer 6 Juil - 0:27



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Toute cette merde l’avait changé, irrémédiablement. Elle avait été détruite dans l’histoire, mais c’était peut-être pour en sortir plus forte, plus assurée, qui sait ? Avec le temps, tout était possible. Avec du temps. Et le temps, c’était précisément ce qui leur manquait à tous. Ils pouvaient mourir demain. Ca remettait drôlement de l’ordre dans les priorités. Les hommes avaient toujours été bestiaux, les viols et les meurtres avaient de tout temps existé. Mais depuis que Zach avait débarqué, ceux qui restaient étaient devenus encore pire, si la seule chose était possible. Eva avait vu de quoi les hommes étaient capables. Elle le savait. Et pourtant, lorsque ça lui était tombé dessus, elle avait souffert. Rien ne l’avait préparé à cela. Depuis son évasion, elle n’avait pas eu beaucoup de temps pour penser, pour repenser à tout cela. C’était uniquement dans son sommeil que ces souvenirs horribles revenaient la hanter. Serait-elle un jour capable de dépasser cela ? Pour l’heure, elle n’en avait aucune idée. La faim lui tenaillait le ventre, le froid emprisonnait ses os. Elle en avait l’habitude, comme chacun ici. Cela faisait tellement longtemps qu’ils n’avaient pas mangé à leur faim qu’ils commençaient à oublier ce que ça faisait d’être rassasié. Eva passait son temps depuis ce moment fatidique à se secouer, à continuer, à tenir envers et contre tout. Elle ne devait pas s’apitoyer. Elle devait avancer. La présence de Philippe lui rappelait tout ce qu’elle avait avant. Tout ce qu’elle avait perdu. Et rien ne pourrait lui permettre de revenir en arrière. Elle l’avait senti s’avancer vers elle pour la serrer dans ses bras. Elle avait frissonné à ce contact et il lui avait fait du bien en réalité. Mais son corps s’était contracté involontairement, lui rappelant ce qu’elle avait traversé.

Philippe l’avait aidé, ils avaient été unis. Ils avaient combattus côte à côte, s’étaient sauvés la vie un nombre de fois incalculables et ils se connaissaient par cœur. Mais à présent, elle avait changé, tout comme lui.

L’homme est doux, tente de la mettre à l’aise mais est-ce seulement possible ? Elle peut lui en parler, si elle le désire. Non, en réalité, elle n’en a pas envie. L’état de son corps parle de lui-même. Elle n’a nul besoin de lui donner des détails. Pas pour l’instant en tout cas. Elle a juste envie d’oublier, de tenter pendant une fraction de seconde de retrouver ce qu’elle a perdu. Elle lui adresse un sourire peiné mais sincère.

C’est gentil, vraiment. Je… je verrai si ça vient en son temps. Pour le moment, j’ai juste envie d’oublier. De tout oublier pendant quelques heures…

Il lui tend la main. Elle reste un instant immobile, profitant de la chaleur du pull avant de la saisir. Elle la presse fermement, comme si elle se raccrochait à une bouée. Elle se rapproche de lui et niche son visage dans son cou, poussant un soupir de soulagement. La chaleur qu’il dégage l’apaise.

J’ai quelques contusions encore et une plaie à l’aine mais…. Garde tes vivres. Certains dans le camp en auront plus besoin que moi, c’est sûr.

Elle s’écarte de lui et l’observe pendant un long moment sans rien dire. Elle tend la main, parcoure du bout des doigts ses joues, caressant la barbe qui mange son visage. Elle laisse ses doigts glisser le long de son menton, remonter effleurer ses lèvres, comme si elle voulait redécouvrir ce visage qu’elle connait pourtant par cœur.

Tu me fais du bien, Philippe.

Elle écarte sa main et niche à nouveau son visage dans son cou, déposant un baiser sur sa peau. Redécouvrir son corps, réapprivoiser ses sensations…
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MessageSujet: Re: [Terminé]We were born to die    Mar 12 Juil - 18:22

Ok, nous étions donc en difficulté à tous points de vue. Je pensais qu'on saurait en rester à des problèmes d'approvisionnements, à quelque chose que l'on pouvait gérer matériellement. Je m'attendais bien sûr à ce que toutes les expériences que nous venions de vivre aient un sens assez tragique pour certains d'entre nous et que cela ne ferait que contribuer à un peu plus de morosité. Mais voilà que nous étions livrés à une autre forme de prédateurs ; nous-mêmes. Nous nous étions rendus compte que le délitement de l'autorité ne se traduisait pas seulement pour une compétition entre survivants pour les ressources, mais que notre âme noire, notre âme profonde, n'avait besoin que de cette pichenette pour rejaillir parfois au plus mauvais moment. Il faudrait mettre des mots sur tout ce qu'il venait de se passer. Viol, tortures, sévices. On n'avait que l'embarras du choix. Je me demandais tiens, si le vocabulaire anglo-saxon était aussi riche que le nôtre pour décrire toute l'horreur de l'homme. Probablement pas. Je savais empiriquement qu'Eva avait changé. Je le voyais dans ses yeux, dans sa posture plus encore rigide qu'à l'accoutumée, mais je le sentais aussi dans mes tripes. Pour ce que j'en savais, elle avait peut être même des conséquences physiques de tout ce qu'elle avait subi. Virus, bactéries, blessures et dommages internes, ou pire encore, étaient le lot courant dans les affaires de viol. Je n'allais pas aborder ce sujet ce soir, mais je me plaisais à penser que je n'étais plus seul pour gérer les catastrophes. Anna Beauregard était chirurgienne. Elle savait forcément quoi faire dans ce genre de cas pour prévenir tout risque sanitaire à l'encontre d'Eva. J'essayais de réagir, même s'il n'y avait sans doute aucune manière correcte de le faire. Bien sûr, la jeune femme me confirmait que pour le moment, elle ne voulait parler de rien.


| Je comprends. Je ne t'obligerais à rien. On va attendre que tu en ressentes le besoin, ou que tu te sentes prête en tous cas. |


Et moi, le serais je jamais ? Je n'en savais rien. J'avais déjà vu des tas de flics craquer à l'affaire de trop, devant l'abondance de détails scabreux et horrifiants que l'on pouvait collecter. Des mecs qui avaient mis des tueurs, des violeurs, n'importe quel type de criminel derrière les barreaux, craquaient parfois devant tant d'horreur, une fois leurs propres limites franchies. La belle se niche contre moi, mais cela n'éveille nul désir. L'instant ne s'y prête pas. Et je sais que dans son corps comme dans son esprit, l'instant ne s'y prêtera peut être plus. La jeune policière me confirme qu'elle a été malmenée, et rejette l'aspect matériel et médical que je peux lui donner. Elle vient me toucher du bout des doigts, m'effleurer. Je l'attire à nouveau contre moi, avec délicatesse.


| Je devrais quand même te soigner. Il caille dehors, mais il faut pas qu'on laisse une chance à une éventuelle infection. Si tu veux, je peux appeler Anna ? C'est une chirurgienne, elle est arrivée bien après que nous ayons été séparés. Elle semble bonne dans son domaine. Tu n'as qu'un mot à dire, et je te l'appelle. |


peut être que la venue d'un tiers me permettra de me sentir moins gêné, moins mal à l'aise devant l'évidence de ce drame, qui malgré les apparences, continue de se jouer devant mes yeux.



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MessageSujet: Re: [Terminé]We were born to die    Dim 24 Juil - 18:54



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Le fait de retrouver la sécurité d’un groupe a ramené Eva plusieurs semaines en arrière. A une époque où elle était encore en lutte contre Zach et contre le froid et la faim. Pas contre des souvenirs de torture et de sévices. Eva en avait croisé des victimes dans le cadre de son boulot. Elle savait qu’il ne servait à rien de brusquer les choses. Elle se raccrochait comme elle pouvait à son expérience, à ce qu’elle avait vu chez d’autres femmes qui avaient finies par s’en sortir, par remonter la pente. Chez certaines, cela avait pris des semaines, chez d’autres des années. Mais les circonstances avaient dramatiquement changées, bien sûr. A l’époque, le viol était vécu comme la fin de tout, comme un drame qui ne pourrait jamais être dépassé par la victime. L’arrivée de Zach avait fait un drôle de tri dans les priorités, du moins dans la tête d’Eva. Elle avait pour le moment tenu grâce à cette idée : elle avait survécu. Malgré la menace qui pesait sur sa vie au quotidien, par les privations et ces putains de zombies, elle avait survécu. Alors, confrontée à la raclure humaine, elle se raccrochait à cette idée. Les survivants avaient tous traversé des épreuves plus ou moins cruelles. Tous sans exception. Ce qu’elle avait vécu n’en était qu’une de plus. Eva avait toujours été une battante, une femme qui s’occupait des autres avant elle-même. Elle n’était pas le genre à s’apitoyer sur son sort. Aller de l’avant. De toute façon, ils n’avaient pas le choix. C’était marche ou crève dans ce monde. Naturellement, Philippe faisait preuve d’une compréhension de son état qui touchait la jeune femme. Elle aurait fait pareil bien sûr si une de ses proches avait subi la même chose. Il l’assura qu’il ne la forcerait pas à lui parler si elle ne le désirait pas. Eva lui adressa un sourire de remerciement. Elle se sentait reconnaissante. Elle n’était pas prête à en parler. Et peut-être ne le serait-elle jamais.

Je te remercie, vraiment, pour ta compréhension. Merci.

Les paroles étaient sincères, on sentait l’émotion qui la traversait. Eva s’était rapprochée de Philippe, cherchant le contact chaud et rassurant tout en le redoutant. Elle était traversée de sentiments contradictoires mais globalement, le contact doux et tendre de Philippe lui mettait du baume au cœur. La jeune femme savait pertinemment qu’il y avait bien des risques à avoir subi ce genre de traitements. Pour l’heure, elle ne voulait pas y penser. Y penser, c’était revivre le passé. Or, pour le moment, elle n’avait pas les épaules pour. L’homme avait la tête sur les épaules et, évidemment, il lui proposa de contacter la chirurgienne. Elle secoua la tête, appréciant sa sollicitude.

Je…. Non. J’irai la voir, mais pas aujourd’hui. Tu es le seul au courant et pour le moment, je préfère que ça reste ainsi. Il faut bien crever de quelque chose un jour ou l’autre. J’irai voir cette chirurgienne. Pour le moment, je veux juste me rappeler comment c’était avant

Eva soupira, continuant de rester contre Philippe, appréciant la chaleur de son corps. Elle releva la tête vers lui. Elle sentait sa gêne et cela lui faisait mal de le mettre ainsi dans l’embarras.

Raconte-moi. Tout ce qui s’est passé depuis que nous avons été séparés.
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MessageSujet: Re: [Terminé]We were born to die    Dim 24 Juil - 21:38

En théorie, je savais précisément quoi dire, quoi faire. Sur les lieux d'une enquête, quand on était en train d'investiguer mais qu'on se retrouvait en train de devoir gérer les victimes d'un drame, on était obligé de savoir quoi dire à des gens qui ne comprenaient pas toujours ce qui venait de leur arriver. Je savais très bien qu'Eva était une flic aussi. Pas sûr que ça change quelque chose. Je ne savais pas à quelle fréquence les policiers américains, dans leurs petites villes, pouvaient se retrouver confrontés aux violences à caractère sexuel. Plutôt deux fois qu'une, et pis encore quand on est une femme ; les collègues masculins doivent constamment vous envoyer en première ligne afin de pouvoir approcher des victimes, qui, bien souvent, sont assez récalcitrantes à côtoyer qui que ce soit du genre humain. Eva ne faisait pas exception à la règle. Je savais qu'il devait lui en coûter de se laisser approcher, pis par un homme, dans un monde où les hommes ont toujours le pouvoir, mais sont suspectés et accusés de quantité de maux. Le plus souvent à juste titre, mais l'homme n'est pour beaucoup plus tant un protecteur potentiel qu'un ennemi tout court. Ce genre de point de vue s'était répandu avec le temps, et gâtait les relations entre les flics et les victimes, en sus de la dénonciation d'actes clairement répréhensibles, des diverses théories du conflit, de la politisation supposée ou avérée et quantité d'autres maux. Eva ne doit voir en moi que Philippe, mais moi eh bien, j'ai bien du mal à ne pas enfiler ma casquette de keuf en mode « dis moi tout ce que tu sais et je vais les retrouver, ces fils de pute, on les fera payer ». Chaque chose en son temps. Et là, ce n'était pas le temps de la reconstruction, ni celui de la vengeance. C'était celui du calme, du repos. Un moment nécessaire pour faire le vide autour de nous.


Je ne répondais pas avec des mots, aux remerciements de la jeune femme. Je n'avais rien de plus à dire. Je ne voulais pas faire de gaffe, et je ne faisais pas ça non plus pour me faire mousser, vous pouvez me croire. Je faisais juste ce que je sentais devoir faire. Ni plus, ni moins. Eva me dit qu'elle préférait ne pas voir tout de suite notre médecin de groupe. Elle ne se sentait donc pas forcément bien, mais pour le moment, elle devait panser ses plaies psychologiques avant de daigner accepter que quelqu'un s'occupe des plaies physiques. C'était comme ça.



| D'accord, c'est comme tu veux. Simplement, ne traîne pas trop. On ne sait jamais, peut être que tu as vraiment des choses urgentes à soigner. |


Je ne rentrerais pas dans les détails, ce n'était pas la peine. Elle me demande alors de lui raconter.


| Ca fait quoi maintenant ? Huit, dix semaines qu'on a été séparé ? Quand on s'est perdu de vue sur la route, après Coaticook, quand les soldats canadiens se sont fait submerger. Ils ont tiré de partout. Avec Chloé, on s'est retrouvé bloqués en arrière. A deux contre des dizaines sinon des centaines de Z. ON a couru comme des dératés à travers bois, un vrai cauchemar. Quand on a repris notre souffle, j'étais convaincu que nous avions été mordus mais qu'on ne l'avait pas senti au milieu de la bagarre. Mais non. On a trouvé d'autres survivants, et on a continué à avancer, de notre côté. Je ne savais pas que vous étiez en vie, toi et les autres. Alors on a avancé, encore et encore. Ca fait des semaines qu'on crève la faim. Quand finalement le fleuve a gelé, j'ai décidé d'avancer encore, de passer à Trois Rivières. Et on a perdu une jeune femme sur le trajet, avalée par la glace. Puis ça a encore été la bagarre. Et tu es arrivée. On crève de faim depuis longtemps... Mais la radio redonne un peu d'espoir. Je suis si fatigué, Eva. |

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MessageSujet: Re: [Terminé]We were born to die    Jeu 28 Juil - 9:59



We were born to die



Eva ne se considérait pas encore comme une victime. Elle réalisait à peine ce qui s’était passé. Elle avait rejeté le passé, s’était tourné résolument vers l’avenir, vers sa propre survie. C’était une nécessité. Seule, en proie à la faim et au doute, elle n’avait pas eu d’autre choix. Venait à présent le temps du deuil. Elle se souvenait de quelques formations qu’ils avaient reçues. Les sept étapes du deuil. Le choc était la première et elle l’avait passé celle-là. L’étape suivante était le déni et elle n’en était pas encore totalement sortie… Elle ne regardait ce souvenir que du coin de l’œil, sans vraiment vouloir l’observer. Viendrait ensuite dans l’ordre la colère, la tristesse, la résignation, l’acceptation et enfin la reconstruction. Et Eva savait pertinemment qu’il n’y avait aucune indication du temps que cela prendrait. Peut-être son entourage l’aiderait-il ou bien serait-il un frein. Elle ne voulait en aucun cas être un poids mort. Non. Un maillon faible dans le groupe risquait toujours de condamner l’ensemble des personnes le constituant. Elle ne souhaitait pas cela. Eva avait toujours eu le sens du sacrifice et elle s’était engagée dans les forces de l’ordre pour protéger ses concitoyens. Le fait qu’elle laisse Philippe l’approcher était un effort mais elle était en réalité partagée entre l’envie de le voir, de le toucher et l’impulsion qui l’enjoignait de rester seule, surtout éloignée le plus possible de la gent masculine. Mais Philippe n’est pas n’importe qui après tout. Elle lui fait confiance. Et c’est cette confiance qui lui permet aujourd’hui de le laisser s’approcher. Elle sait qu’il a enfilé sa casquette de flic et que c’est cela qui lui permet de prendre de la distance, de ne pas péter un câble et d’aller traquer ces raclures pour leur faire la peau. Elle aurait fait pareil dans son cas. Le fait de rentrer dans son rôle aide à s’isoler de la situation, d’un point de vue affectif. C’est exactement ce qu’Eva fait depuis que c’est arrivé.

La simple présence de l’homme lui faisait du bien. Elle avait conscience que tout ça allait changer leur rapport. Elle ignorait encore de quelle façon. Et cela lui faisait peur, il fallait bien l’admettre. Pour le moment, le fait de voir un médecin, de dénuder son corps devant une parfaite inconnue n’était pas spécialement rassurant pour elle. Et encore heureux, le chirurgien était une chirurgienne. Ce serait donc plus facile pour elle lorsqu’elle irait la voir. Philippe lui conseilla de ne pas trop traîner. Il avait raison. Une infection virale ou la surinfection d’une plaie pouvait l’emporter dans la tombe aussi sûrement que Zach lui-même.

Ne t’en fais pas, j’irai la voir, tu as ma parole. J’ai juste besoin d’un peu de temps pour… digérer tout ça.

Eva avait besoin de sortir de ça, de cesser d’en parler. C’était pour cette raison qu’elle avait demandé à Philippe de lui raconter ce qui s’était passé. Elle écarquilla les yeux de peur lorsqu’elle entendit que Chloé et Philippe étaient passés non loin de la mort. Puis, la longue marche dans le froid et la faim. Ils auraient pu mourir de nombreuses fois mais, grâce au ciel, ils étaient en vie. Enfin, au ciel… Cela faisait longtemps qu’Eva ne croyait plus en rien et certainement pas dans un dieu tout puissant. Ou bien, s’il existait, c’était une belle crevure. La dernière phrase de Philippe lui serra le cœur. Elle se rapprocha de lui et le serra fort dans ses bras. Elle voulait le protéger, l’aider.

Je suis là, maintenant. Je vais vous aider. Tu peux compter sur moi, tu le sais. Chloé peut compter sur moi, je ne vous laisserai jamais tomber. Je suis tellement soulagée de vous savoir en vie… Je n’avais plus aucune raison de continuer sans vous…

C’était dangereux de se lier à autrui par les temps qui courraient. Mais merde, on n’était pas des bêtes et sans personne à protéger et à soutenir, à quoi cela servait-il ? Elle caressa doucement les cheveux de Phil avant de nicher son visage dans son cou. Alors qu’elle respirait son odeur, les mots montèrent à sa bouche, sans qu’elle puisse les arrêter.

Quand j’ai été séparée de vous, je suis restée avec le reste du groupe pendant un bon moment. J'ai lancé des recherches pour vous trouver. C'était un jour où j'étais partie seule qu'ils me sont tombés dessus. J’ai été entourée par quatre hommes armés. L’un d’eux a dû me donner un bon coup sur la tête, je suis tombée et quand je me suis réveillée, j’étais attachée à un arbre, dans le froid. Celui qui avait l’air d’être le chef m’avait déjà fouillé pour me confisquer armes et provisions. Après s’être restaurés, ils sont venus autour de moi. Le premier m’a saisi par le menton. Il me disait que j’étais bien roulée, que cela faisait longtemps qu’il n’avait pas tiré un coup. Je lui ai craché au visage. Alors, il a commencé à cogner. Tout est confus. J’ai dû recevoir des coups de poing au visage et aussi des coups de pied dans le ventre. Il s’est penché sur moi, j’étais à moitié inconsciente mais je me souviens vaguement avoir essayé de le frapper. Il a bloqué ma main et m’a tordu le bras. C’est lui qui m’a maintenu pendant que le deuxième m’enlevait mon pantalon. Il faisait froid, d’une certaine façon j’ai eu de la chance, les coups et le froid m’ont anesthésié. Et puis, il… enfin il m’a violé. Avant que les deux autres ne prennent le relais. Ils m’ont laissé ensuite par terre, me donnant seulement un bout de tissu pour que je ne meure pas de froid. Et le lendemain, ça a recommencé. Et les soirs suivants pendant des semaines. Un soir, l’un des quatre avait bien bu. Il a chauffé un bout de métal et me l’a collé sur le sein. Trop avinés, ils ont laissé ce bout de métal non loin de moi. Je l’ai pris quand ils sont partis. J’ai réussi à couper mes liens et je me suis enfuie.

Tout était sorti d’une traite. Et, si elle avait souffert pendant sa narration, elle se sentait soulagée à présent. Comme si elle avait extrait le pus d’une plaie.
 


Dernière édition par Eva McAllister le Mar 23 Aoû - 9:22, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Terminé]We were born to die    Sam 6 Aoû - 14:10

Je me confie à Eva en même temps que je lui raconte tout ce que nous avons vécu depuis que nous avons été séparés. Le plus traumatisant était sans aucun doute le moment où nous avions été séparés. Plutôt, ce matin-là, j'avais entendu à la radio son premier messgae. L'armée canadienne n'avait pas su tenir la frontière et celle-ci, trop poreuse, allait être sévèrement bombardée pour affaiblir les hordes américaines avant que celles-ci n'infectent trop la rive sud du Saint-Laurent. Autant dire que le plan était ambitieux, mais Coaticook étant directement placée à proximité de la frontière entre les deux pays, nous n'avions pas fait long feu. On était parti alors que la horde était toute proche, envahissait déjà Coaticook et ses rues. On avait dû lutter pied à pied et dans le plus grand silence, pour ne pas nous faire déborder. Au nord-ouest de la ville, après deux ou trois heures de marche, nous étions finalement tombés sur un autre groupe... Et sur des soldats. J'avais flairé le problème quand ils s'étaient déployés avec leurs masques et tout le bordel, mais c'était déjà trop tard. Ils avaient mitraillé tout le monde, et les coups de feu avaient attiré sur nous des zombies qui hantaient les bois par centaines. Nous avions failli y passer, et en tenant l'arrière garde avec Chloé, nous avions été séparés des autres, avalés par la masse grouillante et gémissante des cadavres revenus à la vie. Nous nous étions crus morts mutuellement, de toute évidence. S'en était suivi un cauchemar de jours entiers à marcher au milieu des morts vivants, à éviter les spires les plus avancées de la horde, à louvoyer pour éviter d'être dévorés tout vifs. Je crois que je me rappellerais jusqu'à la fin de mes jours de cette horreur. Eva avait aussi subi son lot d'emmerdes, c'était l'évidence même. J'opinais lentement du chef quand elle m'expliqua qu'elle ira voir le médecin, même si ce ne serait pas tout de suite.


Eva compatit à ce qu'il nous est arrivé, à Chloé et moi. Mais je n'ai pas le cœur à me plaindre de toutes ces nuits de solitude, à me demander si je ne devais pas abattre ma propre fille dans son sommeil pour lui éviter la faim et une mort horrible, puis retourner mon arme contre moi. Les forces m'avaient parfois manqué pour continuer, mais j'avais réussi malgré tout à avancer, en me forçant, en prélevant parfois jusqu'aux ultimes ressources de mon caractère, mais il s'en était fallu de peu.



| C'était dur. Tout comme de ne pas savoir ce qu'il vous était arrivé à vous... |


Tout le groupe avait pu s'enfuir, sauf nous. Et finalement, Eva se confie. Elle me dit qu'elle a été entourée d'hommes armés. Elle avait été attachée et je me rends compte pleinement de toute l'horreur qu'elle a dû vivre. J'ai la gorge nouée. Le regard rougi par l'horreur et la tristesse. Je ne sais pas quoi dire.


| Oh, Eva. | soufflais je avant de déglutir.


Je l'attire contre moi et la serre, je souffle dans le creux de son cou.


| C'est fini, maintenant. Je suis là. Je vais veiller sur toi. Ils ne pourront pas recommencer, jamais. Je te le promets. |


[HJ en fait c'est beaucoup plus tard que notre séparation où tu es capturée ; tu as vécu des semaines avec le reste de notre ancien groupe avant d'être capturée... Et tu es restée prisonnière plusieurs semaines également!]
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MessageSujet: Re: [Terminé]We were born to die    Jeu 25 Aoû - 17:39



We were born to die



Lorsque Phil lui raconte ce qui leur est arrivé, Eva reste silencieuse. Elle écoute, elle imagine à quel point ça a dû être dur pour lui. Cela fait des années que Philippe se bat. Pas seulement pour lui mais aussi pour sa fille. Eva n’a pas d’enfant, elle ignore ce que c’est mais elle sait en revanche ce que ça fait d’être pétri d’angoisse pour quelqu’un qu’on aime, qu’on n’a pas envie de perdre et pourtant qu’on voit souffrir jour après jours. C’est le lot de beaucoup d’entre eux depuis que Zach a débarqué. On se demande parfois ce qui nous fait continuer à vivre. Continuer, tout simplement. Ce putain d’instinct de survie, c’est de la saloperie, voilà tout. Alors qu’ils feraient mieux de s’assoir et de se laisser envahir par le froid qui engourdit les sens et libère enfin des multiples douleurs qu’ils endurent et des horreurs qu’ils ont subi. L’enfer sur terre, voilà ce qui accompagne Zach. La fin du monde connu. Eva est épuisée de tout cela. Elle, comme des milliers d’autres, a déjà pensé à en finir. A s’ouvrir la gorge ou à se tirer une balle dans la tête. Quelques secondes pour enfin arrêter de souffrir. Mais l’instinct de survie est le plus fort. Il vous pousse à continuer, contre vos propres intérêts. La jeune femme écoute le récit de Philippe, devinant ses émotions, ses craintes, ce qu’il a traversé. Etre séparé du groupe, c’est la mort, tout simplement. Etre avec sa fille et savoir qu’elle va peut-être y rester est encore pire. Etrangement, le récit de Phil lui fit du bien, lui permettant de penser à autre chose que ses propres problèmes, malgré toute l’horreur qu’elle ressentait en l’écoutant. Elle soupira et ferma les yeux pendant un bref instant. Il fallait se focaliser sur les éléments positifs, aussi ténus soient-ils. Philippe et Chloé étaient vivants. Elle était vivante. C’était l’unique pensée qui devait les habiter.

La voix grave et légèrement enrouée de Phil la rassurait, l’apaisait. Elle hocha la tête lorsqu’il termina en disant que ça avait été dur. Oui. Etre séparé des siens était une souffrance. Eva avait eu comme unique objectif de les retrouver mais impossible. Elle n’avait réussi qu’à tomber sur ces barbares qui l’avaient violenté.

Alors que Philippe avait fini de lui raconter leurs mésaventures, Eva avait fini par se livrer. Comme on extrait le pus d’une plaie, elle avait réussi à décrire ce qu’ils lui avaient fait. Horrible. Mais cela lui avait finalement fait du bien d’en parler, aussi étrange soit-il. Elle avait raconté cela d’une traite, sans le regarder. Le silence s’installa pendant un moment. Elle releva alors le regard, rencontrant celui de Phil. Il avait le visage fermé, les traits contractés et les yeux rougis. Il ne savait sûrement quoi dire. Que dire face à quelqu’un dont l’intimité a été bafoué ? Il savait bien que rien ne pourrait réparer ce qu’elle avait perdu. Il fit alors la seule chose à faire. Il se rapproche et la serre dans ses bras, à lui en faire craquer les os. Elle soupire profondément, ses épaules se relâchant d’un coup. Elle sent son odeur de sueur mêlé de crasse. La sienne. Elle niche son visage dans son cou, s’abandonnant à cette étreinte chaude et forte. Phil murmure des phrases de réconfort. Eva les a prononcées il y a des années, face à des femmes violées. Mais putain, ce que ça soulage.

Elle respire un long moment l’odeur du jeune homme, laissant le calme et la chaleur bienfaisante l’envahir. Elle reste blottie dans ses bras avant de murmurer :

Merci, Phil. Merci d’être là.

Tout simplement. Elle desserre légèrement son étreinte pour pouvoir le regarder les yeux dans les yeux. Elle n’est qu’à quelques millimètres de son visage. Elle tend la main et parcoure de ses doigts sa joue à la barbe mal taillée, ses pommettes rendues saillantes par la faim, son nez à la peau séchée par le froid puis ses lèvres craquelées. Comme un aveugle qui se rappellerait un visage familier, Eva se réapproprie ces sensations oubliées sous la barbarie. Elle rapproche son visage et dépose un baiser sur sa joue, goûtant sa peau et se rappelant la saveur particulière, musquée, qu’elle dégage.

[hj : oups, désolée, j'ai édité mon post précédent du coup ^^]
 
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MessageSujet: Re: [Terminé]We were born to die    Mar 6 Sep - 18:58

Personne n'avait plus la vie facile, dans ce nouveau monde fait de morts vivants, de froid et de faim. Le plus petit jour de survie impliquait sinon des sacrifices, les difficultés les plus extrêmes pour avancer, dans un sens comme dans l'autre. Se résigner à mourir semblait parfois si facile, alors que ce n'était pas du tout le cas. Finalement, quand on se disait que l'on pouvait tout aussi bien retourner contre soi le canon de son arme et presser la détente, il n'en restait pas moins que le terrifiant constat ne pouvait plus, dès lors, que s'imposer. Pourquoi avoir subi tout cela pour finalement en finir de la manière lâche et radicale, qui ne laisse à personne le soin de la seconde chance ? Alors nous continuons, encore et encore. Je raconte nos péripéties à Eva. Elle pourrait bien savoir, qu'elle ne comprendrait pas ce que c'est que de devoir se serrer sa fille contre soi toute une nuit durant, adossés à un arbre, alors qu'on entend partout autour de nous les gémissements rauques de ceux qui ne veulent pas rester morts. Dans ces conditions, on ne pouvait pas imaginer que le lendemain soit meilleur que le jour même. Jamais. Bien sûr, je ne pourrais sans doute jamais comprendre non plus ce qu'elle-même avait subi. Nous étions tous frères, à zombieland, mais nous étions aussi paradoxalement tous seuls, emprisonnés à tout jamais avec nos blessures, nos plaies les plus profondes. Le silence s'installe, alors que je finis mon récit. Je sais bien que rien ne serait jamais tout à fait parfait, et ce moment est loin de l'être, mais je le savoure malgré tout, car je sais très bien qu'il peut filer, et disparaître à tout jamais.


Je la serre contre moi et le temps file, ainsi, en silence. J'ai parfois envie de tout abandonner, en sentant son odeur, sa chaleur, en la sentant contre moi. Il y a de plus moches façons de partir, vous ne pensez pas ? Mais non. Je continue. Encore et toujours. Sans jamais m'arrêter. Parce que si je le fais, je suis mort mais le vrai drame c'est que ma fille ne tarderait pas à me rejoindre. Quelque chose de viscéral me pousse à survivre donc, et continuer, encore et encore. Eva se relâche contre moi. Elle me remercie. Je ne dis rien. Je sens sa main, ses doigts, courir sur ma joue. Elle m'embrasse sur la joue. Je l'embrasse à mon tour, murmure au coin de son oreille.



| Je vais éteindre les bougies, et nous allons nous reposer, d'accord ? On essaiera d'arranger ce que l'on peut demain, sinon on va mourir de fatigue. |


Après tout, nous avions marché et combattu tout le jour ; il était temps d'essayer de récupérer un peu.


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